L’effet immédiat des hémorrhagies considérables est
' the effects of loss of blood , in Trrw^ nf ri
Society, vol. xin , p. 121. ^
hlem, physioUy lib, y, sect. i, y.
DESCRIPTION GÉNÉRALE
Influence des hémorrhagies sur les principa les fonctions.
de faire disparaître la pléthore locale dans l’organe par lequel elles s’accomplissent, et ensuite les hyperaimies qui , peuvent exister dans des organes éloignés.
45. Si l’hémorrhagie est modérée , ou si elle ne s’opère pas d’une manière continue , l’invasion est souvent encore marquée par un frisson, avec décoloration de la face , dépression du pouls , pâleur générale et propension à la syncope, mais la réaction s’établit assez promptement , au moins chez les sujets encore jeunes et dune bonne constitution 5 le sang continue à couler , et cependant l’organe par lequel il se perd reste et meme s entretient , a mesm’e que le sang coule , dans l’état d’hyperaimie. La peau devient chaude, et quelquefois elle est le siégé dune chaleur plus intense que dans l’état normal j la respiration est large et accélérée , la tête est pesante ; le malade éprouvé de l’agitation et un sentiment d’excitation générale ; des bouffées de chaleur , des étourdissements et des vertiges se manifestent j des palpitations quelquefois violentes se reproduisent de temps en temps. La susceptibilité du malade est excessive ^ le moindre bruit , la plus faible contrariété , produisent des mouvements spasmodiques. En un mot , une réaction qui ressemble a 1 état general que produit secondairement une congestion sanguine étendue s’établit , nonobstant la continuité de l’hémorrhagie , qui semble même augmenter de quantité , a mesure que cet état général se développe.
Les malades perdent souvent ainsi par les hémorrhagies peu considérables , une beaucoup plus grande quantité de sang que par les hémorrhagies rapides et tres-abondantes , dans lesquelles les symptômes lypothimiques sont si prononcés et portés presque jusqu’à l’extinction de la vie.
46. Pendant que les hémorrhagies s’opèrent, on remarque souvent une diminution de presque toutes les sé- (j^étions internes et externes’. G est sans doute a cette
' Cullen attache une grande importance à ce fait ( First Unes of ihe practice of physic, § '748.)
DES HÉMORRHAGIES.
cause qu^il faut attribuer^ comme eflet immédiat des pertes de sang J la suspension de la digestion et l’expulsion par le vomissement des aliments ingérés et à peine altérés.
47. Les hémorrhagies s’arrêtent fréquemment dans la Des effets de syncope qu’elles déterminent, ou au moins elles diminuent der"hémôr“ha! de quantité, et cessent ainsi de taire éprouver a 1 orga- tion qui luisucnisme une déperdition de sang qui enraye les efïbrts
de réaction par sa quantité , et par la vitesse avec laquelle elle s’accomplit. Dans ce cas , il se manifeste plus ou moins rapidement un état de réaction , comme celui qui se fait dans les hémorrhagies lentes et faibles.
Les premiers symptômes de cet état de réaction sont l’élévation du pouls et sa fréquence , avec des palpitations , et la *
perception par le malade de battements dans les carotides et vers les artères temporales*, des sifflements dans les oreilles», la tête devient douloureuse , les yeux ne supportent qu’avec peine le contact de la lumière vive », la respiration est fréquente et large », la chaleur de la peau s’élève », elle devient sèche», le pouls prend de la fréquence », il y a ordinairement beaucoup de soif», les urines sont supprimées ou au moins peu abondantes et aqueuses.
48. Pendant cette réaction, l’organe qui a été le siège de suites immél’hémorrhagie peut présenter deux états différents, indé- molrhagfes/^^" pendamment de l’altération que peut avoir déterminée enlui l’hémorrhagie, si ses produits se sont accumulés ou infiltrés
dans son épaisseur. S’il reste le siège d’une pléthore sanguine , qui quelquefois même augmente encore pendant l’évolution des phénomènes généraux que nous venons *de décrire , une nouvelle hémorrhagie , ou même quelquefois une phlegmasie aiguë est à craindre dans cet organe 5 si , au contraire, une nouvelle congestion sanguine ne survient ni au siège de la première , ni dans une autre partie,l’état de réaction général ne sera suivi d’aucun accident.
Cet état se prolonge d’ailleurs très-rarement au-delà d’un à deux jours », quelquefois même il ne dure que quelques
DESCRIPTION GENERALE
heures , et la santé des malades est ensuite rétablie : ils ne conservent qu’un sentiment de faiblesse et un certain degré de décoloration , effet ordinaire des pertes de sang.
49. Quand les hémorrhagies ont été'très-considérables, ou quand elles se sont prolongées pendant long-temps, les malades ne sortent que lentement de l’extrême faiblesse
^ dans laquelle ils ont été jetés : cependant le pouls prend de la fréquence, la peau de la chaleur et de la sécheresse, la tête devient douloureuse, quelques palpitations, des battements dans les carotides , de la soif, surviennent •, le malade , quoique privé de sommeil , et même agité la nuit , passe ses journées dans un état de collapsus qui s’approche de la somnolence, et même quelquefois d’une apparence de coma. Cet état se prolonge pendant plusieurs jours, en diminuant d’une manière progressive.
Les hémorrhagies qui ne déterminent pas l’expulsion d’une quantité excessive de sang , sont souvent suivies d’un état de bien-être dans lequel les fonctions s’accomplissent librement. Cette circonstance arrive après les hémorrhagies qui ont fait disparaître la pléthore et les hyperaimies et qui ont été par cela même critiques.