‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 3)Chapitre 109 sur 134 · FORCE VITALE · texte numérisé non relu

FORCE VITALE

peut accomplir une fonction qui entre dans son idée, alors même que l'organe spécialement destiné à cet office est incapable de la remplir.

4 La vie n'est point ici, ni là; elle est dans tout l'ensemble des fonctions ; elle a besoin, pour se soutenir, des diverses activités, dont chacune y contribue d'une manière propre à elle. Et comme ainsi le tout subsiste par les parties, de même la partie n'a de valeur et d'existence qu'autant qu'elle est liée d'une manière vivante avec le tout. Cette réciprocité du tout et de ses parties s'exprime encore en ceci, que chaque espèce de corps organisé porte en soi, par le cachet commun de ses diverses parties, un caractère d'ensemble qui lui est propre, et qu'à son tour chaque partie forme un tout subordonné, tant en elle-même, aii moyen des oppositions qu'elle renferme, que dans son groupement avec d'autres, et enfin dans l'association des organes similaires pour constituer un système organique.

5° Chaque organe participe à la vie. Rien n'étant indépendant dans l'organisme , rien n'y vivant par sa propre force , rien non plus de ce qui appartient à cet organisme n'est privé de vie. Mais la diversité qui pénètre partout fait aussi qu'une grande variété règne entre les parties , sous le point de vue de l'intimité des rapports qui les unissent au tout. Il y a des parties plus relevées , plus essentielles, dans lesquelles l'idée générale se manifeste plus complètement , des centres de vie où le rapport à l'unité de la vie se prononce davantage , et d'autres , subordonnées, dans lesquelles l'isolement prédomine , où l'existence vivante avoisine l'existence sans vie.

6^ L'organisme ayant pour caractère l'individualité (§ 475, 2°) , il forme un tout clos , et se sépare du reste du monde par des limites bien tranchées , afin de se maintenir dans l'état qui lui est particulier. De là vient la clôture du système des vaisseaux sanguins ( § 700 ) et des lymphatiques ( § 904 ) ; de là vient également que l'admission dans son intérieur par voie de pénétrabilité (§ 833) est essentielle à l'organisme et repose sur tout l'ensemble de son caractère.

§ 1012. La détermination par soi-même qui appartient d'une manière absolue à l'univers, en tant qu'elle est la mise en ac-

tion de son existence primordiale, apparaît chez l'organisme individuel dans les limites du fini, et diminue la dépendance du monde extérieur , qui est le propre de toutes les choses particulières ( § 1008, II).

1° Tout ce qui est créé est dépendant , et sa force ne se manifeste qu'à la condition d'être excitée par une autre force qui lui est opposée. La créature organique a aussi besoin de cette action du dehors pour mettre en jeu son activité vitale ; mais elle renferme en elle-même des oppositions qui s'excitent mutuellement à l'activité , de manière que les conditions de son existence et de son action ne sont pas , comme chez les corps inorganiques , exclusivement renfermées dans le monde extérieur , et qu'elles sont en partie aussi inhérentes à ellemême. En conséquence , si l'excitabilité, prise dans l'acception la plus large du mot , ou l'aptitude à manifester sa propre force sous l'influence d'une force étrangère , appartient à toutes les choses , elle se distingue , chez les êtres organisés , tant par la nature de l'excitateur que par le mode de l'excitement. Nous appelons le principe de la vie excitabilité , afin de rendre par là la modalité de sa manifestation ; ce terme exprime pour nous l'aptitude à manifester, sous les conditions de certaines influences, les activités qui ont leur fondement dans l'idée de la vie. En conséquence , l'organisme a les facteurs généraux de l'excitabilité, mais d'une manière particulière. L'aptitude à être affecté par des impressions a en lui , avec un plus haut degré de développement et un cercle plus étendu de points de contact , une direction toute spéciale de dehors en dedans, qui fait qu'elle devient réceptivité pour les effets de sa propre activité ; donc , en vertu des oppositions qu'il renferme dans son sein , l'organisme trouve en lui-même l'impulsion à agir , de sorte que , moins dépendant de l'extérieur , il est capable d'une action non interrompue. Et le pouvoir d'agir , ou la faculté de réagir, conformément à sa nature, sur les impressions qu'il reçoit, est arrivée, par le développement de sa signification primitive , au point que l'organisme se maintient au milieu des choses étrangères qui font effort pour pénétrer en lui , les soumet, au contraire à son empire, et les transforme.

Page 1