‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 3)Chapitre 12 sur 134 · CHEZ L'HOMME · texte numérisé non relu

CHEZ L'HOMME

d'après Reuss el Emmert.

d'après Lassaignc.

d'après G melin.

d'après Cbevreul.

d'après Marchand elColberg.

d'après Krimer.

Fibrine. . . ;

Albumine. . .

Sels avec ptya-

Sels avec osmazome . .

Osmazome. .

Graisac. . • •

§ 913. Nous avons encore à examiner les objections qu'on a élevées contre l'opinion qui regarde la lymphe comme un produit de la résorption. Bleuland (J) , en se fondant sur Bartholin , Nuck et Berger, admettait que les vaisseaux lymphathiques sont la continuation des artères , et que celles-ci dégénèrent d'un côté en veines qui rapportent le sang , d'un autre côté en vaisseaux séreux ( § 703) , en veines séreuses, c'est-à-dire en lymphatiques. Il paraît vraisemblable aussi à Magendie (2) que la lymphe est la portion du sang que les veines ne ramènent point. Mais , s'il en était ainsi , on n'entreverrait pas dans quel but la lymphe aurait des vaisseaux à elle propres, par le moyen desquels elle serait conduite à la masse du sang , sans entrer en conflit avec d'autres tissus. Est-ce que celte séparation du sang veineux d'avec la lymphe le rendrait apte à remplir ses fonctions ? Pour ce qui concerne la sécrétion , ceci ne pourrait avoir lieu qu'à l'égard du foie, et non par rapport à d'autres organes. Quant à la conjecture que cette diminution de la masse du sang favorise l'action absorbante des veines ( § 906 , 4° ) , ce qui parle contre elle , c'est que les poumons, dans lesquels l'absorption par les veines est normale et active au plus haut degré , contiennent un sang chargé de la lymphe du corps entier. D'après l'opinion dominante , la lymphe est assimilée au sang dans ses ganglions : suivant la conjecture en question , cette assimilation serait superflue , et Magendie dit même qu'on ne voit pas quelle peut être la fonction des ganglions. Les vaisseaux lymphatiques du mésentère ont la même structure , le même courant, le même tronc commun, et hors du temps de la digestion le même contenu que ceux d'autres organes, notamment des parties où il ne s'accomplit pas d'absorption, mais seulement une résorption; or, comme les premiers absorbent de toute évidence , les autres doivent avoir aussi la même fonction. La fonction absorbante n'est plus prononcée dans les lymphatiques des organes digestifs que parce que ces vaisseaux y sont consacrés d'une manière toute spéciale

(4) Experimentum anatomicum, p. 5, 32.

(2) Précis élémentaire de physiologie, t. Il, p. 196.

à l'admission de la substance organique de nouvelle formation, et que celle-ci frappe davantage les yeux , en raison de sa couleur blanche , quoiqu'elle ne diffère en rien d'essentiel de la lymphe proprement dite (§ 949). L'assertion de Magendie, que les lymphatiques intestinaux ne peuvent absorber autre chose que du chyle , est réfutée par les faits cités précédemment (§ 902, 9°).

1° Magendie fonde principalement son opinion sur l'analogie enire la lymphe et le sérum du sang (§ G64) , de laquelle il conclut l'identité des deux liquides. Hamberger et Lassus avaient déjà reconnu cette analogie ; Hewson dit (1) que la lymphe ressemble tout-à-fait à la lymphe coagulable du sang, et Muller (2) dit positivement qu'elle est ce qu'il nomme Uquor sanguinis. Mais cette liqueur du sang n'est que du sang sans globules ; et comme la lymphe contient des globules, elle serait alors du sang complet, à la couleur près seulement. Si elle a été produite par résorption , et qu'elle ait besoin de transformation pour devenir sang, il faut bien qu'elle ressemble plus ou moins à ce dernier ; mais elle a encore davantage d'analogie avec le chyle , qui cependant ne provient pas d'elle assurément.

2° Muller allègue (3) que , chez les Grenouilles , la soustraction prolongée de la nourriture fait perdre à la lymphe sa coagulabilité, en même temps qu'elle dépouille le sang de la sienne. Mais ce trait de ressemblance entre les deux liquides doit finir par se prononcer chez des animaux capables de supporter la faim très- long-temps, lorsqu'il ne se forme plus de fibrine et que les organes retiennent avec ténacité le peu qui en reste encore dans l'économie : auparavant , l'inverse doit avoir lieu. Il résulte des observations de Collard de Martigny (4) que la fibrine , en diminuant dans le sang , devient plus abondante dans la lymphe , et que les vaisseaux lymphatiques sont plus pleins lorsque les vaisseaux sanguins

(•1) Expérimental inquiries, t. III, p. 406. — Raspail, Nouveau système de chimie organique. Paris 4S38, t. III, p. 224.

(2) Handbuch der Physiologie, t. I, p. 348.

(3) lbid., p. 261.

(4) Journal de Magendie, t. VIII, p. 203.

contiennent moins de sang (§ 906, 4"), de même que leur calibre augmente chez les hydropiques amaigris , tandis qu'on le trouve plus petit chez les personnes chargées d'embonpoint (1). Ainsi Magendie (2) ne les a rencontrés la plupart àa temps qu'humides à la tête , au col et aux membres \ oar les côtés de la colonne vertébrale, dans le bassin, ? lu veine cave, à la veine porte, au t'oie, ils étaient plus fréquemment pleins ; mais jamais le canal thoracique n'étaL vide.

3° Une autre raison qu'invoque ce physiologiste (3) , est la différence existante entre la lymphe et le liquide tant du tissu cellulaire que des sacs séreux, qui cependant est résorbé. Mais , de même que ce liquide , la lymphe est une dissolution limpide d'albumine et de sels , et elle diffère moins de lui qu'il ne diffère lui-même du sang , d'où cependant il provient. Comme on ne peut méconnaître une transformation dans la sécrétion , il peut y en avoir une aussi dans la formation de la lymphe (§916).

4° Magendie se fonde encore sur ce que la lymphe de toutes les parties du corps est la même , malgré la diversité des liquides à résorber que ces parties contiennent. Mais elle se compose en grande partie d'eau , d'albumine et de sels , c'est-à-dire de substances communes à tout l'organisme , qui existent partout dans l'économie , et le chyle , quoiqu'il résulte d'alimens très-dissemblables et de sucs digestifs variés , n'en est pas moins toujours le même quant aux propriétés essentielles. D'ailleurs , la lymphe de quelques organes offre des caractères particuliers , au dire de Mascagni et de Weber ; et si ces particularités ne sont pas palpables, nous devons nous rappeler que le sang veineux des diverses parties du corps doit nécessairement en présenter aussi , qui ne tombent pas davantage sous nos sens (§ 887, IV).

5° Haller (4) ayant , comme d'autres anatomistes , fait passer des injections des artères dans les lymphatiques , avait tenu

(1) ll.'iase, De vasis cutis et intestinorum absorbentibus, p, 2.

(2) Précis élémentaire, t. II, p. 19S.

(3) lbid.,p.m.

(4) Elem.phij.iiol., 1. 1, p. 408.

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