IX. g
'il 4 DE LA RÉSOÏiPTION.
pour certain,, d'après cela , que ces derniers naissent des capillaires , soit immédiatement , soit par des canaux intermédiaires. Cette opinion a été complètement réfutée par Monro (1); mais Magendie prétend encore , après Bleuland , que les artères semblent se continuer sans interruption avec les lymphatiques. On peut répondre que le passage des injections est un phénomène extrêmement rare, tout-à-fait exceptionnel par conséquent , et qui peut dépendre d'une déchirure , comme Hewson l'affirme (2) , d'après ses expériences. De plus , il n'y a pas impossibilité de pénétration , puisque les parois minces des capillaires et des lymphatiques appliqués les uns contre les autres , comme aussi les capillaires qui se répandent sur les parois des lymphatiques et les lymphatiques qui naissent des parois artérielles, permettent à l'imbibition d'avoir lieu. Mascagni, en injectant dans les artères une dissolution d'ichthyocolle chargée de cinabre, a vu le liquide incolore suinter dans le tissu cellulaire , et passer de là dans les vaisseaux lymphatiques. Il arrive aussi quelquefois de la même manière que ces derniers se remplissent de liquide provenant des conduits sécrétoires (§ 904, 6°) , d'où il est clair qu'ils sont accessibles de différens côtés , et que leurs relations ne se bornent pas exclusivement aux artères. Panizza (3) a vu parfois, chez les animaux , les injections passer de certaines artères dans les lymphatiques; mais jamais il n'a aperçu de continuité entre ces deux ordres de vaisseaux. Les recherches de Fohmann (4) sont d'accord avec les siennes sous ce rapport, ainsi que les résultats précédemment indiqués (§ 904, 3°), à l'égard des radicules. Les lymphatiques les plus déliés sont beaucoup plus gros que les capillaires chariantdu sang (5); ils devraient donc , s'ils communiquaient avec ces derniers , pouvoir facilement admettre du sang entier : Krause , par exem-
(1) De vasis lympliaticis . Berlin, 1757.
(2) Expérimental inquiries, t. III, p. 470.
(3) Osservazioni, p. 41.
(4) Mém. sur les communications des vaiss. lymph. avec les veines , p. 5.
(5) Hildebrandt, Anatomie, t. III, p. 402.
pie (1), a trouvé leur diamètre de 0,007 ligne, tandis que, d'après Muller (2) , les moindres capillaires des villosités intestinales du Veau ont jusqu'à 0,000 ligne. C'est aussi par le seul secours de la pénétration à travers les lymphatiques qui prennent leurs racines dans les parois des vaisseaux sanguins, ou des artérioles qui se répandent à leur surface, qu'on peut expliquer (3) comment des substances injectées dans les veines d'animaux vivans apparaissent au bout de quelques minutes dans le système lymphatique (4) ; car Hering, entre autres (5), a retrouvé dans le canal thoracique, au bout d'une à cinq minutes , le cyanure de potassium qu'il avait injecté dans la veine jugulaire de Chevaux. Si Magendie (6) a vu les lymphatiques extraordinairement distendus par la lymphe, sur des Chevaux dans les veines desquels il avait poussé trente litres d'air, c'est qu'ici la réplétion des veines avait empêché le canal thoracique de se vider, et probablement aussi qu'il avait pénétré de l'air dans le système lymphatique.
§ 914. Quant aux lois de la résorption,