‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 3)Chapitre 17 sur 134 · I. Nous trouvons d'abord une différence de nombre · texte numérisé non relu

I. Nous trouvons d'abord une différence de nombre

l°Des cavités digestives, multiples dans toute leur étendue, se voient chez les Éponges , où les nombreux orifices extérieurs se prolongent en canaux ramifiés et anastomosés, qui pénètrent à travers le tissu du corps entier chez les Ténias , où les canaux partant des quatre suçoirs se réunissent en deux conduits qui traversent le corps parallèlement l'un à l'autre , et s'unissent ensemble , au bord de chaque anneau , par des branches transversales : chez plusieurs Vers irématodes et acanthocéphales, où les suçoirs aboutissent également à deux canaux qui marchent sur les côtés du corps , mais en se ramifiant; enfin, peut-être, chez quelques Méduses, par exemple , les Eudora.

2ù Le commencement et la fin sont multiples chez plusieurs Acalèphes discophores, par exemple, les Rhizostomes , où les canaux qui se rendent des suçoirs aux bras de ce qu'on appelle le pédoncule, se réunissent peu à peu, et finissent par aboutir à une cavité digestive centrale, qui envoie à son tour une multitude de conduits vers la périphérie du disque.

3° Le commencement seul est multiple chez les Vers cystiques , où les canaux partant des divers suçoirs s'ouvrent dans une cavité digestive commune: chez quelques Vers cestoïdes et trématodes, dont les canaux de succion se réunissent en un seul tronc ; enfin dans plusieurs Acalèphes tubuleux et chez quelques animaux articulés , comme les Siphostomes, où les deux œsophages aboutissent à un intestin unique (1), les Punaises, dont les suçoirs mènent à un œsophage , et les Ph*langium, où deux ouvertures s'abouchent dans une cavité buccale unique (2).

4° Un organe digestif multiple part d'un orifice simple chez les Monades, ou Inl'usoirespolygastriques proprement dits (3),

(1) Meckel, System der vergleichenden Anatomie, t. IV, p. 67.

(2) Ibid.,?. 145.

(3) Ehrenberg et Mandl , Traité pratique du microscope et des animaux infusoires. Paris, 1839, in-8, p. 436.

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à la cavité buccale desquels succèdent effectivement de nombreux canaux , qui se terminent par des renflemens , et chez quelques Cercaires, où l'on découvre, à la suite du suçoir, un conduit bifurqué, qui traverse le corps entier (1).

5 ' Un organe digestif simple se voit déjà chez plusieurs Inf usoires , chez quelques Vers cystiques, trématodes et acanthocéphales, chez certaines Méduses, chez presque tous les animaux articulés, enfin chez les Polypes, les Éehinodermes , les Mollusques et les animaux vertébrés.

IL La longueur de l'organe digestif, proportionnellement à celle du corps entier, et en particulier du tronc , contribue , avec la situation de cet organe, à déterminer l'ensemble de sa forme:

1° Lorsqu'il n'est pas plus long que la cavité du tronc , il a une direction droite. C'est ce qu'on observe chez les Inf usoires polygastriques et rotateurs, les Acalèphes cténophores et siphonophores , la plupart des Polypes , les Annélides , les Arachnides et les Crustacés , les Lépidoptères parmi les Insectes , les Biphores parmi les Mollusques, enfin plusieurs Poissons , tels que Cobitis , Syngnathus , Fistularia , etc. Dans les trois premières classes du règne animal, l'organe dU gestif n'est parfaitement tendu que durant les premières périodes de la vie embryonnaire.

2° Lorsque cet organe a un peu plus de longueur, il décrit une courbure, par exemple, chez les Flustres, parmi les Polypes, etles Comatules, parmi les Échinodermes; ou il affecte une forme circulaire, comme chez les Vorticelles, parmi les Infusoires ; ou il s'infléchit à angle plus ou moins droit , descendant d'abord de la bouche, puis revenant sur lui-même, comme chez les Comaiules.

3° Plusieurs de ces inflexions anguleuses dépendent d'une longueur plus considérable , et varient , dans une seule et morne classe , non-seulement sous le rapport du nombre , car on en compte deux seulement chez les Holothuries, et dix chez les Ours'ns , mais encore sous celui de la direction , l'intestin du Siponcle s'infléchissant alternativement d'avant en arrière

(1) Schweigger, Uandbuch der Naturyeschichto , p. 245.

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et d'arrière eu avant . dans le sens de la longueur, tandis que les indexions de celui des Sabelies sont dirigées transversalement à droite et à {fauche. Parmi les animaux vertébrés, les Poissons sont ceux principalement chez lesquels on rencontre celte forme.

4" Des inflexions circulaires se voient chez beaucoup de Mollusques et chez la plupart des Insectes. Dans les Poissons, elles sont tantôt concentriques et rangées en manière de disque (Salmo rhomùeus), tantôt disposées en hélice (Poljpterus), ou en masse informe (Cjclopterus lumpus). Les circonvolutions pelotonnées sont dominantes chez les Oiseaux et les Mam.nifères.

5° Bien qu'en général la longueur de l'organe digestif augmente à mesure qu'on remonte la série animale, assez d'exceptions s'élèvent contre cette règle pour la détruire presque entièrement. Si l'on prend pour unité la longueur du corps, celle du canal intestinal est 6 chez quelques Annélides (Thalassema) ; 5, chez quelques Poissons (Chromis) ; 4 , chez quelques Oiseaux (Mormon fratercula) ; 3 , chez la Civette. Généralement parlant, elle est plus considérable chez les Herbivores ; mais elle n'est que de S chez les Solipèdes, tandis qu'elle est de 12 chez les Cétacés carnivores ; elle varie , chez les Ruminans, entre 11 (Cerf) et 22 (Bœuf) ; chez les Rongeurs, entre 5 (Ondatra) et 17 (Agouti). Elle s'élève à 3 chez le Lori ; 6, chez l'Homme ; 8, chez les Babouins.

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