‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 3)Chapitre 27 sur 134 · MOUVEMENT DIGESTIF · texte numérisé non relu

MOUVEMENT DIGESTIF

a. Mouvement de l'estomac.

§ 931. I. L'estomac, placé à l'extrémité de l'œsophage, reçoit les alimens chassés par ce canal, elles amasse, attendu que son ampleur les oblige à y faire un certain séjour. Les alimens se rassemblent d'abord dans la portion située à la gauche du cardia , celle qu'on appelle le cul-de-sac, et dont le diamètre vertical , mesuré de la courbure supérieure à l'inférieure , est de quatre pouces et demi ; puis dans la portion moyenne , dont le diamètre est de trois pouces et demi à quatre , tandis que celui de la partie droite ne s'élève qu'à un pouce et demi ou deux pouces. L'estomac des herbivores et des carnivores s'écarte de ces dimensions moyennes de l'estomac humain. Chez les premiers , l'organe a une configuration telle que la nourriture est contrainte d'y séjourner plus longtemps , car son diamètre vertical est plus considérable , son

(4) Nenc Vcrsuclie ueber den Matjcnsaft, p. 44. (2) Magendie, Précis élément., t. II, p. 65.

ix. l3

194 DE m DIGESTION.

cul-de-sac plus long , et sa courbure supérieure plus petite d'où il suit que le cardia et le pylore sont plus rapprochés l'un de l'autre , et que la situation du pylore, d'ailleurs plus étroit, rend la sortie du chyme plus difficile. Chez les carnivores , au contraire , l'estomac a moins la forme d'un sac que celle d'un utricule recourbé , s'élargissant peu à peu , puis se rétrécissant , en sorte que le cardia et le pylore occupent les deux extrémités opposées , et que la courbure supérieure est plus longue, proportion gardée.

1° Le cardia est tellement clos , que même les gaz ne s'en échappent pas spontanément : lorsqu'on a pris trop d'alimens et que la digestion s'accomplit mal , on ne parvient à se soulager, en rendant des vents, qu'autant qu'on exécute certains mouvemens ou qu'on fait usage d'excitans diffusibles ; chez les Vaches qui ont mangé trop de trèfle, il n'y a souvent d'autre moyen que la ponction pour remédier à la distension du rumen par le gaz. De même, le tournesol que Viridet avait introduit dans l'œsophage d'animaux vivans , n'était pas rougi par l'acide volatil de l'estomac (1). Le cardia n'a cependant pas de fibres circulaires assez fortes pour agir comme sphincter ; mais l'œsophage remplit immédiatement cet office, après avoir poussé les alimens dans l'estomac (§ 930). Suivant Magendie (2) , la contraction est d'autant plus forte et plus soutenue que l'estomac est plus plein ; l'inspiration s'accroît aussi par la constriciion que le diaphragme , en s'abaissant , exerce sur la partie inférieure de l'œsopliage. Mais , même dans l'état de repos , ce conduit est tellement rétréci, dans toute sa longueur, par ses fibres circulaires , qu'il ne cède qu'à l'effort des alimens poussés de haut en bas. Une circonstance encore peut y contribuer : c'est que , quand l'estomac se trouve rempli , le cardia forme un angle avec l'œsophage. Du reste , certains animaux , tant inférieurs que supérieurs , offrent , au bas de l'œsophage , tantôt des rétrécissemens , tantôt des replis transversaux ou en spirale , qui peuvent mettre obstacle au retour des alimens.

(1) Haller, Elément, physiol., t. VI, p. 106.

(2) Prédit élément,, t. II, p. 78.

DE LA DIGESTION. Iq5

2° La nourriture est retenue aussi dans l'estomac par le pylore , qui est ordinairement fermé pendant la vie , de sorte que l'air même qu'on pousse par l'œsophage , chez un animal vivant , ne pénètre dans l'intestin qu'après avoir fortement distendu l'estomac (1). L'eau que les noyés avalent avant de périr , ne passe pas non plus dans le canal intestinal , et l'occlusion du pylore se rencontre fréquemment aussi dans les cadavres (2) , quoiqu'elle n'y soit pas aussi ordinaire qu'Andral le prétend. Elle est surtout très-prononcée dans les cas de plénitude du viscère, puisque Leveling, par exemple , n'a pu parvenir à faire passer une sonde au travers de l'ouverture ; l'action vivante de l'estomac peut seule en triompher.

3° L'estomac vide est sans mouvement et resserré par sa tunique musculeuse ; la membrane muqueuse forme des plis , dout on a trouvé la saillie de cinq à six lignes dans un cas de fistule stomacale. Sa face interne est couverte d'une petite quantité de mucosité, et ses vaisseaux, très-sinUeux, renferment peu de sang. Au reste , il n'est pas si vertical et n'a pas sa paroi antérieure si appliquée à la postérieure qu'on le voit sur le cadavre , car la turgescence vitale fait que ses parois sont bombées , et que sa grande courbure ne regarde pas directement le bassin , mais se porte un peu vers la paroi abdominale , direction que Weitbrecht est parvenu à lui donner en injectant les vaisseaux (3).

4° Les alimens reçus dans l'estomac le dilatent ; sa tunique musculeuse aide à la distension , la muqueuse se déplisse , et la péritonéale acquiert une ampleur correspondante par le déploiement simultané du grand et du petit épiploon. Outre que l'accroissement de la turgescence vitale , l'afflux d'une plus grande quantité de sang dans les vaisseaux et leur redressement, concourent à cet effet, la grande courbure se place plus en devant qu'elle ne l'est dans l'état de vacuité, parce qu'elle est la partie la plus mobile du viscère, et qu'elle ne rencontre en avant que des parties molles , qui lui permet-

(1) Mayo, Oullines of human physiology, p. 123,;

(2) Haller, loc. cit., t. VI, p, 2G1 , 278.

(3) HUt. de VAcud, des 5C>1 1715, p. 233,

!Ç)(> fcE IA. DIGESTION,

tent de se procurer plus d'espace de ce côté , tandis que le cardia et le pylore , fixés à l'œsophage et à l'intestin , demeurent plus en arrière , où la paroi abdominale ne cède point autant , et servent en quelque sorte de pivots autour desquels s'opère la torsion. Il résulte de tout cela que la partie supérieure de l'abdomen , notamment la région épigastrique , fait une saillie plus prononcée; la rate obéit naturellement à la torsion, et prend une situation plus horizontale ; mais le foie et l'intestin sont refoulés , de telle sorte que , dans le cas de plaie pénétrante au bas-ventre , il sort une portion plus considérable du dernier de ces organes quand l'estomac est plein que quand il est vide, comme l'a observé, entre autres, Vater (1). Enfin, le diaphragme éprouve un refoulement de bas en haut , ce qui fait que laréplétion excessive de l'estomac rend difficile , nonseulement l'inspiration et tout acte qui exige un certain déploiement d'énergie de l'appareil respiratoire , comme l'action d'appeler à haute voix , mais encore la course ou tout autre effort musculaire quelconque.

II. Le mouvement de l'estomac a été observé immédiatement sur beaucoup d'animaux soumis à la vivisection, et sur quelques hommes atteints de fistules stomacales. Il est plus lent et moins manifeste chez certains animaux que chez d'autres. En outre, il varie chez les individus d'une même espèce, non-seulement d'après l'état de vacuité ou de réplétion, mais encore dans l'un et dans l'autre de ces deux états. De quatre Chiens que Spallanzani (2) examina sous ce point de vue , après leur avoir fait prendre des alimens, deux le lui montrèrent bien prononcé, tandis qu'il n'en vit aucune trace chez les deux autres. On avait présumé qu'il n'avait lieu qu'autant que la cavité abdominale venait à être ouverte , et par suite de l'action stimulante de l'air ; mais on peut l'apercevoir à travers les parois du corps chez les animaux invertébrés transparens, et Haller (3) l'a remarqué aussi chez des Mammifères auxquels il n'avait ouvert que la poitrine. Il se compose,

(1) Philosophie Trams, t. XXXI,Jp. 89.

(2) Opuscules, t. II, p. 635.

(3) Elom. physiol., t. VI, p. 273.;

comme celui des autres membranes musculeuses, tantôt d'un raccourcissement par des fibres longitudinales, tantôt d'un resserrement, avec formation de plis, par des fibres transversales. On a remarqué aussi que les points qui se contractent deviennent plus épais et plus résistans, tandis que ceux dans lesquels la distension a lieu s'amincissent et deviennent plus mous.

5° L'application des excitans, pendant la vie ou peu de temps après la mort, sollicite en général l'estomac à se mouvoir, mais n'y excite pas néanmoins des mouvemens aussi vifs que ceux des intestins. L'excitation de la surface externe, par des agens chimiques, tels que l'alcool, les acides minéraux et les sels métalliques, détermine des contractions et de profonds sillons à l'endroit touché, d'où les alimens se trouvent chassés (1). L'irritation, au moyen d'un scalpel ou d'une aiguille, produit le même effet , mais, suivant les observations de Spallanzani , avec des différences individuelles ; le phénomène eut lieu chez un animal dont l'estomac avait déjà cessé de se mouvoir sur les alimens contenus dans son intérieur, et chez un autre qui n'en avait offert aucune trace auparavant ; chez d'autres encore on ne l'observa pas. L'irritation galvanique est celle qui agit de la manière la plus constante. Nysten nous apprend (2) que, sur des Chiens auxquels il avait coupé la tête , ou éteint de toute autre manière l'influence du cerveau , l'aptitude à la ressentir persistait un peu plus longtemps à l'estomac qu'à l'intestin, en général au-delà d'une demi-heure , mais parfois aussi plus de deux heures après la mort. Une irritation portée à la face interne du viscère semble être douée d'une efficacité toute spéciale , ainsi que Beaumont (3) l'a constaté en introduisant une canule en caoutchouc dans la fistule de l'homme qui servait à ses observations. Les alimens doivent agir de la même manière ; c'est là ce qui fait que le mouvement cesse quand l'estomac ne contient plus rien, et qu'une irritation extérieure en excite un moins vif que

(1) Haller, loc. cit., p. 200.

(2) Loc. cit., p. 344.

(3) Loc. cit., p. 60.

la réplétion médiocre du viscère. Plus la nourriture est solide , plus aussi elle est excitante , et plus l'estomac se meut avec force , d'après les remarques de Tiedemann (1) et d'Eberle (2). Mais il faut faire entrer en ligne de compte les propriétés chimiques des alimens ; car Helm (3) a vu qu'après l'ingestion d'une boisson spiritueuse , les alimens restaient à peine une heure dans l'estomac, et sortaient par la fistule , avec quelque soin que le bandage eût été appliqué. D'un autre côté , l'opium paralyse presque toujours la faculté motrice de l'estomac (4).

6° La force musculaire de l'estomac varie beaucoup. Généralement parlant, elle est plus considérable quand les alimens sont de nature hétérogène et difficiles à digérer, par conséquent chez les animaux herbivores ; mais , à part cette circonstance , elle déploie aussi une plus grande énergie lorsqu'elle est obligée de remplacer la mastication , et diminue d'autant plus ie séjour des alimens, que les sucs gastriques possèdent plus d'efficacité ; voilà pourquoi elle est plus lente chez les Poissons et les Reptiles , où la nourriture a besoin de rester long-temps dans l'estomac pour être digérée. Un estomac qui est destiné à remplir le rôle d'une sorte d'organe masticateur, et à diviser les alimens solides, se distingue en ce que sa cavité est moins spacieuse , sa tunique musculpuse épaisse, et sa membrane muqueuse garnie de productions cornées ou calcaires, tantôt de plaques agissant par pression et frottement , tantôt de pointes qui piquent et font office de dents : chez les Acéphales , on voit saillir dans l'estomac , à son extrémité , une pièce calcaire , sur laquelle -s'articule une plaque cartilagineuse supportant trois pointes. Chez plusieurs Gastéropodes , les Aplysies, par exemple, à un estomac purement membraneux en succède un autre musculeux garni de plusieurs plaques cartilagineuses et pointues, disposées en cercle , qui se rencontrent les unes les autres dans les mou-

(1) Rach. sur la digestion, trad. par A. J. L. Jouvdan, 1. 1, p. 332.

(2) Physiologie der Ferdauung, p. 153.

(3) Zwey Krankengeschichtcn,^. 13.

(4) Haller, loc. cit., t. VI, p. 262.

vemens du viscère ; il y a de plus un troisième estomac armé de pointes recourbées. Quelques Ptéropodes ont également des dents cornées dans leur estomac. Chez divers Annélides, les Aphrodites , par exemple , l'estomac est fortement musculeux , revêtu d'un épithélium calleux , et armé de dents cartilagineuses. Chez tous les Insectes qui prennent une nourriture solide, comme les Coléoptères créophages et lignivores, les Orthoptères et les Névroptères , on trouve , en avant de l'estomac proprement dit , un véritable gésier, qui est garni de plis et de lamelles ou d'épines cornées. Les Décapodes , parmi les Crustacés , ont , à l'extrémité de leur estomac , un appareil spécial, qui consiste en cinq pièces calcaires armées de dents et mues par des muscles. Chez plusieurs Oiseaux , notamment ceux qui vivent de matières animales , l'estomac n'a que de minces membranes ; il est musculeux au contraire chez les phytophages , et surtout chez les granivores , où il présente deux masses musculeuses très-solides , composées de fibres rayonnantes, entre lesquelles on n'aperçoit presque pas de tissu cellulaire, et où sa face interne est tapissée par one couche celluleuse qui, de temps en temps, se détache et se renouvelle. Cet épithélium forme , chez une espèce de Pigeon des Indes orientales, deux excroissances cornées , opposées l'une à l'autre , entre lesquelles les grains sont écrasés (4). Dans la classe des Mammifères, le Pangolin a l'estomac divisé en deux portions , l'une cardiaque, à parois minces, l'autre pylorique, fortement musculeuse et garnie d'un épithélium calleux. Chez lesSolipèdes et les Cochons, au contraire , il n'y a que la portion cardiaque qui offre un épithélium aussi épais que celui de l'œsophage, et auquel elle doit sa couleur blanchâtre. Chez les carnassiers , l'estomac est uniformément rougeâlre sur toute sa face interne ; il a un épithélium mince et (Jes fibres musculaires faibles , toujours plus fortes cependant que celles qu'on trouve chez l'homme.

7° Les expériences tentées d'abord par Borelli etRedi, à l'effet de déterminer les forces du gésier des Oiseaux, ont été répétées avec plus de soin parRéaumur.Ce physicien fit avaler

(1) Hiat. de VAc. des *c, 1752, p. 297.

à une Poule des boules de verre qu'un poids seulement de quatre livres pouvait écraser; au bout de trois heures elles furent trouvées réduites en morceaux (1). Des tubes en fer-blanc, clos à chaque bout par un couvercle soudé , et assez forts pour ne pas fléchir sous une pression moindre de quatre-vingts livres , étaient , après vingt-quatre à quarante-huit heures de séjour dans l'estomac du Dindon , les uns aplatis , les autres roulés sur eux-mêmes , avec les couvercles déformés ou dessoudés (2). Vingt-quatre noix avalées par un Dindon étaient écrasées au bout de quatre heures, et il en fut de même à l'égard de noisettes avalées par un Coq (3). Spallanzani (4) a également vu un séjour de trois heures, dans l'estomac d'une Poule, réduire de petites boules de verre en morceaux, ou même en une poudre fine ; un grenat , qui demeura un mois entier dans l'estomac d'un Pigeon , avait tous ses angles émoussés. Il y a également une espèce de Mésange dont l'estomac broie des coquilles de Limaçons (5) . Réaumur a reconnu que celui des Canards n'a pas assez de force pour courber les tubes en fer-blanc, et Spallanzani (6) attribue une force moyenne aux estomacs qui, comme celui des Corneilles , n'agissent pas sur les tubes d'une certaine épaisseur, mais déforment ceux qui sont minces (7). L'estomac des Bœufs et des Chiens (8) n'agit pas non plus sur ces instrumens dans les expériences du physiologiste italien ; de petits tubes en bois assez minces pour céder à la moindre pression du doigt , traversèrent son propre canal alimentaire sans être endommagés ; sur vingt-cinq grains de raisin mur , à peau très-molle , dixhuit passèrent également entiers, il en futdemêmendes cerises et des grains de raisin non à maturité.1 Au reste, les iatro-mathématiciens ont trouvé ici un champ libre pour leurs calculs.

(1) ii.,p. 273.

(2) lbid., p. 270.

(3) Froriep, Notizen, t. XXVII, p. 234.

(4) OEuvres, t. II, p. 405.

(5) Hist. deVAcad. des se, 1752, p. 291.

(6) Loc. cit., p. 457.

(7) Loc. cit., p. 550-558.

(S) Loc. cit., p. fi32.

Ainsi Pitcarn , croyant que la force des muscles devait correspondre à leur poids, évaluait celle de l'estomac de l'homme à 12,951 livres , d'après la proportion entre son poids et celui du muscle fléchisseur du pouce , dont Borelli estimait la force à 3,720 livres. Fracassini la portait à 117,088, et Wainewright à 260,000 livres (1).

8° De ce que le raccourcissement d'une fibre musculaire ne peut guère aller au-delà du tiers de sa longueur,on avait conclu que l'estomac des Mammifères , alors même qu'il est le plus contracté, conserve encore les deux tiers de sa capacité. Cependant il a été maintes fois constaté que ce viscère embrasse exactement de toutes parts des corps même assez petits , et comme il se vide souvent d'une manière complète , comme il chasse de son intérieur des aiguilles et des graines, comme il réduit en pelotes les poils et autres substances analogues , il paraît être susceptible de se resserrer bien au-delà des limites qu'on lui avait assignées (2). D'ailleurs, son mouvement le plus vif est celui qui s'accomplit dans la portion où il est le plus étroit et le plus musculeux , par conséquent aux alentours du pylore, et dans celle où il jouit de la plus grande liberté , c'est-à-dire à sa grande courbure.

9° Suivant Eberle (3), l'estomac, après avoir reçu des alimens , se resserre d'abord sur eux d'une manière uniforme et continue. Quand les alimens commencent à se ramollir et à se réduire en bouillie, sa tension devient inégale , et c'est alors qu'on peut apercevoir son mouvement. Celui-ci est, généralement parlant , calme et ondulatoire ; il marche du cardia au pylore , et du pylore au cardia. Quelquefois aussi , comme l'a remarqué Tiedemann (4), les mouvemens partent en même temps des deux extrémités de l'estomac , et se réunissent à la partie moyenne du viscère. Les plus ordinaires, ceux qui partent du cardia et y reviennent , mouvemens observés par

(1) Haller, Elem.physioloij., t. VI, p. 274.

(2) lb., p. 262.

(3) Loc. cit., p. 52.

(4) Recherches sur la dùjestion , trad. par A. J. L. Jourdan , t. I , p. 333. <

Haller(l), Spallanzani et beaucoup d'autres, ont été aussi aperçus par Beaumont (2) ; un thermomètre que ce médecin introduisait dans l'estomac , à travers la fistule, décrivait des ondulations, qui duraient une à trois minutes, d'abord lentes, puis de plus en plus rapides à mesure que la formation du chyme avançait; vers la fin, le mouvement devenait beaucoup plus fort, et se dirigeait davantage dans le sens du cardia au pylore. SuivantMagendie , au contraire, il commencerait dans la portion pylorique , y resterait confiné tant que l'estomac est plein, nè s'étendrait au-delà que quand le viscère commence à se débarrasser de son contenu , et apparaîtrait dans la portion cardiaque à l'époque seulement où il est presque vide.

40° Haller (3) et autres ont souvent vu, chez l'homme et les animaux à estomac simple , ce viscère ofl'rir , à sa partie moyenne , un étranglement qui le divisait en deux moitiés , renfermant, chez le Castor, l'une les alimens solides non encore digérés , l'autre ceux qui avaient déjà pris- la forme liquide. Depuis, Home a prétendu (4) que cette constrictioa n'a pas lieu exactement à la partie moyenne , mais qu'elle est ordinairement plus rapprochée du pylore pendant la digestion , et (5) que le liquide s'amasse surtout dans la portion cardiaque , tandis que les substances solides s'accumulent dans la pylorique. C'était évidemment aller beaucoup trop loin. Ticdemann (G) et Eberle (7) n'ont jamais remarqué celte séparation de l'estomac en deux cavilés , et Magendie assure que les boissons ne se rencontrent que dans la région pylorique et la partie moyenne du viscère. Cependant il n'est pas hors de toute probabilité que l'action des fibres circulaires devienne, en certaines circonstances, prédominante dans

(1) Elem. physiolog., t. VI, p. 276.

(2) Loc. cit., p. 75.

(3) Elem. physiol., t. VI, p. 263.

(4) Philos. Trans, 4S9, p. 139. — Lectures on comparative anatomy , t. I, p. 139.

(5) lb., p. 223.

(6) Loc. cit., p. 332.

(7) Loc. cit., p. 51.

DE LA DIGESTION. 200 cette dernière région, puisque la constriction a été fréquemment observée chez des hommes enlevés par une mort subite (i), surtout à la suite de vomissemens , qu'il n'est pas rare que rinsuiïlaiion de l'air la fasse disparaître (2) , et qu'une observation de Beaumont , dont nous aurons occasion de parler plus loin, semble autoriser à penser que les choses se passent réellement ainsi quelquefois.

dl° Un estomac musculeux, étroit et robuste, écrase et broie lesalimens ; un estomac spacieux et à parois minces leur imprime un mouvement de va-et-vient, les mêle ensemble, ainsi qu'avec le suc gastrique, et les pétrit en quelquesorte.Sil'onen juge d'après les mouvemens que décrivatla partie saillante au dehors d'un tube introduit dans l'estomac parBeaumont, les alimens marcheraient du cardia vers le pylore le long de la grande courbure , et du pylore vers le cardia le long de la petite courbure. Lorsque le viscère embrasse de tous côtés une certaine quantité de nourriture , il peut aussi la pelotonner , car Wilson a rencontré , chez les Lapins , de petites masses sphériques de fourrage entre les plis du cul-de-sac. Ce physiologiste et Eberle(3) assurent que quand toute la masse contenue dans l'estomac forme ainsi une pelote , chaque nouvelle bouchée qui descend de l'œsophage est refoulée dans l'intérieur de celle-ci , de sorte que la nourriture avalée en premier lieu se trouve ramenée à la surface, phénomène dont ils disent qu'on peut se convaincre à l'aide de substances diversement colorées. Cependant une opération de ce genre ne saurait être admise qu'autant que les premiers alimens auraient déjà été assez ramollis et réduits en bouillie pour pouvoir se laisser pénétrer par les substances encore solides qui viennent s'ajouter à la masse contenue dans l'organe. Beaumont a constamment trouvé (4) que les alimens pris à diverses époques ne lardaient pas à être mêlés les uns avec les autres d'une manière uniforme.

(1) Mayo, Outlinei ofhuman physiology, p. 432.

(2) Voigtel, Handbuch der pathologischen Anatomic, t. II, 444-4W.

(3) Loc. cit., p. 453.

(4) Loc. cit., p. 61, 75.

12° La cavité abdominale est complètement remplie par ses organes et par la sécrétion du péritoine; aussi arrive-t-il assez souvent qu'on trouve l'estomac perforé , sans que le chyme s'en soit échappé , parce que la paroi abdominale , en Rappliquant immédiatement à la surface du viscère, bouche l'ouverture. Aucun organe ne peut , dans cette cavité, ni se déplacer ni se distendre sans presser sur les autres, et en exerçant cette action sur les parties qui l'environnent, l'estomac plein d'alimens en éprouve une semblable de leur part. Le diaphragme le refoule de haut en bas et d'arrière en avant pendant l'inspiration ; on a vu , sur un Bœuf , le chyme être lancé de cette manière à quelques pas de distance par une ouverture qui avait été pratiquée exprès (1). Les muscles abdominaux sont une ceinture qui presse les viscères dans le sens vertical et d'avant en arrière; ils pèsent sur l'estomac, ainsi que le diaphragme , et le sollicitent à des mouvemens plus énergiques, de manière que la digestion d'alimens difficiles à attaquer peut être favorisée volontairement par des inspirations profondes et de fortes contractions des muscles abdominaux. L'estomac cède aussi à une pression exercée du dehors , et c'est pour cela qu'assez souvent on l'a trouvé dans une situation tout-à-fait différente de celle qui lui est naturelle, chez des femmes qui avaient contracté, pendant leur vie , l'habitude de se serrer beaucoup.

III. Vers la fin de la digestion , quand la chymification est déjà fort avancée, le mouvement de l'estomac devient plus vif, surtout dans la portion pylorique, où la force musculaire possède plus d'énergie , et il résulte de là que le chyme se trouve obligé de passer dans l'intestin.

1° A cet effet, il part du milieu de l'estomac à peu près, un mouvement énergique qui se propage, à travers le pylore, dont les fibres longitudinales du viscère surmontent la résistance,jusqu'à la première courbure du duodénum , après quoi il revient sur lui-même , vers la partie moyenne de l'estomac. Comme ces mouvemens se répètent sans cesse, il n'y a que l'extrémité de la masse chymeuse qui se trouve portée assez loin

(l)IIaller,Joc. cit., t. VI, p. 259.

DE LA DIGEStïOri.' ào5 pour pouvoir rester dans le duodénum ; celle qui rétrograde est obligée de rentrer dans l'estomac; le chyme ne chemine donc que par petites portions. Beaumont a remarqué, sur l'homme qui était le sujet de ses observations (1) , que les mouvemens expulsifs partaient des fibres circulaires situées à trois ou quatre pouces de l'extrémité du pylore , et que ces fibres , auxquels il donne le nom de ligamens transversaux , produisaient alors une espèce d'étranglement. Lorsque, vers la fin de la digestion , il introduisait la boule du thermomètre dans cette région, elle rencontrait d'abord une résistance due à un commencement de contraction , mais qui cédait bientôt, et ensuite elle était attirée de trois à quatre pouces vers le pylore, avec une certaine force, puis repoussée au dehors, avec un mouvement de torsion assez léger, qui cependant allait quelquefois jusqu'à lui faire décrire une révolution entière sur elle-même. S'il laissait l'instrument libre , il le voyait pénétrer jusqu'à dix pouces de profondeur , par conséquent fort loin dans le duodénum , et il avait alors de la peine à le retirer ; mais , au bout de quelques minutes, le tube sortait spontanément de trois à quatre pouces , et il devenait très-facile de le retirer tout-à-fait. Quand on l'enfonçait à gauche du ligament transversal, on pouvait le mouvoir aisément en tout sens, et il s'inclinait la plupart du temps vers le cul-de-sac, sans néanmoins y être attiré et retenu , comme il l'était du côté droit. A droite, chaque mouvement vers l'intestin durait environ deux à cinq minutes; pendant le mouvement en sens inverse, dont la durée était la même, le ligament transversal se relâchait , et le chyme était poussé vers le cul -de-sac, où bientôt il recevait de nouveau une direction opposée. Ces mouvemens se répétaient jusqu'à ce que l'estomac fût vide. La situation de l'estomac plein , qui est telle que le pylore se trouve dans le même plan que le duodénum, peut contribuer à favoriser la sortie du chyme , sans qu'on doive pour cela la considérer comme une circonstance essentielle. Lorsque la valvule pylorique s'est refermée, le passage de Pinteslin dans l'estomac devient difficile; les calculs biliaires sont rares

(1) Beaumont, loc. cit., p. 76.

à rencontrer dans ce dernier organe , où la bile pénètre néanmoins assez souvent,

2° Le chyme sort de l'estomac par portions, à mesure qu'il se forme, car il diminue sans interruption (1): seulement sa sortie est plus lente au début que quand les alimens ont été entièrement fluidifiés (2). La digestion de tout ce qui avoisine le pylore est aussi plus avancée que celle du reste.

b. Mouvement de l'intestin.

§ 932. Le mouvement des intestins n'a pas lieu seulement après la mort ou après l'ouverture de la cavité abdominale : on le voit et on le sent aussi chez les animaux vivans (3); on peut même l'observer par la cavité pectorale , sans léser ni le péritoine ni les parois du bas-ventre (4); enfin, chez les animaux transparens , comme les Monocles , on l'aperçoit à travers le corps.

1" Il ne dépend pas de la volonté : on peut s'en convaincre dans les cas de plaie pénétrante à l'abdomen ou d'anus artificiel. Aucun effort volontaire ne saurait le suppléer , ni , quand il n'a pas lieu, déterminer la moindre évacuation (o). Il persiste alors même que la paroi abdominale a été ouverte : les muscles du bas-ventre n'en sont donc pas la condition, bien qu'ils exercent de l'influence sur lui , car leur pression sollicite l'intestin à se mouvoir avec plus de vivacité, et c'est en grande partie de cela qu'il dépend que l'exercice, pris en temps convenable, favorise la digestion. Quand on ouvre l'abdomen d'un animal, on voit le mouvement de l'intestin , d'abord faible , devenir plus vif et plus fort Ainsi Krimer v6), ayant enlevé à un Chien une portion des muscles abdominaux, n'aperçut, à travers le péritoine, qu'un mouvemeut trèsfaible du canal intestinal ; mais ce mouvement devint plus fort après l'ouverture du sac péritonéal , et quand les intes-

(1) Beaumont, loc. cit., p. 76.

(2) ii.,p. 65.

(3) Eberle, loc. cit., p. 310.

(4) Haller. Elem. physiol., t. VII, p. 83.

(5) Dupuvtven, Mèm. de VAcad. royale de mêd. Paris, 1S2S, 1. 1, p, 259,

(6) Horn, Nettes Archiv, 1821, t. I, p. 237.

tins sortirent du corps , il acquit plus de force et d'étendue. Cet etlet peut tenir en partie à la cessation de la pression qui s'exerçait sur l'organe , mais la principale cause est l'impression stimulante de l'air ; car , non seulement le mouvement de l'intestin devient très-prononcé après qu'on a poussé de L'air par la bouche ou l'anus , tandis qu'auparavant on ne l'apercevait point (1), mais encore on a reconnu, dans les cas de procidence des intestins , que ces viscères entraient en turgescence et s'agilaient de mouvemens très-vifs dès qu'on enlevait le bandage protecteur, et que, si leur mouvement cessait bien au bout de quelque temps , ils n'en demeuraient pas moins un peu turgides(2).L'air qu'on avale, ou qui se dégage des alimens, doit donc en général déterminer quelque stimulation. Les alimens excitent aussi ; un intestin médiocrement plein se meut avec plus de vivacité , et avec d'autant plus de force , d'après les remarques d'Eberle (2), que le chyme est plus stimulant et plus acide. La bile surtout exerce une grande influence : si elle est trop abondante, il survient des borborygmes, et la diarrhée se déclare ; si elle est insuffisante , il y a paresse du ventre. Les irritations mécaniques ou chimiques, agissant sur la surface interne ou externe , ne sont pas non plus sans portée : on a vu , par exemple , les lotions avec du vin chaud occasioner de forts mouvemens dans des portions d'intestin sorties du corps -, dans un cas analogue, les irritations mécaniques n'en déterminaient qu'un lent et à peine sensible , que la galvanisation rendait plus vif, et qui acquérait plus d'énergie encore quand on touchait la surface de l'organe avec une dissolution de potasse.

2° Le mouvement des intestins est plus vif chez les Mammifères que dans les trois autres classes d'animaux vertébrés. jSysten assure (4; qu'il ne s'écoule ordinairement pas beau- Boup plus d'une demi-heure avant qu'on cesse de pouvoir t'fnciter au moyen du galvanisme; mais souvent aussi il

(4) Horn, Neues Archiv, 1821, t. I, p. 238.]

(2) Hast, Magasin, t. XIX, p.-^93.

(3) Loc. cit., p.; 340.

(4) Recherolies de phijqioloy,) p. 344.

lui arrive" de persister bien plus long-temps , même sans application d'aucun excitant spécial , comme on peut s'en convaincre sur presque tous les Moutons sacrifiés dans nos boucheries , et il lui arrive même parfois d'être plus fort après la mort qu'il ne l'était durant la vie (1), ce que Fontana attribue à la rupture de l'équilibre entre les fibres musculaires et le sang , qui est la conséquence nécessaire de la cessation de la circulation. Le point avec lequel on met un irritant en contact , se contracte lentement , mais presque toujours d'une manière énergique ; de là résulte la formation d'une fossette , à partir de laquelle le mouvement se propage aux parties avoisinantes, lorsque l'excitabilité est suffisante. Assez souvent la contraction va jusqu'à effacer entièrement la cavité (2), de même qu'il n'est pas rare de voir une portion d'intestin se resserrer en forme de sac sur des corps étrangers , des noyaux de cerise , par exemple , et les tenir enfermés pendant long-temps , ou une certaine cfUantité d'air demeurer emprisonnée entre deux points contractés (3). Au reste , le mouvement est favorisé à l'intérieur par les sécrétions intestinales, séreuses et muqueuses, à l'extérieur par la sécrétion séreuse du péritoine : il est d'autant plus libre extérieurement , que le mésentère a plus de longueur , et la constipation a lieu presque toujours quand les intestins se sont agglutinés ensemble par l'effet d'une exsudation.

3° Généralement parlant , le mouvement est irrégulier , de manière qu'il semble dépendre jusqu'à un certain point de la volonté : il s'interrompt parfois , et reprend à des époques indéterminées , sans cause extérieure appréciable. Sa marche n'est point uniforme, mais on le voit cesser en un certain point, et recommencer sur un point plus éloigné. Il se dirige tantôt de haut en bas , ou d'un côté à l'autre , et tantôt en sens inverse. Tantôt il est borné à un seul point, tantôt il est général , et alors toute la masse des intestins grouille comme un tas de vers. En resserrant une partie du canal, les fibres cir-

(1) Haller, Ehm. physiol., t. VII, p. 84.

(2) /6., t.;VII,p.76.

(3) Horn, JNeues Archiv, 4821, 1. 1, p. 243.

bE LA DIGESTION. 20g

culaires fournissent des points d'appui aux fibres longitudinales, dont les contractions raccourcissent les portions voisines. Comme ce sont ces dernières surtout qui se trouvent lésées et irritées dans le cas de plaie transversale , et qui perdent ainsi leurs points d'insertion aux fibres circulaires , elles se raccourcissent, et par là renversent de dedans en dehors les bords de la plaie, qui prennent l'apparence de lèvres. Ce phénomène est plus prononcé au bout supérieur d'un intestin coupé en travers , qu'au bout inférieur. On le remarque aussi dans les anus artificiels. Lorsqu'une portion d'intestin est dilatée , la portion raccourcie qui vient immédiatement après, peut, si elle est en même-temps resserrée , s'engager dans la précédente, et la boucher complètement.

4" Le chyme est poussé des deux côtés de tout point dont les fibres circulaires opèrent la constriction , attendu que les fibres longitudinales des parties limitrophes raccourcissent ces dernières , les amènent à sa rencontre , et l'y font ainsi passer. La contraction des fibres circulaires se propage ondulatoirement de bas en haut comme de haut en bas : il suit de là qu'une partie du chyme est forcée de rétrograder, ce qui en retarde l'évacuation , prolonge la digestion, et la perfectionne ; mais le mouvement de haut en bas l'emporte sur l'autre. Dans les endroits où l'intestin s'infléchit, surtout d'une manière brusque et sous un angle plus ou moins fermé, la progression éprouve quelque gêne ; elle ne redevient libre que quand les fibres longitudinales du côté convexe ont redressé la partie , en se raccourcissant. La pression que le chyme éprouve de tous côtés a pour résultat de l'agiter, d'en rendre le mélange plus intime , et de le mêler en outre avec les liquides sécrétés. Cet effet , joint au mouvement progressif et au dégagement de gaz qui a lieu quelquefois, est la cause du bruit qu'on entend lorsqu'on applique son oreille au ventre d'un homme chez lequel la digestion marche avec activité. Comme le resserrement des parois enfonce les plis et les villosités dans le chyme, et les met en contact plus intime avec lui , il doit sans nul doute favoriser aussi l'absorption , et nonseulement il exprime le mucus de ses cryptes , mais encore il augmente la sécrétion du suc intestinal , car le mouvement

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active en général les sécrétions , et l'on a vu , dans des cas où une portion d'intestin était sortie de l'abdomen , celle même de la tunique périlonéale devenir plus abondante (1).

5° La portion supérieure ou horizontale du duodénum entre en action dans le même temps que la portion pylorique de l'estomac , de manière qu'alternativement le mouvement se propage de l'estomac au duodénum , puis du duodénum à l'estomac. Gomme cet intestin n'est point tapissé de tous côtés par le péritoine , qu au contraire il est fixé aux parties voisines par une tunique celluleuse , et qu'en conséquence il ne jouit pas d'autant de liberté que le reste de l'intestin médian, comme, de plus, il surpasse ce dernier en ampleur, et décrit deux courbures presque à angle droit, il doit, malgré la force de sa tunique musculeuse , retenir le chyme pendant un laps de temps proportionnellement plus long.

6° La valvule iléo-colique est l'extrémité de l'intestin médian, que la longueur moins considérable de ses fibres longitudinales oblige de s'insinuer dans le commencement de l'intestin anal , et dont les lèvres sont forcées ,' par la pression des matières contenues dans le cœcum, mais surtout dans le colon , de s'appliquer au-devant de l'ouverture , en sorte que , généralement parlant , rien ne peut refluer du troisième intestin dans le second. Le colon n'est point aussi mobile que l'intestin médian, à cause de la brièveté du feuillet extérieur de son mésentère ; son ampleur et le peu de développement de ses fibres circulaires font aussi qu'il chasse avec plus de lenteur les matières contenues dans son intérieur , et qu'elles peuvent séjourner pendant quelque temps dans ses anfracluoiités.

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