PREMIÈRE PÉRIODE
a. Changemens opérés dans la cavité buccale:
§ 938. Dès la première station de leur passage à travers le corps, c'est-à-dire dans la cavité buccale, les alimens su-
(1) Gilbert, Annaltn der Physik und Chemic, t. XXVIII, p. 4t>2.
bissent un changement plus ou moins prononcé , suivant la durée plus ou moins longue de leur séjour. Outre qu'ils acquièrent la température du corps, et qu'ils éprouvent une aitrition mécanique , les liquides* buccaux s'ajoutent à leur masse. Ces liquides se composent du mucus fourni par les cryptes des parois de la bouche , de la salive sécrétée par les glandes salivaires, et d'un peu de liquide provenant des fosses nasales, qui consiste lui-même en un mélange de mucosités et de larmes. Ce dernier liquide arrive dans la cavité buccale , en arrière par l'ouverture postérieure des fosses nasales , en devant par les conduits naso-palalins.
I. L'humidité a d'abord un effet mécanique. En lubréfiant les voies, elle facilite la déglutition , et en général les mouvemens de la langue, qui, lorsque la bouche est sèche, se colle au palais , de manière à rendre la parole et le chant difficiles. Sans elle aussi , sans l'imbibition qu'elle fait éprouver, tant à la langue qu'aux alimens , le sens du goût n'existerait pas. Chez quelques animaux, tels que les Pics, les Fourmiliers, etc., elle fournit à la langue un enduit visqueux, qui permet d'employer cet organe comme une sorte de gluau pour s emparer des insectes. Les glandes sous-maxillaires et sublinguales, qui s'ouvrent au plancher de la cavité buccale, près du filet, paraissent être destinées principalement à humecter les parois; car elles sont plus développées que les parotides chez les Carnassiers, qui avalent leur nourriture sans la mâcher.