‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 3)Chapitre 65 sur 134 · CONVERSION DU CITYLE ET DE LA LYMPHE · texte numérisé non relu

CONVERSION DU CITYLE ET DE LA LYMPHE

l'air ; son caillot acquiert d'abord à la surface une teinte rouge, qui peu à peu gagne aussi l'intérieur. La coloration varie sous le rapport de l'intensité et de la nuance, depuis le rose pâle ou le brun faible jusqu'à l'écarlate et au cinnabarin. Macaire et Marcet ont vu le rougissement avoir lieu presque toujours. Muller l'a observé rarement (1). Suivant Tiedemann(2) , c'est chez les Chevaux qu'on l'observe le plus fréquemment ; il est plus rare chez les Chiens , et plus encore chez les Brebis. Emmert (3) a même vu le chyle devenir d'un rouge foncé dans le canal thoracique , après que ce dernier était resté exposé à l'air pendant quelque temps , et ce phénomène pouvait être dû à du sang introduit par hasard, puisque, nonseulement la valvule placée à l'embouchure du canal dans la veine sous-clavière s'oppose à ce que le sang passe de celleci dans celui-là , mais encore le canal avait été lié à sa partie supérieure avant que le chyle s'y rassemblât de bas en haut , et les vaisseaux sanguins étaient vides , l'animal ayant péri d'hémorrhagie. Il n'est pas rare non plus qu'à l'ouverture des cavités abdominale et pectorale, on trouve le chyle rougeâtre, surtout dans le tcanal thoracique , et alors , comme l'a observé Seiler, entre autres, ce liquide prend une teinte rouge plus foncée à l'air libre. Monro avait déjà remarqué que quand les viscères d'un Poisson vivant sont demeurés quelque temps exposés à l'air libre , par l'ouverture de la cavité du corps, la partie supérieure du canal thoracique renferme toujours un liquide ayant la couleur rouge du sang; mais il attribuait ce phénomène à une inflammation et à un épanchement de sang déterminés par l'impression de l'air froid.

1° Reuss et Emmert ont reconnu que le chyle tiré des vaisseaux lymphatiques au voisinage de l'intestin, rougit très-peu à l'air, tandis que celui qui provient du canal thoracique ne tarde pas à prendre une teinte rosée. Vauquelin (4) l'a trouvé

(1) Handbuch der Physiologie, t. I, p. 145.

(2) Rech. sur la digestion, t. II, p. 87. — Hurtrel d'Arboval, Dict. de médecine vétérinaire. Paris, 4839, t. V, p. 558.

(3) Reit, Archiv, t. VIII, p. 490. — Tuebinger Blaetter, 1. 1, p. 97.

(4) Annales du Muséum, t. XVIII, p. 240.

d'un blanc de lait dans le plexus lombaire, et rougeâtre vers le milieu de la hauteur du canal ihoracique. La même observation a été faite par Prout (1) et Seiler (2). Emmert a remarqué que le chyle des vaisseaux mésentériques est celui qui change le moins à l'air , que celui de la portion abdominale du canal thoracique y devient un peu rougeâtre, et que celui de la portion pectorale y acquiert rapidement une couleur analogue à celle du sang (3). De même, Schultz a vu s'écouler du canal thoracique , ouvert à sa partie supérieure, du chyle d'abord rougeâtre , et ensuite lactescent (4). Mais Tiedémann et Gmelin (5) ont reconnu que le chyle, pris avant qu'il eût traversé les ganglions mésentériques, demeurait blanc à l'air, tandis qu'après son passage à travers ces ganglions , il devenait rougeâtre, et que celui du canal thoracique se colorait en rouge intense.

29 Les mêmes observateurs (6) ont vu le chyle se coaguler promptement dans le gaz oxygène, et y prendre une vive couleur de carmin approchant du rouge écarlate ; il avait absorbé pour cela 0,62 de son volume de gaz. Dans l'azote et le gaz acide carbonique, il acquit une teinte de cramoisi sale, et le caillot devint violet ; il n'absorba rien du premier de ces deux gaz , et prit du second 0,611 de son volume. Dans le gaz hydrogène sulfuré, il prit une couleur verdâtre. Du chyle ayant la couleur du sang ne changeait point lorsque Krimer le tenait dans un vase clos ou dans du gaz hydrogène (7), mais il devenait d'un rouge rosé à l'air libre; du chyle blanc conserva cette teinte dans le gaz acide carbonique et dans le gaz azote. Retiré au bout de vingt secondes, il rougit après huit à quinze minutes d'exposition à l'air libre ou au gaz oxygène, absorbant de l'oxygène et exhalant de IV cide carbonique.

(1) Schweigger, Journal, t. XXVIII , p. 510. — Comparez Raspai! , Nouveau syst. de chimie oryanique. Paris, 183S, t. III, p. 253.

(2) Loc. cit., p. 353.

(3) Loc. cit., p. 145.

(4) Rust, Mayazin, t. XLIV, p. 39.

(5) Rech. sur la diyestion, t. I, p. 262.

(6) Ib., p. 276.

(7) fersuch einer Phy-sioloyic des Blutes, p. 121.

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