‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 3)Chapitre 66 sur 134 · CONVERSION DFJ CHYLE ET DE LA. LYMPIIE · texte numérisé non relu

CONVERSION DFJ CHYLE ET DE LA. LYMPIIE

3° Si l'on peut déjà conclure de la manière dont Ips gaz se comportent, qu'il y a ressemblance entre la couleur du chyle et celle du sang, le fait a été démontré encore par lleuss et Emmert, qui ont trouvé que quand on lavait le caillot du chyle rouge, la couleur passait dans l'eau, avec laquelle elle traversait un filtre, qu'elle restait pendant quelque temps étendue d'une manière uniforme, puis qu'elle se fixait au sédiment formé par le repos, et que les acides la détruisaient.

4° D'après les observations de Prout (1) et de Marcet (2), le chyle des Chiens qu'on a nourris de viande devient plus rouge que celui des Chiens qui ont vécu de substances végétales. Leuret et Lassaigne ont remarqué, au contraire, qu'il rougissait sous l'influence d'une nourriture composée de sucre, dégomme, de pomme de terre et de fibrine, tandis qu'il était blanc sous celle du lait, de la graisse, de la viande, des tendons et des cartilages. Tiedemann et Gmelin ont fait des observations analogues (3), et ils ont posé en principe que le chyle rougit d'autant plus, chez les Chevaux et les Brebis, que l'animala été mieux nourri. La disposition individuelle de la vie peut certainement jouer un grand rôle à l'égard de cette différence, car Gurlt (4) a trouvé, chez deux Chevaux également nourris de paille., que le chyle provenant du canal thoracique de l'un était très-rouge , au lieu que celui de l'autre était blanc et ne changeait point à l'air. Cependant l'assertion de Tiedemann et Gmelin a pour elle les observations d'Emmert (5) et de Schultz (6), d'après lesquelles le chyle alTecte une couleur rouge plus prononcée, ou du moins rougit davantage à l'air, chez les animaux qui ont jeûné. Gurlt l'a également trouvé écarlate dans le canal thoracique d'un Poulain qui n'avait point encore tété.

5° Mais il semble paradoxal que le rougissement du chyle, propriété en vertu de laquelle il se rapproche manifestement

(1) Deutsches Archiv, t. VI, p. 91.

(2) Annales de chimie, t. II, p. 52.

(3) Rech. sur la digestion, p. 86.

(4) Lehrbuch der vergleichenden Physiologie, p. 138.

(5) Reil, Archiv, t. VIII, p. 195.

(6) Das system der Circulation, p. 47.

EN SANG. 447 de la nature du sang, soit d'autant moins prononcé que l'hématose marche avec plus de célérité et devient plus complète, et qu'il le soit d'autant plus que l'inverse a lieu. Il doit donc dépendre d'aulre chose que des alimens et de quelque circonstance inhérente à l'organisme lui -même. Tiedemann et Gmelin n'ont reconnu dans le chyle que des substances provenant, ou des alimens, ou du sang. Or, comme évidemment la couleur rouge ne tire pas sa source des alimens, ils la déduisent de la matière colorante du sang artériel (1). Ils admettent que son passage dans le chyle a lieu dans l'intérieur des ganglions lymphatiques du mésentère ; mais ils pensent aussi que la rate,- considérée par eux comme un ganglion lymphatique, y contribue également , la lymphe qui en provient contenant de la matière colorante du sang'et rougissant le chyle au moment ,où elle arrive dans le canal thoracique. Suivant eux, le liquide rougeâtre que sécrètent les glandes du mésentère et la rate doit être d'autant moins apercevable dans le chyle, que les alimens dissous sont absorbés en plus grande quantité dans le tube intestinal, parce qu'alors il se trouve plus étendu et délayé davantage. Muller (2) n'est pas éloigné d'admettre cette manière de voir ; car il pense que la fibrine, qui d'ailleurs tient aux globules du sang, pénètre, peut-être dissoute, à travers les parois des vaisseaux lymphatiques. Du reste, il fait remarquer (3) que, quand on a trouvé le chyle rougeâtre dans le canal thoracique, cette teinte pouvait provenir de quelques globules du sang qui s'y étaient introduits de la veine sous-clavière.

Ainsi, dans cette hypothèse , le rougissement du chyle est attribué à une couleur déjà existante , et il reste à rechercher l'origine de celle-ci. Pour ce qui concerne la lymphe de la rate, elle est généralement incolore suivant Rudolphi et autres. Seiler (4) l'a trouvée telle chez la plupart des Chevaux , ainsi que chez les bêtes à cornes , les Cochons, les Chiens et

(1) Loc. cit., p. 87.

(2) Handbuchder Physiologie, t. I, p. 547.

(3) lb., p. 145.

(4) Zeitschrift fuer Nature-uni Heilkunde, t. II, p. 394.

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