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II. Moyens de conversion du chyle et de la lymphe en lang

§ 962. On avait admis jadis que le chyle est étendu d'eau dans les ganglions lymphatiques par un liquide dont ces organes accomplissent la sécrétion, et qui l'empêche de se coaguler , outre qu'il en favorise la progression. Mais Haller s'est convaincu qu'une semblable dilution n'a pas lieu (2). D'autres avaient pensé que le chyle subit une métamorphose , dans les ganglions lymphatiques , par l'accession des esprits animaux. C'était là une hypothèse dont on ne pouvait fournir la preuve. Si nous nous en tenons aux faits réels, voici ce que nous pouvons établir.

1° Il serait possible que la bile prît une certaine part à la transformation du chyle , comme le pensent Berthold (3) et Arnold (4). Haller (5), parmi les motifs qu'il allègue en faveur de l'absorption par les veines , dit que la bile est sécrétée en quantité qui surpasse celle de toute la masse des excrémens, qu'on n'en trouve néanmoins pas dans le chyle , et qu'en conséquence elle doit passer immédiatement dans le sang veioeux. Si les cas anormaux , celui par exemple d'occlusion du canal cholédoque (6), sont les seuls dans lesquels toute;la bile puisse se mêler , par résorption , avec le chyle , il n'est nullement probable que, dans l'état normal , elle repasse dans le sang veineux avec la totalité de ses parties excrémentitielles. Mais comme le foie est très-riche en vaisseaux lymphatiques, charriant un liquide incolore, dont ils ont opéré la

(1) Addition d'Ernest Burdach.

(2) Elem., phya., t. VII, p. 237.

'3 Lehrbuch der Physiologie, t. II, p. 144.

(4) Lehrbuch der Physiologie, t. II, p. 166.

(5) Loc. cit., p. 67.

(6) Rech. sur la digestion, t. II, 47.

462 CONVERSION DU CHYLE ET DE LA LYMPHE résorption dans la trame organique et indubitablement aussi dans la bile , il peut très-bien arriver qu'en se mêlant avec le chyle ce liquide concoure à sa transformation : cependant nous manquons de preuves à cet égard.

2° L'addition de la lymphe ne peut point être sans influence sur le chyle. Comme elle est plus pauvre que lui en substances organiques (§ 958, 1), loin qu'elle puisse le perfectionner en lui en fournissant, elle paraît être cause , au contraire, que le liquide du canal thoracique en contient moins que celui des vaisseaux lymphatiques du mésentère. Mais il n'en serait pas moins possible cependant qu'elle exerçât encore une influence modificatrice sur lui. Reuss et Emmert (1) regardent comme une chose très-vraisemblable que la lymphe contribue à l'assimilation du chyle, qu'elle l'amène à un plus haut degré d'animalisation. Prout dit que tel doit être l'effet des matériaux hors de service, et pour ainsi dire saturés d'animalité, sur les substances qui viennent d'être introduites dans la sphère de l'organisme (2).

3° Nous sommes bien plus fondés encore à admettre (car il faut ici nous borner à des conjectures) que le sang contenu dans les vaisseaux capillaires exerce une action de ce genre sur les parois du système lymphatique , spécialement dans l'intérieur des ganglions (§ 916, 6°). Comme le sang artériel est à la fois le principe nourricier et l'excitant du reste de l'organisme (§ 746) , que partout il met en jeu l'activité vitale , tout porte à croire qu'il exerce une influence analogue sur le chyle , et le détermine ainsi à devenir de plus en plus semblable à lui-même.

4° A part même le sang , les parties vivantes d'alentour peuvent contribuer au perfectionnement du chyle.

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