‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 3)Chapitre 88 sur 134 · I. Et d'abord avec l'action cérébrale · texte numérisé non relu

I. Et d'abord avec l'action cérébrale

1» Elle influe sur les fonctions de l'encéphale, non pas tant parce qu'elle consiste en un échange de matériaux (§ 847, 7°), que parce qu'elle excite les mouvemens nécessaires pour cela (§ 971). C'est ainsi que l'arlériotomte donne quelquefois issue à un sang noir chez les apoplectiques (1). La respiration est plus faible pendant le sommeil (§ 60(5, 8"). Allen et Pepys ont remarqué , dans leurs expériences , que les animaux expirent moins d'acide carbonique lorsqu'ils sont pris de l'envie de dormir. La respiration baisse encore davantage pendant l'engourdissement hivernal ( § 612 , 2°). Des Chenilles qui consommaient 0,09 d'oxygène en dix-huit heures lorsqu'elles jouissaient de leur pleine et entière vitalité, n'en consommèrent plus que 0,07 au moment où elles allaient se changer en chrysalides : quand on bouchait leurs stigmates avec de l'huile, elles périssaient, dans le premier cas au bout de quatre minutes, dans le second au bout de neuf seulement : des chrysalides purent rester deux heures sous l'eau , sans mourir (2). L'exercice des facultés intellectuelles détourne !a vie nerveuse des fonctions purement corporelles; un homme enfoncé dans le calme de la méditation a une respiration faible, à peine perceptible, et ce n'est que de temps en temps, surtout lorsque sa pensée s'arrête un peu, qu'il fait une inspiration plus profonde : des études uniformes et soutenues peuvent donc amener l'asthme. Au contraire, la respiration est rapide et fréquente toutes les fois que le moral et l'imagination sont excités : les inspirations sont profondes et vigoureuses dans la colère et les autres passions stimulantes, courtes et faibles dans la frayeur , la tristesse , le chagrin.

(i ) Magendie. Leçons sur tes phénomène:': do la vie, t. T, p. 14t . J. Cruveilhier, Dict. de Méd. et de Chir. pratiqua*, art Apoplexie, t. III, p. 201. (2) Spailanzani, Rupp, de Vair avec les corps organisés, t. I, p. 24, 41.

2° La respiration n'est pas un besoin aussi impérieux pour la vie plastique que pour la vie animale. Les végétaux n'exigent pas, à beaucoup près, un air aussi riche en oxygène que les animaux. , et leur vie se maintient bien plus long-temps dans les gaz irrespirables. Toutes les fois que le conflit avec l'aimosphère n'a lieu que d'une manière médiate (chez les Entozoaires, les embryons et les animaux qui respirent l'eau), il y a limitation des fonctions animales, tandis que le développement de ces dernières entraîne la nécessité d'une respiration plus libre. L'effet des gaz irrespirables, dépourvus d'oxygène libre , se manifeste surtout par le trouble des sens , des facultés intellectuelles et du mouvement volontaire (§ 97G, 3", 4°). L'action cérébrale est sous la dépendance d'un sang parfaitement artérialisé, par conséquent de la respiration (§743^ 3°), et il n'est pas rare , dans les maladies , de voir les sujets gais et maussades, aptes ou non à déployer les ressources de leur esprit , suivant que leur respiration est libre ou gênée , et que la prédominance appartient au sang artériel ou au sang veineux. Chez les animaux dont le sang artériel est mêlé de sang veineux (§ 967, 4° , 8°), le cerveau, moins actif, paraît ne pas avoir besoin de sang artériel pur , et, par cela même, pouvoir mieux supporter une longue interrupfion de la respiration. Ici encore nous retrouvons les effets du défaut d'air sur la vie animale. Les Grenouilles vivent sous l'eau courante, parce que leur peau, qui respire l'eau , fait l'office des poumons'; mais leurs sens y sont obtus, et leurs mouvemens d'une lenteur extrême (1).

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