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II. Le mouvement volontaire est lié aussi à la respiralion

4° Non seulement il accélère partout les mouvemens respiratoires, mais encore il accroît l'exhalation d'acide carbonique (§ 847) et l'absorption d'oxygène. Pendant le repos, guin (2) consommait douze cent dix pouces cubes de gaz oxygène par heure : cette consommation s'élevait à trois mille deux cents pouces cubes lorsqu'il gravissait une hauteur de

(1) Edwards, lec, cit., p. 65.

(?) Jiist, de VAcad. des se, 1789, p. 575

DE LA. INSPIRATION. 557 six cent treize pieds , chargé d'un fardeau de quinze livres , et même à quatre raille six cents quand il se livrait à cet exercice pendant la digestion. Un homme qui se tient tranquille peut, après avoir l'ait une profonde inspiration, rester une à deux minutes sans respirer; mais il ne le peut pas plus d'une minute s'il se livre à des mouvemens qui exigent des efforts. Il paraît, d'après cela, qu'à [chaque déploiement de l'action musculaire, la quantité de sang artériel qui passe à l'état veineux est plus considérable.

2° Le mouvement volontaire a pour condition l'affluence du sang artériel (§ 743, 4°), d'où il suit que la respiration est aussi la condition de la force musculaire. Le développement des organes respiratoires, dans la série animale, est en raison directe de la facilité et de la vélocité du mouvement volontaire. Si la force musculaire s'accroît par l'exercice, cet effet est dû en partie à l'énergie que ce dernier fait acquérir à la respiration. Lorsque la respiration s'accomplit d'une manière incomplète , par exemple dans la cyanose , les muscles sont minces et sans force, d'un côté parce qu'il se forme trop peu de fibrine, et d'un autre côté parce que les qualités stimulantes du sang ne deviennent point assez prononcées. Hall (1) se faisait une fausse idée de l'irritabilité quand il prétendait qu'elle est en raison inverse- de la force de la respiration : la persistance de l'irritabilité des muscles après la mort, n'est effectivement qu'une preuve de la ténacité de la vie (§ 626 , II), et si elle èst plus considérable lorsque la respiration s'exécute d'une manière incomplète , ces deux phénomènes n'annoncent qu'une seule chose, c'est que la vie en général , et surtout la vie animale , ne sont point encore parvenues à un bien haut degré.

Mais la rnspiration annonce encore ses connexions intimes avec le mouvement volontaire par l'influence mécanique qu'elle exerce sur lui.

3° D'abord, l'air introduit et retenu dans l'économie, ou sécrété par elle, diminue la pesanteur spécifique du corps, et facilite ainsi la locomotion. Tel est l'effet des réservoirs

(1) ïlocker, ÙterariscJiè Annulai dey Hcilkundo, t. XXXV, p. 489r

d'air silués au-dessus de la cavité digestive , chez plusieurs Acalèphes. Les tracliées répandues par tout le corps donnent aux Insectes la légèreté dont ils ont besoin pour voler , et comme, pendant te vol , ce sont principalement les stigmates situés à la poitr ine qui accomplissent la respiration , l'air se porte en plus grande quantité dans le> ailes que dans les autres parties. Un résultat analogue dépend, chez les Oiseaux , de la longueur presque toujours considérable de la trachée-artère , de la situation des poumons à la partie supérieure du corps ou à la surface dorsale , et de leur communication tant avec li s sacs aériens qu'avec l'intérieur des os. L'énergie du vol est proportionnée au développement de ces conditions, et comme les Oiseaux ne peuvent point respirer aussi complètement lorsqu'ils volent, l'air accumulé dans les sacs aériens semble , en passant dans les poumons par l'effet de la compression , suppléer au défaut d'admission de l'air extérieur ; car , lorsque après avoir lié la irachée-arière on ouvre les sacs, à air du ventre, ou que l'on coupe soit l'os de la cuisse, soit celui du bras, la re-piration s'exécute pendant quelque temps encore par cette voie (1). Tous ces prolongemens des poumons ne sont que des réservoirs d'air qui aident au mouvement : en effet, on y remarque fort peu de vaisseaux, et il n'en revient point de sang artériel, nj^ais seulement du sang veineux. Nous avons déjà vu que la partie postérieure des poumons des Serpens , qui a la forme d'un sac et ne reçoit point de vaisseaux , n'est également qu'un réservoir d'air, qui sert à la nutrition, ou , en cas de besoin, à envoyer de l'air dans la portion respirante de l'organe. On en peut dire autant de la vessie natatoire des Poissons, avec celte seule différence que l'air qu'elle renferme est sécrété du sang (§ 817, 7°), surtout lorsqu'on vide se produit dans son intérieur à la suite de l'expdnsion que l'animal lui fait acquérir en imprimant à ses côtes un mouvement qui ressemble à celui de l'inspiration et qui agrandit la cavité du corps. Située à la face supérieure ou dorsale du corps, la vessie natatoire favorise la natation, principalement l'ascension dans

Hunter, Observations on certainparts of the animal œconomy, p. 82,

DE LA RESPIRATION. 55g

l'eau , et lorsque , comprimée par les muscles latéraux du tronc , elle condense l'air contenu d;«ns son intérieur ou le force à s'échapper par le conduit aérien , elle rend la descente plus facile à l'animal: Les Poissons qui vivent au fond de l'eau, oui une vessie natatoire plus petite que celle des Poissons qui se meuvent avec vélocité et qui fréquentent les couches supérieures du liquide. Chez ceux qui se tiennent dans le limon, ou qui possèdent une grande force musculaire, soit dans les nageoires , soit dans la queue , on qui , ayant le corps plat et nageant horizontalement, offrent une large surface à l'eau , cet organe , qui serait alors inutile , n'existe point (1).

La structure spongieuse des poumons chez les Batraciens, les Sauriens et les Chéloniens, et le grand diamètre des ramifications bronchiques chez les Cétacés , sont également des circonstances favorables à la natation. L'air contenu dans le corps de l'homme contribue aussi à lui faciliter l'exercice de la faculté de nager (§ 836 , 2°) ; chez lui , la natation suppose même une inspiration préalable.

4o 11 existe quelques animaux chez lesquels le mouvement respiratoire est en même temps mouvement locomoteur. Chez les Méduses, ces deux mouvemens coïncident ensemble, dans les alternatives d'expansion et de contraction du corps. Les Holothuries avancent dans la mer en chassant par l'anus l'eau qu'elles ont introduite dans leur organe respiratoire , dont une branche principale est uniquement destinée à cet usage, puisque , ne recevant pas de vaisseaux sanguins, elle ne saurait servir à la respiration. Il y a des organes respiratoires extérieurs qui jouent, jusqu'à un certain point, le rôle d'organes locomoteur-* : tel est le cas des branchies en forme de nageoires qu'on remarque chez les Ptéropodes , et des branchies lameliées , se mouvant l une après l'autre , qu'on rencontre chez quelques larves aquatiques d'Insectes. Les organes respiratoires des Crustacés prennent part à la fonction des membres , ou du moins se rapprochent d'eux sous le rapport de la conformation et de la situation , ce qui arrive aussi chez beaucoup d'Annéiides. Sans compter que le plus libre de tous

\i) Schweigger, Journal, t. I, p. 138.

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les motivemens, celui qui produit la voix, part des organes de la respiration , et que !e larynx sert de réservoir à air pour son accomplissement, les muscles respiratoires de la périphérie du corps se contractent dans les ellbrts, en même lemps que la glotte se ferme.

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