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II. Rapports avec la vie plastique

§ 979. Les fonctions plastiques ont des relations étroites avec la respiration.

1. C'est surtout entre la circulation et cette fonction qu'il existe des rapports intimes.

1° La circulation est déterminée par ia respiration ( § 764). En effet, pendant l'inspiration, le sang du système des veines caves se porte en plus grande abondance vers les poumons , tant parce qu'ilest attiré par l'air atmosphérique quis'est introduit dans ces organes , que parce que l'ampliation des ramifications bronchiques lui permet de trouver plus d'espace dans les vaisseaux capillaires. Le sang demeure aussi plus long-temps dans ces derniers , non seulement par l'effet de dispositions mécaniques , mais encore parce qu'il a besoin d'un certain laps de temps pour se saturer d'oxygène : lorsqu'on a rempli d'air les poumons d'un cadavre , les injections , comme l'ont remarqué Home (1) et Defermon (2), ne passent plus des artères de l'organe dans les veines, ainsi qu'elles le faisaient auparavant. L'inverse a lieu pendant l'expiration : les poumons , en se contractant, chassent le sang que son conflit avec l'atmosphère a rendu artériel : car la circulation , considérée d'une manière générale , consistant dans une attraction et une répulsion qui reposent sur des affinités chimico-dynamiques (§ 775,1°), le sang stagne dans les poumons quand l'affinité qu'il a pour l'atmosphère se trouve diminuée ou détruite par le mélange avec des substances indifférentes (§ 744). Ainsi, lorsque le manque d'airatmosphérique 'Ou la présence d'un gaz irrespirable l'empêche de subir la .métamorphose qu'il doit éprouver dans les poumons , il n'est

(1) Lectures on comparative anatomy, t. V, p. 424.

(2) Bulletin des se, méd.do Férussac, t. XIV, p. 19.

plus ramené , ou ne l'est plus convenablement , par les veines pulmonaires , et la circulation s'arrête. De là vient que , surtout quand l'asphyxie a lieu d'une manière subite et chez un sujet dont la vie jouissait de sa pleine et entière activité, on trouve les poumons, le tronc de l'artère pulmonaire , le cœur droit et le système des veines caves gorgés de sang : cette pléthore partielle se manifeste spécialement à la tête, par l'état vultueux de la face, le gonflement et la procidence de la langue , la saillie des yeux hors des orbites, la réplétion des veines et des sinus du cerveau. Si l'asphyxie s'établit peu à peu , le cœur gauche peut encore attirer le sang des poumons par sa diastole , de manière que la circulation continue pendant quelque temps, et que les phénomènes qui viennent d'être examinés sont moins prononcés. L'action du cœur gauche peut aussi être affaiblie par le sang demeuré veineux : Alison (1) a trouvé , chez un Lapin auquel il avait fait inspirer de l'azote jusqu'à ce que la respiration devînt difficile, et qu'ensuite il avait mis à mort, le cœur droit gorgé de sang, ainsi que l'artère pulmonaire, le mouvement de celte moitié de l'organe très-faible, et celui de la moitié gauche presque entièrement aboli. Cependant cette expérience prouve peu de chose, et, dans tous les cas , l'affaiblissement du cœur n'est qu'une circonstance de second ordre (§ 743, 2«).

2° Les poumons se distinguent par leur richesse en sang, car ils sont destinés à métamorphoser la masse entière de ce liquide , et dans un même laps de temps le cœur droit leur en envoie autant que le cœur gauche en fait parvenir à tout le reste du corps (§ 716, 4°). Ils sont plus fréquemment atteints d'inflammation qu'aucun autre organe ; aussi rien n'estil plus commun que d'y rencontrer, à l'ouverture des cadavres , des traces de phlegmasie , et surtout des adhérences de la plèvre , même chez des sujets qui n'avaient offert, pendant leur vie, aucun symptôme patent de maladie. L'inflammation accroît bien plus aussi le volume de ces organes que celui d'aucun autre , et la fièvre qui l'accompagne est infini-

(4) Vak'iit'm, flepnrtorium, t. II, p. 241 .

ment plus vive. Pour que la respiration soit complète , il faut que le sang et l'air se rencontrent en quantité suffisante dans le viscère : elle est incomplète et difficile lorsque le sang y afflue trop , ou n' y afflue pas assez , proportionnellement à l'air (1). Dans ce dernier cas , suivant Bichat , il coule du sang noir au cœur gauche (2). Wedemeyer assure (3) qu'il arrive souvent à une forte hé/norrhagie de ne pas troubler la circulation dans les poumons , quoiqu'elle l'ait déjà arrêtée dans d'autres organes ; mais Blundel (4) et Piorry affirment qu'elle rend la respiration difficile , irrégulière , suspirieuse et enfin stertoreuse. D'un autre côté , l'alllux d'une trop grande quantité de sang vers la poitrine oppresse la respiration , et, dans l'apoplexie pulmonaire , où l'asphyxie est produite par la répléuon excessive des poumons, on trouve le tissu de ces derniers plus foncé en couleur et plus dense, outre qu'il y a du sang extravasé dans les cellules aériennes (5). Au reste , quand la circulation s'accélère , et qu'une plus grande quantité de sang prend le caractère veineux dans un temps donné, le mouvement respiratoire devient plus vif, et , d'après les expériences de Davy (6), la consommation de gaz oxygène augmente.

IL La digestion et la respiration, qui représentent les deux principales circonstances de la formation du sang , ne sont , au fond , que des parties d'un tout , la première amenant à l'organisme ce qui doit jouer le rôle de base , et l'autre opérant la transformation de cette base par oxydation. Il y a entre elles le même rapport qu'entre le commencement et la fin , le début et le complément , ce dont la configuralion organique offre le symbole chez les animaux inférieurs, où l^s vaisseaux sanguins ont leurs racines à l'intestin et leurs ramifications aux branchies. A tin degré plus élevé de l'échelle animale , les organes des deux fonctions sont plus

(1) Andral, Précis d'anat, patholog,, t. I, p. 82.

(2) Rech. sur la vie et la mort, p. d83.

(3) Meckel, Archivfuer Avatomie, 4828, p. 350.

(4) Researches physinloçjical and patholoyical, p. 70.

(5) J.Cruveilhier, Anatomic pathologique du corps humain, 3° livraison in-folio, avec pl. col.

(6) Untersuchung uehtr dus Athmen, t. II, p. 96,

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étroitement unis ensemble, tant sous le rapport de leur disposition matérielle, que sous celui de leur activité vitale et de la sympathie qui existe entre eux.

1° Les mouvemens respiratoires favorisent mécaniquement la digestion , car le diaphragme et les muscles abdominaux viennent en aide aux mouvemens qui accomplissent et la digestion et l'éjection. Mais la respiration influe aussi sur l'essence même de la digestion ; car l'appétit et la faculté digestive croissent dans un air atmosphérique pur , quand les organes respiratoires accomplissent convenablement leurs fonctions, tandis qu'ils diminuent lorsque le sang se rapproche davantage du caractère veineux. Krimer (1) a remarqué que la digestion des Grenouilles était proportionnée à la quantité d'oxygène contenue dans le milieu ambiant.

2° Une digestion plus active détermine , à son tour, une respiration plus puissante. Sorg et Rengger ont reconnu qu'après avoir mangé copieusement, les Insectes, non seulement respirent davantage, mais encore périssent plus tôt dans un air renfermé ou irrespirable , ce qui annonce une consommation plus considérable et un besoin plus pressant de gaz oxygène. L'exhalation du gaz acide carbonique (§840, 5») et la consommation d'oxygène atmosphérique augmentent pendant la digestion . Seguin, dans l'espace d'une heure, consommait douze cent-dix pouces cubes de ce dernier gaz quand il était à jeun , et dix huit à dix-neuf cents pendant le travail de la digestion (2).

III. Du reste , la respiration n'est pas non plus sans influence sur la nutrition (§ 843, 8o), et sur la sécrétion (§§843, 9°, iOo; 846, 16°), notamment de la peau (§ 846, 6°), des reins (§ 846, 10°), et du foie ( § 846, 14°).

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