BORNES DE LA FÉCONDITÉ
produits eût été l'année suivante de vingt-deux mille sept cent cinquante , et l'année d'ensuite d'un million quatre cent quatre-vingt-douze mille sept cent cinquante. Suivant Dodart, un orme donne annuellement trois cent trente mille graines : or, comme il vit cent ans, sa postérité pourrait s'élever à trente-trois millions. L'accroissement est plus consi dérable encore dans la monogénie. VneDaphia longitpina produit, à dater du dixième jour de son existence , quinze petits tous les trois jours , de sorte qu'au bout des deux premiers mois sa postérité est de douze cent quatre-vingt-onze millions; mais comme elle se propage pendant cinq mois, le nombre devient bien plus considérable encore (1). Suivant Réaumur, un Puceron comptait déjà cinq mille neuf cent quatre millions de descendans à la cinquième"génération ; mais cette progéniture était infiniment plus nombreuse encore , puisque, dans le cours d'une année , il émane vingt générations d'un seul de ces animaux. Delà résulte donc qu'il y a dans la nature beaucoup plus de force procréatrice qu'il ne peut s'en réaliser, que cette force a une tendance infinie , mais qu'elle trouve des bornes dans la réalité.
1° Ces bornes tiennent à la nature des espèces elles-mêmes. Chaque individu ne peut amener à maturité qu'un nombre d'individus proportionné à l'organisation particulière de son espèce , de sorte que c'est seulement par exception qu'il arrive à tel ou tel de produire davantage , lorsque les circonstances sont favorables. Beaucoup de vésicules se flétrissent dans l'ovaire avant de pouvoir être fécondées , et on les trouve desséchées , noires ou brunes, par exemple chez les Urodèles (2) ou les Oiseaux , même très-jeunes (3). Un grand nombre des œufs qui se développent dans l'ovaire ne sont point fécondés ; ainsi les œufs que renferme l'ovaire des plantes sont la plupart du temps plus nombreux que les graines, parce que la fécondation ne s'étend point à tous -, ainsi une multitude d'œufs reste infécondés dans l'ovaire des Insectes. En
(1) Ranulohr, Beitrœgo sur Geschichte diriger Monoculusarten , p. 31.
(2) Rathke , Beitrœge sur Geschichto der Thierwelt , t. I , p. 31.
(3) Jœrg , Grundlinien su einer allgemeinen Physiologie des Menschen, p. 114.