‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 4)Chapitre 48 sur 81 · III. Dans la formation des êtres organisés , nous trouvons · texte numérisé non relu

III. Dans la formation des êtres organisés , nous trouvons

7° Une combinaison des caractères de l'origine matérielle et de l'orig ine dynamique. L'être qui produit n'est point anéanti, mais persiste, et cependant il ne naît point une activité transitoire , mais une existence persistante. Il se produit un être matériel , mais l'activité , au lieu de s'éteindre en lui , s'y multiplie. Il se forme donc des êtres chez lesquels le dynamique et le matériel sont englobés dans un même cercle , et qui représentent l'identité de l'activité intérieure et de l'existence extérieure.

8° Il se forme , en outre , un être qui a en lui-même la raison de sa persistance , puisqu'en sa qualité de tout formé par une réunion de parties diverses , il ne cesse de se décomposer et de se former de nouveau par l'effet d'une activité continuelle , tandis que le phénomène dynamique n'est que l'attribut d'un être , et le corps inorganique un simple produit , qui a seulement reçu ses attributs des facteurs auxquels il doit naissance , sans pouvoir les renouveler par lui-même.

9° Dans la génération , enfin , il se forme un être chez lequel une idéalité est le principe déterminant , et la matérialité l'expressionde cette idéalité. En effet, dans le principe, cet être est un liquide homogène et amorphe; mais l'idée de l'organisme agit en ce liquide , et crée de lui toutes les formes dont l'organisme a besoin pour réaliser l'idée et manifester son essence. Continuellement cet être reçoit des substances étrangères , et les métamorphose en sa propre forme : ainsi il se nourrit d'abord du blanc, puis du jaune ou d'un liquide séreux, ensuite du lait, plus tard de tel ou tel aliment ; mais , au milieu de toutes ces diversités , il se crée toujours la même composition et la même organisation. La matière est donc ici une chose subordonnée , qui se métamorphose et qui ne sert qu'à réaliser l'idée -, l'idée est la chose primordiale , préexistante, qui reste toujours semblable à elle-même. Dans le phénomène dynamique, au contraire , la force apparaît sans corps qui lui appartienne en propre , elle est impuissante à se créer une matière propre , et , en faisant naître des formes dans des ma-

tières diverses, elle se révèle comme la force privée de corps, c'est-à-dire comme ce qui donne la forme , sans être soimême apte à en prendre une. Enfin , dans les corps inorganiques , la matière est l'essentiel , la forme est subordonnée et indifférente , puisqu'elle ne provient que de l'extinction de l'activité des forces plastiques ; le sel ne change pas /qu'il soit dissous dans l'eau ou solide , pulvérulent ou cristallisé , en cubes ou en trémies, et il peut passer d'une forme à une autre sans pour cela changer de caractères essentiels , sans que ses propriétés chimiques se modifient.

§ 319. Les caractères d'un produit organique sont donc : 1° Identité du dynamique et du matériel dans la manifestation.

2° Totalité et persistance par soi-même. 3° Domination primordiale et prédominance non interrompue de l'idéal, avec subordination du matériel.

Mais ces caractères sont aussi ceux de la nature en génénéral , car elle se montre à nous comme une association du dynamique et du matériel , dans laquelle le dynamique , expression immédiate de l'idéal, prédomine , et le matériel n'est que son expression persistante. Elle nous apparaît comme une somme de particularités et de dépendances , dont l'ensemble forme un tout qui persiste par lui-même en vertu d'une unité idéale. L'être organique est donc une imitation du tout de la nature , une répétition de la même tendance qui règne dans l'univers, mais une répétition renfermée dans le cercle de certaines bornes individuelles. Maintenant, comme la nature entière repose sur l'infini , et qu'elle n'en est que le côté extérieur , ou la manifestation sous les formes du fini , comme en outre on ne peut chercher la véritable cause de toute production d'êtres organiques que dans le principe idéal de l'univers ( § 228 , 229 , 232 ) , la génération est une vraie création , c'est-à-dire que , par elle , se répète , dans les bornes de l'individualité , la manifestation de l'esprit universel en des directions différentes, qui, liées par l'unité idéale, représentent un tout réunissant en lui-même ses propres conditions. Cette manière de voir découle de l'idée rationnelle que toute manifestation extérieure doit reposer sur une existence intérieure,

le relatif sur un absolu , le fini sur un infini , toute pluralité quiconque sur une unité suprême. Elle trouve sa confirmation dans l'expérience , qui nous montre partout le particulier dépendant du général , le matériel de l'idéal , l'extérieur de l'intérieur; elle a pour elle encore que la force génératrice se manifeste en une multiplicité de formes ayant pour fondement une unité (§ 222), que celte force ne s'éteint jamais sur la terre (§ 244, 6°), qu'elle a "des connexions intimes avec les phénomènes généraux de l'univers (§ 244) , qu'elle agit par l'intermédiaire des élémens (§9, II, 14, III; 236, II, III; 274, 4°; 2S7, 2°)., etc. Et comme celte manière de voir repose sur notre intuition tant extérieure qu'intérieure , par conséquent sur l'accord des forces de tous degrés qui agissent en nous, elle satisfait aussi notre esprit, et procure un point d'appui solide à toute notre existence.

Cette doctrine , dont on trouve déjà un 'aperçu dans les temps anciens , a été plus distinctement entrevue par les modernes , et soutenue par Winckelmann (1) et autres. Mais elle remplissait surtout l'âme de Harvey. Harvey avait immortalisé son nom, -moins en observant la circulation ;d'une manière immédiate , qu'en la déduisant des faits par une série de raisonnemens rigoureux. Fatigué des débats que celte découverte avait soulevés, il se livra, dans sa solitude champêtre, à des recherches sur la génération , pour lesquelles il eut l'appui du royal ami au sort duquel il s'était attaché durant les troubles civils , abandonnant ses biens au pillage et ses manuscrits aux Insectes. Sa résolution était prise de ne plus rien publier ; cependant Georges d'Ent obtint de lui un traité de la génération , et le fit imprimer. Cet ouvrage n'est point parfait quant à la forme , et renferme quelques erreurs qui tenaient à l'époque , par exemple sur les fonctions de l'ovaire; mais on. y reconnaît un esprit vraiment grand , sans prétention dans ses recherches , digne appréciateur de la nature , e riche en idées inspirées par le génie. « Une erreur générale » des philosophes du jour, dit Harvey, est de chercher la » cause de la diversité des organes dans celle de la substance

(1) Entwurf cincr dynamischen Pathoycnio /p. 51.

» qui doit les former , comme si la génération n'était que la » séparation , la combinaison ou l'arrangement d'une chose » donnée , tandis que , de la même albumine , se développent » et se nourrissent les os , les ongles, les plumes , la chair <;t » toutes les autres parties du Poulet. En se plaçant sous ua » tel point de vue. on n'a que la cause matérielle devant les » yeux , et l'on oublie pour elle ce qu'il y a d'essentiel dans » la nutrition et la génération , comme dans la nature entière, » la force divine et l'âme du monde (1). Toute génération est » d'origine divine et suit les mêmes lois que les mouvemens » des astres (2). L'homme et la femme ne sont que les organes » par l'intermédiaire desquels agit celui qui procrée toutes » choses (3). Comme il doit se manifester le même art et la » même intelligence dans l'organisation du Poulet que dans la » formation de l'homme et dans la création entière , la véri- » table cause de la génération de l'homme doit résider en une »> force qui soit plus noble et plus élevée que l'homme lui- » même , ou en d'autres termes la ;force qui le ^produit doit » être plus parfaite et plus rapprochée de la nature divine que » son intelligence individuelle (4). Quiconque observe sans n prévention et juge sainement fait dériver la production de » toutes choses du même être éternel et tout puissant qui est » la cause de l'univers , qu'on lui donne d'ailleurs le nom de »> Dieu , de force de la nature, ou d'âme du monde (5). »

§ 320. Notre théorie a donc pour axiome que la nature est la manifestation de l'infini dans le fini. Comme l'infini est l'absolu, l'unique, et que le fini est le relatif, le multiple, il n'y a non plus que deux formes primordiales essentielles de toute activité naturelle , celle dans laquelle le multiple procède de l'unité , et celle dans, laquelle le multiple retourne à l'unité.

i° La création n'est primordialement et dans son essence qu'une apparition du multiple au milieu de l'unité primordiale, un développement d'antagonismes relatifs qui procèdent de

(1) Loc. cit., p. 38.

(2) Jbid., p. 490.

(3) Jbid., p. 492.

(4) Ibid., p.k494.

(5) Ibid., p. 195.

THÉORIÉS DE LA PROCMATIOPi. 335 l'unité , une résolution de l'être général en différentes formes d'existence, un déploiement. Comme dans la nature en général, de même aussi, dans tous les cas particuliers, le déploiement est ce qui précède , et la première manifestation de l'existence; d'un être unique se développe un antagonisme, et d'une chose indifférente procèdent des choses différentes. Les phénomènes dynamiques nous découvrent dans toute sa pureté l'activité des forces naturelles, libres et non encore enchaînées à l'existence matérielle par leur neutralisation mutuelle, et parmi eux le magnétisme se montre à nous comme le type général de ce déploiement d'un être en antagonismes et en directions diverses : car, pour le voir se manifester dans une masse homogène de fer , il suffit que cette masse affecte une certaine position par rapport à la terre, ou soit mise dans un certain état d'ébranlement, sans que l'influence d'une matière spéciale soit nécessaire pour cela; c'est le seul phénomène dynamique particulier qui se développe à demeure, dans son substratum , sans impulsion du dehors; il consiste en une division permanente de la force en deux directions particulières , qui , bien qu'homogènes au fond , sont cependant en antagonisme l'une avec l'autre dans leur spécialité ; c'est principalement par cet antagonisme qu'il se manifeste, [ et l'action mutuelle ou le conflit n'est qu'une conséquence , une chose accidentelle ; enfin il se manifeste dans la direction en longueur, ou sous la forme de ligne, qui est la plus pure expression de l'antagonisme , de la polarité , de la pluralité. La décomposition chimique est l'accomplissement matériel de ce déploiement ; le corps s'y résout en parties hétérogènes, ou en antagonismes , qui apparaissent comme substances persistantes. La division mécanique n'est qu'un prototype de ce phénomène , puisqu'elle se rapporte uniquement à l'existence extérieure, à la limitation dans l'espace. Enfin, toute production est une division de l'être producteur et de l'être produit; l'être producteur est une chose générale, dans laquelle une chose particulière se manifeste comme antagonisme ; mais le particulier tend à se séparer du général, et l'être produit se détache de l'être producteur , pour persister dans sa forme spéciale. L'eau, qu'elle apparaisse sous sa forme élémentaire

( § 12 ) , ou comme liquide général , végétal ou animal , ou comme sécrétion de l'ovaire, est, par cela même qu'elle exprime l'indifférence générale de la matière , le corps général , de la résolution duquel résulte immédiatement la génération.

2° La réaction, ou le conflit, est le moment qui succède à la création , puisqu'elle suppose qu'un déploiement a déjà lieu. En effet, les diverses parties qui font antagonisme l'une à l'égard de l'autre, sont des choses particulières , qui proviennent d'une chose commune , et qui n'ont la véritable cause de leur existence que dans la totalité. Ainsi elles s'attirent réciproquement , entrent en conflit les unes avec les autres , se comportent en cela comme les parties d'un seul tout, et reviennent à leur unité primitive par cette réaction mutuelle, qui les confond en une seule. Le prototype de ce conflit est l'électricité, dont le phénomène fondamental consiste en ce qu'elle présuppose la différence des corps , en ce que deux corps différens entrent en conflit et produisent par leur réunion un tout dynamique renfermant l'antagonisme du positif et du négatif, enfin en ce que ces deux membres d'une même forme tendent à faire cesser leur antagonisme et à revenir à l'unité primordiale. Cette réunion est déjà indiquée par la cohésion dans l'existence des corps les uns auprès des autres ; dans la synthèse chimique , au contraire , elle devient pénétration réciproque des substances , existence homogène. De même aussi, la génération résulte d'un conflit, soit d'eau ou d'un autre corps ( § 322 ) , soit d'un liquide organique et de la paroi qui le circonscrit ( § 524 ) , soit d'une femelle et d'un mâle ( § 32.5 \.

3° La nature est l'identité complète du fini et de l'infini, de sorte qu'elle est à la fois et déploiement de la multiplicité et retour à l'unité par conflit ou réaction mutuelle. Voilà pourquoi on trouve toujours les deux directions réunies dans les phénomènes particuliers , entre lesquels il n'y a qu'une différence relative , suivant qu'une de ces directions est ou primordiale ou prédominante. Ainsi le magnétisme et l'électricité se pénètrent et se croisent de manière qu'on pourrait appeler le premier électricité longitudinale , et la seconde magnétisme' transversal. De même, toute décomposition chimique est insé-

parable d'une nouvelle combinaison , et toule combinaison entraîne à sa suite une séparation; l'opération ne paraît synthèse ou analyse qu'autant que l'une ou l'autre, ou se manifeste au début, ou prédomine pendant tout le cours. De même aussi la génération est à la fois décomposition et réaction ou conflit , mais de telle sorte cependant que la décomposition prédomine dans Ja propagation asexuelle et la réaction dans la propagation sexuelle.

§ 321. Quant à ce qui concerne la nature du produit, 1° L'esprit de l'univers est dans tout, et détermine tout être quelconque , même organique , mais en tant seulement que cet être est chose particulière et partie du tout. Ainsi l'on remarque, dans le monde organique , une tendance à la totalité, mais imparfaite. Parmi les phénomènes dynamiques, l'électricité se montre partout à nous comme simultanéité des polarités positive et négative, et le magnétisme comme simultanéité des polarités boréale et australe ; chaque ton résulte de vibrations qui sont coordonnées en un tout symétrique, etc. Mais , d'un côté , cette totalité n'est qu'un phénomène passager, qui n'arrive point à une existence stable, et d'un autre côté, elle ne suit qu'une seule direction et n'embrasse point en elle une diversité ou une multiplicité d'activités. Dans toute combinaison chimique , les divers élémens se combinent en proportion déterminée, eu égard à leur qualité et à leur quantité , et produisent ainsi une harmonie ; mais l'harmonie se tait au moment de sa résonnanec en une existence tranquille et inactive. Le corps inorganique montre une tendance à la totalité dans la cohésion et dans les directions de cette force, qui, liées par une loi intérieure, s'expriment par une configuration plus régulière ; ainsi l'eau liquide prend la forme de goutte; l'eau liquide qui se solidifie revêt celle d'aiguilles unies ensemble sous des angles de soixante degrés ; la vapeur d'eau qui passe à l'état solide, affecte celle de petites étoiles à six rayons réguliers ; mais ce n'est qu'un tout dans l'espace , un tout qui ne renferme en soi aucune agrégation d'activités diverses liées ensemble , un tout de formes extérieures qui demeurent dépourvues de rapports avec l'ac? tivité.

^>36 -Théories dé U MocnÉATiort.

La génération est la réalisation de la tendance à la totalité Ou à l'individualité ; les deux directions de la nature ( § 320 ), dynamique et matérielle ( § 518, 7» ), se réalisent simultanément dans le produit organique ; une pluralité de parties en activité continuelle se trouve englobée dans une forme déterminée , et ramenée à l'unité d'action par le conflit ou la réaction mutuelle des activités diverses/Cette réunion de ce qui était isolé dans le corps inorganique, fait que le produit organique de la nature ressemble davantage à l'univers ; son corps est un monde en petit , un microcosme , et l'unité idéale de sa vie une émanation de l'âme du monde; le particulier y devient individu et tout, par le fait de sa participation à l'infini. Chaque chose terrestre est une partie de l'univers et prend part à l'idée primordiale; mais ce n'est jamais qu'une circonstance particulière , une direction spéciale , un rayon isolé , qui part du centre général , et cet isolement fait qu'elle ne peut procréer. Mais quand il se trouve deux choses qui, se complètent l'une l'autre par leur antagonisme dynamique et matériel, de manière à représenter ensemble une totalité, et à se réunir en une idée vivante commune , alors, elles entrent dans un conflit où ce qui est séparé retrouve son unité primordiale , où l'individu quitte son individualité pour réaliser une idée plus générale et par conséquent plus élevée , qui appartient en commun aux deux facteurs. Mais la souche commune de toutes les individualités est l'esprit de l'univers; donc cet esprit manifeste ici son activité dans un produit fini, de sorte que la création se répète par rapport à un individu.

2° Sous le point de vue de la modalité de la génération, l'empire des êtres organisés se montre un tout dans lequel il n'y a que l'idéal qui soit pjiimordial, semblable à lui-même et toujours subsistant, mais où cet idéal se réalise dans les formes les plus diversifiées ( § 225 ) , et où la vie du produit varie aussi en raison de ces formes de la génération.

Nous distinguons ce qui est commun de ce qui est général, et ce qui est séparé de ce qui est particulier. Les qualités qu'une chose partage avec les autres choses sont communes, etl'étatde séparation est celui dans lequel une partie du tout apparaît comme individualité. Au bas de l'échelle, la vie a les carac-

tèrcs d'une chose commune , c'est-à-dire qu'elle présente les mêmes caractères que toute vie en général; mais elle est en même temps séparée, isolée , semblable à une direction dans un seul sens; sa génération a des conditions communes, qu'on retrouve partout ; elle est par conséquent plus facile et plus féconde , et comme ses facteurs , même dans leur réunion , ne sont encore qu'un point de l'univers, le matériel ou le côté fini de la vie prédomine aussi dans le produit. La généralité, au contraire , est l'ensemble des caractères qui ne sont point exprimés dans les individus, mais n'appartiennent qu'au tout, et le particulier est une liaison spéciale d'attributs déterminés, qui fait que, dans son individualité , un être est un, et tel plutôt que tel autre. La vie d'un ordre supérieur est à la fois générale et particulière ; outre les caractères communs, elle a aussi ceux du tout, et elle représente l'individualité comme un tout ; aussi sa génération dépend-elle davantage de conditions particulières, qui se rapportent non à ce qui est commun , mais à ce qui est général ; voilà pourquoi elle est plus difficile et plus rare. Mais comme ce qu'il y a de commun dans les deux facteurs embrasse, davantage, ces mêmes facteurs se pénètrent en une vie par le moyen de laquelle reparaît, dans les replis les plus cachés de l'organisme , l'unité qui se manifeste, dans le monde extérieur, sous la forme de la séparation et de la division.

§ 322. Le même esprit unique qui produit l'univers , y crée des individualités portant en soi le caractère du tout , et c'est ainsi que primordialement la vie apparaît sur la terre, comme génération spontanée.

1° La géognosie nous conduit assez positivement à admettre que l'eau fut ce qui exista d'abord sur notre planète , qu'à l'image du magnétisme elle se développa en terre et en eau , de telle manière que les divers corpsqui naquirent de là entrèrent les uns à l'égard des autres dans un antagonisme électrique, qui en accrut le nombre , jusqu'à ce qu'il se fût développé un antagonisme assez parfait pour que son produit présentât l'alliance de l'existence individuelle avec le caractère du tout,

c'est-à-dire pour qu'il devînt organique et vivant. Or la ^énération primordiale ou spontanée est le type persistant de la génération des êtres organiques les plus imparfaits , de ceux dans lesquels l'individualité est le moins prononcée et qui présentent au plus haut degré les caractères généraux seulement de la vie. Comme le fini prédomine encore en eux , leur vie est trop pauvre pour qu'ils puissent la soutenir long-temps ; ou il leur manque la faculté de se reproduire , et les individus disparaissent, comme ils avaient paru, ou bien l'existence de leur progéniture se rattache à des circonstances transitoires ; les Infusoires meurent lorsque la décomposition de l'eau cesse, la génération des Anguilles du vinaigre est anéantie lorsque la liqueur devenue accidentellement aigre passe à un degré plus avancé de décomposition , et le Yer intestinal ne peut pas propager son espèce au-delà du temps assigné à la vie de l'individu dans lequel lui-même vit.

2° La génération primordiale est opérée par une réaction électrique de corps non doués de la vie s car

a. Ses conditions sont les mêmes que celles du développement de l'électricité galvanique, savoir une substance solide , de l'eau et de l'air (§ 9 , 10).

b. Ces trois facteurs agissent en commun , puisque chacun d'eux influe sur la nature des Infusoires (§ 11, I).

c. L'action galvanique , comme la formation des Infusoires, ne se manifeste jamais mieux que quand les trois degrés de la cohésion, état solide, état liquide et état gazeux , coexistent ensemble , et forment une chaîne fermée , de manière, par exemple , que le corps solide soit simultanément en contact avec l'air et avec l'eau dans l'infusion (§11,7°); mais elle a lieu aussi quand la substance solide n'est qu'à l'état de simple mélange et tenue en suspension dans l'eau.

d. L'aptitude à se décomposer et l'affinité chimique sont les conditions de l'une et de l'autre.

e. Dans l'une et l'autre, il y a décomposition , dégagement de bulles d'air, et changement de la cohésion du corps solide.

f. Après que la réaction a cessé et que l'indifférence s'est établie , il ne se forme plusd'Infusoires.

Mais le corps solide qui convient le mieux pour ces sortes

THÉORIES DE LA PROCREATION. 33g

d'expériences est la substance organique , laquelle , bien que n'ayant plus le pouvoir de se reproduire elle-même , de se maintenir ou de produire son semblable , possède cependant encore une plasticité dont les effets deviennent manifestes lorsque les circonstances sont favorables. Aussi la génération spontanée a-t-elle lieu surtout pendant les dernières manifestations de la vie qui s'éteint, soit dans les corps frappés de mort ( § 9 , 1° ; 15 , 1° ) , soit dans les produits sécrétoires qui sont encore en rapport avec l'organisme vivant d'où ils proviennent (§ 9 , 4° ; 14 ; 15 , 2°).

3° Mais si la réaction électrique prédomine ici , le déploiement magnétique ne peut pas non plus y manquer; en effet, il s'y manifeste tant par la décomposition de l'eau et le trouble qui survient en elle (§ 269) , que parce que l'être organique ainsi produit se sépare de l'inorganique , pour représenter une existence propre et à part.

§ 323. La propagation est la conservation et la continuation de la vie dans de nouveaux individus.

1° Une fois que la vie s'éveille , elle tend aussi à se conserver, parce qu'elle est une manifestation de l'infini; mais elle ne peut se manifester que dans des formes finies , et comme il lui est impossible de se conserver dans des individualités , elle crée sans cesse de nouveaux individus , dans lesquels elle se continue. L'individu qui procrée n'est donc que l'organe de son espèce qui veut se conserver en vie (§203, 230, 231), et qui sollicite les individus à l'acte de la génération (§ 241, 242 , 244, 263). Mais l'espèce elle-même est une partie de toute la création vivante , et de cette manière nous voyons que c'est en définitive la puissance du tout qui détermine la fécondité (§ 266, 268, 2°), la formation du fruit ( § 302); et notamment sa sexualité (§ 307 , 10°), qui prévient la dégénération (§ 289 , 4° , 5° ) , et qui rétablit l'équilibre lorsqu'il vient à être rompu dans l'individualité ( § 304 ).

2° Mais l'individu ne peut devenir organe de son espèce que quand il est arrivé au point culminant de sa vie plastique , et devenu sous ce rapport tout ce que sa nature lui permet d'être (§ 244 , 3° ; 245 , 1° ; 247 , 1» ). Ainsi la fleur paraîtlorsque l'arbre cesse de pousser des branches et des feuilles , attendu

qu'au moment où finit l'accroissement , qui est une formation dans le sens de l'extension , la formation augmente d'intensité, de manière qu'en coupant les branches trop pleines de vie qu'on appelle gourmandes, détruisant les coulansetles bulbes, et pratiquant à l'écorce des incisions ou des excisions partielles , on obtient des fruits plus nombreux ou plus parfaits.

3° Quand la vie est trop faible pour pouvoir se maintenir à une telle hauteur, quand le fini prédomine en elle, elle est anéantie par la tendance de l'espèce à l'infini. Voilà pourquoi la génération ne fait périr que les organismes qui occupent un échelon inférieur ou dont la force plastique s'épuise bientôt. Chez les êtres organisés plus élevés et plus robustes , la vie de l'individu procréateur se maintient , elle s'exalte même (§ 247 ,2°), parce que l'idée vivante de l'espèce exerce son action sur elle. Puisque la génération représente, dès la vie plastique même , la direction vers l'infini dans la conservation de l'espèce , elle ne saurait être hostile qu'à la vie matérielle et finie (§ 285 , 2°, 3°), et ne peut qu'exalter ce qu'il y a d'idéal et d'infini dans la vie ( § 248 ) ; l'individu lui-même devient infini en travaillant à l'immortalité de son espèce.

4° La propagation est une formation dans laquelle deux se produisent d'un ; elle s'effectue donc à l'image du déploiement magnétique, et elle est accomplie par le côté de la vie plastique qui agit dans celte direction , c'est-à-dire par la nutrition et la sécrétion ; dans un produit de l'organisme qui en fait primordialement partie , s'éveille la tendance à acquérir une existence indépendante , l'individualité, une délimitation propre. Mais les différentes formes cle la propagation, que nous avons maintenant à considérer, constituent une série dans laquelle cette tendance devient de plus en plus prononcée.

§ 324. La propagation asexuelle représente dans toute sa pureté la séparation de l'individu en deux, à l'image du magnétisme. Elle a lieu là où la vie estleplussimple, là où il ne s'est encore développé ni antagonisme des organes dans l'individu, ni antagonisme des individus dans l'espèce.

Il A un degré inférieur, la génération s'opère sans organe génital , et uniquement par suite d'une activité plastique commune, mais dépassant les bornes de l'individualité.

l°Elle a lieu d'abord par accroissement (§ 21-34); des parties intégrantes de l'organisme se détachent de lui , et deviennent des organismes particuliers, en complétant ce qui leur manque. En ell'et, l'augmentation incessante de la masse (§ -21-25) , ou des parties ( § 26-34) , amène la vie plastique à une hauteur telle, qu'elle ne peut plus être embrassée par une individualité , attendu que l'unité dans l'organisme , la force qui unit et enchaîne toutes les diversités , est trop faible, comme l'annonce surtout l'absence totale ou l'état purement rudimentaire du système nerveux ; la quantité de la masse vivante ou des parties s'est accrue au-delà de ce que comporte la force de l'individu , en sorte qu'il doit s'opérer une résolution, une scission.

2° A un degré un peu plus élevé déjà , nous trouvons la propagation par des spores formées sans organe spécial ; ici , l'organisme commence dès les premiers momens à séparer de sa masse la substance devenue apte à l'individualisation , de sorte que cette substance n'est plus qu'en contact avec lui, comme sécrétion , et qu'il n'y a point continuité organique entre eux.

II. Vient ensuite la même sécrétion accomplie par des organes spéciaux , qui , servant à la vie de l'espèce , font antagonisme aux organes de la vie individuelle , et sont d'ailleurs identiques avec les organes qui jouent le rôle du sexe féminin dans la génération sexuelle , attendu que la primordialité est le caractère fondamental de la féminité ( § 204).

1° D'abord , la spore n'est qu'une simple masse , qui se transforme immédiatement en un individu.

2° Puis la métamorphose n'a plus lieu que d'une manière médiate. La substance sécrétée dans l'ovaire prend la forme d'un œuf, renfermant en lui-même des antagonismes ( membrane enveloppante , germe apte à vivre et embryotrophe), et représente ainsi le commencement d'une individualité organique , mais ne fait que préparer l'apparition d'un individu oi panique réel, celui-ci consommant l'embryotrophe et rejetant la membrane enveloppante.

§ 326. La propagation sexuelle représente un degré plus élevé encore; ici, un antagonisme, la sexualité, s'est déve-

loppé parmi les organes eux-mêmes qui servent à la vie de l'espèce , et cet antagonisme finit par s'étendre à des individus entiers.

1° La féminité , qui, à titre de primordial (§ 204), représenie l'espèce entière dans la monogénie , et qui partout a des connexions plus intimes avec l'espèce (§ 212), est également ici ce qui procrée; c'est elle qui produit l'œuf. Mais le développement du fruit dans cet œuf réclame l'influence de la masculinité. La fécondation ne fait acquérir à la féminité aucune force qui lui soit étrangère ; elle fait seulement entrer en action la faculté procréatrice qui lui est primordialement inhérente; elle fait passer de la disposition à l'eilet, elle élève la possibilité à la réalité. Cette exaltation de la vie féminine est déterminée par l'antagonisme de la masculinité , dans laquelle , en général , prédominent la différence et l'opposition (§ 205). L'union intime des deux sexes développe l'existence commune de l'individualité., et l'élève au caractère de généralité ; la sexualité disparaît dans l'idée de l'espèce; cette idée devient en quelque sorte libre et dégagée de l'individualité , pour se réaliser ensuite dans une nouvelle vie individuelle. Mais le germe ne se développe point immédiatement en fruit; il subit une métamorphose ou périt, quanta l'existence dont il avait joui jusqu'alors, pour apparaître sous une forme nouvelle; la vésicule proiigère crève, et la couche proligère se transforme en membrane proiigère (§ 298).

2° Ainsi , la propagation sexuelle est un acte dynamique , qui consiste dans un conflit des sexes, c'est-à-dire des deux membres de l'espèce opposés l'un à l'autre comme les deux pôles d'un aimant (§ 203,220), et qui fait place à l'acte chimique de la formation. Elle s'effectue donc à l'image de l'électricité, c'est-à-dire par une activité vitale qui procède d'après les lois de l'électricité. Nous ne prétendons donc pas que ce qui agit ici soit la même électricité que nous développons avec nos appareils de physique , puisqu'on ne peut féconder aucun œuf avec cette dernière ; mais nous envisageons l'électricité dans son idée , et comme forme d'une force générale de la nature. Harvey pressentait déjà cette analogie , car il dit : « Comme l'étincelle qui jaillit du caillou ou l'éclair

» qui sillonne la nue enflamme tout à coup les corps , de » même la fécondation est l'œuvre d'un instant, et une sorte » d'infection que le sperme détermine dans le corps le- »» melle(l) ». Josephi (2), Wagner (3), Link (4) et [autres ont comparé d'une manière plus explicite la fécondation à l'électricité. D'après cela , l'amour des sexes l'un pour l'autre est une attraction de pôles opposés et par cela même affines , une tendance à réunir ce qui n'est qu'un primordialement et essentiellement (§ 262), ce qui n'est différent que d'une manière purement relative et sous une forme spéciale de l'existence (§ 240, 4°; 242, 262). L'étamine est attirée par le stigmate (§ 239), la fovilla par l'œuf végétal (§ 292), le sperme par l'œuf animal (§ 274 , 290 , 2° ). De même que la tension croit dans deux corps électriques animés d'une polarité inverse , lorsqu'ils sont rapprochés l'un de l'autre sans pouvoir se décharger, de même que le premier effet de l'action d'un acide sur un métal est d'accroître la basicité de ce dernier et son affinité pour l'acide , de même enfin que le contact d'un alcali avec un oxide métallique donne plus de développement au caractère d'oxidation de celui-ci , de même aussi les désirs vénériens exaltent la vie (§ 247) dans son antagonisme sexuel (§ 254). Le rut de l'animal est accru par le sens de l'odorat, qui est plus qu'aucun autre électrique; les cris d'appel paraissent agir de la même manière ; car Harvey (5) fait remarquer que , quand le Coq chante pendant la nuit , quelques unes des Poules perchées auprès de lui se secouent , et remuent la tète et les ailes comme pour s'accoupler. De même , le contact de la personne aimée semble donner une commotion électrique qui parcourt le corps entier, et un conflit électrique se manifeste dans la puissance du regard de deux êtres enchaînés par les liens de l'amour. La sensation qui accompagne l'émission du sperme consiste en un ébranlement spasmodique accompagné d'un sentiment d'anéantisse-

(1) Loc. cit.'p. 343.

(2) Vêler die Schwangerschaft ausserhalb dcr Gebœrmuttcr, p. 13,

(3) Von der Natur der Dingo , § 321.

(4) Elementa q>hilosophiœ bolanicœ , p. 413.

(5) Loc. cit., p. 19.

ment (§ 283, 4°), et les femmes qui sont averties qu'elles ont conçu, qui l'expriment par une exclamation soudaine, peignent ce qu'elles ressentent alors comme une sorte de commotion électrique. Quand l'acte vénérien n'est déterminé que par des motifs matériels, les sexes s'éloignent l'un de l'autre après l'avoir accompli ( § 235 , 1°) , de même qu'il arrive aux corps qui ont acquis la même polarité ; car chacun a trouvé ce qui lui manquait, et est devenu semblable à l'autre.

3° Dans beaucoup de corps organisés inférieurs , la fécondation est un effet purement local ; la substance masculine agit sur la substance féminine , sans que les individus se rapprochent d'une manière intime ; le sperme , avec ses Entozoaires , représente la masculinité concentrée , et agit comme support et conducteur de la force masculine. Cependant on trouve déjà, dans ces sphères inférieures, quelques traces de génération accomplie par le concours et l'action mutuelle d'individus différens qui représentent l'espèce. Dans la fécondation réciproque -des hermaphrodites (§273), chaque individu contient matériellement en lui-même les conditions de la propagation, et cependant il a besoin d'un autre individu pour l'accomplir. Suivant Grant (1) , chez presque tous les Phytozoaires connus, les œufs ou spores sont formés, non par les Polypes, qui paraissent ne s'occuper que de la nutrition, mais par la substance commune qui les unit, ou par le tronc de la famille. Les Zygnèmes , parmi les Conferves , sans avoir d'organes génitaux , nous oifrent une espèce d'avant-coureur de l'accouplement; une Gonferve, s'appliquantà une autre, forme, par le gonflement des spermatocystes et de la surface extérieure , un tube latéral , qui va au devant du tube développé de la même manière sur l'autre Conferve , et se soude avec lui , de manière que les deux individus n'en font plus qu'un, et que, leurs cavités communiquant librement ensemble, une poussière verte et fine passe de l'un dans l'autre , après quoi se forment des spores ; mais la poussière en question peut à peine être considérée comme l'analogue du

(1) Froriep , Nolizon, t. XIX , p. 339.

THÉORIES DE LA PROCRÉATION. 345 pollen (1), puisqu'avant son passage on n'aperçoit point de spores , et il parait qu'elle consiste elle-même en une masse de substance plastique , qui prend la forme de spores. Comme le concours de deux individus , dont on trouve ici en quelque sorte le prototype, est une des conditions de la propagation chez tous les corps organisés supérieurs , celte propagation n'est point l'œuvre d'organes, mais celui d'organismes entiers: la vie entière y prend part , de même que la pile galvanique agit comme un tout , et'que ce qu'on observe à chaque pôle représente non l'effet de la dernière paire de plaques, mais la force réunie de tous les élémens. Ainsi, chez les animaux déjà , rinstiuct génital s'empare de l'être entier, et le fleuve gonflé de la vie ne suit plus d'autre direction; non seulement la volupté, mais encore tous les phénomènes qui succèdent à la fécondatioa, annoncent que l'organisme entier y a participé , et cette participation générale peut seule faire que la fécondation prolonge ses effets pendant un laps de temps plus ou moins long , qu'elle détermine le caractère des générations subséquentes (§ 301), etc. Comme, en remontant l'échelle des êtres organisés, la sexualité pénètre de plus en plus profondément dans la vie, et qu'elle n'acquiert toute son amplitude que chez l'homme , c'est aussi dans l'espèce humaine que son essence indivise , l'àme , prend la part la plus active à la génération. Cette forme , supérieure à toutes les autres , dans laquelle l'union des sexes devient le symbole de l'amour, la réalisation matérielle du sentiment de l'unité de deux êtres, dans laquelle l'identification des âmes et l'intime union des corps établissent la fusion complète de deux vies , peut être comparée à l'électricité excitée dans la chaîne fermée , tandis que la forme matérielle de la génération est comparable à l'électricité développée par le simple contact de deux corps hétérogènes. Dans la fécondation, en effet, une connexion s'établit entre les sphères intérieures des deux appareils génitaux, le testicule et l'ovaire. Cette connexion a lieu matériellement par la réaction mutuelle des sphères extérieures , dans laquelle la matrice et l'oviducte se comportent à l'égard

(4) Decandolle , Organograpliie végétale , t. II , p. 172.

du sperme comme des conducteurs humides, en vertu et du liquide qu'ils sécrètent et de leur propre substance vivante. Mais, dans chaque sexe, l'ensemble des organes génitaux ne fait qu'un , au moyen des nerfs du plexus spermatique et du plexus pelvien, qui communiquent avec les nerfs lombaires et sacrés de la moelle épinière , de sorte que la partie intérieure de la moelle épinière se trouve placée sous l'influence des organes génitaux (§ 564, 2°). Or, les impressions qui résultent de là doivent se propager le long du cordon rachidien jusqu'au point central de toute l'économie, et atteindre d'abord le cervelet (§ 564, 4°), puis le cerveau tout entier (§ 564, 3°). De cette manière, l'activité des organes génitaux , qui sont situés à l'extrémité inférieure du tronc , qui possèdent la force plastique la plus développée , et qu'on peut considérer comme le pôle matériel , en détermine une correspondante dans l'organe de l'âme , qui s'élève au dessus du tronc, et dans lequel on doit voir le pôle idéal. Et tandis que les sphères extérieures des organes génitaux mâles et femelles entrent en contact intime et presque en connexion organique, tandis que les âmes mâle et femelle se réunissent en une seule pensée , en un seul sentiment , les deux individus forment un cercle fermé d'activité qu'on peut représenter par le tableau suivant :

Pôle idéal.

Imagination i

Cerveau / de l'homme.

Moelle épinière )

Page 1