XI. Milieu de l'incubation
§ 349. La seconde période dç la grossesse s'étend à peu près depuis la onzième jusqu'à la trentième semaine , ou depuis le milieu du troisième mois lunaire jusqu'à la fin du huitième : elle se caractérise par les progrès toujours croissons de la formation qui a lieu dans l'intérieur ; l'exaltation de la vitalité se concentre sur la matrice , et la femme n'éprouve presque plus d'incommodités, tant parce que les accidens sympathiques qu'avaient déterminés les effets de la première impression produite par la formation nouvelle se sont dissipés, que parce que les changemens mécaniques qui occasionent les malaises de la période suivante ne sont pas encore arrivés au point de pouvoir causer une grande gêne. Les parties essentielles de l'œuf et de l'embryon sont formées, et le développement, qui marche sans s'arrêter, prend un caractère qui se rapproche davantage de celui d'une simple et calme nutrition. Le. placenta acquiert alors son plus haut degré de développement, et le fruit, comme tel, étant parvenu au point culminant de sa vie, loin de porter préjudice à celle de la mère, agit au contraire d'une manière favorable sur elle , comme nous l'avons fait voir précédemment (§ 347). Nous pourrions dire que c'est ici la période de la grossesse pure ,
incubation; 4^7 le fruit étant alors tout fruit, et rien de plus. Aussi la plupart des femmes se trouvent-elles parfaitement bien à cette époque de la gestation, et plus d'une qui avaitd' abord maigri, reprend-elle de l'embonpoint. L'ampliation de la matrice devient de plus en plus uniforme : cet organe continue toujours à se développer vers le bas ; son col devient peu à peu plus mou , plus lâche, plus spongieux ; sa cavité s'agrandit et se confond de plus en plus avec la cavité commune , de sorte que la portion saillante dans le vagin se raccourcit de jour en jour; sa longueur n'est plus que de neuf lignes au sixième mois, de six au septième, et de quatre seulement au huitième; en même temps la partie supérieure du vagin se dilate un peu. L'oriKce extérieur de la matrice s'arrondit de plus en plus, et représente une fossette infundibuliforme. A mesure que l'organe augmente d'épaisseur et de largeur, il est forcé de sortir du petit bassin et de pénétrer dans le grand, de manière que son col agrandi finit par reposer sur le détroit du petit. Cette ascension, durant laquelle la matrice se place plus obliquement et de côté, avec son fond tourné en haut, en avant et à droite, allonge le vagin, en efface les plis transversaux, fait remonter peu à peu le museau de tanche, et distend de plus en plus le bas-ventre par devant. Vers la fin du troisième mois, la matrice a environ quatre pouces et neuf lignes de long, sur trois pouces et neuf lignes de large, et son fond repose immédiatement sur la symphyse pubienne. A quatre mois, sa longueur est d'à peu près cinq pouces neuf lignes, sa largeur de quatre pouces neuf lignes , et elle dépasse d'un pouce l'arcade du pubis. A six mois, elle a neuf pouces de long, sur six pouces neuf lignes de large , et elle arrive à l'ombilic , dont les plis inférieurs disparaissent. A sept mois, sa longueur est de neuf pouces six lignes, et sa largeur de six pouces neuf lignes ; elle monte au dessus de l'ombilic, alors devenu tout-àfait plat. A huit mois, elle a dix pouces six lignes de long, sur sept de large , et son sommet correspond entre l'ombilic et le creux de l'estomac. C'est vers la fin du cinquième mois que l'embryon commence à se faire sentir, par ses mouvemens. Au septième mois, on sent sa tête, qui repose sur l'orifice de la matrice, et au huitième, on peut déjà distinguer plusieurs de
ses parties à. travers les parois distendues du bas-ventre. A cette époque la vie semble se retirer des parties génitales externes ; les grandes lèvres perdent leur turgescence et leur chaleur, le vagin ne sécrète pas beaucoup de mucus , mais sa partie supérieure reste chaude et molle , ainsi que les lèvres du museau de tanche. Les seins continuent de se développer, et finissent par laisser échapper, lorsqu'on les comprime, un peu de sérosité analogue à du petit-lait.