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II. Configuration des parties constituantes du corps

§ S30. La configuration des parties solides les plus simples du corps humain

I. A fait naître des opinions fort différentes les unes des autres, dont nous devons l'exposé à Weber surtout (1).

1° Les anciens, sur les traces desquels marchait encore Reil (2) , admettaient des fibres élémentaires simples , qui , suivant eux , produisaient des lamelles , des tubes , etc. , en s'appliquant les unes contre les autres. Mais c'était là plutôt un essai de construction géométrique que l'expression d'un fait, attendu que beaucoup de parties n'ont pas déstructure fibreuse et ùe sont point réductibles en fibres.

2° Ruysch avait été conduit par ses belles injections à penser que tous les tissus, quels qu'ils soient, se composaient uniquement de ramifications de vaisseaux sanguins. Mais Albinus a fait voir qu'entre les réseaux capillaires, quelque serrées qu'en puissent être les mailles , il existe des points^dépourvus de vaisseaux, qu'on appelle aujourd'hui îles ou îlots de substance.

3° On eut ensuite recours au microscope , et , pour rendre

(1) Anatomie des Menschen , t. I , p. 128-166.

(2) Archiv, t. 1,43.

accessible à la vue ce qu'il y avait de plus délié dans les parties du corps, on employa d'habitude les grossissemens les plus forts, la lumière la plus vive , de manière qu'on s'exposa aux illusions d'optique.

Ainsi Leeuwenhoek crut entrevoir dans le cerveau , de même qu'à l'épiderme et à la pie-mère, des tubes contournés, ayant 0,00003 ligne de diamètre.

Muys pensait en avoir vu de pareils aussi dans des muscles et des tendons.

Monro aperçut également des filamens flexueux , pelotonnés comme les conduits séminifères, et ayant 0,0013 ligne de diamètre , d'abord aux extrémités périphériques des nerfs sensoriels, puis dans le cerveau , les muscles, la peau, les os, les cheveux ; mais, quand il vint à les voir aussi dans la cire , le blanc de baleine , les sels , les métaux monnayés et non monnayés , il se convainquit que ce phénomène était une pure illusion d'optique (1).

Fontana admettait que ces cylindres élémentaires flexueux sont beaucoup pl# grêles que les vaisseaux sanguins les plus fins , qu'ils forment le tissu cellulaire, et qu'ils constituent la plus grande partie du corps humain , par exemple les deux tiers des nerfs, les cinq sixièmes des muscles et des tendons. Il présumait que si ces cylindres sont des tubes , leur destination est de servir à la nutrition des parties , peut-être aussi à la vie animale, et il ne renonça même pointa son hypothèse lorsque le microscope lui eut fait apercevoir les mêmes formes dans Tépiderme , les ongles et les dents , ainsi que dans des sels , des pierres et des métaux.

4. Les principaux d'entre les analomistes qui ont étudié le système des vaisseaux lymphatiques, parmi les modernes, et qui ont été assez heureux, dans leurs injections, pour reconnaître que ces vaisseaux laissaient encore , dans certaines parties, de l'espace entre eux pour d'autres substances, ont soutenu que les filamens déliés qu'ils découvraient à l'aide du microscope , et qui probablement appartiennent à la catégo-

(1) Observations ontho structure and functions on thc ncrvous System , p. 67.

CONFIGURATION DES PARTIES

rie des cylindres élémentaires, dont nous venons de parler, étaient des lymphatiques , mais qu'on ne peut parvenir à injecter.

Ainsi Mascagni prétendait que beaucoup de parties , notamment l'épiderme et l'émail des dents , résultent d'un assemblage de vaisseaux lymphatiques. MaisHumboldt (1) a prouvé que les fibres flexueuses, qu'il a vues aussi dans l'épiderme , étaient tout simplement des inégalités et non des vaisseaux. Cependant Fohmann et Panizza (*) ont tout récemment soutenu de nouveau le caractère lymphatique de ces filamens microscopiques. Marchant sur leurs traces, Arnold (2) a prétendu que le tissu cellulaire est une substance amorphe , parsemée d'innombrables vaisseaux lymphatiques anastomosés mille et mille fois ensemble sous forme de réseaux , et que les parois des vaisseaux sanguins se composent principalement de lymphatiques semblables.

D'après Berres (3), les filamens en question sont des vaisseaux qui charrient des sucs blancs , communiquent non point avec le système sanguin , mais avec des vé^cules , et forment la plus grande partie de la masse des organes dans lesquels on les rencontre. Suivant lui , ils ont 0,0120 à 0,0360 ligne de diamètre dans les parties celluleuses, et communiquent avec des vésicules dont le diamètre s'élève de 0,1200 à 0,1320 ligne. Berres pense d'ailleurs que toute substance animale en général est tubuleuse , pénétrée et formée d'innombrables petits vaisseaux, qui partent de la substance animale primordiale, ou de la substance vésiculaire, à la manière des conduits glandulaires (4).

5° Treviranus avait également admis (5) des filamens flexueux,

(1) Vêler die gereizte Muskel-und Nervenfaser, t. I, p. d56.

(*) Osservazioni antropo-zootomico-fisiologiche sulle vasi linfatiei ,

Pavie 1830 , in-fol., fîg.

(2) Anatomische und physiologische Untersuchungen ueber das Auge

des Menschen , p. 2.

1(3) Medicinische Jahrluecher des œsterreichischen Staatcs , t. XV, p. 246

(4) Ibid.,[p. 259.

(5) Vermisclite Schriften, 1. 1, p. 125,133.

CONSTITUANTES DU CORPS. g

grêles, fransparens, qu'il appelait cylindres élémentaires, et qu'il considérait , avec des globules d'albumine et un liquide visqueux , comme les parties constituantes communes de tous les tissus, de manière que la proportion des élémens chimiques était pour lui la seule cause de la différence existante entre les les organes et leurs activités vitales. Depuis (1), il n'a plus accordé cette texture qu'au tissu cellulaire, et on se demande si les cylindres élémentaires ne seraient pas tout simplement des filamens de tissu cellulaire.

6° Les découvertes de Trembley sur la texture des Polypes, et celles de Wolff (2) sur le jaune de l'œuf, avaient démontré qu'il y a des granulations ou des globules dans les premiers linéamens de la substance organique. Or, comme le microscope en faisait apercevoir également dans les organismes animaux développés, Prochaska admit que ces globules sont les élémens de l'organisation.

Déjà Leeuwenhoek, dans ses premières observations, avait cru voir le cerveau , les nerfs , les muscles, les os, l'épiderme et les ongles formés de gros globules égaux entre eux , dont six réunis ensemble égalaient le volume d'un globule du sang.

Les frères Wenzel (3) ont aperçu , dans tous les tissus , de petits globules réunis par un tissu cellulaire délicat , mais différens les uns des autres sous le point de vue du volume, par exemple extrêmement petits dans le foie , plus gros dans les reins, et plus gros encore dans la rate; ils présumaient que la différence des tissus tient uniquement à la nature de la substance déposée dans les cellules.

Meckel pensait aussi (4) que les parties élémentaires sont des globules et une substance amorphe ( tissu cellulaire ), et que ces parties, constamment associées ensemble , font la base des formes organiques primordiales, c'est-à-dire des fibres et des lames.

(1) Weber, Anatomie des Menschen, t. I, p. 436.

(2) Theoria (jenerationis , p. 401.

(3) Prodromus eines W erkes uebcr das Him des Menschen und dcr Thiere , p. 4.

(4) Traité général d'analomic comparée , 1. 1 ,' p. 16 , 45.

10 CONFIGURATION DES PARTIES

Home (1) soutenait que la fibre musculaire est une série de globules du sang sans matière colorante, parce que les muscles qu'on a fait bouillir ou qu'on a tenus en macération pendant une semaine entière , laissent apercevoir des fibres , qui sont composées d'articles oblongs, séparés par des élran{<lemens peu profonds, et qui se réduisent en globules quand on prolonge la macération.

Enfin Milne Edwards (2) a poussé cette opinion plus loin encore. Le tissu cellulaire lui parut être une masse de cylindres flexueux ; mais , à un grossissement plus fort , chaque cylindre se montrait une série de globules pareils aux noyaux des globules du sang , ou aux granulations du lait et du sang, ayant un trois centième de millimètre = 0,0014 ligne de diamètre , et présentant le même volume dans les muscles , les nerfs , les tendons et les membranes séreuses et muqueuses. Suivant lui, ces cylindres sont l'élément général de l'organisme , attendu que , de leur situation différente , résultent les formes de lames, de fibres, de vésicules et de tubes.

Lorsque je n'étais point encore fort exercé à manier le microscope , dit Gruithuisen (3) , je croyais que les fibres musculaires résultaient de globules placés à la suite les uns des autres ; mais lorsque j'eus reconnu que tous les corps sont dans le même cas, je rendis mon hypothèse à l'imagination qui me J'avait suggérée. Weber (4) , Schultze (5) , Muller (6) et Raspail (7) , considèrent aussi cet aspect globuleux comme une illusion d'optique , due au défaut d'homogénéité de la substance, à l'inégalité de la surface, aux alternatives de rapprochement et d'éloignement de fibres parallèles, produites par l'interférence de la lumière.

il. Au total, la plus exacte de toutes les opinions est celle

(1) Lectures on comparative anatomy, t. III , p. 153.

(2) Répertoire général d'anatomie , t. III , p. 25.

(3) Gehlen , Journal fuer die Chemie und Physik , t. VIII , p. 538.

(4) Anatomie des Menschen , 1. 1, p. 135 , 186.

(5) Mikrosltopische Untersuchungen ueber Browns Entdeckwig lebcn der, selbst im Feuer unzerstœrharcr Theilchen in allen Kœrpern , p. 24.

(6) Poggendorff , Annalen der Physik und Chemio , t. CI, p. 549.

(7) Nouveau système de chimie organique, p. 208, 221.

CONSTITUANTES DU CORrS. 1 1

de Schultze (1) , qui regarde les tissus comme ne différant pas moins les uns des autres sous le rapport de leurs particules élémentaires que sous celui de leur forme totale. Nous de-^ vons reconnaître, avec Weber (2), qu'une substance amorphe, des granulations, des fibres, des tubes et des lamelles, sont les parties élémentaires du corps humain; la matière animale peut prendre immédiatement telle ou telle d'entre ces formes de cohésion , et les globules ou les fibrilles ne suffisent point, à eux seuls , pour construire l'organisme. Il n'y a que le substratum immédiat de la vie animale, la neurine et la substance musculaire , qui paraissent conserver partout la même forme de parties élémentaires ; toutes les autres substances en admettent de différentes suivant les régions qu'elles occupent.

Nous partageons les formes élémentaires en indéterminées et déterminées.

7° Les formes indéterminées se manifestent partout où la substance ne laisse apercevoir aucune forme , du moins régulière; elles appartiennent spécialement aux tissus cellulaire , scléreux et stratifiés.

On les divise en demi-liquides , grenues et compactes.

La substance demi-liquide, amorphe, qui adhère à des parties élémentaires solides, se reconnaît principalement dans le tissu cellulaire, dans le mucus de Malpighi et entre les globules de la neurine. Elle a pour analogue, chez les végétaux , le cambium , qui est la subsance ligneuse et corticale encore amorphe, mais au moment de recevoir la forme.

De même qu'aux parois'des cellules végétales adhèrent des grains de substances diverses , notamment de matière colorante , de substance ligneuse et d'amidon , dont un certain nombre paraissent se développer en nouvelles cellules par la liquéfaction de leur noyau , de même aussi on trouve , dans le corps animal, des masses solides, réduites en grumeaux ou en granulations irrégulières et mal délimitées. On aperçoit

(1) Loc. cit., p. 20.

(2) Loc. cit., p. 137.

CONFIGURATION DES PARTIES

ces grumeaux, avec le microscope, dans le tissu cellulaire, parenchymateux surtout, où ils paraissent, sous la forme d'îlots de substance , entre les dernières ramifications des vaisseaux capillaires. La substance osseuse affecte la forme de grosses granulations au moment de sa formation première.

Enfin la masse compacte , qui n'a de forme déterminée que dans son contour extérieur , et en tant qu'elle représente une partie spéciale , mais qui est homogène en elle-même , appartient essentiellement aux cartilages , aux os et aux tissus stratifiés.

8° Une forme intermédiaire entre celles qui sont indéterminées et celles qui sont déterminées, est la forme spongieuse. Ici la masse compacte paraît ramollie , écartée , interrompue par des vides, et retenue par des fibres ou des lamelles, sans configuration régulière. On la trouve dans le tissu cellulaire , dans les organes vasculaires, dans les couches inférieures du système cutané , enfin dans l'intérieur des os et de plusieurs tissus slratiGés, tels que les poils, les ongles et l'épi ♦ derme.

9° La forme élémentaire déterminée est sphérique, fibreuse ou lamelleuse , suivant celle des trois dimensions qui prédomine.

La forme élémentaire sphérique paraît être propre à la neurine. On l'aperçoit distinctement dans les nerfs d'un animal encore vivant.

La forme fibreuse est particulière à tous les muscles et à la plupart des organes scléreux. Elle ne se manifeste que d'une manière incomplète dans le tissu spongieux , et elle est vaguement indiquée dans la substance compacte des os , des cartilages et des tissus cornés.

La forme lamelleuse se voit surtout dans le système plastique.

On la voit paraître d'abord comme lame ou masse étendue uniformément à plat ,' à la surface supérieure et condensée de la peau et de la membrane muqueuse ; elle se montre aussi en partie dans les enveloppes scléreuses , la cornée transparente , par exemple , où toute formation fibreuse s'éteint ; enfin on la remarque dans les couches des tissus stratifiés.

CONSTITUANTES DU CORPS* l3

En second lieu , elle affecte la forme vésiculaire dans les vésicules séreuses et adipeuses.

En troisième lieu', elle! produit des tubes dans les enveloppes de tissu cellulaire et dans la membrane vasculaire commune.

III. Les humeurs sécrétées contiennent de la substance solide , non seulement à l'état de dissolution parfaite , mais encore, surtoutlorsqu'elles sont très-concentrées, ou qu'elles ont de la tendance à la disgrégation , à l'état de simple suspension y de manière que le microscope fait apercevoir en elles des grumeaux. Ainsi, les végétaux offrent tant des granulations transparentes dans les sucs limpides de leurs cellules , que des granulations opaques dans les sucs Jactescens. Chez l'homme, comme l'a remarqué Leeuwenhoek le premier (1) , on trouve rarement ou même jamais des grumeaux dans la sérosité du tissu cellulaire et des vésicules séreuses , mais il y en a toujours et beaucoup dans la synovie , le mucus , le lait et le sperme , tandis qu'ils sont moins abondans dans la bile , le suc gastrique et le suc intestinal , plus rares et en petit nombre dans l'urine. Ribes (2) et Donné (3) disent même avoir aperçu , dans leurs propres yeux , les globules , l'un de l'humeur lacrymale, l'autre de l'humeur aqueuse.

On ne doit pas attacher une grande importance à l'existence de tous ces globules. Cependant il n'est pas prouvé non plus que tous soient des gouttelettes de graisse ou des grumeaux de mucus ; car ils pourraient tout aussi bien devoir naissance à de l'albumine , à de la matière caséeuse , etc.

(Les liquides sécrétoires , même les plusimportans, comme le lait , le mucus , la salive , la bile , l'urine et le sperme , n'ont point encore été étudiés au microscope avec tout le soin qui serait nécessaire pour satisfaire, même seulement jusqu'à un certain point, aux exigences de la physiologie. Cependant les observateurs disent avoir aperçu , dans la plupart de ces

(d) llaller, Elem. physiotog., t. II, p. 52.

(2) Archives générales , t. XXII , p. 449.

(3) Ibid., t. XXIII , p. 113.

l4 CONFIGURATION DES PARTIES

sécrétions , des globules pu des granules , qu'ils disent être tenus en suspension par un menstrue liquide homogène.

Quant à ce qui concerne d'abord le lait, plusieurs observateurs y admettent des globules. L'un de nos anatomistes les plus exacts et les plus instruits , Weber , est tenté aussi de croire à l'existence, dans le lait, de globules particuliers, transparens, arrondis , mais d'inégale grosseur , et depuis un tiers jusqu'à moitié plus petits que les globules du sang; il leur attribue la couleur blanche du lait , et les croit composés de matière caséeuse et de graisse. Cependant il conserve des doutes à cet égard , et pense qu'on peut aussi se ranger à l'opinion de Treviranus, qui ne voit dans les globules du lait que des gouttelettes produites par un mélange de graisse et d'eau. Schultze admet , dans le lait , des globules particuliers, qui , suivant lui , auraient le même volume chez tous les animaux.

Je ne vois dans ces globules que de simples gouttelettes de graisse , et je pense , d'accord en cela avec les chimistes, que le lait est une dissolution aqueuse d'osmazome, d'une substance analogue à la ptyaline , de sucre de lait, de diflérens sels et de matière caséeuse , mais qu'il tient en suspension de la graisse , qui , par l'effet du repos , se sépare et gagne la surface , où elle produit la crème. J'ai examiné du lait de femme et de Vache au microscope , et je l'ai soumis aussi à quelques réactifs. Les motifs qui me déterminent à en' considérer les globules comme des gouttelettes de graisse , sont les suivans :

o. Ils ont une pesanteur spécifique moindre que celle de la partie aqueuse du lait, nagent toujours à la surface, et sont très-serrés les'uns contre les autres dans la crème.

b. L'ébullition et l'addition de l'eau ne leur font subir absolument aucun changement.

c. Les acides ne les altèrent pas non plus, tandis que, quand on ajoute de l'éther au lait , ils se confondent sur-le-champ ensemble, et se dissolvent dans ce menstrue.

d. Suivant la remarque de Weber , ils ont des contours bien arrêtés, dénotent, par tout leur aspect, la propriété de réfracter fortement la lumière , et ressemblent |p arfaitement à

CONSTITUANTES DU CORPS. l5

de la graisse ou aux gouttes d'huile avec lesquelles on les compare.

Du reste, j'ai trouvé que ces gouttelettes d'huile avaient de^j puis in trois centième jusqu'à un millième de ligne de diamètre.

Je n'ai pas assez bien étudié la salive et l'urine pour pouvoir me hasarder à émettre un jugement positif sur le compte de ces humeurs ; mais j'avoue que je n'y ai trouvé de véritables globules ni chez 1 homme ni chez les'animaux. Je les regarde , au contraire , comme des dissolulions parfaitement homogènes ; et, suivant moi, les granulations qu'on a pu y rencontrer quelquefois appartenaient , suivant toutes les apparences , à du mucus , accidentellement mêlé avec le liquide. Il y a aussi des gouttelettes de graisse dans la bile ; mais elles y sont bien moins nombreuses que dans la bile , et fort isolées les unes des autres. Ce sont elles peut-être qu'on a prises pour des granulations.

Je n'ai pas fait une étude approfondie du sperme ; à la vérité , j'ai vu les énigmatiques animalcules spermatiques , mais sans savoir au juste ce que je devais penser d'eux .(*).

A l'égard du mucus, il contient des globules bien prononcés; mais , comme le fait justement remarquer Weber , on n'aperçoit ces globules que dans les flocons épais, bleuâtres ou grisâtres , et peu transparens ; on n'en découvre aucun dans la portion transparente. Weber a trouvé leur volume divers, et variant depuis un six-millième jusqu'à un neuf-mille-deuxcent-vingt-huitième de pouce. Schultze a reconnu que ceux du mucus oral et nasal des animaux vertébrés et du jabot des Oiseaux sont toujours ronds ; que leur volume est sensiblement le même chez les Poissons , les Reptiles , les Oiseaux et les Mammifères; qu'ils sont beaucoup plus petits que les globules du sang dans les trois premières classes, mais que leur

(*) Depuis, Wagner a publié une analyse microscopique du sperme, dans laquelle il établit que ce liquide est composé de trois élémens , un liquide homogène et non grenu, des granules ou globules, et des animalcules spermatiques. {Fragmente sur Physiologie dcr Zcugung , versuoglich sur mikroskopischon Analysa des Spermas , 483G. )

l6 CONFIGURATION DES l'ARTIES

volume surpasse un peu celui de ces mômes globules chez les Mammifères. Mes observations m'ont appris que les granulations du mucus diffèrent assez les unes des autres, eu égard au volume et à la consistance , suivant les parties d'où elles proviennent, qu'elles sont très-molles et promptement liquéfiables chez les Reptiles et dans le jabot des Oiseaux , mais que celles du mucus de la trachée-artère de l'homme ont davantage de consistance. Ce dernier m'a offert des granules arrondis, non aussi mous que ceux du pus , grisâtres, avec une surface un peu grenue , nombreux et généralement un peu plus gros que les globules du pus , car la plupart avaient depuis un cent-cinquantième jusqu'à un deux-centième de ligne de diamètre , tandis que d'autres avaient un centième de ligne et quelques uns un trois-centième. Les acides ne dissolvent pas ces globules ; cependant les acides minéraux les réunissent en une masse grenue. Ils se dissolvent promptement et complètement dans la potasse caustique , donnant ainsi une liqueur transparente et homogène, qui ressemble à l'albumine. L'ammoniaque caustique les dissout avec plus de peine.) (1)

IV. Le volume des plus petites particules n'est rien moins que constant, et Tonne peut point avoir une pleine et entière confiance dans les mesures microscopiques. Cependant il n'est pas sans intérêt d'avoir au moins une évaluation ap « proximative des rapports de grandeur.

10° A l'égard du volume des corpuscules ronds, nous mettons en première ligne les indications de Weber (2) , qui est ici l'autorité la plus imposante. Voici quel est, suivant cet anatomiste , le diamètre des parties suivantes , évalué en dixmillièmes de ligne.

Vésicules adipeuses 285 à 420

Globules du pus 40 à 80

Granulations du pigment de l'œil. 14 à 73 Granulations de la salive. . . . 40 à o0 (Globules du sang. 23)

(1) Addition de R. Wagner.

(2) Anatomie des Monschen, t. I, p. 458-165.

Granulations du mucus. ... 13 à 20

Globules nerveux - 44 à 45

Globules du lait 12 à 15

Globules de la bile , encore moins.

Quant aux autres observations , nous allons les réunir dans

le tableau suivant :

Noms

Diamètre.

des

observateurs.

Grains de pigment entiers . . .

Wagner.

écrasés . . .

Id.

de mucus entiers . . .

Krause.

écrasés . . .

Id.

entiers . . .

Schultze.

Id.

nerveux

Wagner.

Id

Berres.

du sérum , du lait et du pus.

Prévost et

Dumas.

Granulations du tissu cellulaire . .

Krause.

VIII

l8 CONFIGURATION DES PARTIES

11° Le diamètre des parties suivantes est également évalué en dix-millièmes de ligne.

Vésicule pulmonaire . . . . ,

Poil • •

Canal de sécrétion dans le testicule.

dans la substance

corticale du rein .

dans la substance

médullaire du rein

dans les papilles

du rein • •

— — dans la parotide .

Filet nerveux .......

au bord de la réline ....

Vaisseau capillaire au système cutané.

au cerveau et aux nerfs. .

au corps ciliaire ....

aux villosilés intestinales et

a 1 iris

aux vésicules pulmonaires .

au testicule . . ... •

au rein ........

à la parotide

à la rétine et à la substance grise

au tissu cellulaire et aux membranes séreuses. . . •

Filament de tendon

musculaire

Id. . . ■■ •

Id

Id " • • • •

Filament de tissu cellulaire. . .

Id. . . •

Noms des

observateurs.

530àl600

Weber.

Muller.

Weber.

n An

loi)

Id.

Tri

Id.

Ehrenberg

Weber.

Id.

Id.

Id.

Berres.

Weber.

Id.

Muller.

Weber.

Berres.

Id.

Schultze.

Krause.

Schultze.

Krause.

Wagner. '

Id.

Krause.

Valentin (1) indique de la manière suivante lédiamètre des Vaisseaux capillaires en dix-millièmes de pouce de Paris.

0,9 dans le poumon.

1,0 dans le cerveau; !

1,9 dans le mésentère.

2,3 dans le nerf médian.

"2 .4 dans la membrane muqueuse du pharynx.

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