‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 5)Chapitre 33 sur 94 · VIII. I · texte numérisé non relu

VIII. I

tion lacrymale augmente jusqu'au point de produire le larmoiement, qui est précédé de congestion vers l'œil, de rougeur à la conjonctive et d'un sentiment de tension dans ces parties. Si la tristesse avait oppressé la poitrine , serré le larynx , fait battre le cœur d'une manière spasmodique, et rendu la région épisgastrique douloureuse , les pleurs agissent comme une sorte de crise, qui fait cesser cet état de tension et soulage le moral.

18° La joie paraît n'influer sur la sécrétion biliaire que parce qu'elle agit sur toutes les opérations de la vie ; elle favorise la digestion , et guérit parfois la jaunisse. La crainte et la frayeur déterminent quelquefois l'amertume de la bouche , le dégoût, des vomissemens bilieux , une diarrhée bilieuse , la jaunisse ou l'érysipèle. Les soucis , la tristesse , le dépit , la contrariété diminuent toutes les actions vitales, par conséquent aussi celle du foie , de manière qu'ils occasionent la constipation , la perte de l'appétit, le développement des gaz intestinaux , l'amertume de la bouche , la coloration de la peau en jaune sale ou terreux , l'induration du foie et la formation des calculs biliaires. L'envie et la jalousie s'annoncent aussi par la teinte sale ou jaunâtre qu'elles font prendre à la peau. Au contraire, les élans delà colère accroissent l'activité du foie et augmentent la sécrétion de la bile ; si la colère est très-violente , elle amène des vomissemens ou une diarrhée de matière bilieuse , des douleurs à la région hépatique, l'amertume de la bouche, la fièvre bilieuse, la jaunisse, l'érysipèle.

19° Nous avons déjà fait connaître , en traçant l'histoire de la vie (§ 565 , 1°), comment le moral et l'imagination influent sur l'activité plastique des diflerens organes génitaux. IV. Le mouvement volontaire du corps entier 20° Exerce de l'influence sur la quantité d'acide carbonique exhalée.

ïreviranus a trouvé (1), chez les animaux sans vertèbres, que ceux qui se meuvent le plus sont ceux qui exhalent la pius grande quantité de cet acide , et ceux qui se meuvent

(1) Zeitsohrift fuer die Physiologie, t. IV, p. 29.

le moins, ceux aussi dont Je corps en fournit le moins. C'est à cela sans doute qu'il tient que cette sécrétion soit , généralement parlant et proportion gardée , plus considérable chez les petits -Mammifères et Oiseaux que chez les gros.

Prout (1) a reconnu que l'expiration de l'acide carbonique est accrue , chez l'homme , par un mouvement modéré , tel que celui de la marche , tandis qu'un mouvement continué jusqu'à la fatigue la diminue, et qu'un mouvement violent l'affaiblit dès l'origine , ou du moins après lui avoir fait subir un accroissement qui dure à peine quelques instans.

Collard de Martigny (2j a constaté aussi qu'un fort mouvement diminue ou supprime même tout-à-fait la sécrétion gazeuse de la peau.

21° Keil, Home et Rye avaient déjà remarqué que l'exercice accroît la transpiration (3). Celle de la main s'élevait à quarante huit grains par heure, lorsque Cruikshank s'était promené lentement pendant quelques heures , tandis qu'auparavant elle ne dépassait pas trente grains. Martin transpirait six à huit onces par heure , quand il ramait; mais, lorsqu'il portait un fardeau , sa transpiration s'élevait à peine à une once pendant le même laps de temps , et elle n'arrivait à deux que durant le repos qu'il prenait plus tard (4); de manière qu'ici également un effort disproportionné semblait mettre des bornes à la sécrétion.

22° La formation de la graisse est diminuée par un mouvement qui exige des efforts et fatigue; le repos le favorise, au contraire, de sorte qu'il n'est pas rare même que des condamnés à mort engraissent en prison (5). Le bétail s'engraisse plus aisément dans une étable resserrée.

23° L'exercice semble favoriser la sécrétion de la bile , et en même temps mettre des bornes à l'accroissement du foie. Cet organe est en général plus petit chez les hommes vifs et

(d) Schweigger, Journal fuer Chemie , t. XV, p. 60.

(2) Journal de Magendie, t. X , p. 165.

(3) Haller, Elément, physioloy., t. V, p. 69.

(4) Abkandlunyen der Schwedischen Académie , t. XL , p. 198.

(5) Haller, Elément, physioloy., t. I , p. 39.

l80 QUALITÉ DES FORMATIONS ORGANIQUES.

irès-remuans, que chez ceux qui mènent un genre de vie sédentaire. De même aussi , chez les animaux, son volume relatif est en raison inverse de l'énergie des mouvemens (1).

24° Si l'urine est sécrétée en plus grande abondance par les personnes sédentaires, il paraît que cet effet tient uniquement à ce qu'alors la transpiration est plus faible.

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