VARIATIONS DANS LE CARACTÈRE ACIDE OU ALCALIN DES SÉCRÉTIONS
§ 851. Si la nature acide ou alcaline d'un liquide sécrétoire est trop peu constante pour que nous puissions la considérer comme un caractère essentiel (§ 835 , I), il importe de rechercher quelle est la cause à laquelle se rattachent ces variations. Mais nos connaissances à leur égard sont fort imparfaites , surtout en ce qui concerne les états morbides dans lesquels les sécrétions exercent des réactions acides ou alcalines ; car, d'un côté , on s'est plus attaché à la forme de la maladie qu'à ce qui en constituait l'essence, et, d'un autre côté , on n'a eu aucun égard , ni à ses périodes , ni aux influences auxquelles l'économie se trouve alors soumise. D'ailleurs, l'acidité et l'alcalescence des humeurs varient tellement, et chez les divers individus , et chez un même sujet, en des temps différens , sans qu'on aperçoive aucun changement notable dans les circonstances, qu'il est fort difficile de découvrir la cause déterminante , et que , dans beaucoup de cas , nous sommes réduits à faire provisoirement dépendre ces variations du caractère d'oscillation qui domine partout dans la vie. Ainsi, par exemple, Balley (2) a trouvé, chez une fdle atteinte de phthisie commençante , que l'urine était souvent d'une neutralité parfaite, et dans la même journée qu'il lui arri-
(1) Journal de chimie médicale , t. VI , p. 131.
(2) Froriep , Notisen, t. XXV, p. 14.
vail quelquefois d'acquérir une acidité extrême. Nous ne devons donc point être surpris des contradictions que nous remarquons entre les assertions des auteurs qui ont voulu parler de l'état d'une sécrétion , dans une maladie quelconque , après s'être contentés d'en observer une seule fois les produits. De toutes les opinions , la moins fondée est celle de Donné , qui a prétendu que les sécrétions , en général , avaient un caractère d'acidité dans les inflammations.
I. La sérosité devient fortement alcaline par l'inflammation de ses organes sécrétoires (1). Tel est aussi le caractère de celle que contiennent les ampoules provoquées par les vésicatoires ; elle verdit les couleurs bleues végétales, et Margueron y a trouvé 0,0100 de soude libre.
II. Dans l'inflammation des membranes muqueuses , le mucus exerce également des réactions alcalines, selon Nauche (2). Gendrin n'admet d'exception à cet égard que pour le suc gastrique et le suc intestinal (3). Fourcroy et Vauquelin n'ont trouvé le mucus nasal alcalin, dans le coryza, qu'au début de la maladie.