‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 5)Chapitre 56 sur 94 · III. Système animal · texte numérisé non relu

III. Système animal

8° Les plaies faites aux muscles par des instrumens tranchans se cicatrisent lorsque leurs surfaces sont mises en contact l'une avec l'autre. Après les amputations, les extrémités des muscles contractent adhérence avec les os , de manière que ces organes peuvent mouvoir le membre (1). On peut aussi faire reprendre des lambeaux excisés, en les réappliquant sur la surface de laquelle ils ont été détachés , ainsi que Wiesmann (2) l'a observé sur déjeunes Poulets et sur desGrenouilles. S'il y a des vides , il se produit des bourgeons charnus , qui dès le commencement font corps avec les fibres musculaires , dont on ne parvient même point à les séparer par la macération (3). La cicatrice qui résulte de là se fait remarquer, dans le principe, par la quantité extraordinaire de vaisseaux qui la parcourent , par sa rougeur et par sa mollesse ; ensuite elle devient d'un blanc jaunâtre , dense , ferme , coriace et comme scléreuse ; il est rare , et ce phénomène n'a jamais lieu qu'au bout de plusieurs mois , qu'il se développe en elle des fibres irrégulières, non semblables aux fibres musculaires, incapables de se mouvoir, et insensibles tant à l'action du galvanisme qu'à d'autres stimulations.

9° Quand un nerf a été coupé en travers, les bouts s'enflamment et se gonflent, surtout le supérieur; ils sécrètent ensuite du liquide plastique , qui les réunit au bout de quelques jours , prend peu à peu de la solidité , ne tarde point à acquérir des vaisseaux , et forme la plupart du temps un renflement.

Si l'on a extirpé à un nerf un lambeau long de plusieurs lignes , les deux extrémités renflées se réunissent quelquefois, malgré la distance qui résulte de là entre elles, par un cordon qui ressemble à un nerf, si ce n'est qu'il est plus mince.

Mais , parfois aussi , les bouts ne font qu'envoyer à la rencontre l'un de l'autre des prolongemens coniques de quelques lignes,

(1) Van Hoom , Dissertatio de Us quœ , in parlibus vtembri , prœsertim osseis , amputatione vulneratis notanda , sunt , p. 26.

(2) De coalitu partium a reliquo corpore prorsus disjunctantm, p. 49, 52.

(3) Van Hoom , loc cit., p. 24.

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qui n'arrivent point à se rencontrer, comme l'ont observé entre autres Fontana et Meyer (1). La substance de nouvelle formation est d'un gris clair ou d'un blanc rougeàtre , d'une consistance tendineuse et sans fibres nerveuses , ce que démontrent surtout les recherches faites à cet égard par Arnemann (2), Cruikshank. (3), Treviranus (4) , Breschet (5) et Pauli (6). Fontana a cru y apercevoir des filamens nerveux dans quelques cas; Meyer (7) en a vu aussi, après avoir plongé les nerfs dans de l'acide nitrique. Prévost (8) , ayant examiné un nerf d'un Chat nouveau-né , deux mois après en avoir pratiqué la section, reconnut des filamens qui allaient d'un bouta l'autre, à travers la substance de nouvelle formation, mais qui étaient isolés pour la plupart, et non réunis en faisceaux. Tiedemann enleva un lambeau de dix à douze lignes de long au nerf de la patte antérieure d'un Chien (9); vingt-et-un mois après , il découvrit un faisceau ayant l'aspect de la substance nerveuse, mais que l'acide nitrique fumant ne détruisait pas.

Si, au milieu de ces observations contradictoires, nous prenons pour guide l'analogie , tout ce qu'il nous est permis d'admettre , c'est que le néoplasme , qui a partout de la tendance à devenir semblable au tissu qu'il doit remplacer sans arriver entièrement au but dans les organes supérieurs, peut de même ici se développer en filamens, qui ne sont pas pour cela de véritables filets nerveux. L'acide nitrique attaque bien le névrilème avant d'agir sur la substance nerveuse ; mais celle-ci n'y est point insoluble, elle ne fait que s'y dissoudre avec difficulté , comme il arrive aussi au tissu scléreux. Mais

(1) Reil , Arcldv, t. II , p. 456.

(2) Versuche ueber die Régénération an lelenden Thieren, p, 185-274. r3) Reil , ArcUv , t. II, p. 63.

' (4) Biologie , t. III , p. 498.

(5) Dictionnaire de médecine, t. V, p. 27i.

(6) Commentatio physiologico -chirurgica do vulneribxis sanandis\ p. 31 , 409.

(7) Loo. cit., p. 458.

(8) Annales des sciences naturelles , t. X , p. 468.

(9) Zeitschrift fucr Physiologie, t. IV, p. 73.

3û4 PRODUITS MATÉRIELS HOMOLOGUES.

le rétablissement de la sensibilité et de la motilité au dessous du point régénéré ne prouve pas non plusqu'il se soit produit de la véritable substance nerveuse , ainsi que l'établiront les discussions dans lesquelles nous entrerons à l'égard de l'activité dont jouit le système nerveux.

10° Une réunion peut avoir lieu aux organes centraux delà sensibilité. Flourens (1) l'y a observée, chez les Oiseaux, aux lobes cérébraux, au cervelet etaux tubercules quadrijumeaux, desquels il avait pratiqué une incision profonde , ou dont il avait fendu la moelle épinière , soit en long , soit en travers.

La moelle épinière d'un Chien, qu'Arnemann(2) avait coupée en travers , était réunie , au bout d'un mois , par une masse rouge, informe , ayant la dureté du cartilage , et par du tissu cellulaire.

Le même observateur (3) a vu, sur des Chiens , des plaies considérables au cerveau se remplir d'une substance de formation nouvelle , qui tenait au moyen d'un tissu cellulaire délicat, qui était lâche, molle, jaunâtre, et plus semblable à la substance cérébrale grise qu'à la blanche, et qui présentait quelquefois à sa surface la forme de circonvolutions.

Pauli (4) enleva vingt-neuf grains de substance cérébrale à un Chien-, au bout de quatre mois, le vide était rempli par une substance plusblanche et plus ferme, dans laquelle les circonvolutions et les sillons s'apercevaient d'une manière moinsdistincte.

Flourens a également vu , chez les Oiseaux , des plaies de ce genre se remplir par granulation. On a observé aussi , chez l'homme , après des plaies de tête , la régénération de la substance cérébrale par granulation (5). Lorsque du pus épanché dans cette substance a disparu par le fait de l'absorption, il se produit quelquefois, dans le vide laissé par lui, une substance jaunâtre et assez ferme , ou un tissu jaune et lamelleux , imbibé d'humidité.

(1) Annales des sciences naturelles , t. XIII, p. 413.

(2) Versuclie ucher die Régénération an lebenden Thieren , p. 84.

(3) Ibid., p. 487.

(4) Commentatio physioloyico-chirurgica de vulneribus sanandis, p. 113.

(5) Burdach, Vom Batte und Lebcn des Gehii its , t, III, p. 40.

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