RÉGÉNÉRATION COMPLEXE
§863. La régénération est fréquemment accompagnée d'une tranformation au moyen de laquelle le dérangement survenu dans l'organisme subit une modification qui le rend moins préjudiciable à la vie, et qui le rapproche de la normalité ,
(1) Loc. cit., p. 3S, 46 , 50 , 62.
(2) Loc. cit., p. 25. — Rust, Magazin fuer die yesammte HeilUunde , t. XXXIII, p. 88.
(3) Kœler, loc. cit., p. SO. — Meding, loc. cit., p. 27, 38.
(4) Cliarrueil , loc. cit., p. 327. — Meding, loc. cit., p. 28. j
PRODUITS MATÉRIELS HOMOLOGUES. 3ll
quand il ne'peut point y être ramené. Ce changement consiste ou en limitation ou en communication (§ 884).
a. Limitation.
Une limitation a lieu quand une substance organique intérieure est devenue limite absolue ou relative, c'est-à-dire lorsqu'elle est entrée en contact avec le monde extérieur , ou avec d'autres parties entre lesquelles et elle n'existe aucun rapport organique. Les circonstances qui l'amènent sont la ré traction (I), la séparation de ce qui ne peut point rester vivant (II), et la formation de limites (III) soit par fusion soit par occlusion.
I. Toute partie organique , quand elle a subi une solution de continuité , revient sur elle-même , en vertu de sa contractilité vivante. De même que le Polype qu'on a coupé en morceaux se raccourcit , et resserre sa masse en renflemens d'où, pousse ensuite de nouvelle masse , ainsi toute partie molle du corps humain qui vient à être blessée se contracte.
La peau se raccourcit au moignon d'un membre amputé ? en même temps que son bord se ride et se fronce en dedans (1); un lambeau cutané qu'on détache, alors même qu'il tient encore au reste du corps par une languette étroite, se roule sur lui-même du côté interne , de manière qu'il devient et plus petit et plus épais (2) ; même après avoir pris racine dans l'endroit où on l'a implanté , il tend encore à se rétracter, et forme ainsi une élévation ronde et dure (3).
Les muscles se raccourcissent moins , mais ils le font d'une manière inégale ; leur rétraction continue même encore longtemps après qu'ils ont été coupés.
Les vaisseaux sanguins se retirent en arrière de la surface
(1) YanHoorn, Dissertatio de iis quœ , in partihus menibri , prœsertim osscis , ampututione vulneralis , notanda sunt , p. 20.
(2) DiefTenbacli , Cldrurgische Erfalirunijen , lesondcrs ueber die TViederherstellung serstœrton Theile des menschlichen Kœrpcrs , t. II,
(3) Ilnd„ p. 180.
3l2 PRODUITS MATÉRIELS HOMOLOGUES.
de la plaie , en sorte que leur orifice devient un peu plus étroit. Les artères d'un certain calibre rentrent dans leur gaîne celluleuse, qui ne jouit pas d'une contractililé égale à la leur, de manière que du sang s'épanche entre cette gaîne et la tunique mnsculeuse.
L'inverse a lieu pour les nerfs , dont le névrilème seul possède de la contractilité , de manière que, quand il se resserre , la neurine devient saillante , sous la forme d'un bouton ou d'un tubercule.
ÏI. La substance interne d'un tissu qui croît par intussusception ne peut point subsister comme limite, et elle meurt quand elle n'acquiert pas promptement une enveloppe analogue à celle qu'elle possède dans l'état normal. Tantôt cette mortification frappe seulement les unes après les autres des molécules qui sont ensuite fluidifiées et résorbées; elle a lieu alors d'une manière insensible , et ne se donne à connaître que par la diminution d'une partie. Tantôt elle envahit une certaine étendue à la fois ; la masse morte qui apparaît dans ce dernier cas , demeure sous l'influence de la vie , et elle est entraînée par la suppuration , moyennant le concours de la surface limitrophe qui s'enflamme, ou bien l'organisme se sépare d'elle et la rejette au dehors, la surface qui sert de limite mutuelle venant à se liquéfier. Des phénomènes de ce genre ont lieu dans tout le règne animal ; ainsi , par exemple, lorsque l'on coupe un morceau du corps d'une Méduse , la surface de la plaie se détache au bout de quelques heures (1).
Le bois du Cerf nous fournit un exemple frappant de la manière dont cette séparation s'opère ; après la mort de sa peau et de ses vaisseaux, quoiqu'il soit alors réduit à la condition d'une masse inerte, sa connexion mécanique avec l'apophyse frontale persiste pendant toute la vie quand l'animal n'éprouve pas la congestion qui accompagne les retours périodiques de sa faculté procréatrice , par conséquent lorsqu'il a subi la castration ou qu'il est avancé en âge ; mais, dès que le rut commence à se faire sentir, au printemps , le sang afflue en
(1) Eggers, Von der Wiedererzeugunij , p. 34.
PRODUITS MATÉRIELS HOMOLOGUES. 3l3
plus grande abondance vers cette région , et il s'y développe u» état inflammatoire , qui fait que l'apophyse frontale est ramollie et résorbée sur la limite entre elle et le bois , de sorie qu'à chaque renouvellement annuel de la têle du Cerf , elle diminue un peu de longueur (1).
I De même aussi quand un membre de l'homme vient à être frappé de mort , on voit les parties saines avoisinantes s'enflammer, se tuméfier, et laisser suinter un liquide séreux, après quoi la peau et le tissu cellulaire d'abord , puis les parties situées plus profondément se détachent. Mais la fluidification et la résorption, desquelles dépend la séparation , ne portent point uniquement sur une partie de la surface vivante limitrophe ; la substance frappée de mort qui touche à cette dernière, y participe également. Celte séparation prend les dehors d'une exfoliation lorsqu'elle se borne , comme la mortification elle-même , à une couche superficielle , ce qui n'arrive guère que dans les tissus les plus denses et les plus compactes.
4° La portion d'un vaisseau sanguin qui a perdu ses connexions organiques avec les parties auxquelles elle conduisait le sang, meurt quelquefois , et alors , si elle est voisine de la surface , l'économie se débarrasse d'elle : ainsi , l'extrémité de l'artère qu'il a fallu couper, tombe après l'amputation (§ 761, 1°) ; la chute des ligatures après une opération quelconque dépend fréquemment de cette circonstance.
2° Aux os, la partie vivante forme, sur les confins de la partie frappée de mort, une surface limitante, enflammée etsécrétoire, qui détache cette dernière. Après une fracture, les pointes saillantes se ramollissent , deviennent plus courtes et s'émoussent , et quand les deux fragmens ne se soudent point ensemble, ils éprouvent une certaine déperdition de substance et s'arrondissent. De même, à la suite des amputations, le bout de l'os commence par se tuméfier et se ramollir, puis il devient plus mince (2), ses bords s'émoussent , et sa surface prend la forme d'un cône. Quelquefois aussi le feuil-
(4) Berthold , Beitrœge sur anutomie, Zoologie uni Physiologie , p. 59. (2) Bulletin de la Société médicale d'Emulation , 1822 , p. 228.
3l4 PRODUITS MATÉRIELS HOMOLOGUES.
let externe du moignon de l'os meurt ; alors le périoste et la membrane médullaire s'en éloignent et s'enflamment; ]^ lame frappée de mort est ramollie et résorbée par la couche osseuse vivante qui y touche immédiatement ; car, après son expulsion , ses points de contact avec cette dernière sont les seuls où elle offre une surface raboteuse et comme rongée ; partout ailleurs elle n'a subi aucun changement , et les traits de scie , par exemple , s'y distinguent encore fort bien , même après plusieurs semaines d'immersion dans le pus (1).
Dans la nécrose interne, la substance osseuse nouvelle que produit le périoste est d'abord déposée en masse compacte sur la portion frappée de mort ; mais plus tard elle se creuse d'amples cellules , et se garnit de nombreux vaisseaux , qui pompent une partie de la surface du séquestre (2) ; aussi celui-ci n'est-il lisse et intact que sur les points correspondans aux trous par lesquels le pus trouvait issue (§ 864 , 4°); partout ailleurs le contact de la nouvelle substance l'a rendu inégal et raboteux (3). Au reste, dans cette sorte de nécrose, les bouts demeurés intacts se détachent aussi du séquestre ; ce dernier est donc libre au milieu de l'espèce de gaine qu'ils lui forment conjointement avec le nouvel os ; et lorsque la nécrose est survenue à la suite d'une amputation, on peut l'extraire du tube , ainsi que l'a observé Troja.
La substance fluidifiée de la portion frappée de mort n'est point absorbée en entier ; il en reste une certaine quantité , qui constitue un ichor au milieu duquel le séquestre se réduit en fragmens on en esquilles.
3° Les cartilages costaux dont on a retranché une partie s'amincissent à leurs extrémités demeurées non réunies (4).
4° Quand un muscle a été coupé transversalement, les extrémités des fibres s'émoussent et s'arrondissent (5); elles dis-
(1) Van Hoorn , loc. cit., p. 47. — A. Nelaton , Recherches sur l'affection tuberculeuse des os , Paris , 4837 , in-8°.
(2) Rust , Mai/azin fuer die (jesamtnte Heilkundo ,X, XXXIII , p. 90.
(3) Ibid., p. 433.
(4) Pauli, Commentât™ physiologico-chirurgica devulneribus sanandis, p. 414.
(5) Ibid., p. 106.
TRODUITS MATÉRIELS HOMOLOGUES. 3 1 5
paraissent de même au moignon des membres amputés; en examinant la substance musculaire, immédiatement au dessous de la cicatrice , on la trouve jaunâtre ; plus tard , elle est convertie en tissu adipeux, mais les tendons sont plats et minces.
5° Les extrémités des nerfs coupés , quand elles ne rpeu-^ vent point se réunir, comme au moignon d'un membre qui vient d'être amputé , s'enflamment d'abord , puis se flétrissent et s'amincissent dans l'étendue d'un pouce environ (1).
6° Le bord de la peau coupée paraît aussi se détacher , après avoir commencé par s'enflammer ; il se couvre d'une liquide gélatiniforme , au dessous duquel disparaissent le tissu cellulaire et la graisse (2).
Les portions gangrenées de peau se détachent, parce que la surface enflammée située au dessous sécrète un liquide séreux , et produit ensuite des bourgeons charnus.
Des couches superficielles de la membrane muqueuse de l'estomac , de l'intestin et de la vessie , peuvent s'exfolier, tout aussi bien qu'à la peau (3).
D'après les observations faites par Staudenmeyer (4) sur le foie des Lapins , les surfaces des plaies des organes glanduleux sont frappées de mort, quand elles ne peuvent se réunir.
III. Enfin la substance organique se forme une nouvelle limite ,en se métamorphosant , vers la fin de son étendue, en un tissu moins vivant, la plupart du temps scléreux, et parvenant ainsi , soit à clore l'entrée de ses canaux , soit à se confondre avec différentes parties auxquelles elle est adossée. Déjà , pendant la formation du cal provisoire , dans un cas de fracture , les diverses parlies environnantes deviennent indiscernables, à cause du liquide homogène qui les baigne et les imbibe; de même aussi, dans les plaies profondes , où les bourgeons charnus naissent des bords de la peau , des muscles , des tendons, des nerfs et des parois vasculaires, toutes
(1) Van Hoorn, loc. cit., p. 34.
(2) lbid., p. 20.
(3) Meckel , Handbuch der ■patholoijischen Anatomie , t. III , p. 43,
(4) Colltctanea circa reproduclionom , p. 24-20.
3l6 PRODUITS MATÉRIELS HOMOLOGUES.
ces parties sont converties en un tissu scléreux homogène ; qui représente la cicatrice commune.
7° Lorsqu'une artère a été coupée en travers, le courant du sang se détourne de toute la portion d'où ne partent point de branches conduisant encore ce liquide à des parties organiques (§ 761); déplus, le sang extravasé se coagule et forme un bouchon extérieur à la plaie (thrombus), tandis qne celui qui se coagule dans le vaisseau produit un bouchon intérieur, dont l'extrémité large , qui correspond à la plaie , et fait corps en cet endroit avec l'externe , remplit la cavité sans adhérer aux parois , et se termine , du côté du cœur, par une extrémité prolongée en pointe ; si l'on irrite la plaie, le courant sanguin revient vers le moignon artériel , et chasse le bouchon (1). Pendant les quelques heures qu'exige la coagulation complète , un peu de sérum suinte de la plaie , après quoi celle-ci devient sèche et s'enflamme. Par suite de cette inflammation , la paroi de l'artère se tuméfie , et verse , d'abord entre ses diverses tuniques, puis aussi à sa face interne, du liquide plastique, qui est sécrété par les vaisseaux nourriciers de l'artère. Le bouchon , dont le cruor a été résorbé , se compose de fibrine coagulée ; il ne saurait , en conséquence , contracter par lui-même aucune connexion organique avec la paroi , et ne peut qu'être résorbé, ou se mêler avec le liquide plastique et être pénétré par lui. C'est ce dernier liquide qui forme un néoplasme remplissant le moignon artériel et organiquement uni avec lui ; mais, au bout de quelques jours, il se développe parfois, dans ce néoplasme, des vaisseaux qui communiquent avec les vaisseaux nourriciers et plus tard sont frappés de mort , après quoi le néoplasme lui-même se dessèche , le moignon artériel devient tendineux , ainsi que lui , et se confond avec le tissu cellulaire voisin, ou se réduit aux dimensions d'un simple filament.
Une artère soumisç à la ligature perd sa signification organique , tout comme celle qui a été coupée en travers. Il en est de même quand toute autre compression l'empêche de me-
(1) Heusinger, Zeitschrift fuer die organische Physik, t. I, p. 308.— J. L. Sanson , Des hémorrhagies traumatiques , Paris , 1836 , in-8°, fig.
ner le sang à un organe, ou quand celui-ci cesse d'attirer à'lui le liquide par le fait d'une activité vivante. Une inflammation survient, à la suite de laquelle du liquide plasiique s'épanche et aux alentours du vaisseau et dans son intérieur ; ce liquide , ou seul , ou mêlé avec la fibrine du sang coagulé , produit le néoplasme , qui obstrue l'artère jusqu'à une certaine distance au dessus du point comprimé. L'inflammation et l'épanchement sont plus considérables, par conséquent aussi l'occlusion est plus rapide , quand la pression a été exercée par un fil qui a blessé ou coupé la membrane fibreuse , avec ses vaisseaux propres.
Les veines peuvent également être oblitérées par inflammation , quand le sang cesse de marcher dans leur intérieur.
Les vaisseaux lymphatiques d'organes atrophiés , dans lesquels il n'y a plus de liquide à résorber, se convertissent aussi en filamens blancs, qui ressemblent à des nerfs, avec lesquels il est très-possible qu'on les ait quelquefois confondus (1).
8° Nous avons vu que le canal d'un os fracturé est obstrué par le cal provisoire. Il demeure clos à jamais quand les deux bouts de la fracture ne se réunissent point ; la même chose arrive à l'extrémité du moignon, après les amputations, avec cette seule différence que, dans ce dernier cas, l'ossification, qui s'étendait d'abord assez haut , demeure bornée plus tard à l'extrémité libre de l'os , au dessus de laquelle se forme une nouvelle cavité médullaire. Les cavités osseuses de l'intérieur desquelles on a retiré les portions d'os qu'elles étaient destinées à recevoir , se remplissent également de substance osseuse ; ainsi la cavité cotyloïde s'oblitère dans les luxations non réduites du fémur, et les alvéoles après la chute des dents qu' elles logeaient. Enfin, quand les deux os parallèles de l'avant-bras ou de la jambe ont été amputés, ils se soudent ensemble à leurs extrémités , ce qui procure au moignon une solidité égale à celle dont il est redevable , dans l'état normal , à la présence du carpe et du tarse.
9° Dans les moignons de ce genre, les muscles contractent
(i) Lobstein, Traité d'anatomie pathologique, t. I , p. 68.
aussi adhéronce avec les bouts des os, ou se confondent avec le tissu cellulaire condensé. Il arrive parfois aux tendons de produire un renflement nodiforme à leur extrémité.
10° Quelque chose d'analogue arrive aux nerfs coupés : l'extrémité se renfle en un petit boulon arrondi , qui devient gris , acquiert la plupart du temps une consistance tendineuse ou cartilagineuse , et crie lorsqu'on en pratique la section. Il n'est pas rare qu'un tel bouton se confonde avec les parties environnantes , ou avec le nerf situé à côté ; mais on s'est trompé très-probablement lorsqu'on a cru voir des filets nerveux se rendant d'une anse produite ainsi à la cicatrice.
11° Lorsqu'une glande a été extirpée , ce qui reste de son canal excréteur s'oblitère et devient tendineux , comme Brunn l'a observé', sur un Chien , après l'extirpation du pancréas. Il peut arriver aussi qu'après avoir été coupé, le conduit excréteur s'efface par l'effet de l'inflammation , la glande demeurant intacte et la sécrétion continuant de s'opérer. Cooper, par exemple , a trouvé , sur un Chien auquel il avait coupé le canal déférent six années auparavant , que la portion de ce conduit tenant au testicule était oblitérée à l'endroit de la plaie, et fortement distendue au-delà par du sperme , tandis que la portion qui aboutissait à l'urètre était intacte et perméable.
11 peut se faire également qu'à la suite d'une phlegmasie déterminée par une cause quelconque , un canal nasal, une trompe d'Eustache , un conduit salivaire ou biliaire , la vésicule du fiel , un uretère , l'urètre , une trompe de Fallope , l'orifice de la matrice ou le vagin , s'oblitère par la coalition des parois.
b. Communication.
§ 804. A ces phénomènes organiques, dont le but est d'établir des limites et de Clore , on peut en opposer d'autres, qui tendent à rétablir une communication par des moyens divers, mais en général par une formation de cavités , et qui consistent en une production de capsules ou de canaux.
I. Les capsules sont des organes qui renferment une substance, et par cela même l'isolent, tandis que , d'un autre
PRODUITS MATÉRIELS HOMOLOGUES. 3ig
côté . elles la mettent en relation avec le reste de l'organisme.
1° Nous appellerons la première forme , production de viroles.
Peu de temps après qu'on a serré un fil autour du corps d'un Polype à bras , on le trouve entièrement renfermé dans la substance de l'animal, et par conséquent couvert d'une substance de nouvelle formation (1) ; toutes les parties disposées en cylindre , qui sont en train dê compléter leur reproduction , déposent du liquide plastique , dont la sécrétion est opérée par les bords de la plaie , et surtout , quelquefois même uniquement, par les tissus environnans non atteints par la lésion, mais seulement enflammés ; ce liquide , quand il s'est solidifié , les entoure en manière de virole.
Le cal provisoire (§ 862, 13°) est une virole de ce genre. Meding enveloppa d'un morceau de linge un os dont il avait raclé le périoste, et, au bourde quinze jours, il trouva ce linge recouvert d'un cartilage mot? (2). Murray, après avoir détruit la membrane médullaire , plaça dans le carçil un fil de platine roulé en cercle, qu'il trouva, au bout de trois semaines , enfermé au milieu de l'os. Les cartilages fracturés se réunissent ordinairement au moyen d'une virole tendineuse, qui la plupart du temps s'ossifie (3). Jones (4) appliqua sur la carotide d'un Chien deux ligatures séparées par un pouce de distance , et pratiqua l'excision du lambeau intermédiaire; au bout de soixante-et-douze heures , les deux bouts du vaisseau étaient réunis par de la lymphe plastique. Quinze jours après une simple section transversale faite à l'artère carotide d'un Cheval, comprise entre deux, ligatures, Ebel (5) trouva les deux extrémités distantes l'Une de l'autre d'un pouce et demi , mais
(1) Sctrweigger, Handhuch der Naturgeschichte der skelettlosen ungegliederten Tliiere, p. 326.
(2) Dissertatio de regeneratione ossium per expérimenta indagata p. 27.
(3) Archives générales, t. XXVII, p. 323. (/i) Froriep , Nolizen , t. XXXVI , p. 212.
(o) Dissertatio de nulura mcdicatrice , sicubi arteriœ vulneratce et ligatœ fuerint , p. 14.
plongées dans une gelée épaisse , qui les unissait , avait deux pouces d'épaisseur, et présentait plusieurs vaisseaux ; une artère (1) , qu'il n'avait entourée que d'une simple ligature , lui offrit le même phénomène ; elle était sur le point de s'oblitérer. Les extrémités d'un nerf coupé , qui restent éloignées l'une de l'autre d'une ligne, sont renfermées par une enveloppe commune informe (2), même lorsqu'on a enlevé tout le tissu cellulaire entourant (3) , rempli le vide de charpie , et enlevé au nerf un morceau de la longueur d'une ligne (4). ; 2° La seconde forme est la production de ligamens. Les extrémités d'un os rompu, lorsqu'au lieu de se souder ensemble, elles s'émoussent et s'arrondissent (§ C63 , 2°) , sont réunies , tantôt par un cordon tendineux dans lequel s'est convertie la virole (1°), tantôt par ce qu'on appelle une fausse articulation , l'un des boutons formant une cavité , qui reçoit l'autre bout arrondi en tête. Ici les deux extrémités sont enfermées par une capsule tendineuse, qui, d'après l'opinion de Cruveilhier (5) , a été produite par une métamorphose des couches musculaires environnantes ; celte capsule , revêtue d'une couche cartilagineuse mince , peut être considérée • comme un cal dont l'ossification a été empêchée par une cause quelconque (6) ; elle est couverte , comme une foule d'autres parties frottant l'une sur l'autre (§859, 48°), par une vésicule synoviale, de sorte qu'un liquide onctueux entretient les surfaces lisses. Dans les luxations qui n'ont point été réduites , la cavité abandonnée par la tête de l'os se remplit (§ 863, 8°), tandis que celle tête va se creuser, dans la pièce osseuse avec laquelle elle entre en contact, une excavation dont la surface devient cartilagineuse, peut-être par une formation régressive de la substance osseuse, et s'unit avec elle au moyen d'un li-
(4) Ibid., p. 27.
(2) Hornemann , Versuche ueler die Régénération an îebenden Thieren,
(3) Ibid., p. 57.
(4) Ibid., p. 53.
(5) Essai sur l'anatomie pathologique en général , t. I , p. 373. — Anatomic pathologique du corps humain , IVe et IXe liv. in-f0., lig. col.
(6) Meckel, Jffandbuch der paihologischen Anatomio , t. III, p. 61.
gament capsulaire (!)• Kœler'seia , sur des Chiens, la partie sir= périeure du fémur et l'enleva (2); au bout de quelques mois, la cavité cotyloïde était rétrécie, et le fémur s'unissait, par le moyen d'un nouveau ligament capsulaire, avec l'ischion, vers lequel le raccourcissement des muscles l'avait attiré; dans un cas, il se terminait , sans forme arrêtée, par des pointes, d'où parlaient des cordons tendineux allant gagner l'ischion à la manière d'un ligament rond ; mais, dans un autre cas, il était arrondi et revêtu de cartilage. Chaussier (3) a répété l'expérience avec le même résultat ; l'extrémité du fémur, arrondie et recouverte de cartilage, reposait dans un enfoncement d'apparence cartilagineuse de l'os ischion , et y était attachée par une capsule membraneuse contenant un liquide séreux. D'après les observations rapportées plus haut ( § 859 , 12° ) de Duhamel et de Baronio (4) , l'éperon d'un Coq implanté dans la crête était creusé à sa base d'une fossette articulaire, entourée d'un rebord tendineux, qui embrassait une excroissance du crâne, à laquelle elle s'unissait par un ligament capsulaire.
3° La troisième forme comprend les vésicules qui, se'formant autour de substances relativement ou absolument étrangères , sont fixées à l'extérieur, comme les vésicules séreuses, mais ont à l'intérieur une surface lisse, qui sécrète de la sérosité, quand elle est libre. Les corps étrangers, tels que petit plomb ou balles de fusil , qui ont pénétré dans le cerveau, les poumons, etc., sont souvent entourés de vésicules semblables (5). Zeller (6) introduisit des pièces de monnaie sous la peau de Lapins, et, au bout de trois semaines, il les trouva renfermées dans des poches séreuses, dont la surface extérieure présentait aussi des vaisseaux de formation nouvelle. La même chose arrive à un caillot de sang que le kyste
(4) Cruveilhier, Essai sur l'anatomic pathologique en général, 1. 1 , p. 372.
(2) Expérimenta circa regenorationem ossium, p. 34 , 93.
(3) Annales des sciences naturelles , t. II, n" 37, p. 1)7.
(4) Ueber animalischo Pluslik , p. 24.
(5) Cruvcilliier, Essai sur l'aiiatomio pathologique en général , t. I,.
(G) Rcil, Archiv , t. VIIT, p. 239.