III. On a observé ^quelquefois des sécrétions bleues , par
(1) Philos. Transact., 4811, p. 96.
(2) Gelilen , Journal fuer Chemie , t. I , p. 355.
(3) Meckel , Doutsches Archiv , t. II , p. 664.
(4) Journal de Magendie , t. IV, p. 355.
(5) Meckel , Veulsches Archiv , t. III , p. 467.
(6) Journal de chimie médicale, t. V, p. 11.
(7) Froriep, Nolizen, t. XIII, p. 133.
(8) Meckel , Doutsches Archiv , t. II , p. 642.
PRODUITS MATÉRIELS IlÉTÉROLOGUES. 36 1
exemple , chez un épileptiquerqui ,'dans chaque accès de sa maladie , éprouvait une sueur bleue du côté droit (1) -, chez un jeune homme dont la moitié gauche du scrotum était toujours couverte d'une couche sèche de matière bleue , malgré le soin qu'il prenait chaque jour de se laver (2) ; enfin, d'après Cloquet, chez un enfant atteint d'entérite.
5° Dans quelques uns de ces cas on a découvert du cyanure de fer ; Reisel en a trouvé dans les crachats d'un malade affecté de pneumonie chronique ; Dolxe , Mogi et Julia Fontenelle, dans la sueur d'une personne sujette à des accidens nerveux; Brugnatelli dans l'urine d'hydropiques , où il était accompagné d'albumine et de très-peu d'urée ; Itard , [dans l'hépatite ; Julia Fontenelle (3), chez un jeune garçon qui avait bu de l'encre ; Mojon , chez une fille qui avait fait usage de préparations martiales; Gantin (4) , avec du sucre, chez une jeune fille bien portante et dont le régime n'offrait absolument rien d'extraordinaire.
6° Braconnot , en examinant l'urine bleue d'une fille qui était atteinte de cardialgie, et d'un homme qui avait aussi des vomissemens bleus, et dont l'urine contenait une graisse poisseuse, sans acide urique, a découvert une matière colorante particulière , qui , de même que l'indigo, donnait une dissolution verte avec l'alcool, qui rougissait par les acides, et à laquelle il a imposé le nom de cyanourine. Granier et Delens ont trouvé une substance analogue, qui ressemblait aux matières colorantes végétales. Le sédiment d'une urine bleue , que Spangenberg (5) a analysé , contenait 0,4680 d'acide urique, 0,2909 de cyanourine, 0,1819 de phosphate calcaire et magnésien , et 0,0592 de mucus.
Enfin Billard a observé , chez une fille , des sueurs à la partie supérieure du corps, et des vomissemens de sang , avec un pigment bleu, qui ne contenait pas de fer, et n'était point non plus de la cyanourine.
(1) Voigtel , Hundhuch der pathologischen Anaiomio , 1. 1, p. 70,
(2) Urid., t. III, p. 3%.
(3) Journal de chimie médicale, 1. 1, p. 330.
(4) Ibid., t. IX , p. 104.
(5) Schweigger, Journal fuer Chemia , t. XLVII , p. 487.
3Ô2 PRODUITS MATÉRIELS IIÉTÉROLOGUES.
IV. On trouve dans les calculs urinaires deux subtances particulières, dont l'une a élé appelée oxide cyslique par Wollaston, et l'autre oxide xanthique par Marcet. La première , ou cystine , est neutre , cristalline , peu soluble dans l'eau , mais très-soluble tant dans les acides que dans les alcalis. L'autre se rapproche de l'acide urique , mais elle est encore moins soluble que lui.
Les chimistes ont signalé aussi dans certaines urines , des acides divers, dont quelques uns au moins sont problématiques , et qui d'ailleurs n'offrent aucun intérêt pour la physiologie. Tels sont les acides rosacique, purpurique, érythrique et mélanique.
V. De l'acide caséique a été trouvé, dans un liquide mêlé de cruor dégénéré qu'avaient vomi des malades atteints d'affection chronique de l'estomac , par Lassaigne (1) et Collard de Martigny (2).
VI. Il se développe quelquefois des substances inflammables dans le corps humain.
8° De l'urine phosphorescente a été rendue par des personnes qui jouissaient d'une santé parfaite, et qui n'avaient jamais éprouvé la moindre sensation extraordinaire dans les voies urinaires. Jurine (3) a vu trois fois, pendant le cours d'un hiver, sa propre urine sortir lumineuse de l'urètre, briller pendant une demi-minute, comme un ver luisant, sur des planches qui la recevaient, et diminuer ensuite d'éclat. Guyton- Morveau a observé le même phénomène , également en hiver ; mais ici l'urine ne commençait à luire que quand elle frappait la muraille (4); Driessen (5) l'a remarqué trois fois, en automne , en hiver et au printemps ; la phosphorescence comT mençait dès que l'urine coulait, et durait deux à trois minutes. Esser (6) l'a vu , après s'être échauffé et fatigué à la prome-
(1) Journal de chimie médicale , t. II , p. 412.
(2) lUd,., t. III, p. 321.
(3) Poggendorff , Annalen, t. XLIX , p. 291.
(4) Ibid., p. 293.
(5) lbid., t. LIX ,'p. 262.
(6) Kastner, Jrchiv fuer die gesammle Naturlehre , t. VIII, P- 415.
PRODUITS MATÉRIELS IlÉTÉROLOOUES. 363
nade pendant l'hiver ; I'uFÎoe ne brillait qu'en tombant à terre. Kastner (l)J'a observé aussi sur un jeune homme.
L'urine n'est point phosphorescente chez les personnes qui ont pris du phosphore à l'intérieur; elle ne le devient pas non plus quand on y l'ait digérer du phosphore. Guylon-Morveau présume que le phénomène lient à du gaz azote phosphoré, qui s'oxide facilement et répand des lueurs en absorbant l'oxygène de l'air. Driessen admet que l'acide phosphorique de l'urine est désoxidé par le carbone de l'urée , et que son phosphore se combine ensuite avec l'azote de cette dernière. Du reste , il a remarqué que , vers l'époque où son urine brillait, elle était toujours trouble et lactescente, avec un dépôt de phosphate calcaire , la plupart du temps sans acide libre , quelquefois douée d'une odeur ammoniacale, i
Suivant Kastner, cette désoxygénation de l'acide phosphorique s'opère principalement à la suite d'un violent exercice, et rend aussi la sueur phosphorescente. Henckel rapporte qu'un homme d'un tempérament sanguin, après avoir beaucoup dansé, fut pris d'une sueur abondante, accompagnée d'un grand malaise ; en se déshabillant , il vit son corps répandre une lumière phosphorique , qui laissait des taches d'un jaune rouge sur le linge. Hermbsttedt parle également de sueurs lumineuses, qui exhalaient l'odeur du phosphore.
9° Moscati rapporte (2) qu'au moment où un accoucheur introduisait la main dans la matrice d'une femme en mal d'enfant , il s'échappa un gaz , qui , venant à rencontrer la lumière tenue par un aide, prit feu en détonant; ce gaz provenait vraisemblablement d'un commencement de décomposition du fœtus. Mais il paraît qu'on doit regarder comme un produit sécrétoire le gaz que Bally (3) observa chez un jeune homme,, qui, après avoir éprouvé des douleurs dans différentes régions du corps , avec un gonflement et une coloration en noir des cuisses et du scrotum, périt dans un état comateux; des
(1) Ibid., p. 406.
(2) Hufeland , Neues Journal der auslœndischon medici/iisch-chirurgischen Literatur, t. VIII, cnh. II, p. 84.
• (3) Journal de Magendic, t. XI, p. 1.
564 PRODUITS MATÉRIELS HÉTÉROLOGUES.
incisions faites aux parties tuméfiées , cinq heures après la mort, laissèrent échapper, du tissu cellulaire sous cutané et des vaisseaux sanguins , un gaz qui s'enflammait en détonant à l'approche d'une bougie allumée, donnait une flamme bleue, sans odeur notable , continuait de brûler dans l'intérieur du corps , charbonnait les parties voisines, et paraissait êlre du gaz hydrogène carboné.
10° Il peut arriver, par l'effet d'une dégénérescence particulière , que la substance du corps humain devienne si inflammable, qu'elle prenne feu à l'approche d'une bougie, ou même spontanément , et continue ensuite de brûler. Ce phénomène a été observé la plupart du temps chez des personnes bien portantes, ou tout au plus valétudinaires, les unes âgées, les autres jeunes, et sobres ou adonnées à l'ivrognerie. Bataglia (1) rapporte qu'à la suite d'une forte sueur , un homme ressentit subitement un coup sur le bras, où il remarqua, ainsi qu'à la Cuisse, une flamme qui brûlait sa chemise et sa peau. Dans un cas analogue , dont les délails ont été donnés par Marchant (2) , un homme de quarante ans, robuste et tempérant, étant à se promener, par une journée chaude d'été , ressentit subitement un coup à la cuisse droite ; en y portant la main, il vit sortir une flamme bleuâtre, qui brûla son pantalon; partout où il se touchait, celte même flamme éclatait aussitôt; n'ayant point d'eau à sa portée, il employa du sable et de la terre pour l'éteindre ; mais ses doigts restèrent encore quelque temps enflammés et fumans. Enfin Richond (3) parle d'un jeune homme qui, ayant voulu éteindre une flamme avec ses doigts, les vit prendre feu et brûler comme des chandelles; il eut même de la peine à les éteindre avec de l'eau. On possède encore bien d'autres exemples de ces combustions spontanées, par l'effet desquelles des hommes ont été trouvés entièrement consumés, sans avoir été atteints par la flamme d'autres corps en combustion. Tandis qu'il faut plus de deux voies de bois pour réduire un cadavre ordi-
(4) Trcviranus , Biologie , t. V, p. 132.
(2) Froriep , Notizen, t. IV, p. 108.
(3) lbid., t. XXIV, p. 161.
PRODUITS MATÉRIELS IïÉTÉROLOGDES. 365
naire en cendres, il avait suffi, dans ces cas, de l'approche d'une chandelle allumée ou d'un charbon en ignition pour convertir ht majeure partie du corps en des cendres grasses et fétides, et en une substance onctueuse de couleur noire; souvent même on n'a pu découvrir aucune trace indiquant que le feu eût été communiqué. On sait que certains corps privés de vie , par exemple le foin qui fermente, la farine échauffée, ou l'huile mise eu contact avec d'autres substances combustibles, peuvent dégager des gaz qui s'enflamment d'eux-mêmes à l'air; de même, il paraît que, dans tous les cas de combustion spontanée , la substance du corps animal était devenue inflammable , ou avait dégagé des gaz susceptibles de prendre feu à l'air- C'est ordinairemeut le tronc qui brûle de préférence , à cause des sucs abondans qu'il renferme, tandis que la tête et les membres sont plus épargnés; la combustion semble aussi partir des viscères et amener rapidement la mort, puisqu'on n'a jamais entendu les victimes appeler à leur secours , et que la position dans laquelle on a trouvé les débris de leurs cadavres annonçait en général qu'elles n'avaient fait aucune tentative pour se sauver. Les lits et meubles en contact avec le corps n'ont point pris feu, et souvent même n'ont été que très-légèrement brûlés à la surface.
Ce qui prouve que les combustions spontanées se rattachent à une dégénérescence spéciale provenant elle-même d'une anomalie de l'activité vitale , c'est qu'il a été reconnu par Julia Fontenelle que de la viande suspendue pendant trois jours dans du gaz hydrogène ou dans du gaz hydrogène carboné, n'était point devenue inflammable.
B. Dégénérescence des parties solides.
§ 869. La dégénérescence des parties solides consiste soit en des changemens hétérologues dans des parties déjà existantes, soii en une formation de parties nouvelles hétérologues
PRODUITS MATÉRIELS IIÉTÉROLOGUES.