‹ Traité physiologie considérée comme science d'observation (volume 5)Chapitre 73 sur 94 · VIII. on · texte numérisé non relu

VIII. on

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se résolvant et se régénérant, les filamens nerveux eux-mêmes contribuent à la production d'un liquide qui se sépare de l'organisme , ce qui cependant n'expliquerait pas le phénomène proprement dit de la sécrétion , et n'établirait pas non plus qu'il dépend du [système nerveux (1). Cette hypothèse originale ne repose sur autre chose que sur sa possibilité; les parties qui vivent par intussusception , ne se maintenant que par le renouvellement de leurs matériaux, doivent subir une fîuidification partielle , et la substance fluidifiée de l'organe sécrétoire peut apparaître comme sécrétion. Mais

a. Celte théorie n'est point nécessaire pour expliquer les diflerens actes de la formation organique. La substance fluidifiée peut être déposée dans les interstices du tissu , prise par les vaisseaux lymphatiques , conduite dans le sang , et éliminée par la sécrétion. Ce cas doit évidemment avoir lieu dans les organes non sécrétoires; donc il s'applique aussi, suivant toute vraisemblance, à ceux qui sécrètent, et l'on peut alléguer ici en sa faveur non seulement l'abondance des vaisseaux lymphatiques qui existent dans ces derniers organes , mais encore des faits immédiats , que nous rapporterons en traitant de la formation du sang. Autrement nous serions obligés de considérer comme sécrétoires des organes qui ne fournissent aucun liquide particulier émané de leur tissu ; et en effet il fut un temps où l'on prétendait que le cerveau, les nerfs, etc., sont des glandes; car quelles sont les hypothèses physiologiques qui n'ont point trouvé de fauteurs? Or s'éloigner ainsi de toute idée nette et fixe , c'est ouvrir largement la porte à l'arbitraire et à l'erreur.

h. L'hypothèse de Dœllinger rapporte cependant , en dernière analyse, les sécrétions au sang; seulement elle prend pour cela une voie détournée , qui nous paraît inutile et même à peine praticable. Ainsi Eberle (2) dit que le mucus , la matière salivaire et l'osmazome du suc gastrique ne sont autre chose que la membrane muqueuse de l'estomac liquéfiée par l'eau ,

(2) Physiologie der Ferdauung nach^Versuchen auf natuerlichen vnd hucnstlichen Wvge, p. 147.

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les sels et les acides du sang- et du système nerveux. Mais comme celte membrane demeure- toujours semblable à ellemême , malgré la continuité de la sécrétion du suc gastrique, il faudrait supposer qu'à chaque moment le sang dépose en elle autant de mucus , de matière salivaire et d'osmasome qu'elle en perd par la sécrétion. Or il est inconcevable que ces substances, au lieu de produire directement le suc gastrique , en s'unissant avec de l'eau , des sels et des acides , commencent par se séparer de ces autres matériaux et s'organisent en une membrane muqueuse , pour, bientôt après, con^ tracter de nouveau la même combinaison et se résoudre en suc gastrique.

c Si la théorie en question était fondée , un organe sécrétoire devrait diminuer de masse toutes les fois que la sécrétion tendrait à augmenter, et s'accroître dans le cas contraire, Or l'expérience nous apprend que l'inverse précisément a lieu; les organes sécrétoires dont la fonction devient plus active se nourrissent mieux, et la diminution de leur sécrétion suit pas à pas leur atrophie.

Il est donc bien plus naturel d'admettre que les sécrétions émanent du sang, comme les organes. Les motifs qui militent en faveur de cette manière de voir, et qui sont déduits tant de l'accord qu'on remarque entre l'organe sécréloire et son produit (§883 , 1° ), que des circonstances relatives à la conservation des organes parleurs propres efforts (§ 876), demandent à être examinés conjointement avec les objets auxquels ils se rapportent.

ARTICLE II

De la manière dont s'effectue la formation organique^

§ 876. La manière dont^s'eflectue la formation organiqne peut 6tre envisagée sous trois points de vue , général , mécanique et chimique.

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