III. Côté chimique de la formation organique
§ 878. La formation est un acte chimique, une création de corps nouveaux aux dépens d'un autre corps antérieur , et par suite d'un changement opéré dans le mode de combinaison des principes constituans. Mais c'est le sang qui doit perdre son indépendance et subir une décomposition , pour que les parties organiques et les sécrétions puissent se produire. Qu'il ne fasse que se résoudre en ses matériaux immédiats , ou que ceux-ci eux-mêmes se réduisent à leurs élémens , qui alors entrent dans de nouvelles combinaisons , toujours est-il que ce liquide doit cesser d'être lui-même ; car les substances même qui ont de l'analogie avec celles'qu'on y rencontre ne sont nulle part identiques avec ces dernières, et présentent sur chaque point des modifications spéciales.
Comme les phénomènes chimiques en général sont accompagnés d'un antagonisme de polarité électrique , dont ils paraissent même dépendre , comme un antagonisme électrique repose sur un défaut de similitude, non pas seulement dans la substance , mais encore dans les simples particularités de cohésion , de forme et de limitation, et qu'en conséquence les conditions indispensables à sa manifestation sont très-multipliées dans l'organisme , comme enfin une tension électrique trop faible pour déterminer des commotions ou autres phénomènes semblables , peut cependant produire des changemens de composition , nous sommes contraints d'admettre que les forces électriques entrent en jeu aussi dans la formation organique. Mais l'acte lui-même ne devient pas pour cela plus accessible à notre intelligence, et nous devons avouer que tout ce qu'on enseigne à son égard n'a pas même l'équivoque caractère de la probabilité. Dans un pareil état de choses, tout ce que nous avons à faire, c'est d'établir une distinction entre les points qui sont réellement clairs , ceux sur lesquels ne tombe qu'un demi-jour douteux, et ceux enfin que couvre une^obscurité profonde.