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II. A l'égard des substances en particulier

8° Les sécrétions séreuses ressemblent à la sérosité du sang coagulé; les proportions des principes consiituans varient seules (§ 814); l'eau, en particulier, y est plus abondante. Les sécrétions des membranes muqueuses bipolaires sont tirées aussi du sérum , avec des modifications analogues

(1) Elément, physioloy., t. II , p. 459.

(2) Handbuch der iheoretischen Chomic , t. II , p. 1534.

MODALITÉ DE LA PLASTICITÉ ORGANIQUE. /|55 (§ 878 , 5°) , de sorte que nous, le devons considérer comme la source de toutes les sécrétions communes, ou dépourvues dë caractère spécial.

9° L'albumine du sang reparaît dans les tissus \ mais non sans avoir subides modifications, car celle qu'on eii exlrait ne précipite point par l'éther pur, comme il arrive à celle du blanc d'œuf. L'albumine unie à de la graisse fournissant les matériaux qui servent à la formation de l'embryon d'Oiseau tout entier ( § 465, 4° ), et cette substance se montrant dans des sécrétions auxquelles elle est d'ailleurs étrangère , toutes les fois que le travail sécrétoire est trop excité, marche avec trop de rapidité (§ 854 ,1°), ou ne fournit pas lés prddtiils particuliers qu'il donne dans l'état normal ( § 854 , 3° ), on peut présumer que c'est elle surtout qui se décomposé et se transforme en matériaux immédiats des divers tissus. Déjà Ilaller (1), Berzelius (2), Wienholt(3) , Gmeliii (4) et autres l'ont regardée comme la matière proprement dite de la nutrition , comme la source des substances organiques spéciales. Cependant on l'a trouvée fort peu diminuée dans le sàrifj dprès la soustraction des alimens, et sa proportion, relativement aux autres matériaux immédiats , a même semblé alors plus forte dans le sang veineux (§ 878, 3°, 4°), de sorte qUe la part qu'elle prend au travail de la formation paraît être moins considérable qu'on ne serait tenté de le croire, à moins qiiè les principes constituans albumineux mis en liberté par la décom position des organes et réadmis dans le sang veineux , n'aient réparé les pertes qu'elle avait pu éprouver.

10° La fibrine se trouve dans le sang, comme dans les muscles , mais modifiée. Celle des muscles ne se gonfle pas autant que l'autre dans l'acide acétique, et lorsqu'on la traite par l'alcool ou l'éther, elle donne del'élaïne etde la stéarine, tandis que celle du sang fournit de la graisse cérébrale (5).

(1) Elément, physiolog., t. II, p. 153.

(2) Schweigger, Journal fuer Chemie , t. X , p. 486.

(3) Tuelnnyer Blœtter, t. I , p. 360.

(4) Zcitschrift fuer Physiologie , t. III , p. 4S6.

(5) Chcvreul , Considérations générales sur l'analyse organique et ses applications, p. 84.

Or il y a moins de fibrine dans le sang veineux que dans le sang artériel (§ 878, 3°), et après la soustraction des alimens , sa quantité dans le sang diminue plus que celle des autres matériaux immédiats de ce liquide (§ 878, 4°). La question est de savoir comment on doit interpréter ces faits. D'un côté, nous pouvons admettre que la fibrine forme la trame solide des parties molles , qui est insoluble dans l'eau et l'alcool (§831, 9°), que c'est elle aussi qui produit le néoplasme (§ 859 ,6°), mais que si elle se montre non décomposée dans certains liquides interstitiels (§812, 2°) , elle peut aussi, en se décomposant, produire d'autres substances sécrétoires , puisqu'elle est détruite en si grande quantité dans le sang chez les cholériques (§ 878, 5°). Aussi Berthold (1) prétend-il que la fibrine sert à la nutrition de toutes les parties et à la sécrétion ; seulement ce qu'il nomme ainsi doit contenir en outre de l'albumine et du cruor, et diffère par conséquent de ce que nous appelons fibrine. D'après ses calculs, le sang contiendrait un cinq-cent-vingt-cinquième de cette fibrine, c'est-à-dire environ deux cent cinquante grains pour vingt-cinq à trente livres; mais il y en aurait un cinquième de moins dans le sang veineux que dans le sang artériel; or, en supposant que la moitié de ce cinquième soit produite dans les poumons et que l'autre s'applique à la quantité de fibrine qui se perd dans les vaisseaux capillaires , il suivrait de là qu'à chaque révolution de la masse entière du sang, la perte de fibrine serait de vingt-cinq grains , dont vingtquatre employés à la sécrétion et un à la nutrition ; et si dans l'espace de vingt-quatre heures , le sang circule cinq cents fois , il déposerait par année trente-quatre livres de fibrine dans les"parties solides , de sorte qu'en quatre années la substance de celles-ci serait renouvelée en totalité. Mais , à part l'inexactitude de ce calcul et le peu de certitude des données numériques qui lui servent de base , nous ne trouvons pas qu'une telle prodigalité de fibrine soit justifiée d'une manière satisfaisante ; car le tissu insoluble dans l'eau et l'alcool peut être aussi de l'albumine coagulée , et tout porte à croire que

(1) Beitrœge zur Anatomie , p. 256.

la fibrine ne prend aucune part au plus grand nombre des sécrétions , qui lui ressemblent peu sous le point de vue chimique. Elle ne transsude ordinairement pas des vaisseaux à l'état de non-décomposition ; car le sang des hémorrhagies sans déchirure ne se coagule point en général, et pour que cette transsudation ait lieu , il faut ou un relâchement tout particulier (§ 854, 7°) ou un ramollissement du tissu , avec une aflluence pins considérable du sang (§854,4°). Mais la grande perte de fibrine que la nutrition et la sécrétion font éprouver au sang peut tenir d'un côté à ce que la décomposition et la consommation de ce liquide marchent beaucoup plus rapidement dans les muscles, seuls organes susceptibles de se mouvoir par eux-mêmes, que dans aucun autre tissu ( § 876, 3°), d'un autre côté , à ce qu'il faut beaucoup de fibrine pour subvenir à la formation de certaines substances sécrétoires, telles que sont peut être surtout l'urine et l'acide urique.

11° La partie colorante du sang imprègne les muscles soumis à la volonté et le cœur. Chez les animaux dont le sang est très-foncé en couleur, les muscles ont une teinte analogue ; quand le cruor vient à manquer pendant long-temps, après des hémorrhagies fréquentes ou chez les chlorotiques , les muscles pâlissent -, les muscles qui servent peu , par exemple ceux de la poitrine des Oiseaux de nos basses-cours , sont plus pâles que ceux qui agissent fréquemment ; la couleur du système musculaire correspond à la fréquence et à la force des mouvemens , et le cruor paraît être redevable de sa vive coloration à cette circonstance. Le pigment noir est incontestablement produit par le cruor (1) , à une transformation duquel il faut peut-être attribuer aussi la couleur de la bile et de l'urine. Heusinger présume que du pigment peut également devoir naissance à une déshydrogénisation de la graisse.

12° Nul fait n'établit que , comme l'admettait Haller (2) , de la graisse libre nage au pourtour de la colonne du sang, en vertu de sa légèreté spécifique, et pénètre ainsi plus facile-

(1) Ileasinger, Untersuchungen uober die anomale Kohlcn-und Pigmentbilduny , p. 185.

(2) Elément, physiolog., t. I , p. 35.

ment à travers les vaisseaux. Boudet (1) a extrait plusieurs sortes de graisse du sérum du sang , en le faisant sécher, le traitant par l'eau bouillante, desséchant encore le résidu, et le faisant bouillir avec de l'alcool; la dissolution ainsi obtenue déposait, par le refroidissement , des lamelles brillantes de séroline, graisse neutre, non saponiliable et soluble dans l'éther ; évaporée ensuite à siccité , elle laissait un résidu de saveur acre, composé de graisse cérébrale phosphorée et d'un savon alcalin , auquel Lecanu a donné le nom de matière huileuse (§ 682) ; enfin lorsqu'elle demeurait abandonnée à ellemême, elle déposait de la cholestérine en lames cristallines. Les chimistes auront à décider si ces graisses n'ont point été produites par une décomposition de l'albumine. Hdnefeld (2) croit que la graisse procède principalement de l'albumine , parce que la putréfaction , l'acide nilrigue et l'alcool l'en font naître, et qu'elle est intimement unie avec cette substance dans le cerveau , le cérumen des oreilles , lesmegma cutané, le jaune d'œuf , etc.

13° Berzelius (3) regarde l'acide lactique comme un produit de la décomposition des parties solides, qui ne passe dans le sang que pour être évacué peu à peu, et il considèr e aussi l'osmazome comme le principal des matériaux qui entrent dans la composition des sécrétions excrémentitielles. Suivant Autenrielh (4), l'osmazome est la matière excrémentitiello commune, et le chyle la matière plastique commune ; elle n'a plus aucune aptitude à prendre la structure fibreuse ; elle ressemble à l'urée par sa couleur, sa solubilité dans l'eau et l'alcool , l'âcreté de son odeur et sa saveur ; elle est plus abondante dans les organes dont la substance se renouvelle avec plus de rapidité , plus par conséquent dans les muscles que dans les tendons et les os; les muscles, le sang et l'urine en contiennent davantage chez les animaux adultes que chez ceux qui viennent de naître; au contraire, elle abonde plus dans les os , les

(1) Annales de chimie , t. LI ,"p. 337. . (2) Physiologische Chemie des menschlichen Organismus , 1. 1 , p. 295.

(3) Traité de chimie , t. VII , p. 516.

(4) Tuebinyer Blœtter, t. I, p. 337.

tendons et les neifs de la Vache que dans ceux du Veau. Mais ce qui s'élève contre toutes les hypothèses, c'est qu'il se (orme déjà un peu d'osmazonie pendant la digestion , ainsi que nous le verrons plus tard ; et comme Wienholt (1) en a obtenu 0,05 du sang desséché du cœur gauche , 0,08 de celui de la veine cave, et 0,10 de celui de la veine porte , son développement paraît s'effectuer dans le sang. Wienholt pense aussi qu'elle provient de l'albumine , qui , dans le pancréas , présente presque les mêmes caractères qu'elle. D'ailleurs, comme la présence de l'osmazome diminue la coagulabililé de l'albumine et l'aptitude de la gélatine à se prendre en gelée , comme aussi la gélatine se transforme en elle par une longue ébullition, elle paraît être la substance animale en général jouissant au plus haut degré de la solubilité , qui diminue un peu par l'effet de l'évaporation.

14° On dit avoir trouvé de la matière salivaire dans le sang; cependant il reste à savoir si elle ne serait pas un produit de sécrétion dù à une transformation de l'albumine.

15° La même réflexion s'applique à la matière caséeuse > puisque, quand elle se montre dans le lait , l'albumine y disparait (§ 853, 7°). Peut-être est-elle une forme plus basique, puisqu'elle se combine avec les acides plus facilement et d'une manière plus intime que l'albumine, tandis que la ptyaline semble devoir à un acide sa solubilité plus grande, puisqu'elle ne perd pas cette propriété quand on ajoute de l'acide sulfurique à la salive , avant de l'évaporer, comme elle le fait sans cette addition.

16° Treyiranus (2) est porté à croire que le sucre de lait provient de l'albumine , comme le sucre , dans les plantes , naît de l'amidon.

17° D'après Berzelius (3) , Pearson (4) , Bostock (5), Tiedemann et Gmelin, le mucus semble devoir naissance à la con-

(1) llid., p. 355.

(2) Biolo<jie,X. IV, p. 580.

(3) Traité de chimie , t. VII , p. 144.

(4) .Mcckel, Deulsches Archiv, t. II, p. 520. (ô)ltnd., t. VI, p. 314,321.

version de l'albumine , celle du sérum surtout , avec addition d'un alcali. Hunefeld (1), Zimmermann (2) , Prévost et Dumas disent que l'albumine devient semblable à du mucus au pôle négatif de la pile voltaïque, où elle se combine avec de la soude , tandis que , d'après Treviranus (3) , le mucus prend l'apparence de l'albumine quand on y ajoute un acide. Aussi Brande (4) considère-t-il le mucus comme une combinaison d'albumine et de soude, de laquelle celte dernière ne peut être distraite que par le galvanisme. Hunefeld (5) pense qu'elle doit peut-être naissance à une action douce, mais prolongée, de l'alcali , et Treviranus (6), à l'action réunie de l'alcali et de l'acide, parce que l'albumine donne du mucus quand on la fait digérer dans de l'acide et qu'on y ajoute ensuite de l'alcali , ou lorsqu'on verse de l'acide dans sa dissolution alcaline. Du reste , Treviranus (7) assure que la gélatine devient également semblable au mucus par l'addition d'un alcali.

1S° La gélatine existe réellement dans les organes , et n'est pas , comme le pensent plusieurs chimistes , un produit de l'ébullilion ; en effet , suivant la remarque de Weber (8), les organes qui donnent de la gélatine quand on les fait bouillir, se combinent aussi , à l'état frais , avec le tannin , et produisent ainsi une substance capable de résister à la putréfaction, ce qui n'arrive point à d'autres organes. Elle résulte, d'après Gmelin (9), d'un changement chimique particulier de l'albumine, qui , si l'on en juge d'après la proportion de ses élémens, consiste en une acquisition d'oxygène et une soustraction de carbone (§ 835, II). De même, l'albumine se*convertit en gélatine, d'après Thomson, lorsqu'on la plonge dans de l'acide nitrique , et qu'on la fait bouillir ensuite avec de l'eau ,

(1) Physiologische Chemie , t. I , p. 290.

(2) Dissertatio de secretionum fluidis et arte parandis , p. 13.

(3) Biologie , t. IV, p. 556.

(4) Meckel , Dexitsches Archiv , t. II , p. 306.

(5) Loc. cit., p. 291.

(6) Loc. cit., p. 364.

(7) Loc. cit., p. 573.

(8) Anatomio des Mensch.cn , 1. 1 , p. 104.

(9) Handbuch der theoretischen Chemie , t. II , p. 1533.

ou, suivant Treviranus (1), quand , après l'avoir ramollie dans de l'acide nitrique étendu, on la fait, soit bouillir dans de l'acide acétique , soit digérer dans un mélange de deux parties d'acide phosphorique et quatre d'eau. De même aussi , continue ce dernier écrivain (2), la gélatine à laquelle on ajoute de la soude devient semblable à l'albumine et cesse d'être précipitable par le tannin. Cependant les acides faibles donnent également une apparence gélatineuse au cruor et à la fibrine. Donc , si Huneïeld a obtenu une substance gélatiniforme du sang qu'il avait laissé pendant plusieurs semaines en contact avec du peroxide de manganèse ou de l'acide molybdique , ce phénomène ne doit pas être mis en entier sur le compte de l'albumine. Le .même chimiste se procurait également de la gélatine , lorsqu'à l'instar de Berzelius (3) , il soumettait de l'urine à une ébullition prolongée avec de l'alcali , ou qu'il la tenait pendant long-temps mêlée avec du sang. Le résultat était le même quand il exposait du mucus et de l'albumine, avec un peu de soude, à la chaleur du soleil, en ayant soin de remplacer l'eau soustraite par l'évaporation , et qu'au bout de quelques semaines , après avoir laissé la masse se dessécher, il faisait bouillir le résidu avec de l'eau. Du reste , la fibrine devient gélatiniforme , comme l'albumine , par l'effet d une ébullition prolongée.

19° La matière cornée serait une modification de la gélatine , selon Fourcroy, ou de l'albumine , d'après Hatchett , Gmelîn et Heusinger (4). Vauquelin la regardait comme du mucus endurci. Hunefeld pense (5) qu'elle doit naissance tantôt à du mucus , tantôt à du mucus et à de l'albumine ou de la fibrine.

Suivant Heusinger (6), les poils sont produits par des globules de pigment , et peut-être aussi (7) par la graisse dépouillée d'une partie de son hydrogène.

(1) Loc. cit., p. 564.

(2) Loc. cit., p. 556.

(3) Schweigger, Journal fuer Chemie , t. XII , p. 328.

(4) System der Hisloloijie , p. 144.

(5) Physiologie Chemie , t. II , p. 439.

(6) Meckcl , Deutsches Archiv , t. VII, p. 409.

(7) llnd., p. 561.

20° Il est bien clair que la matière biliaire se forme aux dépens de la partie carbonée du sang ; on peut présumer que le cruor surtout prend part à sa production. D'après Treviranus (4) , la graisse , soumise à l'action des acides , engendrerait de la matière biliaire.

* 21° Comme l'urée se distingue parmi les substances sécrétoires , et la fibrine parmi les matériaux immédiats du sang , par la grande quantité d'azote qui entre dans leur composition, nous pourrions présumer que la première provient de la seconde, et expliquer ainsi , du moins en partie , la diminution considérable de la fibrine dans le sang veineux ; le sang des diabétiques ayaut été trouvé extrêmement pauvre en fibrine (§ S68, 4° ), on pourrait dire que ce qui fait qu'il se produit peu ou point d'urée , c'est que le sang ne fournit pas la quantité nécessaire des matériaux indispensables à cette formation. Mais C.-G. Gmelirt (2) présume que l'urée et l'acide inique se forment par la décomposition de l'osmazome , et l'on peut alléguer à l'appui de celte hypothèse qu'après l'extirpaiion des reins , Prévost et Dumas ont trouvé dans le sang deux fois plus d'osmazome qu'à l'ordinaire. D'autres , notamment L. Gmelin (3), croient plus vraisemblable que les matériaux de ces deux substances soient fournis par l'albumine. D'après Prout (4), l'urée contiendrait trois fois autant d'azote, deux fois et demie autant de carbone , presque autant d'hydrogène et exactement autant d'oxygène que l'albumine ; mais, en s'appuyant sur une autre analyse, Chossat (5) calcule que , pour produire l'urée , il faut 2,7 autant d'albumine ayant perdu l,2o de carbone par la respiration et U/io d'eau par d'autres sécrétions. En laissant de côté ce calcul , d'après lequel il devrait se produire de l'eau avec les élémensde l'albumine (§ 875, 9°), on peut alléguer à l'appui de l'hypothèse elle-même que la quantité de l'urée diminue dans l'urine qui

(1) hoc' cit., p. 581.

(2) Tuehinger Blœtter, t. I, p. 350.

(3) Zeitschrift fuer Physiologie , t. III, p. 185.'

(4) Savimlung cmserlcsener Alhandlungen , t. XL, p. 193.

(5) Journal de Magendie , t. V, p. 150.

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contient de l'albumine (§ S34, 2°), et qu'à mesure que le diabète perd de son intensité , on voit paraître d'abord de l'albumine, puis de l'urée (§ SOS, 3°). Cependant il resterait en-, core à savoir si celte albumine ne proviendrait pas d'une transformation incomplète de la fibrine.

22° Il n est guère permis de douter que les substances inorganiques qu'on compte parmi les matériaux immédiats du sang , passent dans les organes et les sécrétions ; si la silice , le manganèse et l'acide fluprique n'ont pu être encore dé^ couverts dans le sang, il faut s'en prendre probablement à leur petite quantité , puisqu'on ne les trouve non plus qu'en très-faible proportion dans les produits organiques.

23° Mais le sang paraît contenir encore , à l'état de combinaison , des substances volatiles inconnues , qu'on peut dégager en le décomposant , et qui se retrouvent aussi dans les sécrétions. En effet , Barruel (1) a remarqué que , lorsqu'on ajoute de l'acide sulfurique au sang , il dégage l'odeur de la transpiration cutanée et pulmonaire de l'animal auquel il appartient ; dans son opinion , cette odeur tient à la mise en liberté d'un acide particulier, qui existerait à l'état de sel dans, le sang. Matteucci (2), en faisant évaporer le sérum du sang de Chèvre , et distillant le résidu avec de l'acide sulfurique , obtint un liquide répandant une forte odeur de poil de Chèvre ; ce Uquide contenait de l'acide lactique , un acide gras analogue à l'acide caproïque, et des traces d'acides hydrochlorique et sulfurique.

III. Le passage des matériaux conslituans du sang à l'état solide , pendant le travail de la nutrition , n'est pas moins obscur que leur métamorphose.

Haller (3) admettait, d'après Boerhaave , que le courant du sang, qui a entraîné avec lui un peu de la substance solide , remplit les vides ou les enfoncemens qui résultent de là en y déposant de nouvelle substance ; que celle-ci se coagule, que la pression du sang , des muscles, etc., la fait pénétrer et la

(4) Annales d'hygiène publique et de médecine légale , 1. 1 , p. 274.

(2) Froriep , Nolizcn, t. XXXIX, p. 403.

(3) Elément, physioloy., t. VILI, p. Q, p. 62.

débarrasse de son eau, et que, quand elle vient à sortir de sa retraite , elle est enlevée et comme lavée par le courant sanguin. Mais cetle hypothèse serait en contradiction manifeste avec l'expérience , puisqu'elle réduirait la mutation de matière dans les organes à n'être qu'un acte purement mécanique. D'ailleurs , elle ne rend point raison de la solidification ellemême." Nous pouvons attribuer celle-ci à la coagulation que la fibrine éprouve après s'être séparée du sang ; mais celte cause ne saurait être la seule , puisque la fibrine ne fait point la base de tous les organes. Quant à ce qui concerne l'albumine , elle est en partie coagulée et en partie non coagulée dans les organes , et nous ne trouvons non plus dans l'organisme aucune des conditions qui déterminent ailleurs sa coagulation. Hildebrandt (1), Lucœ (2) et autres, supposent qu'une oxidation est la cause de la solidification , parce qu'on trouve moins d'oxygène dans le sang veineux ; cependant ce n'est point par l'oxygène , mais seulement au moyen des acides , qu'on détermine l'albumine à se coaguler. Ce n'est pas parce qu'elle se dessèche à l'air, que la matière cornée s'endurcit en épiderme, puisqu'elle prend aussi la forme solide chez l'embryon plongé au milieu du liquide amniotique, et chez les animaux aquatiques. La manière dont les substances solides se séparent du suc plastique , ou dont 1 eau devient latente en elles , c'est-à dire contracte union chimique avec elles , n'est donc encore rien moins que claire.

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