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I. Tzoïsième période

§ 393. La troisième période s'étend depuis l'enveloppement des branchies jusqu'au développement des membres.

DÉVELOPPEMENT DES BATRACIENS. 169 1" Tant qu'il est dépourvu de membres, le têtard ressemble parfaitemeut à un Poisson.

2° L'appareil branchial paraît demeurer encore long-temps sans subir aucun changement : tout le sang le traverse avant de se distribuer dans le corps (le petit trou indiqué plus haut, qui se trouve presque au milieu du côté gauche du corps , mène dans la vaste caviié branchiale, qui s'étend du côté droit au côté gauche , et qui , à partir du tiers moyen du corps , en occupe la moitié inférieure. En dessous, et des deux côtés, cette cavité est enveloppée par les tégumens communs et par une membrane mince adhérente à ces tégumens , qui par son poli la fait ressembler à une membrane séreuse : en arrière , elle est bornée par le péritoine ; mais en devant elle l'est par un ligament fibreux particulier , tendu en travers , qui s'attache aux extrémités des deux mâchoires en train de se développer, et supérieurement enfin elle est close par le fond de la cavité gutturale et par le cœur attaché dans le milieu de la partie postérieure de cette paroi. A chaque moitié latér raie de celte dernière, quatre fentes mènent dans la cavité gutturale , qui est très-vaste, et elles représentent de petits segmens de cercle , concentriques les uns aux autres , dont la convexité regarde en dehors. La plus intérieure de ces fentes est aussi la plus petite ; la plus extérieure est la plus grande , elle se rapproche beaucoup de la mâchoire inférieure, et c'est elle qui se porte le plus en avant , de manière que son extrémité antérieure correspond presque à la base de la langue, déjà en train de se développer. Mais, entre les fentes les plus internes des;;deux côtés, se trouve le cœur. Il résulte donc de ces fentes que , sur chaque moitié latérale du corps, la paroi inférieure de la cavité gutturale est partagée en trois arcs branchiaux étroits , de forme correspondante , qui sont lisses quand on les regarde par la cavité gutturale , mais qui, contemplés par la cavité branchiale , paraissent frangés , attendu qu'il se trouve à leur face inférieure une multitude de petits replis cutanés , ramifiés à la manière des arbres , et disposés en faisceaux , qui servent à l'oxidation du sang , et dont on trouve toujours deux rangées à chacun de ces arcs eux-mêmes, formés en partie de peau et en partie d'tjne lan-

guette de cartilage. Derrière la fente la plus interne ou la plus postérieure on découvre encore , de chaque côté , sur un arc cartilagineux, deux autres rangées de faisceaux semblables, représentant une quatrième branchie, qui est , comme chez certains Poissons, soudée avec les parties voisines) (1).

3° Le sang, qui était encore blanchâtre pendant la période précédente, se colore en rouge durant la respiration branchiale. Du renflement ou bulbe ventriculaire parlent deux troncs artériels, l'un à droite , l'autre à gauche. Chacun de ces troncs ne tarde pas à se partager en quatre branches, qui vont gagner les arcs branchiaux; chaque branche donne à ceux-ci une artère branchiale , qui , d'une part , envoie aux branchies des ramifications nombreuses , revenant ensuite comme veines branchiales à la branche, et d'une autre part s'anastomose , à l'extrémité postérieure de l'arc branchial lui-même , avec la branche marchant parallèlement à elle. Outre les artères branchiales, la première branche , ou la plus antérieure, et la troisième, donnent des ramifications à la tête , et la quatrième en fournit au poumon. Mais , après avoir reçu les veines branchiales, les quatre branches se réunissent en un seul tronc , la racine de l'aorte, qui, s'anastomosant bientôt après avec celui du côté opposé , représente l'aorte descendante.

4° Les poumons paraissent sous la forme de deux petits corps arrondis, qui s'allongent peu à peu. (Ils germent immédiatement au dessous du point où se trouve plus tard le larynx , et naissent de la paroi inférieure de l'œsophage , sous l'aspect de deux petites excroissances gélatineuses et denses, étroitement serrées l'une contre l'autre, ) (2)

5° Les reins sont de petits corps allongés , qui tiennent l'un à l'autre sur la ligne médiane, sont arrondis en avant, se terminent en pointe par derrière , et produisent un canal excréteur commun.

(Ils se forment séparément l'un de l'autre , à peu près dans le milieu du tronc , par conséquent derrière , et non pas au dessous des corps de Wolff ; on les trouve immédiatement au

(1) Addition de Eatlike.

(2) Addilion de Ralhke.

dessous de la paroi dorsale du corps ; dans l'origine , ils sont d'une loDfjueur médiocre , mais extrêmement étroits et minces , et font corps encore , en arrière , avec l'extrémité de l'intestin. Leurs conduits excréteurs croissent dans la direction du rein à l'intestin. ) (1)

6» Les vertèbres deviennent cartilagineuses , et les muscles visibles. La queue croît continuellement , elle se détache davantage de l'abdomen , et elle est le seul organe extérieur de mouvement. La moelle épinière s'étend à peu près jusqu'à son extrémité.

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