CHAPITRE PREMIER
Du développement du feuillet séreux,
§ 418. L'origine du feuillet séreux et celle du feuillet muqueux sont simultanées. Toutes deux résultent d'un même acte, du développement d'un antagonisme dans la membrane proligère.
(l)Meckel, Handbiich der patliolo'jisclien\Anatomic ^ t. I , p-^l-
1° Mais , chez l'Oiseau , le feuillet séreux commence à acquérir une configuration dans sa partie centrale , pendant que le feuillet muqueux devient seulement plus transparent. De cette partie centrale , ou gerniinative , se développe la bandelette primitive , qui ne tarde pas à se diviser en corde spinale et en lames spinales ( § 398 , G», 7% 8° ) , et qui, de celte manière , non seulement devient la base du système central de la vie animale (le cerveau et la moelle épinière , le crâne et la colonne vertébrale ) , mais encore en représente la forme dans ses premiers linéamens. Ainsi ce qu'il y a de proprement animal est aussi ce qui apparaît le plus tôt chez l'animal , et la formation commence de suite par l'essentiel. Dans les végétaux parfaits , la radicule se développe d'abord , attendu que chez eux la racine, comme portion tellurique, est l'essentiel; en effet , elle persiste , dans beaucoup de plantes , tandis que la lige meurt annuellement. Ainsi , dans les deux règnes , là du moins où l'organisation est parvenue au plus haut degré , les parties caractéristiques sont aussi les premières de toutes à se développer.
2° Après que le feuillet séreux a produit ces diverses formations dans sa partie centrale , il continue de se développer vers la périphérie, et , la partie centrale du feuillet muqueux arrivant alors à prendre une configuration, il forme les lames viscérales ( § 399, 4° ), qui sont la portion animale de la cavité du corps, c'est-à-dire la base des muscles , des os et de la peau des parois.
3° Pendant que le feuillet muqueux ne forme les premiers rudimens d'un organe , le canal digestif , que par plissement, c'est-à-dire par une limitation de ses parties centrale et périphérique , résultant d'une direction en sens inverse , le feuillet séreux produit déjà un organe réel et particulier dans l'axe de sa partie centrale. La centralisation, le refoulement de la masse sur elle-même, la coagulation, prédominent donc sur la ligne médiane. Si nous reconnaissons, dans ce feuillet , une tendance générale à la centralisation , la coagulation plus précoce qui en est le résultat peut dépendre en partie de ce que, l'albqmine qui entre dans sa composition étant plus pure , il Jouit d'une plus grande coaguiabilité , de même que,
dans le cas d'un double embryotrophe , il n'est séparé du blanc que par la membrane vilelline déjà distendue , amincie et devenue plus transparente , tandis que le feuillet muqueux repose sur le jaune, qui est moins susceptible de se coaguler ; mais elle peut tenir aussi à ce qu'il se trouve immédiatement à la surface , et par conséquent plus exposé à l'action de l'air extérieur, dont l'oxygène est apte à favoriser cette coagulation.
4° Enfin le feuillet séreux se montre à nous comme l'expression de la tendance à l'individualité; car sa portion persistante forme non seulement l'organe de rindividualiié animale elle-même , le cerveau et la moelle épinière , mais encore la peau et la paroi du corps , c'est-à-dire les parties limitantes , enveloppâmes, individualisantes, tandis que sa portion transitoire enveloppe immédiatement l'embryon , sons la forme d'amnios, et l'entoure d'une atmosphère de sérosité, absolument de même qu'une membrane séreuse enveloppe les organes principaux de la vie.
ARTICLE I
Du développement de la partie permanenle du feuillet
séreux.
§ 419. En nous représentant le feuillet séreux comme un disque , tel qu'il est réellement d'abord , du moins chez les ovipares , et en reconnaissant que la partie interne ou centrale de ce disqiie est persistante, ou prend la forme d'embryon (§ 417, 6°), nous distinguons encore ici la partie centrale proprement dite , ou la première zone , la partie germinativo , qui contient le centre , qui l'entoure immédiatement , et où se forme l'organe central du système nerveux ( § 419 -424) , de la partie qui lient à celle-là , qui se développe en périphérie animale de l'embryon, et que nous appellerons la seconde zone, la partie excentrique du feuillet séreux (§ 425 - 434).