‹ Traité politique de B. De SpinozaChapitre 2 sur 50 · XX · texte numérisé non relu

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droit dff le faire, à leurs frais; mais vous n’établirez point ouvertement, sous un Roi, de religion d’État, parce qu’un Roi, suivant la coutume de la passion humaine, ne pourrait pas ne point favoriser au-dessus de tous les autres le culte qui semblerait le plus dévoué à sa dynastie, et le plus favorable à sa politique

IV. Point de Nobles dans xx>tre monarchie; que le Roi ne puisse épouser une étrangère; que l'empire soit indivisible; et que les femmes ne puissent arriver à V hérédité de l’empire.

En effet, mes amis, quelle est l’une des choses les plus indispensables à établir dans un État, pour y faire naître et durer la paix, la liberté et la concorde? C’est que tous les citoyens, en tant qu’hommes, y soient égaux, autant qu’il se peut faire, et qu’il n’y ait entre eux, d’inégalité, que celle de la probité et de l’intelligence. Or, en instituant des Nobles de naissance, et à perpétuité, vous rompez forcément l’égalité fondamentale des citoyens, et, cette égalité ravie, périt bientôt la liberté commune 2.

Votre Roi n’épousera pas d’étrangère, parce que c'est jeter le royaume dans les risques de guerres extérieures ®.

L’empire tout entier passera au seul fils aîné, parce que diviser l’empire, c’est le perdre.

Enfin, les femmes ne pourront jamais régner, parce que la faiblesse de leur esprit, et l’inârmité de

‘ Voyez Ch. vi, § 40 ; Ch. viii, |J 46 et 49, et les Ch. xix du Traité théologico-politique.

* Voyez p. 95, 166, 185.

* Voyez p. T5et 100.

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