‹ Traité politique de B. De SpinozaChapitre 41 sur 50 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

NOTKS DU TRADÜCTRUR

NOTES DU CHAPITBE 11.

' Toute chose de la nature peut être conçue d’une manière

adéquate , soit qu’elle existe , ou qu’elle n’existe pas

(page 8, § II.)

Nous n’inventons rien qui ne soit effectivement. Nous n’avons aucunes idées que de choses manifestées, ou en puissance de se manifester. C’est pourquoi, nous pouvons nous former une idée adéquate , c’est-à-dire claire et distincte , de choses qui n’existent pas dans la Nature, ou encore en acte, ou entièrement telles que nous nous les représentons. Ainsi, par exemple, à la vue d’un chef-d’œuvre de Phidias ou de Praxitèle, nous pouvons nous former une idée adéquate, bien qu’elles n’existent pas en acte hors de notre entendement, des belles statues qu’étaient capables de composer encore ces deux Immortels artistes. Ainsi, nous pouvons nous former une idée adéquate d’un Cheval ailé, d’une Chimère, d’une Sirène, d’un Ange, d’un Démon, et autres imaginations de cette espèce, bien qu’aucun de ces êtres fantastiques n’existe ainsi fait d^s la nature des choses . Nous pouvons nous former une idée adéquate de ces choses, dis-je, parce que, d’une part, pour citer une phrase de Spinoza, leur essence est tellement comprise dans une autre chose, qu’elle peut être conçue par cette même chose; et, d’un autre côté, parce que les éléments divers dont nous les composons, et que nous réunissons en un même sujet, existent réellement, çà et là, épars dans la Nature^

entière. {Voir Éthique, Part. I, Schol. 2 de la Prop. VIII. et CoroU. de la Prop. XXIV ; et Réforme de l’Entendement, des idées fictives et des idées fausses.)

* De même donc que le principe d'existence des choses de la nature ne se peut conclure de leur définition , de même leur persévérance dans l'existence (page 9, §11.)

Et en effet, qu’exprime et qu’enveloppe la vraie Définition d’une chose? Rien autre que la simple et exacte nature, ou l’essence intime de la chose définie. Or, la Définition de la nature ou de l’essence, des choses particulières et finies n’enveloppant pas l’existence nécessaire, c’est donc en dehors de ces choses particulières et finies , c’est-à-dire en Dieu ou l'Ètre Infini, qu’il faut chercher et leur principe ou leur commencement d’existence, et leur persévérance dans l’existence. (Voir Éthique, Part 1, Scholie 2 de la Prop. VIII, et Réforme de l’Entendement, vers la fin.)

» Car leur essence idéale est la même après qu’elles ont

commencé d’exister, comme avant qu’elles n’existassent

(page 10, § 11.)

En effet, si nous considérons que la Nature entière, envisagée dans son Tout, n’a jamais eu de conunencement, et n’aura jamais de fin; que toutes les choses particulières de la Nature, conséquemment, ne sont pas créées au sens propre du mot, mais seulement engendrées, pour remplir, dans la vie commune, les conditions particulières de telle ou telle existence individuelle déterminée; nouscomprendrons parfaitement, alors, que leur essence idéale soit fondamentalement la même, après qu’elles ont commencé leur existence individuelle, dans le temps et dans la durée, comme avant qu’elles ne la commençassent. (Voir Lettre IV.)

Page 1