NOTKS DU CHAP. VI
siers, Avoués, et autres Chicaniers de cette espèce, trouveraient un emploi plusutile,plusproductif,etsurtoutbeaucoup plus agréable.
* Si un étranger n pris pour épouse la fille d’un citoyen, ses enfants doivent être considérés comme citoyens, et inscrits sur le registre de la famille de la mère (page 73, § XXXII.)
Excellente mesure, qui a pour effet inévitable d’accroître la population, et conséquemment la puissance et la force de l’Empire ; d’attirer, dans son sein, les ressources pécuniaires, et l’activité industrielle des autres peuples ; et de former peu à peu, avec eux, des liens d’amitié solides et durables. Mais la logique voulait que, dans le cas opposé, Spinoza adoptât une règle entièrement différente. En effet, comme on le verra § l4 du Chap. Vlll, il exclut des emplois publics, et du Gouvernement du pays, les citoyens qui ont épousé une femme étrangère. La mesure est un peu sévère, sans doute ; mais, sans l’appliquer toujours dans toute sa rigueur, nous disons que, en principe, c’est aux citoyens seuls, qui ont, réunis dans le même pays, leurs doubles intérêts de fortune et de famille, que doit appartenir de préférence 1e maniement des affaires, et surtout l’occupation des hauts emplois du Gouvernement de leur patrie.
Quant à ceux gui ne sont }>as inscrits sur le registre des citoyens, il est juste que, en temps de guerre au moins, ils compensent leur repos par quelque travail ou par un impôt.,.. (page 74, § XXXII.)
Quoi de plus juste encore ! Et que d’étrangers, en France surtout, y viennent exercer leur industrie, et faire fructifier leurs capitaux, aux dépens de la vieille race Gauloise , sans être astreints à toutes les charges civiles et militaires que les citoyens véritables sont obligés de supporter.
* Cav nuis gardes du corps que les citoyens de la mi’me ville ne doivent, à tour de i-ûle, veiller à la Cour, devant les portes, pour le Roi (page 74, § XXXIV.)
Dans un État rationnellement organisé, en effet, dans un Gouvernement librement acclamé, et librement consenti par le vœu unanime de tous les citoyens, il ne doit y avoir, assurément, pour le Souverain Pouvoir, quel qu’il soit, ni Gardes du Corps étrangers, ni Gardes du Corps particuliers, mais des Gardes Nationaux seuls, et de la Ville que le Souverain Pouvoir habite, pour veiller, devant son palais, à sa sécurité.
• Pour ce qui concerne la Religion, l’on ne doit absolument bâtir aucuns temples aux frais des villes (page 76, § XXXX.)
Spinoza semble être ici en contradiction manifeste avec ce qu’ii dit plus bas, du même sujet, Chap. VIII, § 46, au Gouvernement Aristocratique. Mais, avec la plus légère attention, on se convaincra facilement qu’il demeure toujours inflexiblement logique, et avec ses principes, et avec l’essence intime du gouvernement qu’il décrit. Et en effet, dans le gouvernement Monarchique, où le Roi, c’est l’État, où la volonté d’un seul homme est l’unique et suprême loi, que se passe-t-il d’ordinaire en matière de Religion , et que doit-il nécessairement arriver ? Ce Roi, cet homme, suivant la coutume de la passion humaine, ne pourra pas ne point favoriser tout particulièrement audessus des autres, et reconnaître pour sien, parmi les différents cultes de son empire, celui qui sera ou qui paraîtra le plus dévoué à sa personne et à sa dynastie, le plus soumis à ses volontés, le plus aidant à sa politique. Or, sous un tel régime, si les temples sont construits aux frais des villes et de tous les citoyens indistinctement, et non pas, comme le demande Spinoza, aux frais de chaque secte particulière ; la majeure partie des ressour-