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Quel est ce pape, unique en son espèce, qui, dans cette circonstance, s’est montré si véritablement le vicaire du Christ ? Malgré toutes les recherches auxquelles nous nous sommes livré à rc sujet, nous n’avons pu parvenir à trouver la relation précise de ce fait.
En dépit de cette lacune, néanmoins, il n’est peut-être pas tout à fait impossible d’arriver, à cet égard, à une presque-certitude. ïà) effet, quels furent, en Espagne, parmi les États d’Arragon, ceux qui promulguèrent ces constitutions dont fait mention Spinoza ?
Ce furent les états de Sobrarbe. ils établirent ce que l’on appelle les fueros de Sobrarbe, base première des libertés arragonaises, parmi lesquelles se trouve l’institution du président Justicia, le- .quel représentait comme la justice elle-même, et n’avait aucun droit de gouverner, mais seulement celui d’opposer son veto à toutes les décisions des autres Conseils, et même à celles du Roi, qui lui semblaient rendues contre te droit. Or, vers quelle époque environ ces con^utions dc.s états de Sobrarbe durent-elles commencer de s’appliquer ? De l’année 832, époque où mourut, sans héritiers, lequatrième roi de Sobrarbe, Sancho-Garçia, jusqu’enl’an 8C8, époque où leshabitants de Sobrarbe, en Arragon, s’élurent un •
nouveau roi, tnigo-Arista, c’est-à-dire, pendant un intervalle de .36 ans, le royaume de Sobrarbe demeura sans souverain. Ce ne peut donc être que dans cet espace de temps, c’est-à-dire de l’an 832 à l’an 868, que se doit trouver, et l’établissement de ces constitutions, et le règne du pape qui les conseilla. Mais, c’est en l’année 868 seulement, que les habitants de Sobrarbe en Arragon
te choisirent de nouveau un roi. Ce doit donc être, sans aucun doute, peu de temps seulement avant cette date de 868, et peu de temps avant l’accomplissement de la résolution qu’ils avaient prise de se donner de nouveau un chef unique, que ces Arragonais durent aller demander, au souverain Pontife de Rome, des conseils au sujet de cette élection. Or, quel était, vers ce temps, le souverain Pontife de Rome ? Du 15 mars 858, au 13 novembre 867, nous voyons que le trône pontifical fut occupé par le pape romain, Nicolas 1, dit le Grand. Ce ne peut être conséquemment que le pape Niculas I, que les Arragonais allèrent consulter, et de qui ils reçurent, en cette occasion, de si excellents conseils. Et, outre ces dates précises, ce qui nous peut confirmer davantage encore en cette opinion, c’est l’activité amliitieuse déployée par ce pape durant tout son pontificat, ses luttes contre les rois, et encore le fragment suivant d’une lettre d’exhortations qu’il adressait à Adventius, évêque de Metz, en 864. « Vous dites que vous êtes sou- « mis au prince, parce que l’apôtre dit ; Sois au roi, comme étant
• au-dessus de tous. Vous avez raison, mais prenez garde que
• ces rois et ces princes le soient véritablement. Voyez s’ils se « conduisent bien eux-mémes, et s’ils gpuvement bien leurs su-
• jets. Car, celui qui est mauvais à lui-même, à quoi sera-t-il « bon? Voyez s’ils sont princes justement. Autrement, il les
• faut plutôt tenir pour des tyrans que pour des rois, et leur ré- « sister, au lieu de s'y soumettre, s’engageant dans la nécessité « de favoriser leurs vices. Soyez donc soumis au roi, comme « étant au-dessus de tous par ses vertus, et n0 par ses vices, et
• lui obéissez à cause de Dieu, et non contre Dieu. »