‹ Traité politique de B. De SpinozaChapitre 44 sur 50 · N('TE DU CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

N('TE DU CHAPITRE XI

* Comme on n'a trouve' cela nulle part, il est donc peymiis d’affirmer complètement que , par nature , les femmes n’ont pas un droit égal à celui des hommes, mais qu’elles leur cèdent nécessairement; et, par conséquent, il ne se peut pas faire que les deux sexes gouvernent également, et, beaucoup moins, que les hommes soient gouvernés par les femmes, (page 104, § IV.)

Que cette doctrine de Spinoza, au sujet de l’exclusion radicale des femmes du gouvernement des empires, et touchant la faiblesse de leur intelligence, soit exactement conforme aux données de l’analyse scientinque, et conséquemment parfaitement équitable; et que, en même temps, elle fasse bonne et ample justice de ces imaginations paradoxales , aussi dangereuses que peu fondées, qui prétendent à établir, non-seulement l’égalité intellectuelle du sexe féminin avec le sexe masculin, mais encore la supériorité virtuelle de la femme sur l'homme , c’est ce qu’il est facile de démontrer en peu de mots.

Et en effet, quels sont les éléments généraux, constitutifs de la nature humaine, que l’analyse scientifique découvre, dans ses études d’observation sur cette nature, et qu’elle divise ensuite, arbitrairement, pour plus grande commodité , en deux ordres de phénomènes distincts? C’est, d’une part, ce que l’on appelle le SBNTisiEHT,ou la Collection des phénomènes de sensation; et, d’autre part, ce que l’on appelle I’intelligence, ou la collection des * phénomènes de raisonnement. Or, parmi ces deux ordres de phénomènes , qui , répétons-le , ne sont divisés ainsi abstraitement l’un de l’autre, que pour les besoins de la science, mais qui apparaissent constamment et indissolublement unis ensemble , bien que plus ou moins développés ou prédominants l’un

sur l'autre, dans chaque échelon de la série totale des êtres terrestres, et dans chaque être particulier « — parmi ces deux ordres de phénomènes, disons-nous, le Sentiment et Vlntelligence , lequel est l’instrument véritable du progrès, le moteur réel de l’accroissement de la civilisation, le mobile principal de l’extension des lumières? lequel est la cause efficiente du développement successif de l’étre humain, et de l’épanouissement de toutes les ressources humaines? lequel, enfin, donne au peuple, assez fortuné pour le pouvoir manifester avec plus d’éclat, une Incontestable supériorité, et une plus grande puissance, au milieu des autres : à l’individu, qu’un sort heureux a marqué de ce sceau particulier, une plus grande force, et une plus grande autorité, entre ses «emblables P C’est évidemment V Intelligence ou la Raison, laquelle procédant lentement, ittaparlialement, par voie réfiexible, avec méthode, au moyen de t’analyse, de la synthèse, avance pas à pas, il est vrai , mais d’une allure ferme, assurée, déterminée, consciente d’elle-méme, et presque sûre, par avance, des résultats bons ou mauvais qu’elle doit obtenir; tandis que le Sentiment ou la passion, au contraire, n’agissant qu’impétueusement, partialement, d’une manière irraisonnée,sans réflexion, pour ainsi dire, sans observation, sans étude, s’élance par bonds prodigieux, il est vrai , mais inconscient delui-méme, dans une incertitude presque compicie des eflets qu’il peut produire, et aussi capable, avec la même impulsion, d’engendrer de mauvais que de bons résultats.

L’Intelligence ou ta Raison, en d’autres termes, la collection des phénomènes intellectuels ou rationnels est donc de beaucoup supérieure, si on la considère d’un jioint de vue humain, au sentiment ou à la Posj/on, c’est-à-dire à la collection des phénomènes de sensation.

Or, chez qui, dans l’espèce humaine, parmi lequel des deux sexes voit-on prédominer plus spécialement, plus exclusivement, ces phénomènes relativement inférieurs du Sentiment ou de la passion? Évidemment chez la femme ou le sexe féminin. La femme ou le sexe féminin, en général, n’est donc pas, par nature.

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