‹ Traité populaire d'agriculture théorique et pratique [microforme]Chapitre 58 sur 206 · SEL MARIN · texte numérisé non relu

SEL MARIN

Il porte différents noms: scl de table, sel commun, chlorure de sodium. Ce dernier, qui est son nom scientifique, indique quelle est sa composition.

Le sel marin, en effet, est un composé de chlore et de sodium.

Or, presque toutes les plantes contienuent et du chlore et du sodium.

Le sel marin serait donc un engrais nécessaire, la substance qui fournirait le mieux aux plantes ces deux éléments de leur composition.

De nombreux faits semblent conduire à cette conclusion; d’autres faits, non moins nombreux, semblent indiquer le contraire, en attribuant au sel une action malfaisante sur la végétation.

De là, divergence d’opinions, théories diverses, discussions animées qui ont longtemps divisé et qui divisent encore les plus illustres agronomes de tous les pays. À

Nous n'avons pas la prétention de trancher la diffculté, de prononcer en dernier ressort ; mais nous avons, toutefois, le droit incontestable de nous rallier à l’une ou à l’autre de ces opinions.

Nons approuvons donc l'emploi du sel comme engrais, tout en conseillant à ceux qui veulent tenter l'efficacité du chlorure de sodium d’expérimenter d’abord en petit. Les résultats qu’ils obtiendront déci- : deront de l’emploi sur une plus vaste échelle.

Il est admis néanmoins :

1° que le sel est utile aux sols qui n’en contiennent pas du tout ;

2° que les terrains secs s’accommodent moins bien de l’intervention du sel que les terrains humides ;

3° que c'est dans les terres qui renferment du calcaire que se font sentir les heureux effets du sel ;

4° que le sel détruit énergiquement les larves (chenilles, vers) des insectes destructeurs de nos récoltes.

Si le sel, judicieusement employé, exerce sur la végétation sa salutaire influence, les faits nous démontrent que la manière même d’administrer cet engrais contribue, pour beaucoup, à en assurer le succès.

Il est reconnu qu'une faible proportion de cette substance, appliquée sur les feuilles ou les racines, exerce des effets aésastreux, tandis qu’une forte quantité absorbée n'empêche pas les plantes de croître avec torce.

Il faut donc présenter le sel aux plantes en très petite quantité à la fois, par l’intermédiaire de l’eau ; c'est ie meilleur moyen de faire produire à la terre des fourrages de qualité supérieure.

L'opération est bien facile; on fait dissoudre du sel dans l’eau et on répand cette dissolution, sous forme d’arrosement, par un temps humide.

Ce qui est plus simple encore et nécessite moins de main-d'œuvre, c'est de mélanger le sel aux fumiers.

Une autre méthode qui devrait se généraliser, parce qu'elle a produit jusqu'ici les meilleurs effets, est la suivante :

On mêle ensemble une partie de sel avec deux parties de chaux ou de carbonate de chaux ; le mélange est humecté, puis recouvert de terre ou placé sous un abri. Trois mois après, on peut l’employer et de la manière la plus facile ; 5 à 6 cents livres suffisent par arpent ; c’est au printemps, sur les récoltes déjà levées, qu'on l’épand à la main, absolument comme on sème le plâtre.

Ainsi mélangé à la chaux, le sel marin convient à un plus grand nombre de terrains, puisqu'il fournit en

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même temps le calcaire aux sols qui en sont dépourvus.

Mais, ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que le sel marin, pas plus que le plâtre, n'apporte aucune amélioration notable dans un sol médiocrement fumé. Il peut doubler les récoltes si l’on ne néglige pas les autres conditions d’une bonne culture.

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