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DÉFRICHEMENT DES TERRAINS BOISÉS

Nous ne parlerons pas ici du choix de la terre que le colon veut défricher, nous n’indiquerons pas les marques distinctives d'un sol fétond, que nous donne l'inspection des arbres qui croissent sur sa surface.

Ces détails peuvent trouver ailleurs, dans un traité spécial, une place importante.

On distingue plusieurs opérations dans le défrichement des terrains boisés.

La première ést le serpage.

C’est le sarclage de la forêt ; on le fait communément à l'automne.

Cette opération consiste à faire disparaître, en les coupant ou en les arrachant, tous les arbustes, les broussailles qui croissent, souvent en grande quantité, entre les différents arbres.

Puis vient l’abattis.

C’est la deuxième opération du défrichement ; elle se pratique, d'habitude, dans le cours du mois de mars.

Elie varie dans son application, suivant qu’on dé-

friche une terre couverte en bois francs où en bois mous.

Dans le premier cas on choisit, de distance en distance les plus gros arbres de la forêt, on les abat. Puis tout autour de ces arbres et dans ur rayon plus ou moins étendu, on abat les autres arbres de manière à les faire tomber dans le cercle dont le premier arbre coupé est le centre. Les arbres sont ensuite dépouillés de leurs branches, divisés en longueur de quinze à dixhuit pieds, et mis en tas avec les broussailles provenant du serpage, lorsque ces broussailles n’ont pas encore été consumées par le feu.

Dans le second cas, on met le bois en juvelles, c’està-dire que l’on coupe les arbres de manière à les faire tomber tous dans la même direction.

La troisième opération est le brüler.

On met le feu aux arbres amassés en tas ou disposés en javelles.

La loi du pays donne du premier de septembre jusqu’au premier de juillet pour exécuter cette opération (34 Vict., c. 19).

Il faut suivre l’action du feu, l’activer en rapprochant les bûches les unes des autres, à mesure qu’elles se consument dans l’élément destructeur.

Lorsque le feu a complété son œuvre, il ne reste de la forêt que quelques monceaux de cendres et les souches qui, elles, n’ont pas été soumises à l’action dévorante de la flamme.

Les cendres de bois franc sont ordinairement recueillies; on en fait de la potasse et de la perlasse.

Les cendres de bois mous sont réparties sur le terrain ; elles en corrigent l'acidité.

Les terres neuves, sont en effet, riches en humus! le sol est recouvert d’une épaisse couche végétale provenant de la chute annuelle des feuilles, des débris

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végétaux que les années accumulent à sa surface. Ici, l’'humus se trouve souvent :à l’état acide ; or, nous avons vu que par l'addition de la chaux ou d’autres bases, l’humus acide se trouve converti en humus doux, soluble, assimilable par les plantes. Le colon ne peut pas toujours ajouter de la chaux, mais toujours, dans le défrichement des terrains boisés, :1 peut à la chaux substituer les cendres provenant de la combustion du bois. Les cendres contiennent des bases puissantes, entr’autres la potasse. Ces bases se combinent avec l’acide humique et forment des sels solubles qui concourent directement à la nutrition des plantes.

Les souches sont laissées quelques années intactes ; elles subissent les influences multiples de l'air, de l’humidité, de la gelée; elles se décomposent, leurs racines pourrissent et s'ajoutent aux éléments nutritifs du sol. On les arrache alors au moyen de différents appareils.

C’est 1à la méthode la plus généralement employée, c'est aussi la moins dispendieuse.

Après l’opération du brûler on fait un labour à la pioche, on sème, on enterre la semence à la herse ou au râteau, puis on égoutte le terrain.

Les plantes généralement cultivées dans hs terres neuves sont l'orge, le sarrasin, l’avoine, le blé. Parmi jes légumes, il y a les pommes de terre qu’on sème en rangs ou à la butte. Pour les semer à ja butte on amasse une certaine quantité de terre, on lui donne la forme d’une demi-sphère dans l’intérieur de laquelle on place trois ou quatre tubercules.

La semence de graines fourragères doit être le plus tôt possible confiée aux terres nouvellement défrichées.

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SECTION DEUXIÈME

Epierrement.

La mise en culture des terrains caillouteux nécessite après leur défrichement, une opération ultérieure, d’une grande importance : c’est l’épierrement.

Ce travail s'exécute à bras d'hommes.

L'extraction des pierres se fait à la pioche: on y ajoute la pince et pour les gros caïlloux un instrument spécial appelé arrache-pierres. Avec cet instrument, que deux chevaux mettent en mouvement, on peut extraire et transporter hors du champ des pierres d’un poids de 2,000 livres.

Les pierres extraites peuvent être employées à la construction des bâtisses ; on en fait aussi des clôtures qui épargnent d'autant l’usage d’un bon nombre de pieux.

On peut diviser les pierres en deux catégories distinctes : les pierres inertes, d’un volume considérable, que nos cultivateurs appellent roches mortes et les pierres ordinaires que l’homme peut soulever, qui cèdent à la pression d’un instrument ordinaire, levier, pince, ou arrache-pierres.

Les grosses roches que les animaux ne peuvent enlever et transporter à l’aide de l’arrache-pierres sont quelquefois enterrées à une profondeur de 13 à 14 pouces, mais ce système a été trouvé mauvais et la pratique en condamne l’usage: la gelée peu à peu ramène ces gros cailloux à la surface. Il vaut mieux alors réduire ces roches à un volume moins considérable en employant la mine ou le feu.

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à l’aide d’une barre de fer aciéré un trou de six à huit pouces de profond, dans lequel on verse une cuillerée ou deux de poudre. On recouvre la poudre de brique cassée ou d'argile sèche. On met le feu à une mèche, appelée ratelle, qui communique à la poudre.

La roche vole en éclats.

Si l’on chauffe fortement une pierre en faisant brûler autour d'elle plusieurs morceaux de bois et qu’on verse ensuite, subitement, de l’eau froide sur sa surface, la pierre se contracte; mais comme elle se contracte inégalement, parce que inégalement elle se refroidit, elle se fendille en tous sens, se réduit en fragments plus petits.

Ces fragments de roche, que nous donne la mine ou le feu, doivent être transportés avec les pierres ordinaires qu’on extrait du sol, sur les clôtures que l’on construit.

Laisser les pierres en tas, en petites digues semées à droite et à gauche, présente plus d’un inconvénient.

Ainsi dispersées, les pierres enlèvent à la culture une étendue de terrain trop considérable, gênent par la suite la marche des instruments aratoires et deviennent toujours le réceptacle d’une foule de mauvaises herbes dont les graines, emportées par les vents, ne tardent pas à infester ié champ tout entier.

Pour faire une bonne clôture en pierre, on uvit avoir soin de l’élargir de la base; elle est alors mieux assise. En pratiquant une bonne rigole, à chaque côté de la clôtur:, on égoutte aisément le terrain sur lequel repose la clôture, on lc soustrait aux influences de la gelée ; la terre ne se soulève point et la clôture n’éprouvant aucune secousse conserve sa solidité et sa forme première.

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