‹ Traité populaire d'agriculture théorique et pratique [microforme]Chapitre 78 sur 206 · À { AA · texte numérisé non relu

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Le semis se fait de deux manières : à la volée ou en lignes.

a] À la volée.—Le semis à la volée est le plus usité, mais il exige aussi une grande habileté pour que la semence soit également répartie sur la surface du champ.

Pour semer à la volée, on projette le grain en faisant décrire un arc de cercie à la main, qui, partant de sa position étendue en avant, vient frapper l’épaule opposée, de manière à imprimer un mouvement parabolique à la semence, Le semeur sème soit d’une seule main, soit alternativement des deux mains, de l’une en allant, de l’autre en revenant, et seulement tous les deux pas; ou encore, il sème des deux mains à la fois, en projetant à chaque pas, tantôt une poignée de grain à droite, tantôt une à gauche. La direction suivie par le semeur est, en général, parallèle à la plus grande longueur du champ, ce qui évite les fréquents retours qui font perdre beaucoup de temps.

Lorsqu'on ne sème que d’une maïn, on porte la semence dans un tablier; on met le grain dans la partie antérieure, et on enroule la partie inférieure autour de son bras gauche ou de son bras droit selon que l’on sème avec l’une ou l’autre main. Pour semer des deux mains à la fois, on se sert d’un panier aux deux anses duquel sont liées les deux extrémités d’une lanière en cuir que le semeur se passe autour du cou, de manière à avoir les deux mainslibres.

On peut aussi semer à la volée à l’aide d’un instrument particulier, d'invention américaine, qui a fait son

apparition il y a déjà quelques années. Cet instrument,

très simple, consiste en un sac, dont la partie infé-

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rieure se rattache à une boîte en tôle ayant la forme d’un moulin à café. Ceste partie de l’instrument se fixe à la ceinture, la partie supérieure du sac s'attache autour du cou.

Un cône tronqué, en métal, creusé à son intérieur, se rattache par son sommet à la partie antérieure de la boîte du semoir; une partition mobile établit la communication entre ces deux morceaux, c’est par elle qu’on règle la quantité de semence qu’on doit laisser sortir. Une manivelle fait tourner le cône de métal, et comme ce cône est partagé en quatre par de petites lames qui partent du sommet se dirigeant vers la base, le grain qui sort, arrêté dans son trajet, reçoit du cône un mouvement centrifuge très prononcé, assez fort pour lui permettre de s’étendre dans ui rayon de 25 à 30 pieds.

b] En lignes — Le semis à la volée présente deux inconvénients; le premier, c’est de répartir inégalement la semence ; le second, c’est d’exiger pour être enterré l'emploi de moyens imparfaits. En effet, la herse et les autres instruments dont on se sert pour enfouir la semence, l’enterrent à des profondeurs inégales. De 1là, irrégularité dans la germination et par suite dans la maturité de la plante, sans compter qu’un certain nombre de graines, enfouies trop profondément, ne lèvent pas du tout.

Pour remédier à ces deux inconvénients, on sème en lignes.

Le semis en lignes se fait à la main ou à l’aide d’un semoir. |

Les pommes de terre se sèment en lignes et à la main.

Les semoirs varient suivant l’espèce de graines que l’on veut semer ; c’est ainsi que lorsque l’on veut semer de la graine de navets, de carottes, de betteraves, on

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se sert d’un semoir qui ne sème qu'un rang à la fois ; si, au contraire, on veut semer des céréales, on fait usage d’une autre espèce de semoir, mû par un cheval

et qui répand la graine sur une plus grande surface. # Le semis eu lignes présente sur le semis à la volée les avantages suivants : répartition régulière de la semence; son enfouissement à des profondeurs égales “à qu’on fait varier suivant les besoins ; sa disposition en lignes parallèles, dont on peut, à volonté, modifier la 8 distance, ce qui permet l’application du binage ; enfin, conséquence de ces avantages, économie d’un tiers de la semence.

On objecte néanmoins à l’emploi du semoir, comme longtemps on a objecté contre l’usage de la faucheuse. ds

Le semoir, dit-on, demande un terrain parfaitement

ameubli ; il exige donc un surcroît de travail et de

dépenses. ré C’est vrai, il faut un terrain ameubli, c’est une con-

dition nécessaire au bon fonctionnement de la machi-

ne ; mais, d’un autre côté, ce degré d’ameublissement eu est précisément telui que donnent à leurs terres les | cultivateurs à nis du progrès ; l’objection ne peut donc les venir, en général, que de cultivateurs qui trahissent ia

ainsi le besoin qu’éprouvent leurs terres d’être amélio- bo rées.

Reste l’objection peut-être un peu: plus fondée rela- Be tive au prix ; mais si l’on considère que pareille objec- Ce tion a été formulée contre l’emploi de la faucheuse et la que néanmoins elle est tombée devant les exigences Li de la main-d'œuvre qui devenait de plus en plus rare, ch qu’elle a succombé quand on a pu se rendre compte # que les profits que donnait ce dernier instrument cou- 1 vraient dans deux ou trois ans le prix de son acquisi- gt tion,— on peut présumer que cette seconde objection pd

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tenue comptera le semoir au nombre des instruments indispensables de sa culture.

Nous signalons à l’attention'du public agricole la récente invention du semoir Vesot,

Ce semoir, invention canadienne, est construit de manière à pouvoir semer simultanément une céréale quelconque avec la graine de mil et de trèfle; un rouleau, fixé à sa partie postérieure, enterre ces dernières graines en même temps qu’il plombe le terrain.

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