RÉSUMÉ GÉNÉRAL DE LA MÉDICATION ANTIPHLOGISTIQUE
À part les maladies exanthémateuses et les quelques exceptions dont nous venons de parler, toutes les autres seront traites à leur période aiguë par les antiphlogistiques purs, quelle que soit d’ailleurs la forme vésiculeuse, bulbeuse, papuleuse, pustuleuse.
Quand nous parlons des antiphlogistiques purs, nous ne voulons pas dire qu'on devra toujours employer les émissions sanguines, mais bien les émollients, les tempérants, etc. Les émissions sanguines ne trouveront leur application que chez les sujets jeunes, vigoureux, avec état pléthorique ou fébrile marqué. Souvent même, dans ce cas, les boissons rafraichissantes et acidules, aidées du régime, suffiront pour faire tomber tous les phénomènes de réaction. Les maladies où la saignée s montre le plus souvent utile sont les ecthyma et les 2mpétigo plus où moins étendus qui se développent au printemps et à l'automne.
Quels sont maintenant, parmi les divers agents de la médication antiphlogistique, ceux qui sont réclamés spécialement par chaque groupe de maladies cutanées en particulier”?
Généralement tout ce qui est vésiculeux (herpès, eczéma, herpes phlvcténoïde, pemplhigus, rupia) se trouve à merveille de l'emploi des corps pulvérulents, dont le meilleur est l’amidon en poudre. 1l en est de mème de quelques inflammations érythémateuses ou érysipélateuses qui ont de la tendance à prendre un certain accroissement.
Les corps gras conviennent aux maladies squameuses, lichénoides, tuberculeuses, même dans l’état aigu : ainsi le pityriasis, le psoriasis, les mentagres, les lupus, etc. C'est la graisse seule qu’on doit employer et non associée à des substances résolutives, car il s’agit ici de la période aiguë de ces. maladies. | |
La médication antiphlogistique pure sera continuée jusqu'à la période stationnaire de la maladie et jusqu'au moment où se montre un commencement de résolution. C'est pour vouloir employer trop tôt les résolutifs qu’on éternise souvent les
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maladies cutanées, car l'excitation qu’ils produisent fait sans cesse reparaître la période aiguë. Si l’on continuait suffisamment les émollients, l’eczéma lui-même, affection souvent si rebelle, se jugerait en trois semaines, un mois au plus, tandis qu'on le fait durer trois ou quatre mois.
Lorsque l'état aigu d'une maladie cutanée est décidément tombé, et que vous en venez à la médication résolutive, ne manquez pas d'y joindre les dérivatifs. Si, en outre, la maladie reconnait une cause interne générale, prescrivez en même temps un traitement général. Supposons, par exemple, un jeune homme lymphatique, ayant eu deux ou trois ans de suite un impétigo à la figure, et toujours dans la même saison, au printemps, par exemple, ce quiest l'ordinaire. C'est, comme on le voit, une maladie très tenace; elle est cependant aiguë quand elle se montre, car il y a des phénomènes inflammatoires, formation abondante de pus, etc. On donnera d'abord des rafraichissants pour calmer l'état aigu, et plus tard, comme cette maladie tient à la nature du tempérament et de la constitution, on soumettra le malade à un traitement interne modificateur de ce tempérament, en même temps que des agents légèrement résolutifs seront mis en usage. Au surplus, ce traitement général sera en rapport avec la nature de l'affection et de la cause qui a pu la produire; mais ce n'est jamais durant l’état aigu qu’il faut combattre cette cause.
Une précaution importante pour retirer des résolutifs tout le bénéfice qu'on peut attendre, c'est de mettre la puissance résolutive du médicament en rapport avec le degré d’acuité de la maladie. À mesure que celle-ci avance vers la guérison, l'énergie de l'agent médicamenteux doit augmenter. Ainsi, par exemple, on trouve pour l’oxyde de zine, le tannin, des formules qui sont toujours les mêmes dans les formulaires ; il en est de même des bains à l’alun, au sublimé, des lotions résolutives, etc. Il ne doit pas y avoir une seule et même formule pour chaque médicament. La dose de l’agent actif, le tannin, l'oxyde de zine. etc.. devra être plus faible par rapport