‹ Traité practique des maladies de la peauChapitre 35 sur 77 · BAINS ET DOUCRES DE VAPEUR · texte numérisé non relu

BAINS ET DOUCRES DE VAPEUR

Or, puisque la sudation pulmonaire entraîne très rapidement la sudation cutanée et sans incommodité aucune, il s’ensuit par conséquent que le concours d’action, et sur la peau, et sur la membrane muqueuse pulmonaire, doit être beaucoup plus avantageux pour le malade et pour la production de la sueur. De même qu'il existe des bains de vapeur portatifs dont nous allons parler tout à l’heure, de même il y a de petits appareils à air chaud qui peuvent remplacer en partie les boîtes à fumigation. Le conseil d'hygiène publique et de salubrité de la Seine, à l’époque du choléra de 1849, s'est préoccupé de la pensée de fournir aux classes malheureuses un moyen puissant, rapide et peu dispendieux, de procurer la réaction dans la période algide des cholériques. M. Cadet de Gassicourt a proposé un appareil fort simple qui a été adopté, et dont l’emploi est aujourd'hui répandu dans la plupart des hôpitaux de Paris, notamment à l’hôpital Saint-Louis, où l'on a souvent un intérêt puissant à faire naître une sudation abundante à la peau, soit dans des cas de répercussion des maladies de la peau, soit dans les rhumatismes, soit dans les accidents cholériformes. Cet appareil consiste dans un cône de tôle plus large que les grandes formes de pains de sucre, où se trouve à sa base une petite porte de poêle pour introduire une lampe à esprit-devin à trois mèches, cône qui est terminé à son sommet par un tuyau de poêle coudé et évasé en entonnoir à son extrémité ; ce tuyau est disposé de manière à s'allonger où à se raccourcir à volonté, les bouts de tuyaux entrant à frottement les uns dans les autres. Pour se servir de cet appareil destiné aux malades qui ne peuvent pas être déplacés de leur lit, on met à terre sur le plancher la base du cône ; on y adapte les tuyaux coudés dont on introduit l’extrémité dans le lit du malade; on tient les couvertures soulevées au-dessus du corps à l’aide de deux demi-cerceaux à fractures placés à distance le long et en travers du lit. Les choses étant en cet état, on introduit la lampe à esprit-de-vin sous le cône, on allume les trois mèches, et quand le malade est en sueur, si la chaleur est trop forte, on éteint une

ou deux mèches à l’aide de petits couvercles faits exprès pour cet usage.

En six ou sept minutes la transpiration est ordinairement établie ; on peut la faire naître dans l’espace de temps que l'on veut, et la modérer comme on le veut. On la facilite en faisant boire au malade de l’eau à une température qui n’est ni froide ni chaude.

Arrivons maintenant aux bains de vapeur. Ceux-ci sont dits portatifs ou en étuve. Les premiers ont pris dès l'abord une certaine extension, en ce sens qu'ils peuvent être donnés, ou dans le lit du malade, ou sur une chaise dans sa chambre. On peut même acheter à bas prix un de ces petits appareils. Ici, comme dans l'appareil Adam, c’est une sphère de cuivre terminée par un tube de 25 à 30 centimètres, sphère dans laquelle on met de l’eau que chauffe une lampe à esprit- de-vin, et dans cette eau on peut introduire des plantes aromatiques. Là c’est le même système, mais avec des modifications de forme. Ailleurs une petite marmite de tôle, de 2 à 3 litres de capacité, placée sur un fourneau à charbon et entrant en ébullition sousune pression un peu plus forte que celle de l'atmosphère, de manière à fournir, par un tube très long, de la vapeur à volonté et dans un point donné de l'appartement. Le réchaud a un tuyau d’évent qui s’introduit dans la cheminée. Ce dernier appareil répand autant de vapeur qu'il en est besoin, mais tous les autres laissent souvent le malade à court ou le chauffent trop. Il est plus dispendieux, car son prix s'élève à 80 ou 100 francs, les autres variant de 20 à 50.

Tous ces appareils ne sont que des joujoux de bains de vapeur; tous amènent la sudation par la température à laquelle ils elèvent la peau, et par conséquent c’est une sudation difficile, plus ou moins fatigante, qui n’est pas comparable à celle du bain d’étuve.

Le bain d’étuve exige un ensemble d'appareils propres, non pas à servir un seul bain, mais un certain nombre de bains dans la journée. Ft d'abord il faut un générateur de vapeur ou

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