BAINS ET DOUCHES DE VAPEUR
chaudière à pression, de manière à mettre l’eau à 120 degrés
de température. De ce générateur part un tube qui se rend
dans une petite chambre ordinairement de bois blanc, qui peut cuber 10 à 42 mètres. Sur un des côtés de cette pièce existe un lit de camp de bois ou de jonc, sur lequel se couche le malade: c'est sous ce lit de camp et au voisinage des pieds que doit souvrir le robinet de vapeur. Il ne doit jamais être laissé à la disposition du baigneur ; il doit être ouvert par un garçon de bain qui ne quitte pas le malade. A la portée de la vue du malade se trouve un thermomètre centigrade; il doit être à alcool coloré en rouge sur émail blanc, de manière que les degrés qu’il marque soient très apparents. On doit aussi mettre à la portée de la main du baigneur une cuvette où l’eau ne séjourne jamais; dans cette cuvette à tuyau d'écoulement, une grosse éponge, et au-dessus un petit robinet d’eau froide. Cette éponge ainsi imbibée d'eau renouvelée est destinée à mouiller fréquemment le front et la figure du baigneur pour éviter la congestion à la tête.
Dans un point de la salle opposé au lit de camp, et vers le plafond, se trouve un arrosoir large, capable de fournir une pluie d’eau un peu étendue. Dans cet arrosoir se rendent un tuyau d’eau chaude et un tuyau d’eau froide que l’on peut ouvrir isolément, au moyen de leviers coudés munis de poignées de bois, leviers qui descendent à la portée du baigneur ou du garçon de bain, de manière que l’on puisse donner à volonté une douche d’eau chaude, une douche d’eau froide, ou une douche d’eau tempérée par le mélange de l’eau froide et de l’eau chaude. C’est moins une douche qu'une pluie d’eau; aussi suffit-il de deux réservoirs peu élevés, l’un à l'eau chaude, l’autre à l’eau froide.
L'ensemble de ce système porte le nom d’éfuve. La porte de l’'étuve doit s'ouvrir en dedans comme en dehors, sans serrure ni clôture aucune, de manière qu’en cas d'accident le baigneur puisse sortir en poussant la porte devant lui. Cette porte
a d’ailleurs un large carreau poli qui permet au garçon de
bain de voir ce qui se passe dans l’étuve alors qu'il en est momentanément dehors.
Tout cet ensemble a dû nécessairement éloigner beaucoup d'industriels de la pensée de créer de pareils bains, à cause des dépenses de premier établissement. Cette dépense est nulle ou presque nulle quand la création est bien entendue et quand on sait tirer parti de la vapeur. Il suffit, en effet, d'une très petite chaudière à vapeur pour chauffer une grande masse d'eau. I! faut un foyer peu considérable pour chauffer un petit générateur de vapeur : ainsi toute l'économie du système consiste à chauffer l’eau de l'établissement de bains à l'aide de la vapeur produite par le générateur de vapeur, de sorte que le générateur ne soit pas établi seulement pour les bains de vapeur, mais que ceux-ci puissent cependant être donnés dans tous les instants sans nécessiter un chauffage particulier.
Enfin, auprès de l'étuve doit exister un cabinet avec lit de repos pour le malade, et un nombre de couvertures suffisant pour développer et entretenir la sueur. Dans les hôpitaux, au lieu d’avoir une étuve qui ne contienne qu'un seul malade, on a une étuve plus grande où l'on dispose des gradins demi-circulaires sur lesquels s’assoient les malades; au fur et à mesure qu'un malade s'élève dans cette espèce d’amphithéâtre, il y trouve une température plus forte, la vapeur la plus chaude tendant à gagner la partie supérieure de la salle.
Ceci posé, indiquons de quelle manière lebain de vapeur peut être pris. A cet égard, nous distingucrons les variétés désignées sous les noms de : bains simples, bains russes, bains avec massage, vergeture, onctions, dits bains ottomans.
Modes divers d'administration des bains de vapeur. — Le bain le plus simple consiste à étendre le malade nu sur le lit de camp, l'étuve, par l'émission préalable de la vapeur, étant chauffée à 35 degrés centigrades. Après quelques minutes, on élève peu à peu et graduellement la température en ouvrant le robinet de vapeur à moitié, de manière à monter successivement à 38, à 40 ou à 42 degrés. Cette température est suff-