BAINS KT DOUCHES DE VAPEUR
sante pour les personnes d’un tempérament lymphatique ou lymphatico-sanguin qui suent facilement. Une fois atteinte, on peut l'entretenir en ouvrant de temps en temps le robinet ou en le laissant ouvert au sixième ou au huitième de son diarrètre. C'est aussi la température qui convient pour tous les malades atteints d’affections cutanées sécrétantes. En l’élevant au delà, on irrite la peau et les surfaces malades que l’on aggrave au lieu de les guérir.
Une personne qui sue difficilement a besoin d’une température plus forte ; mais à cet égard je préfère n'obtenir la sueur qu'au troisième où au quatrième bain, sauf à maintenir une basse température. Quand il s’agit d’affections rhumatismales, où il ne faut pas seulement procurer de la sueur, mais où il convient de porter une certaine excitation à la peau, on peut faire monter l’étuve à 50 et à 55 degrés; c’est même la routine de tous les bains de vapeur à Paris. Elle est très fâcheuse pour les maladies de la peau, et j'ai beaucoup de peine à obtenir un abaissement de température pour mes malades.
Au surplus, il en doit être de même d’un bain de vapeur comme d’un bain d’eau: il faut qu'il soit agréable au malade, et du moment qu'il amène des palpitations notables, du mal de tête, la sensation de battements dans la tête, c’est qu’il est trop chaud.
La durée du bain est généralement de vingt à vingt-cinq minutes.
Ce bain, pris de cette manière, est moins favorable que lorsqu'on le modifie comme il suit. Après les dix premières minutes, on fait placer le malade sous la pluie d’eau que l’on donne d’abord tempérée et que l'on rafraichit peu à peu, le tout pendant une ou deux minutes ; puis le malade se replace sur son lit de camp. Une pareille douche lui est donnée dix minutes après ; enfin il reçoit sur les pieds une douche d’eau très chaude.
Alors on le couvre d’un peignoir brûlant et d’un manteau de laine ; on lui enveloppe la tête et les oreilles avec une serviette
brûlante. On le couche sur le lit de repos. On l’y étend, les bras allongés le long du corps; on enveloppe les pieds et les cuisses d'une serviette très chaude, on emmaillotte le corps de plusieurs couvertures, et on l’abandonne à lui-même. Là il entre en pleine transyiration, et après vingt minutes écoulées on lui recommande d'écarter un peu les jambes et les bras du corps pour affaiblir la sudation. Il reste ainsi trois quarts d'heure dans le lit ; après quoi il s'habille, sort de l'établissement, et fait une course à pas rapides pour entretenir la moiteur, ou s’il ne peut agir, il est convenable de le faire rentrer chez lui en voiture.
Dans le bain russe, on chauffe brusquement le malade en faisant arriver de la vapeur jusqu’à 55 degrés de température ; après quelques minutes, on met le malade sous la douche froide. On recommence la sudation et la douche quatre ou cinq fois dans l’espace de vingt à vingt-cinq minutes. On prend un balai de feuilles et de tiges fines de bouleau avec lequel on frappe toute la surface du corps pour stimuler la peau; le malade s’essuie, s'habille aussitôt et fait une promenade à pas rapides.
Dans le bain oriental, non seulement on pratique ces opérations, mais on y joint le massage de tous les muscles après avoir enduit de savon toute la surface du corps, puis des lavages successifs de la peau, et enfin des frictions avec des essences.
Ce qui doit préoccuper le. médecin dans l'emploi de ces bains, c’est l’activité qu'ils peuvent faire prendre momentanément à la circulation ; de là, chez certaines personnes, des battements plus ou moins violents à la tête, chez d’autres des palpitations, chez quelques unes une certaine oppression. Les deux premiers phénomènes sont presque toujours tempérés : 1° par des bains moins chauds, 2° par l'usage répété de l'éponge froide appliquée sur la tête ou sur la région du cœur. Quant à l’oppression, elle n’est que temporaire, et il est d’observation que ces mêmes personnes qui ne supportent que difficilement les bains de vapeur, supportent encore plus difficilement le poids de l’eau dans les baignoires. Toutefois, comme on peut diminuer la hauteur de l’eau dans celle-ci, ce que l'on ne peut
HYGIÈNE DES BAINS. 137 pas faire à l'égard du bain de vapeur, il s’ensuit qu'il faut y aller avec beaucoup de modération à leur égard.
Je n'ai jamais vu d'accidents graves survenir dans un bain de vapeur, à moins qu'ils n'aient été le résultat d'imprudences ou de négligence.
Une circonstance importante à connaître, c'est qu’un bain de vapeur peut être pris après avoir mangé. Il y a plus, il vaut mieux ne pas y aller à jeun : prendre un potage, un bouillon avant d'y entrer. En un mot, ces bains ne troublent pas la digestion comme le font les bains d’eau.
Quant aux douches de vapeur, elles se donnent à l’aide d’un tuyau d’ajutage enté sur le tuyau de conduite. Elles sont toujours en jet. Il est d'usage de les prendre aussi chaudes que
possible.