OXYDES DU PLOMB
4» Oxyde plombique, Pb.
L'oxyde plombique pur est jaune , et sa poudre a une teinle rougeâtre. Exposé à l'air pendant longtemps , il attire un peu d'acide carbonique, mais sans changer de couleur, et ensuite, fait légèrement effervescence avec les acides. Il fond aisément au rouge obscur; après avoir été fondu en grande quantité, il est écailleux et de couleur orangée ou jaune; mais sa poudre est d'un jaune rougeâtre. En fondant, il dissout des terres et des oxydes métalliques. Au rouge blanc, il se volatilise, surtout lorsqu'on le chauffe à l'air. Quand il est mêlé avec des substances organiques, ou avec du charbon en poudre, il se réduit très-facilement par Faction de la chaleur. 11 n'est pas tout-à-fait insoluble dans l'eau pure; mais il ne se dissout point dans celle qui contient de petites traces d'un sel quelconque. Son meilleur dissolvant est l'acide nitrique, ou aussi l'acide acétique. Quand ces acides ne le dissolvent pas d'une manière complète, c'est une preuve qu'il n'est pas pur. La lilharge qu'on trouve dans le commerce contient fort souvent de l'acide silicique, qui reste quand on la traite par les acides. Les sels plombiques sont incolores; ils ont une agréable saveur douce et styptique.
Une dissolution de potasse produit, dans les dissolutions des sels plombiques solubles , un précipité blanc d'hydrate plombique, qui se dissout dans un assez grand excès du réactif, surtout à l'aide de la chaleur.
V ammoniaque détermine un précipité blanc, qui ne se redissout point dans un excès d'alaili , et qui consiste ordinairement en un sel plombique basique. (Une dissolution d'acétate plombique n'est point troublée par l'ammoniaque, même lorsqu'elle a été amenée
à un état d^asBez grande concentration; mais, au bout d'un long laps de temps > il se dépose un acétate surbasique.)
Une dissolution de carbonate potassique donne, dans les disso« lutionsplombiques, un précipité blanc de carbonate plombique, qui est insoluble dans un excès du réactif, mais soluble dans la potasse pure.
Une dissolution de bicarbonate potassique produit le même précipité de carbonate plombique, avec dégagement de gaz acide carbonique.
Une dissolution de carbonate ammoniacal se comporte, avec les dissolutions plombiques, de même que celle du carbonate potassique.
Une dissolution de phosphate sodique forme, dans les dissolutions plombiques neutres, un précipité blanc, de phosphate plombique» qui est soluble dans une dissolution de potasse pure.
Uune dissolution d'adde oxalique fait naître sur-le-champ un précipité blanc, d'oxalate plombique, dans les dissolutions plombiques neutres.
Une dissolution de cyanure ferroso -potassique produit un précipité blanc, de cyanure ferroso-plombique, dans les dissolutions plombiques.
Une dissolution de cyanure ferrico-potasrique ne détermine pas de précipité dans les dissolutions plombiques , parce que le cyanure ferrico-plombique est soluble dans Teau.
Vin/ution de noix de galle procure un précipité jaunâtre saie dans les dissolutions plombiques neutres.
Le suljhydrate ammonique y occasioue un précipité noir, de sulfiire plombique, qui est insoluble dans un excès du réactif. Si le suif hydrate ammonique n'est pas récemment préparé, et qu'il ait une couleur très-jaune, il peut donner lieu à un précipité rougebrun , qui néanmoins noircit toujours par le repos. Une dissolu* tion de sulfure de potassium, tel que celui qui existe dans le foie de soufre ordinaire, fait aussi naître un précipité rouge-brun dans les dissolutions plombiques , et ce précipité noircit également par reflTet du repos.
Le sul/ide hydrique , dissous dans l'eau ou à l'état gazeux » prodoit un précipité noir de sulfure de plomb dans les dissolutions I. 0
èl COMBINAISONS SIMPLES. BASES.
plombiques neutres et acides. Lorsque celles-ci ne contiennent qa*une quantité extrêmement faible d'oxyde plombique» le sulfide hydrique dissous dans Teau leur fait prendre une couleur brune. Si l'on verse une dissolution de sulfide hydrique, à laquelle on SI ajouté de l'acide chlorhydrique, dans une dissolution plombiquo, en ayant soin que le sulGde ne prédomine pas, on obtient un précipité rouge, ou rouge-brun, qui cependant noircit de lui-même au bout de quelque temps. Ce précipité devient noir sur-le-champ, si Ton a versé davantage de réactif.
Une baguette de zinc métallique, plongée dans les dissolutions plombiques, précipite le plomb à l'état métallique, sous la forme de paillettes brillantes d'un gris-noir.
Les dissolutions plombiques sont encore précipitées par quelques léactifs qui ne font point naître de précipité dans celles de la plupart des oxydes dont il a été question jusqu'ici.
VaatU ulfurique étendu et les dissolutions de sulfates donnent , dans les dissolutions plombiques , un précipité blanc de sulfate plombique, qui est presque insoluble dans l'eau , mais qui se dissout dans une dissolution de potasse. C'est surtout ce précipité qui fait reconnaître la présence de Toxyde plombique dans les dissolutions , puisque l'acide sulfurique ne produit qu'avec la baryte» la strontiane, la chaux et l'oxyde plombique, des combinaisons qui soient insolubles ou peu solubles dans les acides étendus. Le sulfate plombique diffère des sulfates terreux en ce qu'il se dissout dans une dissolution de potasse, et surtout en ce qu'il noircit instantanément lorsqu'on l'humecte avec du sulfhydrate ammonique. Ce sel se dissout dans l'acide chlorbydrique, avec le secours de la chaleur, et la liqueur, en se refroidissant, dépose des écailles cristallines de chlorure plombique. Le sulfate plombique est également un peu solublo à chaud dans l'acide nitrique, à moins toutefois que cet acide ne soit étendu. Les réactifs dans lesquels il se montre le plus sohible sont les dissolutions de quelques sels, no*- Tamment celle de l'acétate ammonique. C'est dans l'acide sulfu* rique étendu qu'il est le moins soluble.
Vacide chlorliydrique et les dissolutions de chlorures tiiéialliques' produisent, dans les dissolutions plombiques qui ne sont pas trèsétendues, un précipité blanc de chlorure plombique, susceptible
OXYDES Vë plomb. ^
de se redîssoudre par la seule addition deTeau. L'ammoniaque lait naître dans cette dissolution de chlorure plombique un précipité blanc, qui est une combinaison de chlorure et d'oxyde plombiques. Le précipité qi!Î résulte de Facîde chlorhydrique ou des dissolutions de chlorures métalliques, se dissout aiieaMMis la potasse.
Le chlorure plombique est plus solt|bW'daBS Teaa pure que dans celle qui contient de l'acide chlorhylij îqûe fibi-e ; aussi éb dei^ nier le précipile-l-il de ses dissolutions aî)oiwSieéeoiïceotPéeSi,l'^y
Une dissolution d'iodure potassique détermîhè, dànS te^ digôôlul tions plombiques, un précipité jaune d'iodure plombique, qui est soluble dans un grand excès du réactif.
Une dissolution de chromate potassique fait naître, dans les dissolutions plombiques, un précipité jaune de chromate plombique, qui est insoluble dans Tacide nitrique étendu, mais qui so dissout dans une dissolution de potasse pure. Mis en digestion avec de l'ammoniaque, ce précipité jaune devient roageâtre, parce qu'il se convertit en chromate plombique basique.
Les sels plombiques solubles dans l'eau se décomposent quand on les fait rougir à l'air. Toutefois le sulfate ne se décompose point par l'action de la chaleur rouge.
Les dissolutions des sels plombiques neutres rougissent le papier de tournesol.
La plupartdessels plombiques insolubles dans l'eau se dissolvent .fans l'acide nifrique. Quand cette dissolution n'est point trop acfde, et qu'on ne Ta pas étendue d'une trop grande quantité d'eau, l'acide sulfurique y fait naître un précipité. Le sulfate plombique n'est point soluble dans l'acide nitrique étendu; mais on le reconnaît aisément pour un sel métallique à ce qu'il noircit aussitôt qu'on l'humecte avec du sulfhydrate ammonique, et à ce que, traité au chalumeau avec de la soude, sur du charbon, il donne très-promptement du plomb métallique.
Au chatumeauy les sels plombiques se reconnaissent à ce qu'après avoir été mêlés avec de la soude, ils se réduisent très-facilement, sur le charbon, à la flamme intérieure, en grains de plomb métallique, qui s'aplatissent sous le marteau, et ne sont point cassans, tandis que le charbon se couvre d'un enduit jaune.
6fc COMBtTÏÀfêONS SiUPLËâ. BASES.
Les dissolutions plombiques sont très-faciles à distinguer de
celles d'autres oxydes par leur réaction avec l'acide sulfurique
étendu. On les distingue de celles de la baryte, de la strontiane
et de la chaux, par la manière dont elles se comportent avec le
sulfhydrate ammonique et au chalumeau.
Une dissolution plombique a beau contenir beauox)up de mbstances organiques, et même leur devoir une couleur très-runée, l'acide sulfurique n'en précipite pas moins pour cela l'oxyde plombique. On constate sans peine la présence de ce dernier dans le précipité, en le fondant au chalumeau, sur du charbon, avec de la soude. Si la dissolution contient de la gomme , du sucre ou d'autres substances organiques, le sulfate plombique ne se dépose pas bien , mais il reste long-temps en suspension dans la liqueur, et l'on a de la peine à le rassembler sur un filtre.
Lorsqu'une liqueur chargée d'une grande quantité de substances organiques ne contient que des traces d'oxyde plombique, on n'obtient pas de précipité par l'acide sulfurique. Dans ce cas, on rend la dissolution très-légèrement acide en y ajoutant de l'acide nitrique, et on la fait traverser par un courant de gaz sulfide hydrique; l'oxyde plombique se trouve par là complètement précipité à l'état de sulfure plombique; cependant le précipité n'est complètement réuni qu'au bout d'un assez long espace de temps. Si la quantité de liqueur est peu considérable, il suffît d'y verser de la dissolution de sulfide hydrique en excès, pour en précipiter l'oxyde plombique à l'état de sulfure plombique, que l'on fond également^au chalumeau avec de la soude, sur du charbon, pour en obtenir le plomb métallique. Lorsqu'au contraire l'oxyde plombique est associé à des substances organiques solides ou en bouillie, le mieux est de mêler le tout avec du carbonate sodiquc, et de le faire rougir dans un creuset de Hesse cou vert ; cependant il faut éviter alors de donner une chaleur trop forte, dans la crainte que le plomb réduit ne se volatilise. Après le refroidissement, on broie la masse fondue dans un mortier d'agate, avec de l'eau, et on sépare le charbon avec soin par la lévigation ; le plomb métallique reste dans le moriicr, et peut être reconnu aisément poiii ici.
OXYDES DE PLOMB. gg
2® Suroxyde plombeux. (Vraisemblablement 2 Pb + Pb).
Cet oxyde est pulvérulent et de couleur rouge briquelée. Lorsqu'on le chauffe légèrement, il noircit; mais, par le refroidissement, il redevient rouge. A une plus forte chaleur, il se convertît eu oxyde plombique, avec dégagement de gaz oxygène. Les acides nitrique et acétique le brunissent-, ils le convertissent en suroxyde plombique qui reste, et en oxyde plombique qui se dissout dans Tacide. Il produit également du suroxyde plombique quand on le Iraile par la dissplulion aqueuse de chlore. Lorsqu'on le fait chauffer avec de l'acide chlorhydrique, il se produit du chlorure plombique , avec dégagement de chlore gazeux ; cependant la première action à froid de cet acide donne naissance à un peu de suroxyde plombique. Le suroxyde plombeux n'est point attaqué par la potasse.
Quand on traite le suroxyde plombeux par l'acide nitrique et des substances organiques, un peu de sucre, par exemple, il ne se forme pas de suroxyde plombique, mais le suroxyde plombeux se convertit, avec dégagement de gaz acide carbonique, en oxyde plombique, qui se dissout dans l'acide. La brique pîlée, la silice et autres substances que la fraude a pu mêler avec lui, restent in-< dissoutes, et il devient facile de les reconnaître.
A.U chalumeau, le suroxyde plombeux se comporte comme l'oxyde plombique, parce que l'action de la chaleur le convertit en ce corps.
3° Suroxyde plombique, Pb.
Cet oxyde est d'un brun foncé et pulvérulent. Quand on le fait chauffer, il d^age du gaz oxygène, et se convertit en oxyde plombique, sans former d'abord de suroxyde plombeux. Lorsqu'on le chauffe avec de l'acide chlorhydrique, il se convertit, même à froid, en chlorure plombique, avec dégagement de chlore gazeux.
Au chalumeau, il se comporte de môme que l'oxyde plombique (1).
(i) Les expériences récentes de M. Pelouze, qui confirment et étendent celles de MM. Dulong et Boussingault , mettent hors de doute Vex^stçnçe