‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 2)Chapitre 59 sur 167 · ACIDE DU PHOSPHORE · texte numérisé non relu

ACIDE DU PHOSPHORE

suite aux épreuves qui viennent d'être décrites, atin d'y constater la présence de l'acide phosphorique.

Si l'acide phosphorique est combiné avec un oxyde métallique qui ne puisse être précipité, à l'état de sulfure métallique, ni de ses dissolutions acides par le gaz sulfide hydrique, ni de sa dissolution saturée ou sursaturée avec l'ammoniaque par le sulfhydrate ammonique, mais qui soit insoluble dans une dissolution de potasse, on parvient au moins à séparer de cet oxyde la plus grande partie de l'acide phosphorique, en dissolvant le phosphate dans le moins possible d'acide, et le faisant bouillir avec un excès d'une dissolution de potasse. Par ce procédé, l'oxyde se précipite ordinairement avec la couleur qui lui est propre, et combiné avec une petite quantité d'acide phosphorique, tandis que la plus grande partie de ce dernier se trouve contenue, à l'état de combinaison avec de la potasse, dans laliqueurqu onséparedu précipité par la filtration. On trouve l'acide phosphorique dans cette dernière, par les moyens qui viennent d'être indiqués. Les acides qui se comportent avec les réactifs de la même manière que l'acide phosphorique, sont aussi, quand on suit cette marche, séparés de la base avec laquelle ils étaient combinés. A l'aide du procédé qui vient d'être décrit, on constate la présence de l'acide phosphorique quand il était combiné avec de l'oxyde chromique et de l'oxyde céreux; souvent aussi cette méthode conduit plus vite que celles qui ont été exposées précédemment à la découverte de l'acide phosphorique, quand il se trouvait combiné avec de la magnésie, de l'oxyde manganeux, les oxydes du fer, l'oxyde niccolique et autres bases.

Quand un phosphate est combiné avec un sulfate, ce qui arrive souvent, et que les bases des sels sont des alcalis, de manière que ceux-ci soient susceptibles de se dissoudre dans l'eau , on peut, pour constater la présence de l'acide phosphorique, se servir d'une dissolution de sulfate magnésique; en l'employant d'après les réglée qui ont été tracées précédemment, on obtient le précipité de phosphate ammonico-magnésique.

Pour trouver Tacide phosphorique dans des quantités extrêmement petites de phosphates, on procède de la manière suivante, d'après Thénard et Vauquelin. On met au fond d'un petit tube de verre soudè-à Tune de ses extrémités, un peu de pot^issium ou de

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sodium, sur lequel on place la petite quantité de substance dans laquelle on veut rechercher la présence de Tacide phosphorique, et dont il suffit pour cela d'avoir un demi-milligramme, pourvu qu'elle soit bien sèche. On fait alors chauffer le tout avec ménagement jusrqu^au rouge, température à laquelle le potassium ou le sodium ré« duitTacide phosphorique, et le convertit en phosphure de potassium ou de sodium; on enlève Texcès de potassium ou de sodium à Taide d'un peu de mercure qu'on introduit dans le tube et qu'on ne tarde pas à faire écouler. Alors, au moyen d'un tuyau délié, on souffle avec précaution sur la masse qui reste dans le tube, . afin de Thumecter avec Thaleine. Lorsqu'ensuite on la retire du tube, elle exhale avec force Todeur caractéristique du gaz phosphure d'hydrogène.

Au chalumeau, la présence de l'acide phosphorique dans les phosphates solides se découvre, d'après Berzeiius, de la manière suivante. On fait fondre avec de Tacide borique, sur du charbon, un peu de la combinaison qu'on veut essayer, et lorsque la masse a cessé de se boursouffler, on enfonce dans le globule un petit bout de fil d'acier, assez long pour le dépasser des deux côtés, puis on chauffe fortement avec la flamme intérieure. Après le refroidissement, on enlève le globule de dessus le charbon, et on le met, enveloppé dans un morceau de papier, sur une enclume, où on le frappe légèrement avec un marteau; par ce moyen» on opère la séparation du phosphure de fer qui s'est produit, et qui se présente sous la forme d'un culot métallique rond, attirable à l'aimant, cassant, et susceptible de se briser quand on le frappe fortement avec un marteau. On ne saurait, par ce procédé, découvrir une petite quantité d'acide phosphorique dans la substance soumise à l'essai; il faut aussi que cette substance ne contienne ni acide sulfurique, ni acide arsenique, ni aucun oxyde métallique capable d'être réduit par le fer, attendu que, dans ce cas» on obtient un globule également cassant, fusible, et semblable au phosphure de fer sous certains rapports. Si cependant la substance est demeurée long-* temps en fusion avec l'acide borique, celui-ci en a chassé tant l'acide sulfurique que l'acide arsenique et l'acide arsenieux. Cette méthode exige qu on soit un peu exercé au maniement du chalumeau.

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