‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 3)Chapitre 33 sur 115 · MANGANÈSE · texte numérisé non relu

MANGANÈSE

point d’eau. Je ferai connaître plus loin ( à Tarticle drogène) comment on s’y prend pour déterminer le poids de l’eau.

L’oxide manganoso-manganique est un degré d’oxidation du manganèse , qui, d’après les expériences d’Arfvedson , ne change point par l’action de la chaleur rouge. L’oxide manganeux et le carbonate manganeux passent aisément à cet état, lorsqu’on les fait rougir fortement dans un creuset de platine, au dessus d’une lampe à esprit-de-vin à double courant d’air, en ne s’opposant pas complètement à l’accès de l’air. Cependant l’oxide manganique et le suroxide de manganèse ne se convertissent en oxide manganoso-manganique qu’au rouge-blanc. Il es^t donc nécessaire de les faire rougirau feu de charbon dans un petit creuset de platine taré qu’on a placé dans un creuset plus grand.

S’il existe encore des substances étrangères dans celle qu’on analyse , on dissout celle-ci dans de l’acide bydrocblorique, avec le secours de la chaleur ; on traite ensuite la dissolution de manière à séparer l’oxide manganeux dissous des principes conslituans étrangers qui peuvent se trouver avec lui.

Manière de séparer V oxide manganeux de la zircone^ des oxides du cérium , de VjUria et de la tliorine. — On peut fort bien employer, pour séparer l’oxide manganeux de ces substances , le procédé auquel on a recours pour les isoler de la magnésie. L’oxide manganeux n’est point précipité par l’ammoniaque, lorsque la dissolution contient une très-grande quantité de chlorure ammonique. Les autres substances, au contraire, sont précipitées par cet alcali. Une précaution importante à observer dans cette opération , c’est de filtrer promptement le précipité, parce que l’oxide manganeux ne larde pas à absorber de l’oxigène dans la dissolution ammoniacale, et qu’il se sépare ainsi à l’état d^oxidemanganique. On parvient

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mieux par le sulfate potassique que par l’ammoniaque, à séparer l’oxide manganeux des oxides du cérium et de la lliorine, ces substances étant précipitées par lui de la manière qui a été indiquée ( p. 44 et 47 )• Après leur précipitation , on précipite à son tour Foxide manganeux.

Manière de séparer ï oxide manganeux de V alumine et de la glucine. — On peut aussi recourir à la même méthode pour séparer Foxide manganeux de l’alumine et de la glucine. Mais toujours alors, même lorsque la liqueur contient beaucoup de chlorure ammonique, l’ammoniaque pure précipite un peu d’oxide manganeux avec Falumine et la glucine. On s’en aperçoit à ce que les terres précipitées ne tardent pas à se colorer un peu en brunâtre au contact de l’air, parce que, sous l’inÜuence de ce dernier, la petite quantité d’oxide manganeux se convertit en oxide manganique. C’est pourquoi il faut redissoudre Falumine et la glucine précipitées dans une dissolution de potasse pure, qui n’attaque point Foxide manganique. Au total, on doit procéder comme on a coutume de le faire pour séparer la magnésie de Falumine au moyen de l’ammoniaque, et ainsi qu’il a été dit précédemment , p. 35. On peut aussi séparer immédiatement Falumine, la glucine et Foxide manganeux par la potasse, en faisant bouillir légèrement la dissolution avec un excès de dissolution de potasse pure. Cependant si la liqueur contient beaucoup de sels ammoniqües, il est mieux et moins dispendieux de décomposer celle-ci à chaud par le carbonate potassicjue. Le bicarbonate potassique , au contraire, ne saurait servir à séparer Foxide manganeux de Falumine, parce cjue l’oxide manganeux n’est dissous qü’en très-petite quantité par ce sel.

Maniéré de séparer l’oxide rnans^aneux de la magjié-^ sie — On procède de la manière suivante pour séparer Foxide manganeux de la magnésie. A la dissolution de ces deux substantes on ajoute assez de ehlorure ammonique

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pour que l’ammoTiiaque . qu’on vient ensuite à y verser ne produise plus de précipité. Si la dissolution- est acide, on n’a pas besoin d’ajouter de clilorure ammonique , parce que la saturation, au moyen de l’ammoniaque, fait naître assez d’un sel ammonique. Ou ajoute ensuite assez de sulfhydrate ammonique pour que tout l’oxide manga-^ lieux soit précipité h l’état de sulfure manganeux. Il n’est même pas nécessaire ici que le sulfhydrate ammonique ne contienne point d’ammoniaque libre. L’oxide manganeux est précipité h l’état de sulfure manganeux, avec une couleur de chair tirant davantage sur le rouge quand ce dernier est en assez grande quantité. Lorsque tout s’est parfaitement déposé', on filtre la liqueur- si l’on voulait filtrer celle-ci avant que le précipité se fut complètement rassemblé, elle passerait avec trop de lenteur à travers le papier. Le sulfure manganeux est ensuite lavé, non aved de l’eau pure, mais avec de l’eau à laquelle on a ajouté du sulfhydrate ammonique. Apres avoir subi le lavage, îl change très-promptement de couleur sur le'^fil.t're ^ il absorbe de l’ôxigène, et devient à la surface d’abord brun,puis enfin noir.’ La promptitude avec laquelle le sulfure manganeux s’oxide , fait qu’il est absolument nécessaire ici que la filtration et le lavage se succèdent d’une manière immédiate. La même cause empêche aussi qu’on puisse calculer la quantité de l’oxide manganeux ’ d’après le poids de ce sulfure. C'est pourquoi on l’introduit avec précaution, ainsi que le ^Itre humide, dans un verre à patte, et l’on verse dessus de l’acide hydrochlorîque. Il se dégage du gaz sulfide hydrique. On chauffe le verre très-doucement, jusqu’à ce que la liqueur n’exhale plus rôdeur de ce gaz. Alors on filtre celle-ci, et on en précipite l’oxide manganeux, à l’aide du carbonate potassique. On peut aussi convertir l’oxide manganeux en sulfate manganeux, comme il a été dit précédemment, p. 5i, La liqueur séparée du sulfure manganeux par la filtra^-

'S6 traité d'aiîAlysé chimique,’

tîon contient la totalité de la magnésie. On commence par la rendre nn peu acide, en y ajoutant de l’acide hydroclilorique, afin de détruire l’excès qu’on a mis de sulfhydrale ammonîque, et on la laisse digérer long-temps, à une douce chaleur, jusqu’à ce qu’il ne s’en exhale plus d’odeur de sulfide hydrique. Alors on filtre cette liqueur, de laquelle s’est séparé du soufre très-divisé, et on détermine quantitativement la magnésie qui s’y trouve. On précipite celle-ci par le carbonate potassique, ou, ce qui vaut mieux, on la convertit en sulfate magnésique.

Souvent aussi on précipite la magnésie et l’oxide manganeux ensemble par le carbonate potassique, puis on les dissout dans de l’acide hydrochlorique, et on les sépare l’un de l’autre à l’aide des moyens qui viennent d’être décrits.

Stromeyer a indiqué une autre méthode pour séparer l’oxide manganeux de la magnésie. On fait passer un courant de gaz chlore à travers la liqueur qui tient en dissolution ces deux substances, qu’ordinairement on a dissoutes dans* de l’acide hydrochlorique. Ce courant de gaz chlore y produit à froid du chlorure manganique. Une dissolution de bicarbonate potassique, versée ensuite dans la liqueur, en précipite de l’oxide manganique, mais ne précipite point la magnésie. En évaporant ensuite jusqu’à siccilé la liqueur filtrée, à une forte chaleur, on obtient cette dernière. Stromeyer prescrit, pour opérer la précipitation de la magnésie, une dissolution de phosphate sodique à laquelle on a ajouté de l’ammoniaque.

Au lieu du chlore gazeux, on peut employer l’eau de chlot’e, quand on n’a que des quantités faibles d’oxide manganeux à séparer de la magnésie. On peut également se servir du brome avec avantage, lorsque l’oxide manganeux est plus abondant.

Manière de séparer V oxide manganeux de la chaux. -*-On peut s’y prendre de plusieurs manières pour séparer l’oxide manganeux de la chaux. Si l’on n’a que fort peu

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d’oxîde manganeux à séparer d’une très grande quantité de chaux, on ajoute à la dissolution assez étendue d’eau une quantité suffisante de chlorure ammoni que pour que, quand ensuite on la sursature légèrement d’ammoniaque, il ne s’y forme pas de précipité. Si la dissolution est acide, on n’a pas besoin d’y ajouter de chlorure ammonique. On précipite alors la chaux au moyen de l’oxalate ammonique, puis on chauffe le tout, afin de pouvoir filtrer rapidement l’oxalate caleique ^ car lorsqu’on diffère la filtration, le sel se trouve mêlé avec un peu d’oxide manganique provenant de ce qu’une petite quantité de l’oxide manganeux contenu dans la liqueur a absorbé de l’oxigène et est devenu ainsi insoluble. On précipite alors l’oxide manganeux de la liqueur séparée de l’oxalate calcique par la filtration; on peut aussi convertir cet oxide en sulfate manganeux.

Cependant la méthode que je viens de décrire n’est point applicable quand on a beaucoup d’oxide manganeux à séparer de la chaux. En effet , dans ce cas , non-seulement il est beaucoup plus difficile d’éviter que de l’oxide manganique vienne à se mêler avec l’oxalate calcique, mais encore il peut se précipiter réellement un peu d’oxalate manganeux avec ce dernier sel , surtout lorsque la liqueur n’est pas fort étendue. Il fautdone en pareille circonstance avoir recours à une autre méthode. On ajoute à la liqueur assez de chlorure ammonique pour que l’ammoniaque qu’on y verse ensuite ne détermine pas de précipité. Cette addition de chlorure ammonique n’est point nécessaire quand la liqueur est acide , parce que la sursaturation de celle-ci avec de l’ammoniaque produit assez de sel ammonique. On précipite ensuite l’oxide manganeux, à l’état de sulfure manganeux, par le moyen du sulfhydrate ammonique ; on filtre très-promptement le sulfure, après qu’il s’est un peu déposé, et l’on couvre l’entonnoir et le verre avec des plaques de verre, afin de s’opposer autant que

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possible nu contact de l’air atmosphérique, dans la cr^^inte que du carbonate calcique ne se mêle avec le sulfure manganeux. Le mieux est de mettre la liqueur dans une bouteille susceptible d’être bouchée , avant d y ajouter le sulfhydrate ammonîc[ue, afin que le sulfure manganeux puisse bien se rassembler sans que l’accès de l’air atmosphérique soit à craindre. Après avoir lavé le sulfure avec de l'eau à laquelle on a ajouté un peu de sulfhydrate ammonique, on le traite par l’acide hydrochlorique de la manière qui a été indiquée précédemment. Quant à la liqueur qiii a été séparée du sulfure manganeux par la filtration, on y ajoute dé l’acide hydrochlorique jusqu’à ce qu’elle soit devenue acide , afin de détruire le sulfhydrate ammonique qui a été mis en excès, et on la chauffe doucement jusqu’à ce qu’elle n’exhale plus l’odeur du sulfide hydrique. Pendant celte opération, il se sépare toujours des traces dé soufre, dont on doit débarrasser la liqueur en la filtrant. On sursature ensuite un peu la dissolution avec de l’ammoniaque, et on précipite la chaux par l’oxalate ammonique.

On peut aussi se servir avec beaucoup d’avantage du chlore gazeux ou du brome pour séparer l’oxide nianganeux de la chaux. Après que le manganèse a été converti,dans la dissolution hydrochlorique des deux basés, en chlorure ou en bromure manganique, on introduit la liqueur dans une bouteille susceptible d’être bouebée. Là, au moyen d’un léger excès d’ammoniaque étendue, oh précipite l’oxide manganique, on bouche la bouteille, pour prévenir l’accès de l’air atmosphérique, et on laissé l’oxide se séparer complètement. On décante ensuite le liquide clair j on lave très-rapidement l’oxide manganique, afin qu’il ne s’y mêle pas de carbonate calcique, et on précipite la chaux de la liqueur filtrée par le moyen de l’oxalale ammonique.

Maniéré de séparer V oxide manganeux de V alumine ^

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de la magnésie et de ïa chaux. — Lorsqu’on a de l’aluminc , de la magnésie et de la chaux à séparer de l’oxidè manganeux, la marche qu’on doit suivre varie suivant la quantité de ce dernier. Si la quantité en est peu considérable, on ajoute du chlorure ammonique à la -liqueur, précaution inutile quand elle contient de l’acide libres puis on précipite par l’ammoniaque l’alumine, qui entraîne toujours des traces de magnésie et d’oxide manganeux. Pendant la filtration, l’alumine est garantie autant que possible du contact de l’air atmosphérique, afin qu’il ne s’y mêle point de carbonate calcique. Ensuite on précipite la chaux de la liqueur filtrée par le moyen de l’oxalate ammonique. Alors, pour séparer de l’alumine les traces d’oxide manganeux et de magnésie qui l’accompagnent, on la traite par la potasse , de la manière qui a été indiquée précédemment, p. 55; les petites quantités d’oxide manganeux et de magnésie sont dissoutes dans de l’acide hydrochloriquc , et mêlées avec la liqueur qu’on a séparée de l’oxalate calcique par la filtration. On isole ensuite l’oxide manganeux de la magnésie par les moyens qui ont été décrits plus haut.

Lorsqu’au contraire la quantité d’oxide manganeux est assez considérable, apres avoir, précipité par l’ammoniaque l’alumine, avec des traces de magnésie et d’oxide mangaiieux, on filtre la liqueur, et on en précipite du sulfure manganeux, à l’aide du sulfhydrate ammonique. La liqueur séparée du sulfure manganeux par la filtration, est rendue acide par de l’acide hydrochlorique, et chauffée jusqu’à ce qu’il ne s’en dégage plus, d’odeur de sulfide hydriq que; ensuite on la filtre, on la sursature avec de l’ammoniaque, et on en précipite la chaux par le moyen de l’oxalate, ammonique. On peut mêler ensemble la dissolution du sulfure manganeux, la dissolution hydrochlorique des traces d’oxide manganeux et de magnésie qui se sont précipitées avec l’alumine et qui en ont été séparées par

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la potasse , et la liqueur debarrassée de l’oxalate calcique par la filtration , puis séparer la magnésie de l’oxide manganeux. Cependant il est mieux de précipiter l’oxide manganeux de la dissolution du sulfure manganeux , et la magnésie seule de la liqueur séparée de l’oxalate calcique par la filtration, puis d’analyser également seules et de déterminer quantitativement les traces de magnésie et d’oxide manganeux qui se sont précipitées en même temps que l’alumine.

Maniéré de séparer Voxide manganeux de la stron^ liane» — On peut séparer l’oxide manganeux de la stronliane par le procédé suivant : A la dissolution des deux bases on ajoute assez de chlorure ammonique pour que l’ammoniaque n’y détermine point ensuite de précipité. Si la liqueur est acide, on n’a pas besoin d’y ajouter de chlorure ammonique, et il suffit d’y verser de l’ammoniaque. On précipite ensuite l’oxide manganeux à l’état de sulfure manganeux. En filtrant ce dernier, il faut éviter le contact de l’air atmosphérique , afin qu’il ne se forme pas de carbonate strontianique. On rend alors acide la liqueur séparée du sulfure manganeux par la filtration , on la filtre pour la débarrasser du soufre qui a été mis en liberté , et on en sépare la stronliane. Cette méthode mérite la préférence sur celle qui consiste à précipiter la strontiane au moyen de l’acide sulfurique, parce que le sulfate strontianique n’est point absolument insoluble dans l’eau.

Maniéré de séparer Voxide manganeux de la baryte. — On sépare l’oxide manganeux de la baryte par l’acide sulfurique, en suivant la même marche que pour séparer la magnésie de celte dernière. D’après les expériences de Turner, il existe de la baryte dans presque tous les minérais de manganèse.

Maniéré de séparer Voxide manganeux des alcalis. —

Il n’y a aucune difficulté à séparer l’oxide manganeux des alcalis fixes. Après avoir rendu la liqueur ammonia-

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