XXI. Ï3ISAIUTH
Délerminalion du hismiilh et de l oxide hisniuthiqae,
> — Le meilleur réactif pour précipiter Foxide bismuthique de sa dissolution, est le carbonate ammoniacal , qui, mis en excès dans la liqueur , précipite complètement Foxide bismuthique. Peu importe alors que la dissolution c[ui contient le bismuth soit claire, étendue, acide, ou qu’elle soit devenue laiteuse par de Feau dont on Fâ étendue. Dans les premiers momens , le carbonate ammoniacal dissout une très-grande cjuantité d’oxide bismuthique *, mais, après que le tout est resté en repos pendant quelques heures, dans un endroit chaud, Foxide bismuthique s’est séparé en totalité , et la liqueur filtrée n’en lient plus en dissolution que des traces impondérables. Le précipité se laisse très-bien laver. Quand il est sec, on le fait rougir dans un creuset de porcelaine^ ce qui lui enlève sa couleur blanche et le rend jaune : lorsque la chaleur de la lampe à Fespril-de-vin n’est pas trop forte, il n’entre point en fusion. On nettoie autant que possible le filtre du précipité qui y adhère, et on le brûle à part, pour le réduire en cendre.
Le carbonate potassique précipite Foxide bismuthique aussi complètement que le carbonate ammoniacal. Cependant le précipité contient toujours des traces de potasse, avec quelque soin c[u’on Fait lavé. Mais le carbonate sodique ne précipite pas Foxide bismuthique aussi complètement que le carbonate ammoniacal et le carbonate potassique.
Lorsqu’on a de l’oxide bismuthicpie à précipiter quantitativement par le carbonate ammoniacal , il est absolument nécessaire que la dissolution soit tout-à-fait exempte
lUSMUTH.
(l’acide liydrocliloricjue. Si elle ne Test pas, l’oxide bismulliique se précipite bien d’une manière complète, mais le précipité contient alors du chlorure bismuthique, dont on ne peut obtenir la décomposition complète par aucun excès quelconque du réactif, lors même qu’on s’est servi de carbonate potassique. Quand on fait rougir ce précipité, après l’avoir séché, du chlorure bismuthique se sublime, et il reste de l’oxide bismuthicjue qui, cependant, retient encore du chlorure bismuthique. C’est pourquoi, lorsqu’il s’agit d’analyses quantitatives, on ne doit dissoudre l’oxide bismuthique que dans de l’acide nitrique et non dans de l’eau régale. Si l’on veut déterminer quantitativement l’oxide bismuthique, quand la dissolution contient de l’acide hydrochlorique , il faut le précipiter à l’état de sulfure de bismuth. Il suffit pour cela d’ajouter à la dissolution du sulfhydrate ammonique et un peu d’ammoniaque 5 il se précipite du sulfure de bismuth , qu’on lave bien , qu’on retire encore humide de l’entonnoir, avec le filtre, et sur lequel on verse de l’acide nitrique. Le sulfure de bismuth est attaqué, même à froid, par cet acide. Cependant on fait digérer le tout à une chaleur modérée jusqu’à ce que le soufre mis à nu ait pris une couleur bien jaune *, mais on ne prolonge pas trop la digestion. Ensuite on filtre la dissolution, on lave le soufre avec de feau qu’on a rendue acide en y ajoutant de l’acide nitrique, et on précipite l’oxide bismuthique par le carbonate ammoniacal.
Manière de séparer loxide bismuthique de Toxide plomhique, — Pour séparer l’oxide bismuthique de l’oxide plornbique, on ajoute à la dissolution des deux oxides de l’acide sulfurique en excès, et l’on évapore la liqueur jusqu’à ce que l’excès de ce dernier commence à se volatiliser. Ensuite on ajoute de l’eau, qui dissout le sulfate bismuthique, et produit une liqueur parfaitement claire, si l’acide su]furicj[ue prédomine encore en (juanlité suffi-
TRAITÉ d’analyse CHIMIQUE.
Santé. Le sulfate plombiqiie reste sans se dissoudre. On le réunit sur un dître , et on le lave avec de l’eau à laquelle on a ajouté un peu d’acide sulfurique^ puis on le fait sécher et on le calcine. Quant à la liqueur filtrée , on en précipite l’oxide bismuthique par le moyen du carbonate ammoniacal.
Cette méthode ne donne point un résultat fort exact , parce que le sulfate plombique n’est pas absolument insoluble dans l’eau et dans les dissolutions acides ; cependant l’acide sulfurique en dissout beaucoup moins que ne font d’autres acides.
Comme l’oxide bismuthique est précipité complètement par le carbonate ammoniacal , lorsqu’on met un excès de ‘ce réactif dans sa dissolution et qu’on laisse les deux corps en contact l’un avec l’autre pendant quelque temps, on ne peut point espérer de résultats exacts d’une méthode qui a été proposée pour séparer l’oxide bismuthique de l’oxide plombique, et qui consiste à dissoudre le premier de ces oxides dans un excès de carbonate ammoniacal, pour en séparer, par la filtration, le carbonate plombique, qui reste sans se dissoudre.
Manière de séparer V oxide bismuthique de V oxide cadmique. — On ne connaît point encore de méthode pour séparer l’oxide cadmique de l’oxide bismuthique.
Manière de séparer T oxide hisniuthique des oxides du nichel^ du cobalt^ du zinc ^ du for et du manganèse ^ des terres et des alcalis, — L’oxide bismuthique est séparé par le gaz sulfide hydrique de tous les oxides que ce réactif ne précipite point d’une dissolution acide. Cependant il faut avoir soin d’étendre avec de l’eau la dissolution de l’oxide bismuthique, quand on se propose d’en précipiter du sulfure de bismuth à l’aide du gaz sulfide hydrique. Mais comme la dilution avec de l’eau rend les dissolutions bismuthiques laiteuses, on doit commencer par ajouter de l’acide acétique à la liqueur, ce qui
urAne.
l’cmpêclie de se troubler ensuite quand on y verse de l’eau. Cette addition faitc^ on dirige un courant de gaz sulûdc hydrique à travers le liquide. Quant au sulfure de bismütli qui se précipite, on le décompose parles moyens qui ont été indiqués précédemment, après quoi on précipiteroxidè de la dissolution nitrique par le moyen du carbonate amimoniacal.
C’est par cette méthode qu’on sépare l’oxide bismuthique des oxides de nickel , de cobalt , de zinc , de fer et de manganèse , ainsi que des terres et des alcalis. Leà substances qui se trouvent combinées avec lui sont ensuite dégagées de la liqueur qu’on a séparée du sulfure de bismuth par la filtration. Cependant lorsque ces substances ne sont pas précipitables par le carbonate ammoniacal, comme il arrive aux alcalis fixes, on n’a pas besoiü d’employer le gaz sulfide hydrique afin d’opérer la séparation , et il suffit de recourir à une dissolution de carbonate ammoniacal, pour les dégager de l’oxide bismuthique.