L. BROME
Détermination du hrome. — La meilleure marche à suivre pour déterminer quantitativement le brome dans ses combinaisons avec des métaux,, consisterait, la plupart du temps, à peser une certaine quantité du bromure, à décomposer ce sel par l’acide sulfurique, aidé du concours de la cha'eiir, à déterminer la cpiantité du métal d’après celle de sulfate qu’on obtiendrait, et ensuite celle du brome d’après la perte. Comme il se dégage du gaz bromide hydrique, de l’acide sulfureux et du brome, pendant la décomposition des bromures métalliques par l’acidç sulfuricpie , la décomposition doit être exécutée, non dans un creuset de platine, mais dans une capsule de porcelaine. Cependant il est quelques bromures, comme , yjar exemple , le bromure mercurique , qui ne sont point décomposés par l’acide sulfurique.
Il y a encore une autre manière de déterminer la quantité du- métal dans des bromures métalliques. Si la combinaison est soluble dans l’eau ou dans les acides étendus, et que les bases soient précipitables de la dissolution acide par le gaz sulfîde hydrique, ou de la dissolution neuU’e par le sulfhydrate ammonique, on peut aussi recourir à ces réactifs pour séparer les métaux du brome et les déterminer ensuite quantitativement. Quand, au contraire, la combinaison ne se dissout point dans l’eau ou dans les acides, on peut souvent s’y prendre delà manière suivante pour déterminer la quantité de la base : On prend une portion de la combinaison, on la pèse, on la fait rougir avec du carbonate potassique ou sodique, et on traite la masse rougie par feau. Celle-ci dissout du bromure pq-
Br.OME.
tassique ou (lu bromure sodique, ainsi que l’excès qu’oii a rais de caibonale alcalin, tandis que les métaux restent à l’état d’oxides métalliques, lorsque ceux-ci sont insolubles dans une dissolution de carbonate alcalin.
Cependant, en suivant ces méthodes, on ne trouve la quantité du brome cjue par la perte. Mais on peut aussi la déterminer immédiatement îorscpi’il s’agît de bromures solubles dans l’eau , attendu que le brome donne des combinaisons insolubles, non-seulement avec l’argent, mais encore avec plusieurs autres métaux. La dissolution de nitrate argentique est le réactif qui convient le mieux pour déterminer quantitativement le brome dans des bromures métalliques solubles. Le bromure argentique c|u’on obtient est traité de meme que le chlorure argentique qui a été précipité par unedissolution de nitrate argentique (p. i35). Il faut aussi , dans la précipitation de ce bromure, observer les mêmes précautions que dans celle du chlorure.
La détermination du brome dans les bromures volatils, liquides et solides, peut être obtenue par les mêmes moyens que celle du chlore dans les chlorures volatils (p. 453).
Maniéré de séparer le brome du chlore. — Les bromures se rencontrent toujours dans la nature associés avec des chlorures. Cependant on ne connaît point encore just qu’à présent de méthode bien exacte pour séparer quantitativement le brome et le chlore l’un de l’autre , dans leurs combinaisons.
D’après Sérullas , lorsque du brome est combiné avec du chlore , on parvient à séparer assez exactement ces deux corps l’un de l’autre par le moyen de l’éther. On sursature la combinaison avec du cldore, de manière qu’il y en ait un excès , puis on agite la liqueur avec un volume d’éther égal au sien. Ce menstrue dissout une combinaison de brome et de chlore , tandis qu’une portion du chlore se convertit en acide liydrochlorique , qui reste dans la liqueur. ^On retire celte der-
47^ TR\1TÉ d’aNALYSE CHIMIQUE.
nière au moyen d’un entonnoir à robinet , et on agite l’éther peu à peu avec de petites quantités d’eau. Tant qu’il contient du chlore, il ne se forme que de l’acide hydrochlorique, sans nulle trace d’acide hydrobromique. On reconnaît de suite que ce dernier commence à se former , en ajoutant un peu de dissolution de chlore, qui le décompose et donne à l’eau une couleur un peu foncée. Cependant il ne faut pas laisser l’éther trop long-temps en contact avec le brome , parce qu’alors il extrait ce dernier sous la forme d’acide hydrobromique , quoique le chlorure de brome ne soit pas décomposé par l’eau.
Lorsqu’on a des mélanges de chlorures et de bromures', tels que ceux qui existent dans les résidus de l’évaporation des eaux salées ou de certaines eaux minérales, on les introduit , après les avoir mêlés avec une égale quantité de suroxide de manganèse en poudre, dans une petite cornue tubulée, munie d’un récipient conlenantun peu d’eau. On met dans la cornue de l’acide sulfurique en excès , après avoir mêlé cet acide avec environ un cinquième d’eau, puis on chauffe la cornue. Le chlorure de brome , dans lequel domine plus ou moins l’un de ses principes constituans , se condense dans le récipient , c[u’on a soin de refroidir , et se dissout dans l’eau qui s’y trouve. La cessation de l’apparition des vapeurs rutilantes annonce que l’opération est terminée. On ajoute au produit un volume d’éther presque égal à celui de l’eau quia été employée pour dissoudre le chlorure de brome, on agite le mélange, et on sépare l’eau , qui contient l’acide hydrochlorique produit par l’éther: On répète le lavage chaque fois avec une petite quantité d’eau seulement.
Le brome reste dans l’éther. Pour en déterminer la quantité, on pourrait le traiter par une dissolution d’hydrate potassique, évaporer la dissolution jusqu’à siccité , ensuite faire rougir le résidu sec, afin de convertir le bromate potassique qu’il contient en bromure potassique. Il faudrait