‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 4)Chapitre 109 sur 122 · Marche de F analyse pour trouver la hase ou le métal · texte numérisé non relu

Marche de F analyse pour trouver la hase ou le métal

A. On traite d’abord par la dissolution du suîfide hydrique la dissolution acide et étendue d’eau du sel insoluble. S’il se produit un précipité, la base appartient à celles qui sont comprises depuis le n° 14 jusqu’au n° 2 5. C’est par conséquent de 1 oxide ferrique , de X oxide cad mique , de l 'oxide plombique , del 'oxicle bismuthique , de

Y oxide cuivrique, de l 'oxide argentique , de X oxide mercureux , de Y oxide mercurique , de Y oxide auriquey de

Y oxide stanneux , de Y oxide stannique ou de Y oxide an limonique. Pour distinguer ces oxides l’un de l’autre, on suit la même marche que celle qui a été tracée depuis la page 4^4 jusqu’à la page 4^8. Iei il faut remarquer que , quand le sel insoluble contient de l’acide arsénique, le gaz sulfîde hydrique précipite aussi ce dernier de la dissolution acide, à l’état de sulfure. Dans la plupart des cas cependant, il est facile, à l’aide du gaz sulfide hydrique , de précipiter l’oxide métallique précipitable de la dissolu-

436 tîiàité d’analyse chimique.

tion acide avant l’acide arsénique. Ce dernier n’est précipité qu’au bout d’un laps de temps assez long par le gaz sulfide hydrique, et sa précipitation n’a lieu qu’avec le concours de la chaleur (pag. 267) • les oxides au contraire se précipitent plus tôt, et avec la couleur qui leur est propre , de manière qu’on peut recueillir rapidement sur un filtre ces sulfures métalliques précipités, et qu’on peut ensuite faire bouillir la liqueur filtrée, qui doit exhaler une forte d’odeur de gaz sulfide hydrique, pour voir s’il ne se produira pas encore ainsi un précipité de sulfure d’arsenic. Il ne faut jamais négliger, pour constater le résultat obtenu, d’essayer le sel insoluble au chalumeau en suivant les préceptes qui ont été tracés pag. '269, afin de s’assurer s’il contient ou non de l’acide arsénique.

B. Lorsque la dissolution du sulfide hydrique ne produit pas de précipité dans la dissolution acide du sel , que par conséquent la hase n’appartient point à celles qui sont comprises depuis le n° i4 jusqu’au n° a5, ori sursature la dissolution acide avec de l’ammoniaque, et on y verse ensuite du sulfhydrate ammonique. S’il se forme ainsi un précipité noir, ou si la sursaturation par l’ammoniaque en a déjà produit un qui noircisse par l’addition du sulfhydrate ammonique, la base est une de celles comprises depuis le n° 11 jusqu’au n° i3, et par conséquent de Y oxide ferreux , de Y oxide niccolique ou de Y oxide cobaltique . Pour reconnaître laquelle de ces trois hases est contenue dans le sel, on essaie au chalumeau une petite quantité de ce dernier à l’état solide, épreuve qui fait découvrir aisément l’oxide cobaltique (p. 63), mais un peu plus difficilement les oxides ferreux et niccolique. Si l’on n’a point obtenu de résultat positif au chalumeau, par rapport à ces deux derniers oxides, on essaie une partie de la dissolution acide du sel au moven d’une dissolution de cvanure ferrosO' potassique ( p. 68).

Quand le précipité déterminé par le sulfhydrate ammo-

COMBINAISONS simples insolubles.

nique a la teinte couleur de chair qui caractérise le sulfure de manganèse, ou lorsque la sursaturation avec l’ammoniaque a déjà produit un précipité qui prend cette teinte couleur de chair par l’addition du sulfhydrate amrnonique, la base du sel est de X oxide mcingcuieux.

Si, au contraire, la sursaturation de la dissolution acide du sel avec l’ammoniaque a déterminé un précipité blanc , qui ne change pas de couleur par l’addition du sulfhydrate amrnonique, la base est ou de X oxide zincique ou de X alumine. Cependant la magnésie , la chaux , la strontiane et la baryte peuvent aussi être précipitées par l’ammoniaque, lorsqu’elles sont combinées, dans le sel insoluble, soit avec de l’acide phosphorique , soit avec de l’acide borique, ou quand quelques uns de leurs métaux le sont avec du fluor. Pour distinguer ces substances les unes des autres, on fait les expériences suivantes :

La présence de X oxide zincique se reconnaît en chauffant, sur du charbon , à la flamme intérieure du chalumeau, une petite quantité du sel insoluble mêlée avec de la soude, ou aussi en la chauffant après l’avoir imbibée d’une solution cobaltique ( p. 5g ). Au reste, quand la quantité d’ammoniaque qu’on a employée pour saturer la dissolution acide du sel est considérable, le précipité se trouve redissous, et il se reproduit une liqueur claire, dans laquelle le sulfhydrate amrnonique détermine cependant un précipité blanc, qui est insoluble dans la potasse et l’ammoniaque.

On reconnaît la présence de X alumine en chauffant au chalumeau un peu du sel solide imbibé de solution cobaltique (p. 37)-, ou bien à ce que le précipité produit par la sursaturation delà liqueur acide au moyen de l’ammoniaque, est soluble dans un excès d’une dissolution de potasse (p. 35 ). De même, lorsqu’on ajoute du sulfhydrate amrnonique à ce précipité, un excès de potasse le dissout.

La présence de la strontiane et de le baryte se reconnaît à ce que l’acide sulfurique étendu fait naître un précipité blanc dans la dissolution acide du sel étendue de beaucoup d’eau. Pour distinguer ces deux bases l’une de l’autre, on verse de l’acide hydrofluosilicique dans la liqueur acide étendue d’eau: ce qui détermine au bout de quelque temps un précipité, lorsque le sel contient de la baryte , et n’en produit point, au contraire, quand la base est de la strontiane .

On constate la présence de la chaux en a joutant à la dissolution acide concentrée du sel , d’abord de l’acide sulfurique, puis de l’alcool. S’il se forme alors un précipité blanc , on peut être certain qu’il y a de la cbaux , pourvu qu’on ait préalablement acquis la conviction qu’il n’existe ni baryte, ni strontiane.

La meilleure manière de découvrir la magnésie dans les sels solides que l’eau ne peut dissoudre, consiste à les traiter au chalumeau avec la solution cobaîtique (p. 33). On est déjà conduit à admettre que la magnésie fait la base du sel , quand on s’est convaincu que celui-ci ne contient pas d’autres bases terreuses.

C. Si le gaz sullide hydrique ne produit pas de précipité dans la dissolution acide du sel , s’il ne s’en forme pas non plus en sursaturant la dissolution acide au moyen de l’ammoniaque et ajoutant ensuite du sulfhydrate ammonique, on verse une dissolution de carbonate potassique ou sodique dans une partie de la dissolution acide du sel, après l’avoir étendue d’eau. Si, après que la dissolution a été sursaturée d’alcali, on voit paraître un précipité, soit de suite, soit par l’effet d’une ébullition prolongée, la base est une de celles comprises depuis le n0 4 jusqu’au no n , c’est-à-dire de la jnagnésie , delà chaux , de la strontiane ou de la baryte.

Pour distinguer ces substances l’une de l’autre , on ajoute

à la dissolution acide et très-étendue du sel une petite quantité d’acide sulfurique étendu, ou mieux de la dissolution de sulfate potassique. Un précipité apparaît-il ainsi sur-le- champ, la base est ou de la strontiane ou de la bd ryte. On reconnaît la présence de cette dernière à ce que l’acide hydrofluosilicique versé dans une autre portion de la dissolution acide et étendue du sel, détermine au bout de quelque temps un précipité blanc.

La chaux se reconnaît, lorsque les bases précédentes n’existent point , à ce que îa dissolution , après qu’on y a versé une dissolution de chlorure ammonique, et qu’on l’a saturée avec de l’ammoniaque, donne un précipité blanc par les dissolutions des oxalates (p. 26).

Si ce phénomène n’a pas lieu, on ajoute du phosphate sodique à la même liqueur dans laquelle une dissolution d’oxalate a constaté l’absence de îa chaux. S’il se forme un précipité blanc , quoique la liqueur contienne de l’ammoniaque libre , on peut être certain de la présence de la magnésie ( p. 5i).

D. Il n’est pas besoin de rechercher des alcalis dans là combinaison insoluble dans l’eau, puisque ces bases n& donnent, avec les acides dont il est ici question, que des sels solubles dans l’eau.

2. Marche de f analyse pour trouver, T acide et les corps non métalliques .

On débute par verser de l’acide hydrochlorique sur un peu de sel sec : Y acide carbonique se reconnaît au dégagement qui a lieu, avec effervescence, d’un gaz inodore. Si lecarbonate insoluble dans. l’eau n’est point en poudre, mais en morceaux, le gaz acide carbonique ne commence souvent à se dégager que quand on chauffe le tout; il faut aussi que l’acide dont 011 se sert ne soit pas trop concentré. Si l’acide hydrochlorique étendu dégage, avec effervescence, un gaz ayant l’odeur connue dusulfide hydrique, la combinaison qu’on examine contient du soufre uni avec un métal.

On essaie ensuite la combinaison insoluble sur des charbons ardens , pour voir s’il ne s’y trouve pas diacide nitrique , qu’elle ne peut alors contenir qu’autant qu’elle est à l’état de sous-sel \ on l’essaie aussi au chalumeau surv du charbon, pour reconnaître s’il y existe de Y acide ar sénique , dont cependant la présence a déjà été découverte dans les expériences tendant à trouver la base du sel.

On recherche alors si la combinaison chauffée avec de l’acide sulfurique, dans un creuset de platine, corrode le verre, ce qui y annoncerait l’existence d’un fluorure métallique $ ou si , après qu’on a versé dessus de l’acide sulfurique et de l’alcool , celui-ci , auquel on met le feu , brûle avec une flamme verte, phénomène qui indiquerait la présence de Y acide borique .

On dissout une partie de la combinaison dans de l’acide nitrique , à froid s’il est possible, et à la dissolution acide étendue d’eau on ajoute un peu d’une dissolution de nitrate argentique. S’il se forme ainsi un précipité blanc, la substance qu’on examine contient une combinaison de chlore . Mais lorsque la substance qu’on analyse ne se laisse dissoudre que par l’eau régale, comme il arrive au chlorure mercureux , la présence de la combinaison de chlore ne saurait être reconnue de cette manière. Il faut alors faire chauffer la substance avec une dissolution de potasse qui soit bien exempte de chlorure potassique, et recueillir sur un filtre le précipité noir d’oxide mercureux qui se forme ainsi. La présence de la combinaison de chlore se reconnaît ensuite dans la liqueur filtrée, en y versant une dissolution de nitrate argentique, après l’avoir sursaturée au moyen de l’acide nitrique.

On verse de l’acide nitrique sur une partie de la substance , et on fait chauffer le tout. S’il s’opère une réaction accompagnée d’un dégagement de vapeurs rutilantes d’acide nitreux, et d’une séparation de soufre , dont la couleur caractéristique ne se prononce point dans le com-

mencement , mais ne devienne visible que par une digestion prolongée avec l’acide nitrique, si ensuite la liqueur étendue d’eau donne un précipité blanc insoluble, par l’addition d’une dissolution de nitrate barytique , la combinaison est un sulfure métallique . Ce n’est que quand la combinaison est du sulfure de mercure , qu’on doit prendre del’eau régale en place d’acide nitrique, parce qu’alors ce dernier seul ne l’attaque point; dans ce cas, il ne se dégage pas de l’acide nitreux, mais du chlore. Si la combinaison est du sulfure de plomb, d’étain ou d’antimoine, en la faisant digérer avec de l’acide nitrique , outre du soufre mis à nu, on obtient encore du sulfate plombique, stannique ou antimonique. Dans ces deux derniers cas , il faut également employer l’eau régale , au lieu de l’acide nitrique, pour opérer la décomposition delà combinaison de soufre.

Enfin , à la dissolution étendue d’eau du sel dans l’acide hydrocblorique , on ajoute une dissolution de chlorure barytique $ ou bien on verse dans la dissolution nitrique du sel , une dissolution de nitrate barytique. S’il se produit parla un précipité blanc insoluble, l’acide du sel est de Y acide sulfurique , qui ne peut alors être contenu dans la combinaison qu’autant que celle-ci est à l’état de sous-sel.

Lorsque l’acide n’a point été trouvé par les expériences énumérées jusqu’ici , il faut que de Y acide phosphorique existe dans la combinaison. Sa présence , surtout dans les combinaisons insolubles , est plus difficile à découvrir cjue celle de tous les autres acides. C’est pourquoi on est obligé de recourir à plusieurs expériences pour la constater.

Si la combinaison qu’on examine contient un oxide métallique qui puisse être précipité, soit de sa dissolution acide par le gaz sulfide hydrique , soit de la liqueur saturée ou sursaturée avec l’ammoniaque par le sulfhydrate animonique, et qui par conséquent soit un de ceux compris , soit depuis le n° 1 5 jusqu’au n° s5 , soit depuisle n° 9 jusqu’au no 14, on précipite cet oxide par la dissolution du sul-

442 traité d’analyse chimique.

fide hydrique ou par le sulfhydrate ammonique, et la présence de l’acide phosphorique dans la liqueur filtrée se constate alors de la manière qui a été indiqué p. 199. Si l’acide phosphorique est combiné avec une terre , sa présence est plus difficile encore à découvrir. Lorsque la terre est de la baryte, de la strontiane, de la chaux , ou aussi de la magnésie, après s’ètre convaincu qu’il n’y a ni acide arsénique, ni acide borique, ni aucun fluorure métallique, on peut très-bien conclure qu’il existe de l’acide phosphorique , lorsque la dissolution hydrocldoriqne de la combinaison donne un précipité blanc par l’ammoniaque, pourvu qu’on se soit préalablement assuré qu’elle ne contient point d’oxide métallique précipitable par le gaz suîiide hydrique ou par le sulfhydrate ammonique (p. 196).

Le cas dans lequel il est le plus difficile de découvrir la présence de l’acide phosphorique, est celui où cet acide se trouve combiné avec de l’alumine, parce que le phosphate aluminique se comporte de meme que l’alumine pure avec la plupart des réactifs ( p. 197). Pour reconnaître la présence de l’acide phosphorique dans le phosphate aluminique, on procède ainsi qu’il a été dit

Il ne faut jamais négliger de chercher à découvrir la présence de 1 acide phosphorique par le moyen du chalumeau , en suivant la marche qui été indiquée p. 200.

TL De la marche a suivre dans l’analyse qualitative

DES COMBINAISONS QUI SONT ABSOLUMENT INSOLUBLES OU DU MOINS TRÉS-PEU SOLUBLES DANS l’eàU ET DANS LES ACIDES, ET QUI NE RÉSULTENT QUE DUNE BASE UNIE A UN ACIDE , OU D’UN MÉTAL UNI A UN CORPS NON MÉTALLIQUE, MAIS DONT LES PRÉCIPITÉS SE TROUVFNT COMPRIS PARMI LES SUBSTANCES INSCRITES AU TABLEAU DE LA PAGE 424‘

Parmi ces combinaisons , qui sont insolubles ou très-peu

solubles dans l’acide hydrochlorique , l’acide nitrique et même l’eau régale , on 11e peut ranger que les suivantes : le sulfate bary tique , le sulfate stronlianique , le sulfate calcique -, le sulfate pîombique , le chlorure argentique , un très-grand nombre de surphosphates et quelques au/arséniales , après qu’ils ont été fortement calcinés.

Quant à ce qui concerne ces dernières, elles ne peuvent être décomposées que par l’ébullition avec de l’acide sulfurique concentré (p. 194)5 elles deviennent alors solubles dans l’eau, quand la base n’est point de la baryte, de la stronliane , de la chaux ou de l’oxide ploinbique. On les reconnaît en les traitant au chalumeau pour constater si elles contiennent de l’acide arsénique ou aussi de l’acide phosphorique , dont le premier est plus facile à découvrir que le second.

A l’égard des autres combinaisons , elles ont toutes une couleur blanche : le chlorure argentique seul peut souvent offrir une teinte de gris noirâtre , et, après qu’il a été fondu, une couleur jaunâtre. On distingue le chlorure argentique et le sulfate pîombique des sulfates calcique , stronlianique et barytique, en ce que les deux premiers, surtout lorsqu’on les a réduits en petits morceaux, noircissent dès qu’on verse dessus un peu de sulfhydrate ammonique. Quant à la manière de distinguer ces combinaisons les unes des autres , on s’y prend pour cela comme il suit :

O11 fait chauffer légèrement , sur unelampeà esprit devin, et dans un petit tube de verre soudé à l’un de ses bouts, une faible quantité de la combinaison qu’on veut examiner. Si celle-ci entre aisément en fusion, c’est du chlorure argentique ,* si elle q’éproave aucun changement , c’est du sulfate pîombique. Alors, pour constater le résultat auquel on est arrivé, on essaie encore la substance au chalumeau, afin d’y reconnaître la présence de l’argent ou du plomb (p. 7 B et 101).

444 TRAITÉ d’ANALYSE CHIMIQUE.

Si la substance ne subit aucun changement lorsqu’on verse dessus du sulfhydrate ammonique, elle a pour base de la chaux , de la strontiane ou de la baryte , combinée avec de V acide sulfurique . Ces trois bases sont plus diffici les à distinguer l’une de l’autre. Après avoir réduit la substance en poudre, on la fait bouillir avec de l’eau, puis on filtre , et l’on divise la liqueur filtrée en deux portions. A l’une on ajoute une dissolution de chlorure barytique; on verse dans l’autre une dissolution d’un oxalate. Si , dans les deux cas, il se forme un précipité blanc, et que le premier demeure insoluble dans les acides, la substance est du sulfate calcique .

S’il ne se dissout rien de la substance pendant son ébullition avec de l’eau, on la fait bouillir, réduite en poudre, avec une dissolution de carbonate potassique ou sodique : on filtre ensuite, on sursature la liqueur filtrée avec de l’acide hydrocblorique , et, après l’avoir étendue d’eau , on y ajoute une dissolution de chlorure barytique. S’il se produit un précipité insoluble, la combinaison est, ou du sulfate strontianique ou du sulfate barytique. Pour distinguer l’un de l’autre ces deux sels, on verse de l’acide hydrocblorique sur ce qui est resté après l’ébullition avec la dissolution de carbonate potassique ou sodique , on sépare le résidu par la filtration , on évapore à siccité la liqueur filtrée, on verse de l’alcool sur ce qui reste, et on y met le feu. S’il brûle avec une flamme rouge de carmin, la substance est du sulfate strontianique , sinon c’est du sulfate barytique . On peut aussi verser de l’acide hydrofluosilicique dans la dissolution hydrochlorique filtrée ; si l’on voit se former au bout de quelque temps un précipité, il est dû à de la baryte ; s’il ne s’en produit pas , la substance qu’on examine est du sulfate strontianique.

combinaisons composées solubles.

VIL De la marche a suivre dans l’analyse qualitative

DE COMBINAISONS COMPOSÉES QUI SONT TRES-SOLUBLES DANS l’eau, ET DONT LES PARTIES CONSTITUANTES SE TROUVENT COMPRISES PARMI LES SUBSTANCES INSCRITES AU TABLEAU DE LA PAGE 424’

L’analyse qualitative de combinaisons qui contiennent plusieurs principes constituans offre beaucoup plus de difficultés que celle des combinaisons simples. Il est absolument nécessaire, pour les exécuter, de suivre une marche systématique dans les opérations qu’elles exigent, parce qu’autrement on serait fort exposé à laisser échapper un ou plusieurs des principes qui les constituent. Il serait fort difficile de tracer la marelle à suivre dans l’analyse qualitative de combinaisons où l’on admettrait la présence de toutes les substances qui ont été découvertes jusqu’à présent. Une pareille instruction , quand bien même on la donnerait réellement, ne serait d’aucune utilité pratique, attendu que la description des procédés à mettre en usage deviendrait trop longue et peu claire, de sorte qu’elle pourrait aisément embrouiller et rebuier les commençans. Il me paraît donc plus convenable de n’avoir d’abord égard qu’aux principes constituans qui se présentent le plus fréquemment; après quoi je ferai voir comment, en suivant une marche analogue, on parvient à reconnaître aussi des substances qu’il est plus rare de rencontrer.

Tels sont les motifs pour lesquels, dans les trois chapitres suivans,je n’ai supposé les combinaisons à examiner composées que des substances qui ont été indiquées (p. 4^4)- L’analyse des combinaisons composées offre également moins de difficultés quand celles-ci sont complètement et facilement solubles dans l’eau , que lorsqu’elles ne s’y dissolvent qu’en partie ou pas du tout.

446 TM1TÉ DANALYSE CHTMIQUÊ.

i. Marche de V analyse pour trouver les hases.

A. On rend un peu acide la dissolution concentrée du sel dans l’eau , but dans lequel le mieux est d’y verser quelques gouttes d’acide bydrochlorique. C’est seulement lorsqu’il y a de 1’ oxide argen tique, de l’oxide mercureux ou une grande quantité d'oxide plombique , ce dont on s’aperçoit quand l’addition de quelques gouttes d’acide bydrochlorique détermine un précipité blanc, qu’on choisit pour cela l’acide nitrique étendu. On ajoute ensuite à la dissolution assez de dissolution du sulfide hydrique , pour qu’elle exhale sensiblement l’odeur de ce dernier. S’il se produit ainsi un précipité, particulièrement lorsqu’on fait chauffer le tout , les bases sont du nombre de celles qui se trouvent comprises depuis le n° i5 jusqu’au n° 25, c’est-àdire que la combinaison peut contenir de Y oxide cadnd que , de Y oxide plombique , de Y oxide bismuthique , de Y oxide cuivrique , de Y oxide argentique , de Y oxide merçureux , de Y oxide mer c urique, de Y oxide aurique , de Yoxidesîanneux, de Y oxide stannique et dei’o,rz7/e anlimonique. Ii peut encore s’y trouver de Y oxide ferrique , puisqu’on prsence de cet oxide le gaz sulfide hydrique précipite du soufre delà dissolution acide. S’il se forme un précipité blanc laiteux dans la dissolution acide, l'oxide ferrique est la seule des bases susceptibles d’être découvertes par ce réactif, qui existe dans la combinaison. Il peut aussi s’y rencontrer de l’acide arsénique; cependant il n’est pas possible alors que la combinaison contienne d’autres bases que des alcalis, à moins qu’il n’y ait beaucoup d’un acide libre. Si la dissolution rendue acide de la combinaison donne, quand on la chauffe avec de la dissolution de solide hydrique, un précipité jaune qui se dissolve dans le suîfhydrate ammonique, on peut être certain de la présence de l’acide arsénique, et, si l’on agit sur des combinaisons neutres, de l’absence d’oxides métalliques proprement dits et de terres, parce que l’acide arsénique forme,

avec ces dernières bases , des combinaisons qui sont insolubles dans l’eau.

On laisse se déposer le précipité auquel le sulfîde hydrique a donné naissance , on décante ensuite le plus qu’il est possible de la liqueur , on ajoute un peu d’ammoniaque au précipité, puis on y verse du suif hydrate ammonique en excès. Si le précipité se dissout complètement dans ce réactif, de Y oxide aurique, de Y oxide slanneux , de Y oxide stannique et de l’aride antimpnique peuvent être contenus dans la combinaison.

On étend d’eau la dissolution dans le suif hydrate ammonique, et on la décompose par l’acide hydrochlorique étendu, de manière que la liqueur devienne légèrement acide. Les combinaisons de soufre qui pouvaient être dissoutes se précipitent par là , avec la couleur qui leur est propre; mais elles sont mêlées avec du soufre, mis à nu par la décomposition du suif hydrate ammonique, et qui rend la couleur du précipité plus claire. Cependant , s’il existe à la fois plusieurs des oxides dont les sulfures métalliques sont solubles dans le suif hydrate ammonique, on les distingue de la manière suivante :

Id oxide aurique se reconnaît aisément à l’apparition d’une couleur purpurine, lorsqu’après avoir étendu d’une très- grande quantité d’eau la dissolution pure de la combinaison qu’on examine, on y verse quelques gouttes d’une dissolution de chlorure stanneux qui a été éclairci par de l’acide hydrochlorique libre ( p. :3o ). On le reconnaît encore à ce que de l’or métallique brun se précipite lorsqu’on ajoute à la dissolution pure étendue d’eau, une dissolution de sulfate ferreux.

La présence de Y oxide slanneux se reconnaît à ce que, dans beaucoup de cas , la combinaison donne , avec une grande quantité d’eau, une dissolution qui n’est point claire, mais laiteuse} mais principalement à l’apparition d’une couleur purpurine, lorsqu’après avoir étendu la

44$ traité d’analyse chimique.

dissolution pure delà combinaison d'une très-grande quantité d’eau , on y ajoute une dissolution aurique étendue.

Uoxide stanniqae et Yoxide antimonique sont plus difficiles à découvrir lorsqu’ils se trouvent associés à des oxides de métaux dont les sulfures se dissolvent dans le sulfhydrate ammonique. C’est par la manière dont les sulfures métalliques formés se comportent au chalumeau, qu’on peut le mieux démontrer leur présence , comme celle de l'oxide antimonique peut l’être encore par cette circonstance , que la dissolution hydrochlorique de la combinaison devient laiteuse quand on y ajoute une grande quantité d’eau, toutes les fois qu’elle ne contient pas trop d’acide libre. Si, au contraire, il n’existe qu’un de ces deux oxides , et qu’il n’y ait point d’oxide d’autre métal dont le sulfure soit soluble dans le sulfhvdrate ammonique, on n’a pas de peine à les reconnaître, principalement par la couleur particulière de leurs sulfures métalliques.

Lorsque le précipité produit dans la liqueur acide par la dissolution du sulfide hydrique n’est pas complètement dissous par le sulfhydrate ammonique , ou quand ce réactif ne dissout absolument rien du précipité, ce dont on s’aperçoit à ce que, après la digestion et la dilution avec de l’eau, l’acide hydrochlorique, versé en excès dans la liqueur séparée du résidu insoluble par la filtration, ne produit qu’un trouble laiteux du cà du soufre mis en liberté, et ne détermine pas de précipité d’un sulfure métallique ; ou , plus facilement encore, à ce qu’après la digestion avec du sulfhydrate ammonique, si l’on fait tomber quelques gouttes de la liqueur filtrée sur une feuille de platine, qu’on les évapore à siccité sur la lampe à espiitde-vin,et qu’on fasse ensuite rougir la feuille, aucun résidu ne reste sur celle-ci; dans ce cas, dis-je, la combinaison peut encore contenir de Yoxide cadmîque , de Yoxide plombique , de Yoxide bismuthique , de Yoxide cui-

vrique , de Y oxide argeniique , de Y oxide mercureux et de Y ox ide mercurique .

On réunit le précipité du sulfure métallique sur le plus petit filtre possible, et on le lave bien} après quoi on le chauffe avec de l’acide nitrique pur. La plupart du temps , il n’est point nécessaire , dans les analyses qualitatives, de commencer par séparer le précipité du filtre} on peut le mettre digérer, avec ce dernier et l’acide nitrique , dans un verre ordinaire à essai. Les sulfures métalliques sont décomposés par l’acide nitrique avec le secours de la chaleur} le métal s’oxide et se dissout, et il se sépare du soufre, dont la couleur devient jaune par une digestion prolongée. Lorsque cet effet a eu lieu, on filtre la liqueur, pour la séparer du soufre non dissous.

Le sulfure de mercure fait exception. Il ne se dissout pas le moins du monde dans l’acide nitrique, à moins que celui-ci ne soit très-fort. Il reste avec la couleur qui lui est particulière dans ce cas, c’cst-à-dire offrant une teinte noire. On l’essaie au chalumeau, à l’aide duquel on reconnaît très-aisément la présence du mercure, qui peut être contenu dans la combinaison à l’état d’oxide mercurique ou d’oxide mercureux. Si c’est de l’oxide mercurique que celle-ci contient , le sulfure de mercure qu’on a obtenu se sublime, sans éprouver aucun changement, dans un petit tube de verre soudé à l’une de ses extrémités. Si c’est de l’oxide mercureux, en même temps que le sulfure de mercure , il se sublime aussi des globules de mercure. Enfin il peut rester encore un peu de sulfate plombique lorsque la combinaison contient de l’oxide plombique et que par conséquent du sulfure de plomb se trouve parmi les sulfures métalliques. Cependant la plus grande partie de l’oxide plombique est dissoute lorsque la digestion avec l’acide nitrique n’a pas duré trop longtemps.

Lorsqu’on verse de l’ammoniaque en excès dans la dis-

solution séparée du soufre par la filtration , la coloration de la liqueur en bleu indique la présence de Y oxide cuivrique.

Si Ton ajoute un peu d’acide l^d roclilorique tà une autre portion de la liqueur, et qu’il se produise ainsi un précipité blanc qui ne disparaisse pas par l’addition d’une grande quantité d’eau, mais se dissolve dans l’ammoniaque, la combinaison contient de Y oxide argent ique , ce dont on peut se convaincre, dès le commencement de la recherche, quand on rend la dissolution acide en y versant de l’acide hydrochloriquc.

On ajoute un peu d’acide sulfurique étendu à une autre portion de la liqueur étendue d’eau 5 s’il paraît un précipité blanc, la combinaison contenait de Yoxide plom bique , dont la présence dans des dissolutions concentrées se reconnaît également, dès le début delà recherche, en ajoutant de l’acide hydroclilorique au précipité blanc qui se forme.

Oncvaporeune autre portion de laliqueur dansune trèspetite capsule en porcelaine, afin de dissiper la plus grande partie de l’acide nitrique , apiès quoi on ajoute beaucoup d’eau : s’d se produit ainsi un trouble laiteux, de Yoxide bismuthique existait dans la combinaison.

La présence de Yoxide ccidmique dans la combinaison se reconnaît en traitant sur du charbon, «à la flamme intéiieure du chalumeau, le précipité des sulfures métalliques mêlé avec de la soude. On aperçoit alors un enduit brun qu’il ne faut pas confondre avec celui que les combinaisons plombiques et bismuthiques produisent dans les mêmes circonstances (p. 74 )•

B. La liqueur séparée du précipité des sulfures mélalliquesque la dissolution dusulfide hydriquea faitnaîtie dans li dissolution rendue acide de la combinaison, est traitée de même (pic si le sulbde hydrique 11 avait pas produit de précipité dans celle liqueur acide. Cependant on doit

COMBINAISONS COMPOSÉES SOLUBLES. /±5l

commencer, dans le premier cas, par examiner si elle contient encore des bases fixes. A cet effet , on en évapore quelques gouttes sur une feuille de platine , qu’on fait ensuite rougir; s’il ne reste rien, il n’y a plus de bases fixes dans îa liqueur; si l’on obtient un résidu, on continue ses recherches, et on sursature la dissolution avec de l’ammoniaque, après quoi on ajoute du sulfhydrate ammonique à la liqueur ammoniacale. On peut conclure, d’après le précipité qui se forme, qu’il existe de Y oxide ferrique , de Y oxide ferreux , de F oxide nie colique , de Y oxide cobaîtique , de Y oxide zinc i que , de Y oxide manganeux et de Y alumine.

On filtre le précipité obtenu, et on le lave avec de l’eau à laquelle on a ajouté quelques gouttes de suif hydrate am« monique. Puis, sans le détacher du filtre, on le fait digérer, dans un petit verre à essai, avec un peu d’acide hydrochlorique étendu , jusqu’à ce que le tout n’exhale plus l’odeur du gaz sulfide hydrique ; alors on filtre la liqueur, et on la chauffe avec un peu d’acide nitrique. Si le précipité n’est pas complètement décomposé et dissous par l’acide hydrochloriqué , ce qui arrive quand, parmi les sulfures métalliques précipités par le sulfh\drate ammonique, il se trouve du sulfure de nickel ou du sulfure de cobalt, on le fait digérer de suite avec de l’acide nitrique; ou bien, après l’addition de l’acide hydrochlorique, on ajoute encore de l’acide nitrique.

On verse de l’ammoniaque en excès dans la liqueur acide, on recueille sur un filtre le précipité cpii s’est produit, et on le lave ; il peut contenir de Y oxide ferrique et de Y alumine. S’il a une couleur blanche , il n’est compoposé que d’alumine seule ; s’il est brun, les deux bases peuvent s’y trouver ensemble. Pour acquérir une notion certaine à cet égard, on le dissout dans un peu d’acide hydrot hlorique , sans le détachqr du filtre, on filtre la dissolution , et on y ajoute une dissolution de potasse pure

452 TRAITÉ d’analyse CHIMIQUE.

en excès. L’oxide ferrique estainsi précipité, mais l’alumine reste dissoute. On verse dans la liqueur filtrée une dissolution de chlorure ammonique, qui produit un précipité blanc lorsque la combinaison contient de l’alumine. L’oxide ferrique peut avoir été à l’état d’oxide ferrique ou à celui d’oxide ferreux dans la combinaison *, si, en ajoutant à la dissolution pure de cette dernière une dissolution aurique, de l’or métallique se précipite sous la forme d’une poudre brune, c’est une preuve de la présence del ' oxide jerr eux. yv Lorsque la liqueur qu’on a séparée par la filtration du précipité auquel l’ammoniaque a donné naissance , est colorée en bleu, on peut conclure qu’elle contient de Y oxide niccolique , et, si elle est faiblement rosée, admettre qu’il existe de Y oxide coballique dans la combinaison. Au reste, l’oxide coballique , même en aussi petite quantité que possible, et mêlé avec beaucoup d’autres oxides, se rereconnaît très-aisément au chalumeau par la propriété qu’il a de colorer le sel de phosphore et le borax en bleu intense, dans la flamme tantintérieurequ’extérieure(p.63).

La liqueur ammoniacale est mêlée avec une dissolution de potasse pure. S’il se forme ainsi un précipité vert-pomme clair, il y a de V oxide niccolique dans la combinaison. Si le précipité a une autre couleur , et qu’il brunisse par l’effet de son exposition à l’air, la combinaison contient de Y oxide manganeux , delà présence duquel on peut très-aisément se convaincre par le moyen du chalumeau ( p. 53 ).

Laliqueur séparée par la filtration du précipité auquel la potasse a donné lieu, estprécipitée au moyen du sulfhydrate ammonique. On grille légèrement le précipité sur du charbon au chalumeau , après quoi il est très- facile de reconnaître, à l’aide de ce dernier , s’il contient de Y oxide coballique , de Y oxide zincique et de Y oxide nianganeux.

C. Il reste encore cà examiner la liqueur qui a été séparée par la filtration du précipité auquel le sulfhydrate

ammonique avait donné lieu après la sursaturation par l’ammoniaque de la dissolution rendue acide de la combinaison. On commence par rechercher si elle contient encore des bases fixes. À cet effet , on en évapore quelques gouttes sur une feuille de platine qu’on fait ensuite rougir; s’il ne reste rien, on n’a pas besoin de recourir à d’autre épreuve pour être certain de la non-existence de bases fixes, puisqu’il ne peut plus s’en trouver aucune en dissolution dans la liqueur ; mais si l’on obtient un résidu, la liqueur peut contenirencore de la magnésie , delà chaux , de la strontiane , de la baryte , de la soude et de la potasse . On la sursature avec de l’acide hydroclilorique, pour détruire l’excès de sulfhydrate ammonique qu’on y a ajouté ; puis on la chauffe jusqu’à ce qu’elle n’exhale plus l’odeur du suîfide hydrique , et on la sépare par la filtration du soufre très-divisé qui a été mis en évidence. Alors on verse dans la liqueur une dissolution de carbonate ammoniacal, qu’on a soin d’y mettre en excès, et l’on fait chauffer un peu le tout , afin de chasser le gaz acide carbonique libre. Le précipité qui se produit par là peut contenir de la chaux , de la strontiane et de la baryte. On le dissout dans de l’acide hydroclilorique, et l’on ajoute à une partie de la dissolution une ou quelques gouttes d’acide sulfurique très-étendu, ou mieux une petite quantité d’une dissolution assez étendue de sulfate potassique. S’il se forme sur-le-champ un précipité, les trois terres peuvent exister dans la liqueur ; mais si la liqueur ne se trouble qu’au bout d’un certain laps de temps , elle ne contient que de la chaux. Dans le premier cas, on ajoute ensuite à une partie de la liqueur étendue de l’acide sulfurique également étendu , qu’on y met en très-léger excès *, on chauffe le tout, et on sépare le précipité par la filtration. On verse de l’ammoniaque dans la liqueur filtrée, afin de l’en sursaturer un peu, puis 011 y ajoute une dissolution , soit d’acide oxalique, soit d’un oxalate. Si par là

on obtient , du moins an bon! de quelque t'mps , un précipité blanc, il existe de la chaux } mais s'il ne se foime pas de précipité, on doit être persuadé de l’absence de celte terre. Le précipité déterminé par l’acide sulfurique peut être formé de baryte ou de strontiane , ou de ces deux terres, soit seules, soit même mêlées avec de la chaux , si cette dernière a trahi sa présence dans la liqueur filtrée *, il est exempt de chaux, au contraire, lorsqu’on n’a point trouvé de celle-ci dans la liqueur filtrée. Pour acquérir la certitude à cet égard, on verse de l’acide hydrofluosilicique dans une autre portion de la dissolution hydrochlorique des terres. S’il se produit un précipité au bout de quelque temps , la présence de la baryte est indiquée par là. On sépare la liqueur du précipité par la filtration , et on y ajoute une dissolution de sulfate potassique. Si Ton voit paraître sur Je-champ un précipité, c’est une preuve qu’avec la baryte se trouvait aussi de la strontiane , qui existe seule ou avec de la chaux, lorsque l’acide hyclrofluosilicique a constaté l’absence de la baryte.

Quand de la chaux , de la strontiane ou de la baryte a été précipitée par le carbonate ammoniacal, il peut encore exister dq la magnésie , de la soude et de la potasse dans la liqueurséparée duprécipité par la filtration. La mêmechose peut avoir lieu également lorsque la dissolution du carbonate ammoniacal n’a point fait naître de précipité dans la dissolution hydrochlorique. Dans le premier cas , il ne faut pas négliger la précaution d’évaporer à siccité , sur une feuille de platine, quelques gouttes de la liqueur qu’on a séparée des carbonates terreux par la filtration , et de faire ensuite rougir la feuille , pour voir s’il reste ou non un résidu fixe; car, s’il ne reste rien, on n’a pas besoin de pousser plus loin les recherches relatives aux bases fixes. Pour constater ensuite la présence des deux alcalis fixes , et aussi celle de la magnésie , on verse dans une portion de la liqueur une dissolution de phosphate sodique. Si ce

réactif détermine , au bout de quelque temps , un précipité blanc, c’est bien là une preuve qu’il y a de ia magnésie ; mais de la potasse et de la soude peuvent exister aussi, en même temps que cette terre alcaline. S’il n’y a point de magnésie , et que par conséquent il ne se produise pas de précipité, on évapore à siccilé Fautre portion delà liqueur dans laquelle il n’a point été versé de phosphate sodique, et l’on fait rougir le résidu dans un petit creuset de porcelaine , jusqu’à ce qu’il ne se volatilise plus de sels ammoniques } puis on dissout la plus grande partie, mais non la totalité, du résidu calciné dans une très petite quantité d’eau , on ajoute un peu d’alcool à la liqueur , et ou y verse ensuite une dissolution alcoolique de chlorure platinique. S’il se produit un précipité jaune clair, c’est une preuve que la combinaison contenait de la potasse. Mais s’il ne se forme pas de précipité, il doit y avoir delà soude , pouvu qu’on se soit préalablement convaincu de l’absence de la magnésie , et que néanmoins on sache que la liqueur séparée des carbonates terreux par lafiltration , contient encoredes principes constituans fixes. Cependant, après qu’on a constaté la présence de la potasse au moyen du chlorure platinique , il peut encore y avoir avec elle de la soude. Mais cette dernière est très-facile à découvrir, même lorsque la quantité de potasse l’emporte de beaucoup sur la sienne , en soumettant ce qui reste du résidu calciné non encore examiné, à l’action de la flamme du chalumeau, sur un fil de platine. Si la flamme extérieure du chalumeau prend une couleur violette , il n’existe que de la potasse j mais si elle devient très-jaune , il y a ou de la soude seulement , ou de la soude et de la potasse en même temps ( p. 8 ), ce qui résulté déjà de la réaction du chlorure platinique.

Il faut seulement ne pas perdre de vue , dans ces expérience , que le fil de platine seul peut quelquefois communiquer une couleur jaunâtre à la flamme, surtout

456 traité d’analyse chimique.

à celle d'une lampe alimentée par de l'huile 5 mais cetle teinte ne saurait cependant être confondue avec celle que produisent les sels sodiques. S’il y avait, dans quelques cas, des doutes à cet égard, on pourrait aisément , en chauffant un sel sodique, et de préférence le chlorure sodique, sur du fil de platine, à la flamme du chalumeau, se convaincre de la différence qui existe entre la coloration jaune mise en évidence de cette manière et celle qui résulte du fil de platine seulement.

Cependant , si la liqueur séparée des carbonates terreux par la filtration contient réellement de la magnésie, ce dont il est facile de se convaincre par la dissolution du prospliate sodique, les opérations ultérieures de l’analyse présentent plus de difficultés. On emploie alors l’autre portion de la liqueur hydrochlorique à laquelle on n’a point ajouté de phosphate sodique. Lorsqu’on sait positivement que les hases contenues dans la substance qu’on examine y sont à l’état de chlorures métalliques ou de nitrates (ce qu’011 apprend par l’autre partie de l’analyse destinée à faire trouver les acides), et lorsque, dans le cours de l’analyse elle-même , on n’a ajouté que de l’acide hydrochlorique, ou de l’acide nitrique, mais point d’acide sulfurique, il n’est besoin que d’évaporer jusqu’à siccité, dans une capsule de porcelaine , la liqueur qu’on vêtit examiner*, après quoi 011 fait rougir le résidu fortement et long-temps , au contact de l'air, soit dans un petit creuset de platine, soit, s’il existe des nitrates, dans un petit creuset de porcelaine. Dans le dernier cas, on peut favoriser la décomposition de l’acide nitrique en ajoutant peu à peu , et avec précaution , à la masse fondue , une petite quantité d’une matière organique quelconque, pourvu que celle-ci ne contienne pas de principes constituans fixes; il se produit ainsi une détonation. Après la calcination, on traite la masse restante par l’eau. Si, avant d’avoir été rougie, elle n’était composée que de chlorures

métalliques, la calcination au contact de l’air a décomposé en partie le chlorure magnésique, et mis à nu de la magnésie , qui est combinée avec du chlorure magnésique non encore décomposé*, cette combinaison est presque insoluble dans l’eau , tandis que les alcalis s’y dissolvent à l’état de chlorures métalliques , et se trouvent contenus dans la liqueur filtrée. Maintenant celle-ci peut contenir ou du chlorure potassique, ou du chlorure sodique, ou tous deux à la fois *, ou s’éclaire à cet égard en suivant la marche tracée p. 455. Si , avant de subir la calcination, la masse était composée de nitrates , l’action du feu a converti le nitrate magnésique en magnésie pure , qui n’est point dissoute par l’eau, tandis que les alcalis , à l’état de nitrites ou de carbonates, se dissolvent dans ce liquide , et peuvent être reconnus dans la liqueur séparéee de la magnésie par la filtration.

Mais lorsque , dans la substance qu’on se propose d’examiner, les bases sont combinées avec de l’acide sulfurique, l’analyse qualitative doit suivre une tout autre marche,* car le sulfate magnésique ne se décompose pas plus que les sulfates alcalins par la calcination. Il est difficile , en présence de la magnésie , que les substances très-solubles contiennent d’autres combinaisons que des sulfates, des nitrates ou des chlorures métalliques. Lorsqu’il existe de l’acide sulfurique, on évapore la liqueur à siccité, et on fait rougir le résidu afin de chasser les sels ammoniques qui ont été produits dans le cours de l’opération. Si la combinaison qu’on examine , outre des sulfates, contient encore des nitrates ou des chlorures métalliques, on ajoute un peu d’acide sulfuricjue à la masse rougie, et l’on dissipe la petite quantité de cet acide qu’on a mise en excès par une légère calcination ; on dissout ensuite le résidu dans de l’eau , et à la dissolution on ajoute une dissolution d’acétate barytique en excès , ce qui précipite l’acide sulfurique à l’état de sulfate barytique.

458 traité d’anàlyse chimique.

La liqueur séparée de ce précipité par la filtration , contient de l’acétate barytique qui a été mis en excès, de l’acétate magnésique, et les alcalis, quand il yen a, combinés avec de l’acide acétique. On évapore la dissolution jusqu’à siccité, et on fait rougir le résidu sec dans une petite capsule de porcelaine qui avait déjà servi auparavant à l’évaporation. Après la calcination, on verse de l’eau sur le résidu; du carbonate barytique et du carbonate magnésique, ou, si la calcination a été très-forte, de la magnésie pure, restent alors , tandis que les alcalis, s’il s’en trouve, se dissolvent, à l’état de carbonates. Il est facile alors de constater la présence et la nature des alcalis dans la dissolution , surtout lorsqu’on les convertit en chlorures métalliques à l’aide de l’acide hydrochlorique.

Il est impossible , dans le cours de cette opération , de constater la présence de Y ammoniaque. On la reconnaît en versant de la dissolution de potasse pure sur une portion de la substance qu’il s’agit d’examiner, et chauffant un peu le tout: une odeur ammoniacale se dégage alors, et une baguette de verre trempée dans l’acide hydrochlorique , qu’on tient sur la surface du liquide , donne lieu à des nuages blancs.

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