‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 4)Chapitre 110 sur 122 · Marche de V analyse pour trouver les acides · texte numérisé non relu

Marche de V analyse pour trouver les acides

On commence par verser de l’acide hydrochlorique étendu dans une portion de la dissolution concentrée de la combinaison, afin de se convaincre, par l’effervescence qui a lieu , de la présence de Y acide carbonique ou du soufre. Si le gaz qui se dégage en faisant effervescence n’a point d’odeur, c’est de Y acide carbonique ; s’il exhale celle bien connue du suljide hydrique , la combinaison contient du soufre à l’état de sulfure métallique. Au reste, il peut y avoir aussi , dans ce dernier cas , de l’acide carbonique, dont on constate la présence par les opérations subséquentes de l’analyse.

COMBINAISONS COMPOSÉES SOLUBLES. 45g

On verse une dissolution de chlorure barytique dans une autre portion de la dissolution de la combinaison , qui doit être neutre, ou du moins ne pas être acide. Au lieu d’une dissolution de chlorure barytique, on en prend une de nitrate barytique, si la combinaison contient de l'oxide plombique, de l'oxide argentique ou de l’oxide mercureux. Se produit-il ainsi un précipité, il peut y avoir dans la combinaison de Y acide sulfurique, de Y acide phospho rique , de Y acide arsénique , de Y acide borique et aussi du fluor. Lors même qu’il existe de Y acide carbonique , cet acide donne également lieu à un précipité par l’addition d’une dissolution de chlorure barytique.

On ajoute ensuite au précipité de l’acide hydroehlorique étendu, ou, si l’on s’est servi du nitrate barytique, de l’acide nitrique étendu. Si , après l’addition d’une suffisante quantité d’eau, cet acide dissout complètement le précipité déterminé par le sel bar y tique, c’est une preuve que la combinaison ne contient pas d’acide sulfurique. Si le précipité se dissout avec effervescence , et qn’il ne reparaisse point lorsque la dissolution acide, qui ne doit cependant contenir que le moins possible d’acide libre, est soumise à l’ébullition et saturée avec de l’ammoniaque, le précipité auquel le sel barytique a donné naissance n’est produit que par de Y acide carbonique , dont la présence avait d’ailleurs été déjà constatée auparavant. S’il se dissout avec effervescence dans l’acide, et qu’il reparaisse par la saturation de la liqueur avec de l’ammoniaque, il existait de l’acide carbonique avec un ou plusieurs des acides qui viennent d être nommés. Cependant, quoique cet effet n’ait point lieu, il peut encore y avoir, dans la combinaison, de Y acide phosphorique , de Y acide ar s unique , de Y acide borique et du fluor. La présence de ÎVzcide arsénique se reconnaît au moyen de la dissolution du suîûde hydrique. Nul oxide métallique ne saurait, par sa présence, masquer la couleur du précipité produit par ce

46o thàité d’analyse chimique.

réactif} car, lorsque de l’acide arsénique existe, il ne peut y avoir avec lui que des alcalis, cet acide formant avec les terres et les oxides métalliques des combinaisons qui sont insolubles dans l’eau, à moins quelles ne contiennent un excès d’acide. Il est plus facile encore de se convaincre de la présence de l’acide arsénique avec le secours du chalumeau. Celle de Y acide borique se reconnaît en ajoutant à la combinaison de l’acide sulfurique et de l’alcool, et mettant le feu à ce dernier, qui brûle alors avec une flamme verdâtre. Celle du fluor est annoncée par un dégagement de vapeurs qui attaquent le verre , lorsqu’on traite la combinaison par l’acide sulfurique. Mais celle de Y acide phosphorique est beaucoup plus difficile à découvrir. Après s’èlre convaincu de l’absence de l’acide arsénique, de l’acide borique et du fluor, on démontre la présence de l’acide phosphorique à l’aide du précipité qu’une dissolution de chlorure bary tique ou de chlorure calcique fait naître dans la dissolution concentrée delà combinaison, précipité qui disparait par l’addition de l’acide hydrochlorique ou de l’acide nitrique , et qui reparaît par Ja saturation de la liqueur avec de l’ammoniaque. Mais si les acides précédens , soit tous, soit un seul ou quelques uns d’entre eux , existent, il faut s’y prendre d’une autre manière pour constater la présence ou l’absence de l’acide phosphorique. Si, parmi ces acides, il n’y a que de l’acide arsénique , on le sépare à l’aide de la dissolution du sulfide hydrique, dont on ajoute une assez grande quantité pour que la liqueur, préalablement rendue acide , exhale fortement Todeur du sulfide hydrique ; après quoi on fait bouillir le tout, et onséparè, par la filtration, le sulfure d’arsenic qui s’est produit. On peut alors reconnaître la présence ou l’absence de l’acide phosphorique dans la liq ueur filtrée, en y versant, après l’avoir saturée, une dissolution de chlorure barytiqueou de chlorure calcique. S’il n’existe que du fluor seulement, on verse de l’acide

sulfurique sur la combinaison, et on chauffe le tout dans un petit creuset de platine , jusqu’à ce qu’il ne s’en dégage plus rien} on dissout le résidu dans l’eau, et on ajoute à la dissolution un peu d’acide hydroclilorique , puis une dissolution de chlorure bary tique; on sépare, par la filtration, le sulfate barytique qui s’est formé, et on sature la liqueur filtrée avec de l’ammoniaque, qui donne lieu à un précipité lorsqu’il y a de l’acide pliospliorique. S’il existe de l’acide borique , on peut déjà reconnaître la présence de l’acide pliospliorique à ce que le précipité déterminé par la dissolution de chlorure barytique ou de chlorure calcique , ne disparaît point par l’addition d’une trèsgrande quantité d’eau, ce qui arriverait s’il n’y avait que de l’acide borique.

Lorsqu’une dissolution de chlorure barytique a produit, dans la dissolution concentrée de la combinaison, un précipité que l’addition d’acide hydroclilorique ou d’acide nitrique ne fait point disparaître, ou ne dissout qu’en partie, la combinaison contient de V acide sulfurique . En traitant ensuite comme il vient d’être dit la liqueur séparée du sulfate bary tique par la filtration , on constate si , en même temps que cet acide, il y avait aussi de l’acide arsénique , de l’acide pliospliorique , de l’acide borique ou du fluor.

On reconnaît la présence d’une combinaison de chlore lorsqu’une dissolution de nitrate argen tique, versée dans celle de la substance qu’on examine, détermine un précipité blanc qui ne disparaît point par l’acide nitrique étendu.

Enfin on acquiert la conviction de la présence de Y acide nitrique en projetant un peu de la combinaison sur des charbons ardens, ce qui donne lieu à un bruit de détonation lorsque cet acide existe. On peut également recourir ici aux autres méthodes qui ont été indiquées p. 179 pour découvrir l’acide nitrique.

VIII. De la marche a suivre dans l’analyse qualitative des combinaisons composées qui sont ou solubles seulement en pabtie ou tout-a fait insolubles dans l’eau,

MAIS SOLUBLES DANS LES ACIDES, ET DONT LES PRINCIPES CONSTITUANS SE TROUVENT COMPRIS PARMI LES SUBSTANCES INSCRITES AU TABLEAU DE LA PAGE 424‘

Parmi ces combinaisons, se rangent celles qui ont été désignées p. 4^4* Ou Pf‘ut également examiner de la même manière tous les alliages contenant les métaux des bases qui ont été indiquées p. 4 --4*

On traite d’abord par beau la combinaison qu’il s’agit d'examiner. Si elle se dissout en partie, on soumet la dissolution aux recherches prescriîes dans le chapitre précédent. Si elle ne se dissout point dans l’eau, on la dissout dans de l’acide hydrochlorique* ou, quand elle contient soit de l’oxide plombîque , soi t de l’oxide argentique, soit de î oxide mercureux, dans de l’acide nitrique. On aide à l’action de ces acides parla chaleur, surtout quand il existe des sulfures métalliques. Dans ce cas on peut fréquemment aussi recourir avec beaucoup d’avantage à l’eau régale, qui, ainsi qu’il a déjà été dit p. 4^5, attaque même lés combinaisons sur lesquelles l’acide hydrochlorique et l’acide nitrique seuls sont sans action. La portion de la combinaison qui reste quand l'eau ne dissout celle-ci qu’en partie, est traitée de la même manière que les substances tout-à-fait insolubles dans l’eau.

Les alliages sont la plupart du temps solubles dans l’acide nitrique. Quelques uns, en petit nombre, se dissolvent aussi dans l’acide hydrochlorique. D’autres ne sont dissous que par l’eau régale. C’est ce qu’on reconnaît d’après la solubilité des métaux isolés dans les divers acides, sujet dont il a été traité au chapitre troisième de la première Partie de ce volume.

i . Marche de T analyse pour trouver les bases .

La marche de l’analyse pour trouver les bases dans la dissolution acide, ressemble, sous beaucoup de rapports, à celle que j’ai tracée, dans le quatrième chapitre, pour l’analyse des combinaisons solubles dans l’eau. Cependant elle offre quelques modifications, parce que, dans le cas supposé précédemment, il n’était point nécessaire d’avoir égard à des terres et à des oxides métalliques proprement dits , lorsqu’il existait de l’acide phosphorique , de l’acide arsénique, de l’acide carbonique et de l’acide borique, et parce qu’en la présence de ces derniers acides l’absence des terres et des oxides métalliques était déjà suffisamment démontrée par l’insolubilité dans beau des combinaisons auxquelles ces substances donnent lieu en s’unissant ensemble. Par la meme raison, il n’était pas nécessaire non plus d’aller à la recherche du soufre , lorsqu’il existait des oxides métalliques proprement dits dans la combinaison.

A. On ajoute à la dissolution acide une dissolution de sulfide hydrique , et le précipité résultant de là est traité ensuite par le sulfhydrate ammonique delà manière qui a été indiquée dans le chapitre précédent, p. 447* S*il y a de Pacide arsénique dans la combinaison , cet acide est également précipité par la dissolution de sulfide hydrique, et le sulfure d’arsenic produit se dissout aussi dans le sulfhydrate ammonique. Lorsqu’il existe en même temps de Y oxide stannique et de Yoxide antimonique , il est souvent difficile de reconnaître avec certitude la présence de ces trois substances. Celle de l’acide arsénique se découvre aisément alorsjen traitant la combinaison avec de la soude, au chalumeau , sur du charbon. Celle de l’oxide antimonique est dévoilée par la couleur tirant sur le jaune orangé du précipité qui a lieu quand on décompose par l’acide ludro ; dorique étendu la dissolution étendue d’eau des sulfures métalliques dans le sulfhydrate ammonique. Mais,

464 TRAITÉ DANALYSE CHIMIQUE.

en présence de ces deux substances, il est plus difficile de déterminer s’il existe aussi ou non de Foxide stannique. Le mieux alors est de faire sécher le sulfure métallique queFacidehydrochlorique étendu a précipité de la dissolution étendue d’eau dans le suif hydrate ammonique, puis de le chauffer fortement, et, autant que possible, à l’abri du contact de l’air, dans un tube de verre soudé à l’une de ses extrémités , opération dans laquelle il se sublime du sulfure d’arsenic et du soufre , et reste du sulfure d’étain et du sulfure d’antimoine au minimum de sulfuration. On dissout ce résidu dans de l’acide hydrochlorique concentré, avec le secours de la chaleur. La dissolution, étendue d’eau, contient alors de l’oxide anlimonique, et aussi de l’oxide stanneux, s’il y avait de l’oxide stannique dans la combinaison -, la présence de ce dernier est ensuite facile à constater par la dissolution d’or.

Si les sulfures métalliques précipités de la dissolution acide de la combinaison par celle du suîfide hydrique, ne sont pas dissous entièrement, ou meme ne le sont pas du tout par le sulfhydrate ammonique, il peut encore exister dans la combinaison de Y oxide cadmique , de Y oxide plombique , de Y oxide bismuthique , de Y oxide cuivrique , de Y oxide argenlique , de Y oxide mercureux et de Yoxide mercurique . On reconnaît ces métaux de la même manière précisément que celle qui a été indiquée dans le chapitre précédent , p. 44^*

B. La liqueur séparée du précipité auquel la dissolution du sullide hydrique a donné lieu , est ensuite traitée comme il a été dit dans le chapitre précédent , afin de s’assurer si elle contient encore des bases fixes. Si elle en contient , on sursature la dissolution avec de l’ammoniaque , puis on ajoute du sulfhydrate ammonique. Le précipité qui résulte de là peut être dû à la présence de Yoxide ferrique , de F oxide ferreux , de Yoxide niccoli que , de Yoxide cobaltique , de Yoxide zincique , de

Y oxide nianganeux et de Y alumine ; mais il peut aussi se trouver dans ce précipité de la magnésie , de la chaux , de la strontiane ou de la baryte , lorsque ees bases sont combinées avec de l’acide phospliorique ou de l’acide borique, ou quand quelques uns de leurs métaux sont unis à du fluor. On traite d’abord ce précipité presque de la manière qui a été indiquée, dans le chapitre précédent , pour la recherche des bases précipitées en pareille circonstance. On le fait digérer avec de l’acide hydrochlorique ou de beau régale , et , dans le premier cas , on chauffe la dissolution filtrée avec de l’acide nitrique.

Ensuite on verse dans la liqueur de l’acide sulfurique étendu. Si elle contient de la strontiane et de la baryte , ces bases se précipitent complètement , sinon de suite , du moins au bout de quelque temps, à l’état de sulfates barytique et strontianique. La chaux se précipite aussi en partie , lorsqu’elle est abondante et que la dissolution n’est pas trop étendue. On réunit le précipité sur un filtre, sans le laver, puis on le traite par une grande quantité d’eau 5 lorsque celle-ci n’en dissout rien , il ne peut contenir que des sulfates strontianique et barytique 5 mais s’il se dissout en partie , de la chaux peut s’y trouver avec la baryte et la strontiane. 11 est facile de constater la présence de cette chaux dans la liqueur filtrée, en y versant la dissolution d’un oxalate. Le résidu non dissous , qui peut consister en sulfates barytique et strontianique , est ensuite traité par une dissolution de carbonate potassique ou sodique , ainsi qu’il a été dit dans le chapitre précédent, p. 454.

La liqueur acide séparée des sulfates terreux par la filtration , est sursaturée avec de l’ammoniaque. Ce réactif en précipite principalement de Y oxide ferrique et de 1* alumine ; mais il y fait naître aussi un précipité de nzagnèsie , lorsque la liqueur contient de l’acide phosphorique. On traite le précipité par une dissolution de potasse

Page 1