‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 4)Chapitre 119 sur 122 · EAUX MINÉRALES · texte numérisé non relu

EAUX MINÉRALES

verre qu’on a trempée dans l’acide hydrochlorique. Cependant , si la quantité d’ammoniaque était extrêmement faible dans l’eau minérale, il serait plus sur de recourir à la méthode suivante. On prend une quantité assez considérable d’eau minérale, qui peut avoir été préalablement concentrée par l’évaporation, et on y verse un excès de carbonate potassique ou sodique 5 aussitôt que l’effervescence due à un dégagement de gaz carbonique qui se manifeste lorsque l’eau était un peu acide ou contenait des sels aluminiques , magnésiques , ferreux , etc., a cessé, on introduit le tout dans une cornue, et on le distille dans un récipient contenant un peu d’acide hydrochlorique. On peut changer le récipient lorsque la moitié de la liqueur, ou un peu plus , a passé. Le produit de la distillation est alors évaporé jusqu’à siccité, à une très-douce chaleur, et, de cette manière, après que l’acide hydrochiorique en excès s’est dissipé, on obtient du chlorure ammonique , qui se sublime sans laisser de résidu , et dans lequel 011 petit constater la présence de l’ammoniaque par les moyens ordinaires.

c. ) Le précipité insoluble qui se forme pendant l’évaporation de beau minérale, consiste , lorsque celle-ci contenait beaucoup d’acide carbonique libre, en oxide ferrique , oxide manganique , carbonate calcique , carbonate stronlianique , phosphate calcique , fluorure calcique , etc., substances dont les dernières étaient tenues en dissolution dans l’eau par l’acide carbonique libre, ou principalement par les bicarbonates alcalins qui s’y trouvaient. On met ce précipité dans un vase en platine, et on le dissout dans de l’acide bydrocblorîque étendu, ce qui donnelieuà une effervescence due à un dégagement de gaz acide carbonique. Il peut rester un peu d’oxide manganique, qui exigerait un acide plus fortpour se dissoudre, et qu’on peut en conséquence examiner à part. Après que tout le gaz acide carbonique s’est dégagé , ce qui n’a lieu qu’autant qu’on

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laisse la dissolution acide en repos pendant près de vingtquatre heures, dans le vase en platine, on introduitcette liqueur dans un flacon susceptible d’être bouché, et l’on y ajoute de l’ammoniaque. Si ce réactif donne lieu à un précipité, celui-ci peut être dû à du phosphate calcique, à du fluorure calcique, etc. On l’examine ainsi qu’il sera dit plus loin , p. 538 , en g , dans l’article consacré à la recherches des acides. La liqueur filtrée contient la chaux qui s’était déposée, combinée avec de l’acide carbonique, pendant l’évaporation de l’eau minérale. Elle peut contenir aussi un peu de strontiane, dont la présence est difficile à reconnaître, car Berzelius ne l’a trouvée qu’en quantité extrêmement faible dans quelques eaux minérales, Le mieux pour y parvenir, consiste à évaporer la dissolution jusqu'à siccité , et à verser de l’acide nitrique en excès sur le résidu sec , afin de redissoudre le carbonate calcique qui s’était formé pendant l’évaporation. On détruit ensuite le sel ammonique par Faction de la chaleur, et l’on dissout le nitrate calcique qui reste dans de l’alcool absolu. S’il se trouve de la strontiane, elle demeure sous la forme d’un faible résidu blanc , qu’on doit laver avec de l’alcool absolu. Ce qui prouve le mieux , suivant Berzelius , que ce résidu est du nitrate strontianique, c’est qu’après avoir été rougi avec de l’acide hydrochlorique , il donne un sel cristallisé en rayons , qui ne tombe point en déliquescence , et que ce sel se dissout dans une dissolution saturée de sulfate calcique, qui devient fort trouble, parce qu’il se forme du sulfate strontianique, dont la solubilité est fort inférieure à celle du sulfate calcique.

Recherche des acides.

n.) On prend une certaine quantité de l’eau minérale, qu’on rend légèrement acide en y versant de l’acide hydrochlorique , après quoi on y ajoute une dissolution de chlorure bary tique; si elle contient de Y acide suljurique s

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ce réactif donne lieu à un précipité, qui est insoluble dans tons les acides étendus.

b.) Dans une autre portion de l’eau minérale, on verse un peu d’acide nitrique, puis une dissolution de nitrate argentique , afin de voir s’il s’y trouve quelque combinaison de chlore. Si l’eau minérale contient du suîfide hydrique ou un sulfuré alcalin soluble, il faut préalablement y ajouter une dissolution de sulfate cuivrique , qui précipite le soufre du sulfide hydrique et du sulfure alcalin, à l’état de sulfure de cuivre, lequel est bien déposé au bout de quelque temps : on le réunit sur un filtre. On verse ensuite dans la liqueur filtrée, d’abord un peu d’acide nitrique, puis une dissolution de nitrate argentique, ce qui en précipite du chlorure argentique, lorsqu’elle contient une combinaison de chlore. Cependant le nitrate argentique pourrait aussi précipiter de l’iodure ou du bromure argentique, si l’eau minérale contenait une combinaison d'iode , ou une combinaison clc brome. Mais, jusqu’à présent, ces deux substances n’ont été trouvées qu’en assez petite quantité dans les eaux minérales, de sorte que, quand la dissolution de ni traie argentique fait naître un précipité, on peut être certain d’après cela qu’il existe une combinaison de chlore. La présence des combinaisons d’iode et de brome exige, pour être constatée, des expériences à part, dont il sera question plus loin.

c.) On prend une certaine quantité d’eau minérale récemment puisée à la source et non concentrée par l’évaporation , et l’on y verse de l'eau de chaux , qui donne lieu à un précipité quand elle contient de Y acide carbonique . D’ailleurs la présence d’une grande quantité d’acide carbonique se reconnaît déjà très-facilement aux seuls caractères extérieurs de l’eauminéraie, qui est alors très-effervescente , sans cependant exhaler Fodeur désagréable du sulfide hydrique. Quand on fait tomber quelques gouttes d’eau de chaux dans une eau minérale qui contient beau-

coup d’acide carbonique libre, le trouble qu’elles font naître disparaît par l’agitation ou par l’addition d’une nouvelle quantité d’eau minérale, ce qui n’arrive pas lorsque celle-ci tient seulement en dissolution des bicarbonates alcalins ou terreux. Lorsque la magnésie est abondante, un excès d’eau de chaux en précipite aussi une certaine quantité.

d. ) On évapore une portion d’eau minérale à une douce chaleur, et on la réduit à siccité , sans chauffer fortement le résidu sec. Si l’évaporation détermine un précipité insoluble, on ajoute de l’eau à la masse, quand elle est presque sèche, on filtre la liqueur, pour la séparer des parties insolubles , et on l’évapore de nouveau jusqu’à siccité , à une douce température. Le résidu sec est employé à la recherche de plusieurs acides.

On en consacre une portion à examiner s’il s’y trouve de Y acide nitrique . Pour cela, on mêle la masse sèche avec du charbon en poudre , et on chauffe le mélange , ou bien aussi on emploie les méthodes qui ont été indiquées p. 180 , pour reconnaître la présence des nitrates. Les nitrates sont rares dans les eaux minérales proprement dites; on les trouve principalement dans les eaux de puits des grandes villes.

On recherche Y acide borique dans une autre portion delà masse sèche , au moyen de l’acide sulfurique et de l’alcool , en suivant la marche qui a été tracée p. 209. Les borates n’ont été trouvés jusqu’à ce jour que dans les eaux de quelques lacs de la Toscane et du Thibet.

e. ) Une partie de l’eau minérale est consacrée à la recherche de Y acide silicique , qui existe dans toutes ces eaux. On l’évapore à siccité , sans séparer un précipité auquel l’évaporation peut quelquefois donner lieu. La masse fortement évaporée est humectée avec de l’acide hydrochlorique , et laissée en contact avec cet acide pendant un quart d’heure environ. On verse ensuite de l’eau sur le

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