‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 4)Chapitre 120 sur 122 · EAUX MINÉRALES · texte numérisé non relu

EAUX MINÉRALES

tout : l’acide silieique reste sans se dissoudre. Alors on le traite encore au chalumeau , comme il a été dit p. 220 , pour bien constater sa présence.

f. ) Il ne faut guères chercher Y acide phosphorique et le, fluor que dans le précipité insoluble qui résulte de l’évaporation del’eau minérale. L’un et l’autre, à l’état de phosphate et de fluor lire calciques, n’existent jamais qu’en trèspetites quantités dans les eaux minérales, et on ne les trouve que dans celles qui contiennent de l’acide carbonate libre et du bicarbonate alcalin , à la faveur desquels ils sont tenus en dissolution. On met le précipité insoluble dans l’eau dans un vase en platine, on l’y traite par de l’aeide hydrochlorique , et lorsque le gaz acide carbonique du carbonate calcique contenu en même temps dans ce précipité est totalement dégagé , on met la dissolution acide qu’on a obtenue dans une bouteille susceptible d’être bouchée , et on l’y sursature avec de l'ammoniaque. On donne au précipité qui résulte de là le temps de se bien réunir dans la bouteille bouchée, et l’on décante la liqueur claire qui le surnage; puis on le rassemble sur un filtre, et, après l’avoir mis dans un creuset de platine, on verse dessus de l’acide sulfurique concentré. On couvre alors le creuset avec une plaque de verre enduite de cire dans laquelle ont été gravés des caractères d’écriture, et on le chauffe doucement ; s’il existe du fluorure calcique, le verre se trouve attaqué. La masse acide qui reste dans le creuset de platine est enfin traitée par une très-grande quantité d’eau bouillante, afin de dissoudre le sulfate calcique qui s’est formé. On verse la dissolution dans une bouteille qui puisse être bouchée, et on y ajoute un excès d’ammoniaque , ce qui précipite du phosphate calcique , accompagné parfois aussi de phosphate aluminique et d'oxide ferrique. La quantité de ce précipité est ordinairement si peu considérable , qu’on est obligé de se contenter d’y constater la présence de l’acide phosphorique par

le moyen du chalumeau , en suivant la marche qui a été

indiquée p. 200.

g.) Une portion de la masse sèche obtenue par l'évaporation de l’eau minérale est consacrée à la recherche d’une combinaison cfiocle . Comme ce corps , lorsqu’il existe réellement dans beau minérale, ne s’y trouve qu’en quantité extrêmement petite, la meilleure manière de s’y prendre pour constater sa présence est la suivante. On met la masse sèche dans un flacon susceptible d’être clos avec un bouchon de verre, et l’on verse dessus de l’acide sulfurique concentré qu’on a étendu d’une égale quantité d’eau , en ayant soin de 11e point en laisser couler le long du goulot. Le flacon doit être assez grand pour que l’effervescence qui résulte de là ne puisse soulever la masse que jusqu’à la moitié à peu près de sa hauteur. On fixe ensuite , entre le bouchon et le col du flacon , un papier humide, fortement saupoudré d’amidon en poudre, et assez long pour pendre jusqu’à la surface de la masse décomposée par l’acide sulfurique, sans cependant pouvoir être touché par elle, lorsque l’acide qu’on verse dessus la fait boursoufler. Pourpeu qu’il existe la moindre trace d’une combinaison d’iode, on voit l’amidon prendre une couleur bleue ou violette. Si , au lieu d’acide sulfurique, on prenait de l’acide nitrique pour sursaturer la masse sèche, il pourrait arriver, lorsque la combinaison d’iode existante dans l’eau minérale est en quantité extrêmement faible , qu’il se dégageât du chlorure d’iode, parce que la masse sèche contient toujours des combinaisons de chlore; dans ce cas l’amidon ne serait point coloré en bleu. S'il y beaucoup de carbonates dans la masse sèche , il faut commencer par les décomposer à l’aide d’un acide , et de préférence avec de l’acide acétique , après quoi ou évapore de nouveau la dissolution jusqu’à siccité ; ou bien on ajoute à l’eau une dissolution de chlorure ou d’acétate calcique, afin de précipiter l’acide carbonique à l’état de

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carbonate calcique, puis on évapore la liqueur filtrée jus^ qu’à siccité , et on traite la masse sèclie de la manière qui vient d’être décrite.

lu ) Une portion de l’eau minérale sert à chercher le brome , que les chimistes modernes ont trouvé dans un très-grand nombre de ces eaux. La manière ordinaire de constater la présence du brome est celle qu’a fait connaître l’auteur même de la découverte de ce corps. On procède de la manière suivante On concentre l’eau minérale par l’évaporation, puis on la verse dans une bouteille susceptible d’être bouchée. On la fait ensuite traverser par un courant de chlore gazeux, ou bien on y ajoute de l’eau de chlore, qui lui donne une couleur jaune rougeâtre , lorscpie la quantité de brome qu’elle contient n’est pas trop peu considérable. On verse alors une couche d’éther à la surface de la liqueur , et on secoue la bouteille , afin que les liquides se mêlent } puis on la laisse reposer , pour favoriser la séparation de ceux-ci. Au bout de quelque temps on sépare l’éther coloré par le brome du liquide décoloré , et on l’agite avec une certaine quan^tité d’une dissolution concentrée de potasse. L’éther perd par là son odeur , et il se produit une quantité proportionnelle de bromure et de bromate potassiques. Après avoir fait rougir ces sels , on y peut constater la présence du brome par les moyens qui ont été indiqués p. 296.

z.) La présence àeY acide suif areux dans des eaux minérales peut déjà être reconnue à l’odeur de ce corps , lorsqu’il y existe à l’état de liberté. Quand il est combiné avec une base , on le découvre à l’aide de la réaction qu’il exerce sur la dissolution de suîfide hydrique, après une addition d’acide hydrochlorique ou d’acide sulfurique (P. 167).

k. ) La présence du soujre se reconnaît dans les eaux minérales, à l’odeur de sulfide hydrique qu’elles exhalent. Cette odeur, par des motifs qui ont été développés p. 32 ï,

5/jo TRÀITÉ D’ANALYSE CHIMIQUE.

est plus forte quand le soufre se trouve disons à l’état de sulfide hydrique dans les eaux minérales , et plus faible quand il y existe à l’état de sulfure métallique soluble. Dans l’un et l’autre cas l’eau minérale produit un précipité de sulfures métalliques dans les dissolutions des oxides métalliques qui ont été énumérés p. i . Ce qu’on doit prendre de préférence pour cette épreuve, c’est la dissolution d’un sel plombique ou argentique , parce qu’elle donne des réactions plus sensibles que celles des dissolulutions d’autres oxides, avec de petites traces de sulfide hydrique ou de sulfure métallique dissous. Ordinairement il suffit déjà de connaître la composition d’une eau minérale , pour savoir si elle contient du sulfide hydrique ou un sulfure métallique. Ainsi , par exemple, les eaux qui rougissent le papier de tournesol doivent ne contenir que du sulfide hydrique , et celles qui le colorent en bleu , un sulfure alcalin; cependant il peut se faire aussi que ces dernières contiennent en même temps du sulfide hydrique qui , combiné avec le sulfure , produit un sulfhydrate.

Indépendamment de l’acide carbonique , du sulfide hydrique et de l acide sulfureux, les eaux minérales tiennent souvent encore en dissolution d’autres substances gazeuses, savoir du gaz oxigène et du gaz nitrogène. Cependant ces deux gaz y sont, la plupart du temps, en moins grande quantité que dans les eaux de source ordinaires. Tous deux peuvent en être expulsés par une ébullition prolongée.

Outre les principes constituans qui viennent d’être passés en revue, les eaux minérales contiennent très-fréquemment encore des matières organiques , qui sont cause qu’elles finissent par se colorer en jaune lorsqu’on les évapore, et que les sels qu’elles laissent deviennent noirâtres par l’action de la chaleur.

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