‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 4)Chapitre 18 sur 122 · OXIDES DU FER · texte numérisé non relu

OXIDES DU FER

i° Oxide ferreux.

L’oxide ferreux est presque inconnu à l’état de pureté. On n’a point encore pu non plus obtenir l’hydrate ferreux pur à l’état sec, en raison de la facilité avec laquelle il absorbe de l’oxigène à l’air, surtout à la surface. Cependant non-seulement cet oxide est contenu dans les dissolutions des sels ferreux , mais encore il se forme lorsqu’on dissout du fer dans de l’acide sulfurique étendu ou dans de l’acide hydrochlorique.

Une dissolution de potasse produit, dans les dissolutions ferreuses, un précipité floconneux, qui est d’abord presque blanc , mais qui ne tarde pas à devenir gris , et qui ensuite verdit. Il prend une couleur plus foncée, et devient enfin rouge-brun , dans les points où il est en contact avec l’air atmosphérique. Lorsqu’on filtre le précipité vert , il ne tarde pas à devenir rouge-brun sur le filtre , où ses points de contact avec l’air sont très-multipîiés.

U ammoniaque produit les mêmes phénomènes que la potasse dans les dissolutions ferreuses. Quand on a versé une dissolution de chlorure ammonique dans la dissolution ferreuse , l’ammoniaque ne détermine point de précipité *, mais si la liqueur reste exposée à l’air , il ne tarde pas à s’y former un léger précipité vert, qui devient rougebrun à la surface.

Une dissolution de carbonate potassique produit un précîpitéblanc dans les dissolutions ferreuses, sans qu’il y ait d’effervescence due à un dégagement d’acide carbonique. Avec le temps , ce précipité de carbonate ferreux devient vert . et prend à la surface la même teinte de rougebrun que celui auquel donne lieu une dissolution de potasse pure qu’011 verse dans des dissolutions ferreuses. Une dissolution de chlorure ammonique redissout bien ce précipité 5 mais, lorsqu’on laisse la liqueur a 1 air , il s’y

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forme un autre précipité vert , qui devient rouge-brun à la surface du liquide. Cependant la formation de ce précipité a lieu plus tard que quand , au lieu de carbonate potassique, c’est de l’ammoniaque qu’on verse dans la liqueur.

Une dissolution de bicarbonate potassique fait naître^ dans les dissolutions ferreuses , un précipité blanc, de carbonate ferreux , dont la formation est accompagnée d’un dégagement de gaz acide carbonique.

Une dissolution de carbonate ammoniacal se comporte avec les dissolutions ferreuses de même que celle de carbonate potassique.

Une dissolution de phosphate sodique produit , dans les dissolutions ferreuses neutres, un précipité blanc, qui ne verdit à l’air qu’au bout cl’un certain laps de temps.

Les dissolutions d 1 acide oxalique et de suroxalate potassique colorent sur-le-champ les dissolutions ferreuses en jaune, et y déterminent au bout de quelque temps un précipité jaune d’oxalate ferreux, qui se dissout dans l’acide hydrochlorique en excès. Les oxalates alcalins neutres produisent ce précipité sur-le-champ , et d’une manière plus sensible encore.

Une dissolution de cyanure ferroso-potassique produit, dans les dissolutions ferreuses, un précipité qui serait d’abord blanc si l’expérience se faisait à l’abri de tout contact avec l’air, mais qui paraît toujours d’un bleu clair. Ce précipité devient bleu foncé par l’effet d’un repos prolongé. 11 ne se dissout point dans l’acide hydrochlorique.

Une dissolution de cyanure fer rico-potassique détermine sur-le-champ , dans les dissolutions ferreuses , un précipité bleu foncé, qui est insoluble dans les acides.

Le sulfhydrate ammonique donne , dans les dissolutions ferreuses neutres, un précipité noir, de sulfure ferrique, qui , mis en contact avec l’air , absorbe de l’oxigène et devient rouge-brun. Ce caractère distingue le sulfure

DES BASES

ferrique des sulfures cobaltique et niccolique. Le précipité est insoluble dans un excès de sulfhydrate ammonique.

Le sulfide hydrique dissous dans l’eau, ou un courant de gaz sulfide hydrique , 11e fait pas naître de précipité dans les dissolutions ferreuses neutres.

Les sels ferreux solubles dans l’eau se décomposent quand 011 les fait rougir à l’air.

Les dissolutions des sels ferreux neutres rougissent le papier de tournesol.

Les sels ferreux insolubles dans l’eau se dissolvent presque tous dans l’acide hydrochlorique ou dans l’acide sulfurique étendu. Lorsqu’on sursature cette dissolution avec de l’ammoniaque, le sel insoluble s’en précipite ordinairement, mais il prend sur-le-champ une couleur noire quand on ajoute du sulfhydrate ammonique.

Les sels ferreux sont très-faciles à reconnaître au chalumeau. En effet , lorsqu’on les fond sur du charbon , avec du borax ou du sel de phosphore, à la flamme extérieure , ils communiquent au verre une couleur rouge foncée , qui s’éclaircit par le refroidissement. Chauffés à la flamme intérieure, ils colorent le verre en vert • mais celte couleur s’efface tout-à-fait par le refroidissement, quand la quantité de fer n’est pas trop considérable. Les moindres parcelles d’oxide ferreux donnent au sel de phosphore, meme quand on l’y dissout à la flamme extérieure , une couleur verte , qui diminue d’intensité pendant le refroidissement, et qui disparaît totalement lorsque celui-ci est complet. Les sels ferreux se réduisent quand on les fond avec de la soude sur le charbon. Après qu’on a enlevé le charbon par la lévigation, il reste une poudre métallique magnétique.

Les dissolutions de l’oxide ferreux se reconnaissent aisément à leur manière de se comporter avec le sulfhydrate

JO TRAITÉ B ANÀlYSE CHIMIQUE.

ammonique et la dissoîutionde cyanure ferrico-potassique.

La présence d’une grande quantité de matières organiques non volatiles s’oppose à ce que l’oxide ferreux soit précipité par les alcalis.

2° Oxide ferrique.

A l’état de pureté, l’oxide ferrique a une couleur rougebrune, quand il a été réduit en poudre. Celui qu’on trouve cristallisé dans la nature est gris et doué de l’éclat métallique. Celui qu’on a précipité de ses dissolutions est noir après avoir été rougi au feu 5 mais, de même que l’oxide ferrique cristallisé de la nature ^ il donne une poudre rouge. Lorsque cet oxide vient d’être précipité , il est trèssoluble dans les acides; après qu’il a été rougi , il se dissout avecbeaucoup plus de difficulté, mais cependantd’une manière complète, et dans Tacide liydrochlorique mieux que dans tout autre.

Une dissolution de potasse produit , dans les dissolutions ferriques, un volumineux précipité rouge-brun, qui est insoluble dans un excès de potasse.

JS ammoniaque se comporte comme la potasse avec les dissolutions ferriques.

Une dissolution de carbonate potassique produit également , dans les dissolutions ferriques, un précipité rouge-brun , qui a seulement une teinte un peu plus claire que celui auquel la potasse pure ou l’ammoniaque donne naissance.

Une dissolution de bicarbonate potassique détermine , avec dégagement de gaz acide carbonique , un précipité rouge-brun clair, dansles dissoîutionsferriques. Lorsqu’on fait bouillir la liqueur , le dégagement de gaz acide carbonique est plus abondant , et le précipité prend une couleur plus foncée.

Une dissolution de carbonate ammoniacal se comporte

DES BASES

avec les dissolutions ferriques comme celle de carbonate potassique.

Une dissolution de phosphate soclique forme un précipité blanc dans les dissolutions ferriques neutres. Ce précipité brunit par l’addition de l’ammoniaque , et, ail bout de quelque temps, il s’est coinplètementdissous dans l’alcali;

Une dissolution d 'acide oxalique ne donne pas de précipité dans les dissolutions ferriques -, la liqueur prend seulement une teinte jaunâtre.

Une dissolution de cyanure ferroso potassique fait naître sur-le-champ , dans les dissolutions ferriques, un précipité bleu foncé, qui est insoluble dans l’acide hydrochlorique.

Une dissolution de cyanure ferrico-potassique ne produit pas de précipité dans les dissolutions ferriques ; souvent elle rend la liqueur un peu plus foncée.

Le suljhydrate ammonique détermine , dans les dissolutions ferriques neutres, un précipité noir, qui est insoluble dans un excès du réactif. Ce précipité s’oxide au contact de l’air , et se colore en brun-rouge.

Le suljîde hydrique , dissous ou gazeux , occasione ? dans les dissolutions ferriques neutres et acides , un précipité laiteux blanc, qui est du soufre mis à nu. La liqueur contient ensuite de l’oxide ferreux.

Les sels ferriques solubles dans l’eau se décomposent quand on les fait rougir à l’air.

Les dissolutions des sels ferriques neutres rougissent le papier de tournesol.

Les sels ferriques insolubles dans l’eau se dissolvent dans l’acide bydrocbîoriqne ou dans l’acide sulfurique étendu. Lorsqu’à cette dissolution on ajoute une dissolution de potasse ou de l’ammoniaque , avec l’attention de n’en mettre qu’un peu moins qu’il n’en faudrait pour opérer la saturation, la combinaison insoluble se précipite avec la couleur qui la distingue, et qui est blanche dans la plupart

des cas , comme par exemple pour le phosphate et l’arseniate ferriques. Mais plus on ajoute de ces alcalis, et surtout de potasse , plus aussi le précipité devient rougebrun. Ce précipité noircit sur-le-champ par le sulfhydrate ammonique.

Au chalumeau , les sels ferriques se comportent de même que les sels ferreux.

Les dissolutions de l’oxide ferrique se distinguent trèsclairement de celles d’autres bases , par leur manière de ee comporter avec la dissolution de sullide hydrique, le sulfhydrate ammonique et une dissolution de cyanure ferroso-potassique. Il est facile de les reconnaître à ces trois caractères.

Toutes les substances organiques non volatiles s’opposent à ce que l’oxide ferrique soit précipité par les alcalis , pourvu qu’elles n’existent pas en trop petite quantité. Cependant une dissolution de cyanure ferroso-potassique produit encore alors un précipité; et, quand la dissolution a été préalablement sursaturée d’ammoniaque, qui ne l’a point troublée, le sulfhydrate ammonique y fait naître un précipité noir de sulfure ferrique.

Des combinaisons cC oxide ferreux et d1 oxide ferrique, auxquelles on donne le nom de pierre d’aimant, sont trèsabondantes dans la nature. Il s’en forme aussi lorsqu’on fait rougir le fer à l’air ( batitures de fer). Ces combinaisons son noires. Pour y reconnaître la présence des deux oxides , on les introduit dans une bouteille , avec de l’acide hydrochlorique concentré , et lorsqu’elles sont dissoutes, on prend une partie delà dissolution, dans laquelle on verse un excès d’une dissolution saturée de gaz sulfide hydrique clans l’eau ; le précipité laiteux blanc qui se forme, et qui consiste en soufre, annonce la présence de l’oxide ferrique. Quant à l’autre portion , on l’étend

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avec de l’eau, et l’on y ajoute une dissolution de cyanure ferrico- potassique : la formation d’un précipité bleu foncé dénote l’existence de l’oxide ferreux.

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