OXIDES DU PALLADIUM
i° Oxide pallAdeux.
L’hydrate palladeux est jaune -brun. Quand on le chauffe , il perd son eau , et devient noir. Le chlorure palladeux se forme quand on dissout du palladium dans de l’eau régale. La dissolution est d’un brun-rouge , et , sous le rapport de la couleur , elle a de la ressemblance avec celle du chlorure pîatinique. La dissolution du chlorure palladeux se comporte avec les réactifs comme celles des sels palladeux.
Une dissolution de potasse produit , dans les dissolutions palladeuses, un précipité abondant et jaune-brun ,, qui est insoluble dans un excès de potasse, mais trèssoluble dans l’acide hyclrochlorique.
L’ ammoniaque en détermine un blanc rougeâtre , qui blanchit encore davantage avec le temps, et qui, par l’action de la chaleur, se redissout , à cela près d’un léger résidu blanc, en produisant une liqueur claire.
Une dissolution de carbonate potassique 11e détermine pas de précipité.
Une dissolution de bicarbonate potassique n’en donne pas non plus.
Une dissolution de carbonate sodique en fait naître un de couleur brune , et la liqueur reste colorée en brun. Le précipité est très-soluble dans l’acide hydrochlorique.
Une dissolution de carbonate ammoniacal décolore la dissolution palladeuse, mais n’y produit pas de précipité.
Une dissolution de phosphate sodique fait naître un précipité brun dans les dissolutions palladeuses , mais la liqueur reste colorée en brun.
120 traité d’analyse chimique.
Une dissolution à' acide oxalique ne détermine pas de précipité.
Une dissolution de cyanure jerroso-potassique ne produit d’abord aucun changement ; mais, au bout d’un temps très-long , il se forme une espèce de gelée épaisse et ferme, de couleur verdâtre.
Une dissolution de cyanure ferrico -potassique ne détermine pas non plus de changement sur-le-champ \ mais au bout d’un long laps de temps, il se forme cependant une gelée.
Une dissolution de cyanure mer curique produit un précipité gélatineux, blanc jaunâtre, qui5 parle repos, devient presque tout blanc. Ce précipité est soluble dans un grand excès d’acide hydrochlorique. Lorsque la dissolution palladeuse est un peu acide , le précipité déterminé par le cyanure mercurique ne paraît qu’au bout d’un long espace de temps.
Une dissolution de nitrate mercureux fait naître un précipité noir verdâtre.
Une dissolution de sulfate ferreux ne produit pas de précipité.
Le chlorure slanneux occasione un précipité brun foncé.
Une dissolution tViodure potassique en détermine un noir, tandis que la liqueur conserve une couleur foncée.
La dissolution ou un courant de gaz sulfide hydrique produit un précipité noir dans les dissolutions palladeuses neutres ou acides.
Le suif hydrate ammonique en donne un noir^ qui est insoluble dans un excès du réactif.
Une baguette de zinc métallique précipite le palladium de ses dissolutions, à l’état métallique, sous la forme d’une poudre noire.
La plupart des combinaisons du palladium se décom-
DES BASES
posent , quand on les fait rougir , de la même manière que celles du platine.
Comme les combinaisons du palladium insolubles dans l’eau subissent aussi le même genre de décomposition, il est facile d’y reconnaître la présence du palladium en faisant dissoudre dans de l’eau régale ou dans de lacide nitrique le métal qui a été réduit par la calcination, et soumettant ensuite la dissolution à l’épreuve des réactifs.
La meilleure manière de reconnaître le palladium dans ses dissolutions est d’avoir égard à sa manière de se comporter avec une dissolution de cyanure mercurique. C’est par là surtout qu’on distingue sa dissolution de celle du chlorure platinique, à laquelle elle ressemble beaucoup sous le rapport delà couleur. Cependant il faut observer qu’en certaines circonstances la dissolution de chlorure platinique peut également être précipitée parcelle du cyanure mercurique (p. 1 18). Au reste, une dissolution palladeuse est déjà suffisamment distinguée d’une dissolution d’oxide ou de chlorure platinique par ses réactions avec les dissolutions de potasse et de carbonate potassique.
La présence de substances organiques non volatiles empêche la potasse , mais non le cyanure mercurique , de précipiter l’oxide palladeux de ses dissolutions.
Oxide palladique.
Cet oxide est encore presque inconnu, et son existence n’a été démontrée que par les recherches toute récentes de Berzelius. Le chlorure palladique, qui lui correspond, est contenu en petite quantité dans les dissolutions du palladium par l’eau régale *, mais lorsqu’on a fait chauffer ces dissolutions pendant long-temps, il n’en reste ordinairement plus aucune trace. Il forme avec le chlorure potassique et le chlorure ammonique des combinaisons qui , de même que les combinaisons correspondantes du
Ï22 traité d’analyse chimique.
chlorure platinique, sont très-peu solubles dans l’eau et dans l’alcool , et qui ont une couleur rouge de cinabre , ou rouge-brune. Lorsqu’on fait chauffer une dissolution de chlorure palladique, il se dégage du gaz chlore, et se forme du chlorure palladeux. C’est un caractère à l’aide duquel on le distingue aisément des dissolutions du chlorure platinique et du chlorure iridique , qui lui ressemblent sous le rapport de la couleur.